Vigiles (OSB) du vendredi 14 septembre 2018 - EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

Hebdomada XXIII per annum XXIIIème semaine dans l'année
Feria VI Vendredi
IN EXALTATIONE SANCTAE CRUCIS EXALTATION DE LA SAINTE CROIX
Festum Fête
In primo nocturno, utroque anno Premier nocturne, années I et II
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Gálatas 2, 19 - 3, 7. 13-14; 6, 14-16 De la lettre de saint Paul aux Galates
Lectio I Lecture I
Fratres: Ego Paulus per legem legi mórtuus sum, ut Deo vivam. Christo confíxus sum cruci: vivo autem iam non ego, vivit vero in me Christus; quod autem nunc vivo in carne, in fide vivo Fílii Dei, qui diléxit me et trádidit seípsum pro me. Non írritam fácio grátiam Dei; si enim per legem iustítia, ergo Christus gratis mórtuus est. Par la Loi, moi Paul, je suis mort à la Loi afin de vivre à Dieu: je suis crucifié avec le Christ; et ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré pour moi. Je n'annule pas le don de Dieu: car si la justice vient de la Loi, c'est donc que le Christ est mort pour rien.
R/. Dómine, Rex noster, quando véneris iudicáre terram, * Tunc apparébit crux sancta, fulgens ut aurum in virtúte sua. V/. Cum séderit Fílius hóminis in maiestáte sua et cœperit iudicáre sæculum per ignem, * Tunc. R/. Seigneur, notre Roi, lorsque tu viendras juger les hommes, * Alors apparaîtra la croix très sainte qui resplendira comme l'éclat de l'or. V/. Lorsque le Fils de l'homme siégera en majesté pour commencer à juger le monde par le feu, * Alors.
Lectio II Lecture II
O insensáti Gálatæ, quis vos fascinávit, ante quórum óculos Iesus Christus descríptus est crucifíxus? Hoc solum volo a vobis díscere: Ex opéribus legis Spíritum accepístis an ex audítu fídei? Sic stulti estis? Cum Spíritu cœpéritis, nunc carne consummámini? Tanta passi estis sine causa? Si tamen et sine causa! Qui ergo tríbuit vobis Spíritum et operátur virtútes in vobis, ex opéribus legis an ex audítu fídei? Sicut Abraham crédidit Deo, et reputátum est ei ad iustítiam. Cognóscitis ergo quia qui ex fide sunt, hi sunt fílii Abrahæ. Ô Galates sans intelligence, qui vous a ensorcelés? À vos yeux pourtant ont été dépeints les traits de Jésus-Christ en croix. Je ne veux savoir de vous qu'une chose: est-ce pour avoir pratiqué la Loi que vous avez reçu l'Esprit, ou pour avoir cru à la prédication? Êtes-vous à ce point dépourvus d'intelligence, que de commencer par l'esprit pour finir maintenant dans la chair? Est-ce en vain que vous avez éprouvé tant de faveurs? Et ce serait bel et bien en vain. Celui donc qui vous prodigue l'Esprit et opère parmi vous des miracles, le fait-il parce que vous pratiquez la Loi ou parce que vous croyez à la prédication? Ainsi Abraham crut-il en Dieu, et ce lui fut compté comme justice. Comprenez-le donc: ceux qui se réclament de la foi, ce sont eux les fils d'Abraham.
R/. O crux benedícta, * Quæ sola fuísti digna portáre Regem cælórum et Dóminum. V/. O crux gloriósa et admirábilis, o crux adoránda, * Quæ. R/. Ô croix bénie, * Toi seule as été digne de porter le Roi des cieux, le Seigneur! V/. Ô croix glorieuse, nous t'admirons, croix adorable, * Toi seule.
Lectio III Lecture III
Christus nos redémit de maledícto legis factus pro nobis maledíctum, quia scriptum est: Maledíctus omnis, qui pendet in ligno, ut in gentes benedíctio Abrahæ fíeret in Christo Iesu, ut promissiónem Spíritus accipiámus per fidem. Le Christ nous a rachetés de cette malédiction de la Loi, devenu lui-même malédiction pour nous, car il est écrit: Maudit quiconque pend au gibet, afin qu'aux païens passe dans le Christ Jésus la bénédiction d'Abraham et que par la foi nous recevions l'Esprit de la promesse.
