Vigiles (OSB) du lundi 10 décembre 2018 -

Hebdomada II Adventus IIème semaine de l'Avent
Feria II Lundi
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In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De libro Isaíæ prophétæ Du livre d'Isaïe
Lectio I Lecture I
Accédite, gentes, ad audiéndum, et, pópuli, atténdite; áudiat terra et plenitúdo eius, orbis et omne germen eius. Quia indignátio Dómini super omnes gentes et furor super univérsam milítiam eórum: ad intéritum devóvit eos et dedit eos in occisiónem. Interfécti eórum proiciéntur, et de cadavéribus eórum ascéndet foetor; dissolvéntur montes sánguine eórum. Et tabéscet omnis milítia cælórum et complicabúntur sicut liber cæli, et omnis milítia eórum défluet, sicut défluit fólium de vínea et árida frons de ficu. Quóniam inebriátus est in cælo gládius meus: ecce super Edom descéndet et super pópulum interfectiónis meæ ad iudícium. Gládius Dómini replétus est sánguine, incrassátus est ádipe, de sánguine agnórum et hircórum, de ádipe víscerum aríetum; víctima enim Dómini in Bosra, et interféctio magna in terra Edom. Cadunt búbali cum eis, iuvénci cum tauris; inebriábitur terra eórum sánguine et humus eórum ádipe pínguium, quia dies ultiónis Dómini, annus retributiónum ad vindicándam Sion. Approchez, nations, pour écouter, peuples, soyez attentifs, que la terre écoute, et ce qui l'emplit, le monde et tout son peuplement. Car c'est une colère du Seigneur contre toutes les nations, une fureur contre toute leur armée. Il les a vouées à l'anathème, livrées au carnage. Leurs victimes sont jetées dehors, la puanteur de leurs cadavres se répand, les montagnes ruissellent de sang, toute l'armée des cieux se disloque. Les cieux s'enroulent comme un livre, toute leur armée se flétrit, comme se flétrissent les feuilles qui tombent de la vigne, comme se flétrissent celles qui tombent du figuier. Car mon épée s'est abreuvée dans les cieux: Voici qu'elle s'abat sur Édom, sur le peuple voué à l'anathème, pour le punir. L'épée du Seigneur est pleine de sang, gluante de graisse, du sang des agneaux et des boucs, de la graisse des rognons de béliers; car il y a pour le Seigneur un sacrifice à Boçra, un grand carnage au pays d'Édom. Les buffles tombent avec eux, les veaux avec les bœufs gras, leur terre est abreuvée de sang, leur poussière engluée de graisse. Car c'est un jour de vengeance pour le Seigneur, l'année de la rétribution, dans le procès de Sion.
R/. Ecce Dóminus véniet et omnes sancti eius cum eo, et erit in die illa lux magna; et exíbunt de Ierúsalem sicut aqua munda: * Et regnábit Dóminus in ætérnum super omnes gentes. V/. A solis ortu et occásu, ab aquilóne et mari. * Et regnábit. R/. Voici venir le Seigneur avec tous les saints de son cortège; en ce jour-là resplendira une grande lumière, et il sortira de Jérusalem comme une eau pure:* Le Seigneur régnera pour l'éternité sur toutes les nations. V/. Du nord et du midi, du levant et du couchant, * Le Seigneur.
