Vigiles (OSB) du samedi 15 septembre 2018 - Bienheureuse Marie Vierge des Douleurs

Hebdomada XXIII per annum XXIIIème semaine dans l'année
Sabbato Samedi
B. Mariae Virginis Perdolentis Bienheureuse Marie Vierge des Douleurs
Memoria Mémoire
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In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
Incipit Epístula beáti Iudæ apóstoli De la lettre de saint Jude
Iudas Iesu Christi servus, frater autem Iacóbi, his qui sunt vocáti, in Deo Patre dilécti et Christo Iesu conserváti: misericórdia vobis et pax et cáritas adimpleátur. Caríssimi, omnem sollicitúdinem fáciens scribéndi vobis de commúni nostra salúte necésse hábui scríbere vóbis, déprecans certáre pro semel trádita sanctis fide. Subintroiérunt enim quidam hómines, qui olim præscrípti sunt in hoc iudícium, ímpii, Dei nostri grátiam transferéntes in luxúriam et solum Dominatórem et Dóminum nostrum Iesum Christum negántes. Commonére autem vos volo, sciéntes vos ómnia, quóniam Dóminus semel pópulum de terra Ægýpti salvans, secúndo eos, qui non credidérunt, pérdidit; ángelos vero, qui non servavérunt suum principátum, sed dereliquérunt suum domicílium, in iudícium magni diéi vínculis ætérnis sub calígine reservávit. Sicut Sódoma et Gomórra et finítimæ civitátes, símili modo exfornicátæ et abeúntes post carnem álteram, factæ sunt exémplum, ignis ætérni pœnam sustinéntes. Jude, serviteur de Jésus-Christ, frère de Jacques, aux appelés, aimés de Dieu le Père et gardés pour Jésus-Christ. À vous miséricorde et paix et charité en abondance. Très chers, j'avais un grand désir de vous écrire au sujet de notre salut commun, et j'ai été contraint de le faire, afin de vous exhorter à combattre pour la foi transmise aux saints une fois pour toutes. Car il s'est glissé parmi vous certains hommes qui depuis longtemps ont été marqués d'avance pour cette sentence: ces impies travestissent en débauche la grâce de notre Dieu et renient notre seul Maître et Seigneur Jésus-Christ. Je veux vous rappeler, à vous qui connaissez tout cela une fois pour toutes, que le Seigneur, après avoir sauvé le peuple de la terre d'Égypte, a fait périr ensuite les incrédules. Quant aux anges, qui n'ont pas conservé leur primauté, mais ont quitté leur propre demeure, c'est pour le jugement du grand Jour qu'il les a gardés dans des liens éternels, au fond des ténèbres. Ainsi Sodome, Gomorrhe et les villes voisines qui se sont prostituées de la même manière et ont couru après une chair différente, sont-elles proposées en exemple, subissant la peine d'un feu éternel.
Simíliter vero et hi somniántes carnem quidem máculant, dominatiónem autem spernunt, glórias autem blasphémant. Hi sunt in ágapis vestris máculæ convivántes sine timóre, semetípsos pascéntes, nubes sine aqua, quæ a véntis circumferúntur, árbores autumnáles infructuósæ bis mórtuæ, eradicátæ, flúctus féri máris despumántes suas confusiónes, sídera errántia, quibus procélla tenebrárum in ætérnum serváta est. Pourtant, ceux-là aussi, en délire, souillent la chair, méprisent la Seigneurie, blasphèment les Gloires. Ce sont eux les écueils de vos agapes. Ils font bonne chère sans vergogne, ils se repaissent: nuées sans eau que les vents emportent, arbres de fin de saison, sans fruits, deux fois morts, déracinés, houle sauvage de la mer écumant sa propre honte, astres errants auxquels les ténèbres épaisses sont gardées pour l'éternité.