R/. O crux, admirábile signum, in quo Dóminus nostri Dei Fílius, suspénsus * Pro nostrórum póndere críminum, mortis damnávit supplícium. V/. Dulce lignum, dulces clavos, dulce pondus sústinens. * Pro. R/. Ô croix, signe admirable! Sur toi le Seigneur, * Le Fils de notre Dieu, suspendu pour faire le poids face à nos péchés, a condamné le supplice de la mort. V/. Douceur du bois, douceur des clous, qui supportent un poids si doux! * Le Fils.
Lectio IV Lecture IV
Mihi autem absit gloriári nisi in cruce Dómini nostri Iesu Christi, per quem mihi mundus crucifíxus est, et ego mundo. Neque enim circumcísio áliquid est neque præpútium, sed nova creatúra. Et quicúmque hanc régulam secúti fúerint, pax super illos et misericórdia et super Israel Dei. Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ , qui a fait du monde un crucifié pour moi et de moi un crucifié pour le monde. Car la circoncision n'est rien, ni l'incirconcision; il s'agit d'être une créature nouvelle. Et à tous ceux qui suivront cette règle, paix et miséricorde, ainsi qu'à l'Israël de Dieu.
R/. Per tuam crucem salva nos, Christe Redémptor, * Qui mortem nostram moriéndo destruxísti, * Et vitam resurgéndo reparásti. V/. Miserére nostri, Iesu benígne, qui passus es cleménter pro nobis. * Qui. V/. Glória Patri. * Et vitam. R/. Par ta croix sauve-nous, ô Christ Rédempteur! * Par ta mort, tu as détruit notre mort; * Par ta résurrection, tu as renouvelé la vie! V/. Aie pitié de nous, Jésus très aimant, toi qui as montré tant de bonté en souffrant pour nous ta Passion. * Par ta mort. V/. Gloire au Père. * Par ta résurrection.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Oratiónibus sancti Andréæ Creténsis epíscopi (Orat. 10: PG 97, 1018-1019.1022-1023) Homélie de saint André de Crète
Lectio I Lecture I
Crucis festum celebrámus, per quam ténebræ pulsæ sunt et lumen rédditum. Crucis festum celebrámus, et una cum Crucifíxo in sublíme tóllimur, ut, terra cum peccáto infra relícta, supérna comparémus. Talis est tantáque crucis posséssio, et qui hanc póssidet, póssidet thesáurum. Nous célébrons la fête de la croix, de cette croix qui a chassé les ténèbres et ramené la lumière. Nous célébrons la fête de la croix et, avec le Crucifié, nous sommes portés vers les hauteurs, nous laissons sous nos pieds la terre et le péché pour obtenir les biens du ciel. Quelle grande chose que de posséder la croix: celui qui la possède, possède un trésor.
R/. Crux benedícta nitet, Dóminus qua carne pepéndit * Atque cruóre suo vúlnera nostra lavit, allelúia, allelúia. V/. Córpore qui in ligno pepéndit pro vúlnere nostro, * Atque. R/. Elle rayonne, la croix bénie sur laquelle, dans sa chair, a été suspendu le Seigneur, la croix sur laquelle * Il a lavé nos plaies dans son sang, alléluia, alléluia! V/. C'est lui qui, dans son corps, a été suspendu pour guérir nos blessures: * Il.
Lectio II Lecture II
Si enim crux non foret, Christus crucifíxus non esset. Si crux non esset, vita ligno clavis suffíxa non esset. Si ea clavis suffíxa non esset, ex látere fontes immortalitátis, sánguinem et aquam, quæ mundum éxpiant, non fudíssent; peccáti chirógraphum disrúptum non foret, in libertátem assérti non essémus, ligno vitæ non fruerémur, paradísus non patéret. Si crux non esset, mors prostráta non esset, inférnus non spoliátus. En effet, s'il n'y avait pas eu la croix, le Christ n'aurait pas été crucifié; s'il n'y avait pas eu la croix, la vie n'aurait pas été appendue au bois par des clous; si la vie n'avait pas été appendue au bois par des clous, les sources de l'immortalité, le sang et l'eau qui purifient le monde, n'auraient pas jailli de son côté; le document reconnaissant le péché n'aurait pas été déchiré, nous n'aurions pas reçu la liberté, nous n'aurions pas goûté à l'arbre de vie, le paradis ne se serait pas rouvert. S'il n'y avait pas eu la croix, la mort n'aurait pas été terrassée, l'enfer n'aurait pas été dépouillé de sa puissance.