Lectio II Lecture II
Et converténtur torréntes eius in picem et humus eius in sulphur, et erit terra eius in picem ardéntem. Nocte et die non exstinguétur, in sempitérnum ascéndet fumus eius, a generatióne in generatiónem desolábitur, in sæcula sæculórum non erit tránsiens per eam. Et possidébunt illam onocrótalus et erícius, nóctua et corvus habitábunt in ea; et exténdet super eam mensúram solitúdinis et perpendículum desolatiónis. Nóbiles eius non erunt, nec regnum proclamábunt; et omnes príncipes eius erunt in níhilum. Et oriéntur in dómibus eius spinæ, urtícæ et paliúrus in munitiónibus eius; et erit cubíle dracónum et páscua struthiónum. Et occúrrent hyænæ thóibus, et pilósus clamat ad amícum suum; ibi cubat lámia et invénit réquiem. Ibi nidíficat serpens ováque depónit et circumfódit et fovet in umbra eius; illuc congregántur milvi alter ad álterum. Ses torrents se changent en poix, sa poussière en soufre, son pays devient de la poix brûlante. Nuit et jour il ne s'éteint pas, éternellement s'élève sa fumée, d'âge en âge il sera desséché, toujours et à jamais, personne n'y passera. Ce sera le domaine du pélican et du hérisson, la chouette et le corbeau l'habiteront; le Seigneur y tendra le cordeau du chaos et le niveau du vide. De nobles, il n'y en a plus pour proclamer la royauté, c'en est fini de tous ses princes. Dans ses bastions croîtront les ronces, dans ses forteresses, l'ortie et l'épine; ce sera une tanière de chacals, un enclos pour les autruches. Les chats sauvages rencontreront les hyènes, le satyre appellera le satyre, là encore se tapira Lilith, elle trouvera le repos. Là nichera le serpent, il pondra, fera éclore ses œufs, groupera ses petits à l'ombre. Là encore se rassembleront les vautours, les uns vers les autres.
R/. Cívitas Ierúsalem, noli flere: quóniam dóluit Dóminus super te, * Et áuferet a te omnem tribulatiónem. V/. Ecce dominátor Dóminus cum virtúte véniet. * Et áuferet. R/. Jérusalem, cesse de pleurer: le Seigneur t'a prise en pitié; * Il écartera de toi l'opprobre et la tristesse. V/. Le Seigneur des seigneurs s'avance avec puissance. * Il écartera.
Lectio III Lecture III
Requírite in libro Dómini et légite: unum ex eis non deest, alter álterum exspectáre non debet; quia os Dómini præcépit et spíritus eius ipse congregávit ea. Et ipse misit eis sortem, et manus eius divísit terram illis in mensúra; usque in ætérnum possidébunt eam, in generatióne et generatióne habitábunt in ea. Cherchez dans le livre du Seigneur et lisez: il n'en manque pas un, pas un n'est privé de son compagnon. C'est ainsi que sa bouche l'a ordonné, son esprit, lui, les rassemble. Et c'est lui qui pour eux a jeté le sort, sa main a fixé leur part au cordeau, pour toujours ils la posséderont, d'âge en âge ils y habiteront.
R/. Ierúsalem, surge, et sta in excélso, et vide * Iucunditátem quæ véniet tibi a Deo tuo. V/. Leva in circúitu óculos tuos, et vide et contempláre * Iucunditátem quæ. V/. Glória Patri. * Iucunditátem quæ. R/. Debout, Jérusalem! Tiens-toi sur la hauteur et considère * La joie qui te vient de ton Dieu! V/. Lève les yeux tout alentour, et contemple * La joie. V/. Gloire au Père. * La joie.
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In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Commentário sancti Ephræm diáconi in Diatéssaron (Cap.18, 15.17: SC 121, p.325.327) Extrait du Commentaire de saint Éphrem sur l'Évangile concordant
Lectio I Lecture I
Ut discípulos impedíret, ne eum de moménto advéntus sui interrogárent, Christus dixit: De illa hora nemo scit, neque ángeli neque Fílius. Non est vestrum nosse témpora vel moménta. Abscóndit illa ut vigilémus et quivis nostrum exístimet illud sua ætáte eventúrum esse. Si enim revelásset quo témpore ventúrus esset, advéntus eius insúlsus factus esset, nec ámplius desiderarétur a géntibus et sæculis in quibus revelábitur. Dixit se ventúrum esse, sed non dixit quando ventúrus esset, et ita omnes generatiónes et sæcula ardénter eum exspéctant. Pour empêcher toute question sur le moment de son avènement, le Christ dit à ses disciples: Cette heure-là, personne ne la connaît, ni les anges, ni le Fils. Ce n'est pas votre affaire de connaître les jours et les temps. Il nous a caché cela pour que nous veillions, et que chacun d'entre nous puisse penser que cet avènement se produira pendant sa vie. Si le temps de sa venue avait été révélé, vain serait son avènement, et les nations et les siècles dans lesquels il se produira ne l'auraient pas désiré. Il a bien dit qu'il vient, mais il n'a pas précisé à quel moment, et ainsi toutes les générations et tous les siècles ont soif de lui.