Vos autem, caríssimi, mémores estóte verbórum, quæ prædícta sunt ab apóstolis Dómini nostri Iesu Christi, quóniam dicébant vobis: "In novíssimo témpore vénient illusóres, secúndum suas concupiscéntias ambulántes impietátum". Hi sunt qui ségregant, animáles, Spíritum non habéntes. Vos autem, caríssimi, superædificántes vosmetípsos sanctíssimæ vestræ fídei, in Spíritu Sancto orántes, ipsos vos in dilectióne Dei serváte, exspectántes misericórdiam Dómini nostri Iesu Christi in vitam ætérnam. Et his quidem miserémini disputántibus, illos vero salváte de igne, rapiéntes, áliis autem miserémini in timóre, odiéntes et eam, quæ carnális est, maculátam túnicam. Mais vous, très chers, rappelez-vous ce qui a été prédit par les apôtres de notre Seigneur Jésus-Christ. Ils vous disaient: " À la fin du temps, il y aura des moqueurs, marchant selon leurs convoitises impies. " Ce sont eux qui créent des divisions, ces animaux, ces êtres " psychiques " qui n'ont pas d'esprit. Mais vous, très chers, vous édifiant sur votre foi très sainte, priant dans l'Esprit Saint, gardez-vous dans la charité de Dieu, prêts à recevoir la miséricorde de notre Seigneur Jésus-Christ pour la vie éternelle. Les uns, ceux qui hésitent, cherchez à les convaincre; les autres, sauvez-les en les arrachant au feu; les autres enfin, portez-leur une pitié craintive, en haïssant jusqu'à la tunique contaminée par leur chair.
Ei qui potest vos conserváre sine peccáto et constitúere ante conspéctum glóriæ suæ immaculátos in exsultatióne, soli Deo salvatóri nostro per Iesum Christum Dóminum nostrum glória, magnificéntia, impérium et potéstas ante omne sæculum et nunc et in ómnia sæcula. Amen. À celui qui peut vous garder de la chute et vous présenter devant sa gloire, sans reproche, dans l'allégresse, à l'unique Dieu, notre Sauveur par Jésus-Christ notre Seigneur, gloire, majesté, force et puissance avant tout temps, maintenant et dans tous les temps! Amen.
R/. Salvos nos fac, Dómine Deus noster, et cóngrega nos de natiónibus, * Ut confiteámur nómini tuo et gloriémur in laude tua. V/. Meménto nostri, Dómine, in beneplácito pópuli tui; vísita nos in salutári tuo: * Ut confiteámur. V/. Glória Patri. * Ut confiteámur. R/. Sauve-nous, Seigneur notre Dieu; rassemble-nous du milieu des païens: * Que nous rendions grâce à ton nom, fiers de chanter ta louange! V/. Souviens-toi de nous, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple; toi qui le sauves, visite-nous: * Que nous rendions grâce. V/. Gloire au Père. * Que nous rendions grâce.
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In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Sermónibus sancti Bernárdi abbátis (Sermo in Dom. infra Oct. Assumpt., 14-15: EC, 273-274) Sermon de saint Bernard
Martýrium Vírginis tam in Symeónis prophetía quam in ipsa domínicæ passiónis história commendátur. Pósitus est hic, ait sanctus senex de párvulo Iesu, in signum cui contradicétur, et tuam ipsíus ánimam - ad Maríam autem dicébat - pertránsibit gládius. Vere tuam, o beáta mater, ánimam gládius pertransívit. Alíoquin non nisi eam pertránsiens, carnem Fílii penetráret. Et quidem posteáquam emísit spíritum tuus ille Iesus, ipsíus plane non attígit ánimam crudélis láncea, quæ ipsíus, nec mórtuo parcens, cui nocére non posset, apéruit latus, sed tuam útique ánimam pertransívit. Tuam pertransívit vis dolóris, ut plus quam mártyrem non immérito prædicémus, in qua nimírum corpóreæ sensum passiónis excésserit compassiónis afféctus. Le martyre de la Vierge se fait connaître à nous aussi bien dans la prophétie de Syméon que dans le récit de la passion du Seigneur. De l'enfant Jésus, le saint vieillard disait en effet: Il sera un signe de contradiction; et toi-même, disait-il à Marie, un glaive transpercera ton âme. Oui, mère bienheureuse, un glaive a vraiment transpercé ton âme. Car il n'aurait pu, sans traverser ton âme, pénétrer jusque dans la chair de ton Fils. De fait, ce Jésus, qui est tien, après avoir remis son esprit, ne fut pas atteint dans son âme par la lance cruelle. Cette lance, qui n'épargnait pas un mort, - elle ne pouvait d'ailleurs plus lui faire aucun mal -, lui ouvrit le côté; mais en réalité, c'est ton âme qu'elle transperça. C'est ton âme que la force de la douleur a transpercée, aussi pouvons-nous très justement te proclamer plus que martyre, puisqu'en toi l'élan de la compassion aura été encore plus intense que la souffrance physique endurée dans la passion du martyre.