R/. Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis; nulla silva talem profert fronde, flore, gérmine; * Dulce lignum, dulces clavos, dulce pondus sústinet. V/. Super ómnia ligna cedrórum tu sola excélsior. * Dulce lignum. R/. Ô croix fidèle, arbre unique et noble entre tous les arbres; ta frondaison, ta fleur, ton fruit: nulle forêt n'en produit de tels! * Douceur du bois, douceur des clous, qui supportent un poids si doux! V/. Toi seule dépasses en élévation tous les arbres à bois odorant, tous les cèdres les plus grands. * Douceur.
Lectio III Lecture III
Magna ígitur et pretiósa res crux est. Magna quidem, quia multa per ipsam bona effécta sunt; et tanto plura, quanto magis Christi miráculis et cruciátibus potióres partes tribuéndæ sunt. Pretiósa vero, quia Dei pássio et tropum, crux est; pássio quidem, ob spontáneam in ipsa passiónis mortem; tropæum autem, quia in ipsa diábolus sauciátus, et cum eo mors devícta est; atque inferórum claustra contríta, et commúni univérsi orbis salus crux facta est. La croix est donc une réalité grande et précieuse. Grande, en vérité, parce qu'elle a produit de nombreux biens, et d'autant plus nombreux que les miracles et les souffrances du Christ ont triomphé davantage. Réalité précieuse aussi, parce que la croix est à la fois la souffrance et le trophée de Dieu. Elle est sa souffrance, oui, parce que, sur elle, il a souffert sa mort volontaire; mais aussi son trophée, parce que le diable y a été blessé, et avec lui la mort y a été vaincue; les verrous de l'enfer y ont été brisés, et la croix est devenue le salut universel du monde entier.
R/. Nos autem gloriári opórtet in cruce Dómini nostri Iesu Christi, in quo est salus, vita, et resurréctio nostra, * Per quam salváti et liberáti sumus. V/. Absit nobis gloriári, nisi in cruce Dómini mei Iesu Christi, * Per quam. R/. Pour nous, il nous faut tirer gloire de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ! En lui est notre salut, notre vie, notre résurrection; * Par elle nous sommes sauvés, libérés. V/. Quant à nous, jamais d'autre titre de gloire que la croix de mon Seigneur Jésus-Christ! * Par elle.
Lectio IV Lecture IV
Hæc et Christi glória appellátur, et Christi exaltátio dícitur. Hæc et calix desiderábilis intellégitur, et cruciátuum, quos pro nobis Christus perpéssus est, conclúsio. Quod vero Christi glória sit crux, audi ipsum dicéntem: Nunc clarificátus est Fílius hóminis, et Deus clarificátus est in eo, et cóntinuo clarificábit eum. Quod autem exaltátio quoque Christi, crux sit, áccipe quid ípsemet ait: Quando ego exaltátus fúero, tunc omnes traham ad meípsum. Vides quod glória et exaltátio Christi, crux sit? La croix est appelée non seulement la gloire du Christ, mais aussi son exaltation. Elle représente, on le comprend, la coupe désirée, la récapitulation de tous les supplices que le Christ a endurés pour nous. Que la croix soit la gloire du Christ, écoute-le nous le dire lui-même: Maintenant le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire. Que la croix soit aussi l'exaltation du Christ, tu l'apprends lorsqu'il dit lui-même: Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes. Tu vois pourquoi la croix est à la fois la gloire et l'exaltation du Christ?
R/. O crux gloriósa, o crux adoránda, o lignum pretiósum et admirábile signum, * Per quod et diábolus est victus, * Et mundus Christi sánguine redémptus. V/. Hoc signum crucis erit in cælo, cum Dóminus ad iudicándum vénerit. * Per quod. V/. Glória Patri. * Et mundus. R/. Ô croix glorieuse, croix adorable, ô bois précieux, signe admirable! * C'est par toi que le diable est vaincu, * C'est par toi que le monde est racheté dans le sang du Christ. V/. Il y aura le signe de la croix dans le ciel quand le Seigneur viendra pour le jugement. * C'est par toi que le diable. V/. Gloire au Père. * C'est par toi que le monde.
