Vigiles (OSB) du jeudi 13 septembre 2018 - St Jean Chrysostome, évêque et docteur de l'Église

Hebdomada XXIII per annum XXIIIème semaine dans l'année
Feria V Jeudi
S. Ioannis Chrysostomi, episcopi et Ecclesiae doctoris St Jean Chrysostome, évêque et docteur de l'Église
Memoria Mémoire
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De Epístula secúnda beáti Petri apóstoli De la seconde lettre de saint Pierre
Hanc vobis, caríssimi, iam secúndam scribo epístulam, in quibus éxcito vestram in commonitióne sincéram mentem, ut mémores sitis eórum, quæ prædícta sunt verbórum a sanctis prophétis, et ab apóstolis tráditi vobis præcépti Dómini et Salvatóris; hoc primum sciéntes quod vénient in novíssimis diébus in illusióne illudéntes, iuxta próprias concupiscéntias suas ambulántes, dicéntes: "Ubi est promíssio advéntus eius?" Ex quo enim patres dormiérunt, ómnia sic persevérant ab inítio creatúræ. Voici déjà, très chers, la deuxième lettre que je vous écris; dans les deux je fais appel à vos souvenirs pour éveiller en vous une saine intelligence. Souvenez-vous des choses prédites par les saints prophètes et du commandement de vos apôtres, celui du Seigneur et Sauveur. Sachez tout d'abord qu'aux derniers jours, il viendra des railleurs pleins de raillerie, guidés par leurs passions. Ils diront: " Où est la promesse de son avènement? Depuis que les Pères sont morts, tout demeure comme au début de la création. "
Latet enim eos hoc voléntes quod cæli erant prius et terra de aqua et per aquam consístens Dei verbo, per quæ ille tunc mundus aqua inundátus périit; cæli autem, qui nunc sunt, et terra eódem verbo repósiti sunt igni, serváti in diem iudícii et perditiónis impiórum hóminum. Car ils ignorent volontairement qu'il y eut autrefois des cieux et une terre qui, du milieu de l'eau, par le moyen de l'eau, surgit à la parole de Dieu et que, par ces mêmes causes, le monde d'alors périt inondé par l'eau. Mais les cieux et la terre d'à présent, la même parole les a mis de côté et en réserve pour le feu, en vue du jour du Jugement et de la ruine des hommes impies.
Unum vero hoc non láteat vos, caríssimi, quia unus dies apud Dóminum sicut mille anni, et mille anni sicut dies unus. Non tardat Dóminus promissiónem, sicut quidam tarditátem exístimant, sed patiénter agit in vos nolens áliquos períre, sed omnes ad pæniténtiam revérti. Advéniet autem dies Dómini ut fur, in qua cæli magno ímpetu tránsient, eleménta vero calóre solvéntur, et terra et ópera, quæ in ea inveniéntur. Voici un point, très chers, que vous ne devez pas ignorer: c'est que devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne retarde pas l'accomplissement de ce qu'il a promis, comme certains l'accusent de retard, mais il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir. Il viendra, le Jour du Seigneur, comme un voleur; en ce jour, les cieux se dissiperont avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, la terre avec les œuvres qu'elle renferme sera consumée.
R/. Dómine Deus, propítius esto pópulo tuo, * Et convérte tribulatiónem nostram in gáudium. V/. Adiuva nos, Deus salutáris noster; propter glóriam nóminis tui, Dómine, líbera nos. * Et convérte. V/. Glória Patri. * Et convérte. R/. Seigneur notre Dieu, sois favorable à ton peuple, * Transforme en joie notre épreuve. V/. Aide-nous, Dieu notre Sauveur; délivre-nous, Seigneur, pour la gloire de ton nom! * Transforme. V/. Gloire au Père. * Transforme.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Apologético Tertulliáni presbýteri (Cap. 17; CSEL 69,44) Apologétique de Tertullien
Quod cólimus, Deus unus est, qui totam molem istam cum omni instruménto elementórum, córporum, spirítuum, verbo quo iussit, ratióne qua dispósuit, virtúte qua pótuit, de níhilo expréssit in ornaméntum maiestátis suæ. Invisíblis est, etsi videátur; incomprehensíbilis, etsi per grátiam repræsentétur; inæstimábilis, etsi humánis sénsibus æstimétur; ídeo verus et tantus! Céterum quod vidéri commúniter, quod comprehéndi, quod æstimári potest, minus est et óculis quibus occupátur, et mánibus quibus contaminátur, et sénsibus quibus invenítur; quod vero imménsum est, soli sibi notum est. Ce que nous adorons, c'est le Dieu un: par sa parole, il a commandé; par sa raison, il a disposé; par sa vertu qui a pu toutes choses, il a tiré du néant tout cet édifice gigantesque avec l'appareil des éléments, des corps, des esprits, pour servir d'ornement à sa majesté. Dieu est invisible, bien qu'on le voie; il est impalpable, bien que sa grâce nous le rende présent; incompréhensible, bien que les facultés humaines le conçoivent: c'est ce qui prouve son existence et sa grandeur. Les autres choses qu'on peut voir, palper, comprendre, sont moindres que les yeux qui les voient, que les mains qui les touchent, que les sens qui les découvrent; mais ce qui est infini n'est parfaitement connu que de soi-même.
