Vigiles (OSB) du jeudi 23 août 2018 - de la férie

Hebdomada XX per annum XXème semaine dans l'année
Feria V Jeudi
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Qóhelet Du livre de Qohélet
Ne sis velox in ánimo ad irascéndum, quia ira in sinu stulti requiéscit. Ne dicas: "Quid, putas, causæ est quod prióra témpora melióra fuére quam nunc sunt?" Non enim ex sapiéntia intérrogas de hoc. Bona est sapiéntia cum divítiis et prodest vidéntibus solem. Sicut enim prótegit sapiéntia, sic prótegit pecúnia; hoc autem plus habet erudítio quod sapiéntia vitam tríbuit possessóri suo. Consídera ópera Dei: quod nemo possit corrígere quod ille curvum fécerit. In die bona frúere bonis et in die mala consídera: Sicut hanc, sic et illam fecit Deus, ita ut non invéniat homo quidquam de futúro. Cuncta vidi in diébus vanitátis meæ: est iustus qui perit in iustítia sua, et ímpius qui multo vivit témpore in malítia sua. Noli esse nimis iustus neque sápiens supra modum! Cur te pérdere vis? Ne agas nimis ímpie et noli esse stultus! Cur mori débeas in témpore non tuo? Bonum est ut quod habes téneas, sed et ab illo ne súbtrahas manum tuam, quia qui timet Deum, utrúmque devítat. Ne te hâte pas de t'irriter, car l'irritation habite au cœur des insensés. Ne dis pas: " Comment se fait-il que le passé fut meilleur que le présent? " Car ce n'est pas la sagesse qui te fait poser cette question. La sagesse est bonne comme un héritage, elle profite à ceux qui voient le soleil. Car l'abri de la sagesse vaut l'abri de l'argent, et l'avantage du savoir, c'est que la sagesse fait vivre ceux qui la possèdent. Regarde l'œuvre de Dieu: qui pourra donc redresser ce qu'il a courbé? Au jour du bonheur, sois heureux, et au jour du malheur, regarde: Dieu a bel et bien fait l'un et l'autre, afin que l'homme ne trouve rien derrière soi. J'ai tout vu, en ma vie de vanité: le juste périr dans sa justice et l'impie survivre dans son impiété. Ne sois pas juste à l'excès et ne te fais pas trop sage, pourquoi te détruirais-tu? Ne te fais pas méchant à l'excès et ne sois pas insensé, pourquoi mourir avant ton temps? Il est bon de tenir à ceci sans laisser ta main lâcher cela, puisque celui qui craint Dieu trouvera l'un et l'autre.
Sapiéntia confortábit sapiéntem super decem príncipes civitátis. Nullus enim homo iustus in terra, qui fáciat bonum et non peccet. Sed et cunctis sermónibus qui dicúntur, ne accómmodes cor tuum, ne forte áudias servum tuum maledicéntem tibi; scit enim consciéntia tua quia et tu crebro maledixísti áliis. La sagesse rend le sage plus fort que dix gouverneurs dans une ville. Il n'est pas d'homme assez juste sur la terre pour faire le bien sans jamais pécher. D'ailleurs ne prête pas attention à toutes les paroles qu'on prononce, ainsi tu n'entendras pas ton serviteur te maudire. Car bien des fois ton cœur a su que toi aussi avais maudit les autres.
Cuncta tentávi in sapiéntia, dixi: "Sápiens effíciar." Et ipsa lóngius recéssit a me. Longe est quod fuit; et alta est profúnditas. Quis invéniet eam? Lustrávi univérsa ánimo meo, ut scirem et considerárem et quærerem sapiéntiam et ratiónem et ut cognóscerem impietátem esse stultítiam et errórem imprudéntiam. Tout cela, j'en ai fait l'épreuve par la sagesse; j'ai dit: " Je serai sage ", mais c'est hors de ma portée! Hors de portée ce qui fut; profond! profond! Qui le découvrira? J'en suis venu, en mon cœur, à connaître, à explorer et à m'enquérir de la sagesse et de la réflexion, à reconnaître le mal pour une chose insensée et la folie pour une sottise.