In tertio nocturno, anno B Troisième nocturne, année B
Léctio sancti Evangélii secúndum Ioánnem Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean
Nemo ascéndit in cælum, nisi qui descéndit de cælo, Fílius hóminis. Et réliqua. Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. Et la suite.
Ex Tractátibus sancti Augustíni epíscopi in Ioánnem (Tract. 12, 10-11: CCL 36, 126-127) Traité de saint Augustin sur l'évangile de saint Jean
Lectio I Lecture I
Descéndit Fílius hóminis et mórtuus est, et ipsa morte liberávit nos a morte; morte occísus, mortem occídit. Et nostis, fratres, quia mors ista per diáboli invídiam intrávit in mundum. Deus mortem non fecit, Scriptúra lóquitur; nec lætátur, inquit, in perditióne vivórum: creávit enim ut essent ómnia. Ergo mortem suscépit et mortem suspéndit in cruce, et de ipsa morte liberántur mortáles. Quod in figúra factum est apud antíquos commémorat illud Dóminus: Et sicut, inquit, Móyses exaltávit serpéntem in erémo, ita exaltári opórtet Fílium hóminis, ut omnis qui credit in eum non péreat, sed hábeat vitam ætérnam. Le Fils de l'homme est descendu du ciel, et il est mort, et par sa mort même il nous a délivrés de la mort; tué par la mort, il a tué la mort. Et vous savez, mes frères, que c'est par l'envie du diable que cette mort est entrée dans le monde. Dieu n'a pas fait la mort, dit l'Écriture, et il ne se réjouit pas de la perte des vivants, car il a tout créé pour l'existence. Il a donc pris la mort et il a attaché la mort à la croix, et de la mort elle-même les mortels sont délivrés. Ce qui était arrivé en figure chez les anciens, le Seigneur le rappelle ici: Et de même, dit-il, que Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tous ceux qui croient en lui ne périssent pas, mais qu'ils aient la vie éternelle.
R/. Hoc signum crucis erit in cælo, cum Dóminus ad iudicándum vénerit; * Tunc manifésta erunt abscóndita cordis nostri, allelúia, allelúia. V/. Cum séderit Fílius hóminis in sede maiestátis suæ et cœperit iudicáre sæculum per ignem, * Tunc. R/. Il y aura le signe de la croix dans le ciel quand le Seigneur viendra pour le jugement, * Alors seront manifestées les pensées secrètes de nos cœurs, alléluia, alléluia! V/. Lorsque le Fils de l'homme siégera en majesté pour commencer à juger le monde par le feu, * Alors.
Lectio II Lecture II
Magnum sacraméntum! Quis est serpens exaltátus? Mors Dómini in cruce. Quia enim a serpénte mors, per serpéntis effígiem figuráta est. Morsus serpéntis lethális, mors Dómini vitális. Atténditur serpens, ut nihil váleat serpens. Quid est hoc? Atténditur mors, ut nihil váleat mors. Sed cuius mors? Mors vitæ, si dici potest: mors vitæ; immo quia dici potest, mirabíliter dícitur. Mystère profond! Quel est le serpent qui est élevé? La mort du Seigneur en croix: en effet, comme la mort est venue par le serpent, elle a été figurée par une effigie de serpent. La morsure du serpent donne la mort, la mort du Seigneur donne la vie. On regarde le serpent pour que le serpent n'ait plus aucun pouvoir. Qu'est-ce à dire? Pour que la mort n'ai plus aucun pouvoir, on regarde la mort. Mais la mort de qui? La mort de la vie, si on peut parler de la mort de la vie et, comme on peut le dire, l'expression est merveilleuse.
R/. Tuam crucem adorámus, Dómine, tuam gloriósam recólimus passiónem; * Miserére nostri, qui passus es pro nobis. V/. Adorámus te, Christe, et benedícimus tibi, quia per crucem tuam redemísti mundum. * Miserére. R/. Nous adorons ta croix, Seigneur, nous faisons mémoire de ta glorieuse Passion; * Aie pitié de nous, toi qui pour nous as souffert! V/. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta croix. * Aie pitié.