Hoc est, quod Deum æstimári facit, dum æstimári non capit; ita eum vis magnitúdinis et notum homínibus óbicit et ignótum. Et hæc est summa delícti noléntium recognóscere, quem ignoráre non possunt. Vultis ex óperibus ipsíus tot ac tálibus quibus continémur, quibus sustinémur, quibus oblectámur, étiam quibus exterrémur, vultis ex ánimæ ipsíus testimónio comprobémus? Ce qui fait comprendre Dieu, c'est précisément l'impossibilité de le comprendre. Ainsi l'immensité de sa grandeur le dévoile et le cache tout à la fois aux hommes. Et c'est le crime principal de ceux qui ne veulent pas reconnaître celui qu'ils ne peuvent ignorer. Voulez-vous que nous prouvions Dieu par ses œuvres, si nombreuses et si belles, qui nous conservent, qui nous soutiennent, qui nous réjouissent, et par celles mêmes qui nous effraient? Voulez-vous que nous le prouvions par le témoignage de l'âme elle-même?
Quæ licet cárcere córporis pressa, licet institutiónibus pravis circumscrípta, licet libidínibus et concupiscéntiis evigoráta, licet falsis deis exancilláta, cum tamen resipíscit, ut ex crápula, ut ex somno, ut ex áliqua valetúdine, et sanitátem suam pátitur, Deum nóminat hoc solo nómine, quia próprio Dei veri. "Deus magnus, Deus bonus " et "Quod Deus déderit", ómnium vox est. Iúdicem quoque contestátur illum: "Deus videt" et "Deo comméndo" et "Deus mihi reddet." O testimónium ánimæ naturáliter christiánæ! Dénique pronúntians hæc non ad Capitólium, sed ad cælum réspicit. Novit enim sedem Dei vivi: ab illo et inde descéndit. Celle-ci, bien qu'à l'étroit dans la prison du corps, bien que circonvenue par une éducation mauvaise, bien qu'affaiblie par les passions et la concupiscence, bien qu'asservie aux faux dieux, lorsqu'elle revient à elle-même, comme au sortir de l'ivresse ou du sommeil, ou de quelque maladie, et qu'elle est dans son état normal de santé, nomme Dieu par ce seul nom, parce que c'est le nom propre du vrai Dieu. " Dieu grand, Dieu bon ", et " Ce qu'il plaira à Dieu ", voilà le cri universel. Elle le reconnaît aussi pour juge: " Dieu le voit ", et " je m'en remets à Dieu ", et " Dieu le rendra. " Ô témoignage de l'âme naturellement chrétienne! Et, en prononçant ces paroles, ce n'est pas vers le Capitole qu'elle tourne les yeux, mais vers le ciel. Elle connaît, en effet, le séjour du Dieu vivant: c'est de lui, c'est de là qu'elle est descendue.
R/. Devastávit víneam tuam aper de silva, et singuláris ferus depástus est eam; vide, Dómine, et éxcita poténtiam tuam, * Ne péreat quod plantávit déxtera tua. V/. Dómine, Deus virtútum, convértere; réspice de cælo et vide, et vísita víneam istam. * Ne péreat. V/. Glória Patri. * Ne péreat. R/. Le sanglier des forêts ravage ta vigne, et les bêtes des champs la broutent. Regarde, Seigneur, réveille ta puissance: * Que ne soit pas détruit le cep que ta main a planté! V/. Seigneur, Dieu de l'univers, reviens! Du haut des cieux, regarde et vois: visite cette vigne, * Que ne soit pas détruit. V/. Gloire au Père. * Que ne soit pas détruit.