R/. Emítte, Dómine, sapiéntiam de sede magnitúdinis tuæ, ut mecum sit et mecum labóret, * Ut sciam quid accéptum sit coram te omni témpore. V/. Da mihi, Dómine, sédium tuárum assistrícem sapiéntiam. * Ut sciam. V/. Glória Patri. * Ut sciam. R/. Du trône de ta majesté, Seigneur, daigne envoyer la Sagesse: qu'elle m'assiste et qu'elle peine à mes côtés, * Pour que je sache toujours ce qui est agréable à tes yeux. V/. Accorde-moi, Seigneur, celle qui partage ton trône, la Sagesse, * Pour que je sache. V/. Gloire au Père. * Pour que je sache.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Sermónibus sancti Columbáni abbátis (Sermo 1, 3-4.5: Op. omnia 1957, 62-64) Sermon de saint Colomban
Deus ubíque est, imménsus totus, et ubíque próximus iuxta suum de se testimónium: Ego sum, inquit, Deus próximans, et non Deus de longe. Non ergo longe a nobis manéntem qurimus Deum, quem intra nos si merémur habémus. In nobis enim hábitat quasi ánima in córpore, si tamen nos membra sana sumus eius, si mórtui non sumus peccátis. Tunc vere ille hábitat in nobis, qui dixit: Et habitábo in eis, et inter illos ambulábo. Si autem digni sumus ut ille in nobis sit, tunc in veritáte ab illo vivificámur quasi viva eius membra: In ipso enim, ut Apóstolus ait, vívimus et movémur et sumus. Dieu est partout, tout entier en son immensité, en même temps que proche en tout lieu, selon le témoignage qu'il porte de lui-même: Je suis, dit-il, un Dieu tout proche, et non pas un Dieu lointain. Nous ne cherchons donc pas, demeurant loin de nous, un Dieu que, si nous nous en montrons dignes, nous avons en nous. Car il habite en nous comme l'âme dans le corps, si toutefois nous sommes ses membres bien vivants, si nous ne sommes pas morts par nos péchés; alors habite vraiment en nous, celui qui a dit: J'habiterai en eux et je marcherai au milieu d'eux. Et si nous nous montrons dignes de sa présence en nous, alors nous sommes vivifiés par lui dans la vérité, comme ses membres vivants, ainsi que le dit l'Apôtre: En lui nous avons la vie, le mouvement et l'être.
Quis, inquam, iuxta hanc ineffábilem et incomprehensíbilem esséntiam eius, Altíssimum investigábit? Quis Dei profúnda perscrutábitur? Quis infinítum Deum ómnia impléntem et ómnia circumdántem, ómnia penetrántem et ómnia excedéntem, ómnia capiéntem et ómnia effugiéntem, scire gloriábitur? Quem nemo vidit umquam ut est. Nullus ítaque præsúmat quærere investigabília Deí, quid fuit, quómodo fuit, quo fuit. Hæc sunt ineffabília, inscrutabília, investigabília; simplíciter tantum, tamen fórtiter crede quod sic est Deus, et sic erit, quómodo fuit, quia inconvertíbilis Deus est. Qui donc pourra scruter le Très-Haut, conformément à l'essence ineffable et incompréhensible qui est la sienne? Qui sondera les profondeurs de Dieu? Qui se vantera de connaître le Dieu infini qui emplit tout et circonscrit tout, qui pénètre tout et surpasse tout, qui contient tout et se dérobe à tout, celui que personne n'a vu tel qu'il est? Que nul, par conséquent, n'ait la présomption de chercher à découvrir les profondeurs insondables de Dieu, ce qu'il fut, comment il fut, où il fut. Ces réalités sont ineffables, inconnaissables, insondables; crois seulement avec simplicité, mais néanmoins avec force, que Dieu est et sera, tel qu'il a été, car il est un Dieu immuable.
Quis est ergo Deus? Pater, Fílius et Spíritus Sanctus, Deus unus est. Amplius non requíras de Deo; quia voléntibus altam scire profunditátem, rerum ante natúra consideránda est. Trinitátis enim sciéntia profunditáti maris mérito comparátur, iuxta illud Sapiéntis: Et alta profúnditas, quis invéniet eam? Quia sicut maris profúnditas ab humánis est vísibus invisíbilis, ita Trinitátis divínitas ab humánis simíliter sénsibus incomprehensíbilis deprehénditur. Et ídeo si quis, inquam, scire volúerit, quid crédere debúerit, non putet se plus bene intellégere loquéndo quam credéndo; magis enim longe refúgiet quæsíta divinitátis sapiéntia quam erat. Dieu, qui est-il donc? Père, Fils et Esprit Saint, il est le Dieu un. Ne recherche pas plus avant ce qui touche la nature de Dieu, car ceux qui veulent connaître le fond le plus profond des réalités, il leur faut d'abord considérer la nature de ces réalités. La connaissance de la Trinité, en effet, est comparée, avec justesse, à la profondeur de la mer, selon cette parole du Sage: Le fond le plus profond, qui le découvrira? Car, tout comme la profondeur de la mer à notre vue est invisible, la divinité de la Trinité est pareillement saisie par les facultés humaines comme incompréhensible. C'est pourquoi, je dis que si l'on désire connaître ce qu'on doit croire, on ne doit pas pour autant s'imaginer comprendre mieux par le discours que par la foi; car la sagesse de la divinité cherchée de la sorte, s'éloignera bien plus qu'elle ne l'était.
R/. Da mihi, Dómine, sédium tuárum assistrícem sapiéntiam, et noli me reprobáre a púeris tuis; * Quóniam servus tuus sum ego, et fílius ancíllæ tuæ. V/. Dómine, Pater et Deus vitæ meæ, ne derelínquas me in cogitátu malígno; * Quóniam. V/. Glória Patri. * Quóniam. R/. Accorde-moi, Seigneur, celle qui partage ton trône, la Sagesse, et ne me rejette pas du nombre de tes enfants; * Car je suis ton serviteur, le fils de ta servante. V/. Ô Seigneur, Père et Dieu de ma vie, ne m'abandonne pas aux pensées impies! * Car. V/. Gloire au Père. * Car.