Lectio III Lecture III
Sed numquid non erit dicéndum quod fuit faciéndum? Ego dúbitem dícere quod Dóminus pro me dignátus est fácere? Nonne vita Christus? Et tamen in cruce Christus. Nonne vita Christus? Et tamen mórtuus Christus. Sed in morte Christi mors mórtua est, quia vita mórtua occídit mortem, plenitúdo vitæ deglutívit mortem, absórpta est mors in Christi córpore. Sic et nos dicémus in resurrectióne, quando iam triumphántes cantábimus: Ubi est, mors, conténtio tua? Ubi est, mors, acúleus tuus? Ne faudra-t-il pas dire ce qui a bien dû se faire? Est-ce que, moi, je vais hésiter à dire ce que le Seigneur a daigné faire pour moi? Le Christ n'est-il pas la vie? Et pourtant le Christ a été crucifié. Le Christ n'est-il pas la vie? Et pourtant le Christ est mort. Mais dans la mort du Christ la mort a trouvé la mort, parce que la vie, frappée à mort, a tué la mort, la plénitude de la vie a englouti la mort, la mort a été anéantie dans le corps du Christ. C'est ce que nous dirons, nous aussi, à la résurrection quand, déjà triomphants, nous chanterons: Mort, où est ta puissance? Mort, où est ton aiguillon?
R/. Adorámus te, Christe, et benedícimus tibi, * Quia per crucem tuam redemísti mundum. V/. Tuam crucem adorámus, Dómine, tuam gloriósam recólimus passiónem, * Quia. R/. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons, * Car tu as racheté le monde par ta croix. V/. Nous adorons ta croix, Seigneur, nous faisons mémoire de ta glorieuse Passion, * Car.
Lectio IV Lecture IV
Interim modo, fratres, ut a peccáto sanémur, Christum crucifíxum intueámur, quia sicut Móyses, inquit, exaltávit serpéntem in erémo, ita exaltári opórtet Fílium hóminis, ut omnis qui credit in eum non péreat, sed hábeat vitam ætérnam. Quómodo qui intuebántur illum serpéntem non péribant mórsibus serpéntum, sic qui intuéntur fide mortem Christi sanántur a mórsibus peccatórum. Sed illi sanabántur a morte ad vitam temporálem; hic autem ait: Ut hábeant vitam ætérnam. Hoc enim intérest inter figurátam imáginem et rem ipsam: figúra præstábat vitam temporálem, res ipsa cuius illa figúra erat præstat vitam ætérnam. En attendant, mes frères, pour être guéris du péché, regardons le Christ crucifié car, dit-il, de même que Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l'homme soit élevé afin que tous ceux qui croient en lui ne périssent pas, mais qu'ils aient la vie éternelle. De même que ceux qui, jadis, regardaient le serpent ne mouraient pas des morsures des serpents, de même ceux qui regardent par la foi la mort du Christ sont guéris des morsures des péchés. Ils étaient guéris de la mort pour jouir d'une vie temporelle, mais le Christ affirme ici: Pour qu'ils aient la vie éternelle. Telle est, en effet, la différence entre la figure et la réalité: la figure ne donnait qu'une vie temporelle, la réalité dont elle était la figure donne la vie éternelle.
R/. O crux, víride lignum, quia super te pepéndit Redémptor, Rex Israel! * O quam dulce lignum, quam dulces clavos, quam dúlcia ferens póndera! * O quam pretiósum lignum, quam pretiósa gemma, quæ Christum méruit sustinére! V/. Custódi, Dómine, gregem istum, quem redemísti, Christe, per lignum sanctæ crucis. * O quam dulce. V/. Glória Patri. * O quam pretiósum. R/. Ô croix, arbre au feuillage toujours vert, car sur toi fut suspendu le Rédempteur, le Roi d'Israël! * Ô douceur de ce bois, douceur de ces clous, qui supportent un poids si doux! * Ô le bois précieux, le joyau précieux, qui fut digne de porter le Christ! V/. Garde, Seigneur, ton peuple, que tu as racheté, ô Christ, par le bois de ta sainte croix! * Ô douceur. V/. Gloire au Père. * Ô le bois précieux.