An non tibi plus quam gládius fuit sermo ille, révera pertránsiens ánimam et pertíngens usque ad divisiónem ánimæ et spíritus: Múlier, ecce fílius tuus? O commutatiónem! Ioánnes tibi pro Iesu tráditur, servus pro Dómino, discípulus pro Magístro, fílius Zebedi pro Fílio Dei, homo purus pro Deo vero! Quómodo non tuam affectuosíssimam ánimam pertránsiret hæc audítio, quando et nostra, licet sáxea, licet férrea péctora sola recordátio scindit? Non mirémini, fratres, quod María martyr in ánima fuísse dicátur. Pour toi, Marie, ne fut-elle pas plus aiguë qu'un glaive cette parole qui, réellement, a traversé ton âme pour atteindre jusqu'à la jonction de l'âme et de l'esprit: Femme, voici ton fils? Quel invraisemblable échange! Jean t'est confié à la place de Jésus, le serviteur à la place du Seigneur, le disciple au lieu du Maître, le fils de Zébédée au lieu du Fils de Dieu, un simple homme en lieu et place du Dieu véritable! À entendre cette parole, comment ton âme, saisie à ce point par l'élan de l'affection, ne se sentirait-elle pas transpercée, alors qu'à ce seul souvenir, nos cœurs, qui sont pourtant de roche et de fer, se brisent? Non, ne vous étonnez pas, frères, qu'on puisse dire de Marie qu'elle fut martyre dans son âme.
Sed forte quis dicat: "Numquid non eum præscíerat moritúrum?" Et indubitánter. "Numquid non sperábat contínuo resurrectúrum?" Et fidénter. "Super hæc dóluit crucifíxum?" Et veheménter. Alíoquin quisnam tu, frater, aut unde tibi hæc sapiéntia, ut miréris plus Maríam compatiéntem quam Maríæ fílium patiéntem? Ille étiam córpore mori pótuit, ista commóri corde non pótuit? Fecit illud cáritas, qua maiórem nemo hábuit; fecit et hoc cáritas, cui post illam símilis áltera non fuit. Mais on objectera peut-être: " N'avait-elle pas su d'avance qu'il allait mourir? " Oui, sans nul doute. " N'avait-elle pas alors l'espérance qu'il ressusciterait aussitôt? " Oui, dans la certitude de la foi. " Malgré cela, elle a souffert de sa crucifixion? " Oui, avec violence. En fin de compte, qui es-tu, frère, et où puises-tu ta sagesse, pour t'étonner davantage de la compassion de Marie que de la passion du fils de Marie? Il aurait pu connaître la mort du corps, et elle n'aurait pas pu connaître avec lui la mort du cœur? La mort du corps fut chez lui l'œuvre de la charité, une charité dont il n'est pas de plus grande. La mort du cœur aussi fut en elle l'œuvre de la charité, une charité qui, après celle de son Fils, ne connaît pas d'égale.
R/. Vadis propitiátor ad immolándum pro ómnibus. Non tibi occúrrit Petrus, qui dicébat: Pro te móriar. Réliquit te Thomas, qui clamábat dicens: Omnes cum eo moriámur. Sed nullus ex ipsis, nisi solus ducéris, * Qui castam me conservásti, fílius et Deus meus. V/. Veníte et vidéte Deum et hóminem pendéntem in cruce. * Qui castam. V/. Glória Patri. * Qui castam. R/. Tu t'en vas, victime propitiatoire, tu t'en vas à l'immolation pour tous les hommes! Et Pierre, ne va-t-il pas te rejoindre? lui qui disait: Je donnerais ma vie pour toi! Et Thomas, qui criait: Allons tous et mourons avec lui! voilà qu'il t'abandonne? Alors, aucun d'entre eux? Et tu es seul, seul à te laisser conduire, * Ô toi qui me gardes fidèle, ô mon fils et mon Dieu! V/. Venez voir le Dieu-homme suspendu à la croix! * Ô toi. V/. Gloire au Père. * Ô toi.
Ad Vigilias, in secundo nocturno (ubi una tantum lectio longior legitur) Vigiles, deuxième nocturne (si une seule lecture longue est lue)
Lam 1, 2 Lm 1, 2
Plorans plorat in nocte, et lácrimæ eius in maxíllis eius; non est qui consolétur eam ex ómnibus caris eius. Elle pleure et pleure dans la nuit, des larmes sur les joues; personne qui la console parmi tous ceux qui l'aimaient.
V/. Fascículus myrrhæ diléctus meus mihi. R/. Inter úbera mea commorábitur. V/. Mon bien-aimé est un sachet de myrrhe, R/. Il reposera sur mon cœur.