R/. Sicut mater consolátur fílios suos, ita consolábor vos, dicit Dóminus; et de Ierúsalem civitáte quam elégi, véniet vobis auxílium: * Et vidébitis et gaudébit cor vestrum. V/. Dabo in Sion salútem, et in Ierúsalem glóriam meam. * Et vidébitis. R/. Comme une mère console ses enfants, je vous consolerai, dit le Seigneur; et de Jérusalem, cité que j'ai choisie, viendra pour vous le secours attendu: * Vous le verrez, vous serez dans la joie! V/. À Sion, je donnerai le salut; à Jérusalem, je donnerai ma gloire! * Vous le verrez.
Lectio II Lecture II
Quamvis enim Dóminus signa advéntus sui constitúerit, nequáquam tamen eórum términus plane intellégitur; nam hæc signa multíplici mutatióne venérunt et transiérunt, immo et adhuc perstant. Extrémus enim eius advéntus prióri símilis est. Nam quemádmodum iusti et prophétæ eum exspectavérunt, putántes eum ipsórum diébus se revelatúrum, ita étiam hódie quisque fidélium suo témpore eum suscípere desíderat, quia diem advéntus sui non maniféstum fecit: idque máxime hanc ob causam, ne quis illum, cuius potestáti et domínio númeri et témpora súbdita sunt, fato et horæ subiéctum exístimet. Bien qu'il ait fait connaître les signes de son avènement, on ne voit pas leur terme, car, dans un changement constant, ils sont venus et sont passés, et ils durent toujours. Son ultime avènement est en effet semblable au premier. Les justes et les prophètes le désiraient, parce qu'ils pensaient qu'il paraîtrait en leur temps; de même chacun des fidèles d'aujourd'hui désire le recevoir en son propre temps, et cela d'autant plus qu'il n'a pas dit clairement le jour de son apparition, afin surtout que personne ne pense qu'il est soumis à un commandement et à une heure, lui qui domine les nombres et les temps.
R/. Egrediétur Dóminus de Samaría ad portam quæ réspicit ad oriéntem; et véniet in Béthlehem, ámbulans super aquas redemptiónis Iudæ: * Tunc salvus erit omnis homo, quia ecce véniet. V/. Et præparábitur in misericórdia sólium eius, et sedébit super illud in æquitáte. * Tunc salvus. R/. Le Seigneur sortira de Samarie par la porte qui regarde vers l'orient; et il viendra jusqu'à Bethléem, en marchant sur les eaux de la rédemption de Juda: * Alors, tout homme sera sauvé, car il vient! V/. Dans la miséricorde s'affermira son trône: il y siégera dans la justice. * Alors, tout homme.
Lectio III Lecture III
Vigiláte, quia quando corpus dormit, natura nostra dominátur et non ex nostra voluntáte, sed iuxta impúlsum natúræ opus vi perfícitur. Et quando ánimæ gravis sopor dominátur, puta pusillanímitas aut tristítia, inimícus dominátur eius et per eam id facit quod illa non vult. Natúræ dominátur vis, ánimæ vero inimícus. Vigilántiam ergo, quam mandávit Dóminus, utríque parti hóminis præscrípsit: córpori ut a somnoléntia, ánimæ ut a torpóre et timiditáte cavéret, ut Scriptúra ait: Evigiláte, iusti; et: Exsurréxi et adhuc tecum sum. Veillez, car, lorsque le corps sommeille, c'est la nature qui nous domine, et notre activité est alors dirigée non par notre volonté, mais par l'impulsion de notre nature. Et lorsque règne sur l'âme une lourde torpeur de faiblesse et de tristesse, c'est l'ennemi qui la domine et la mène contre son propre gré. La force domine la nature, et l'ennemi domine l'âme. C'est pourquoi Notre Seigneur a parlé de la vigilance de l'âme et de celle du corps, afin que le corps ne sombre pas dans un lourd sommeil ni l'âme dans l'engourdissement; ainsi le dit l'Écriture: Éveillez-vous, vous les justes; et: Je me suis levé et je suis avec toi.
R/. Ierúsalem, plantábis víneam in móntibus tuis et exsultábis quia dies Dómini véniet: surge, Sion, convértere ad Deum tuum; gaude et lætáre Iacob, * Quia de médio géntium Salvátor tuus véniet. V/. Deus a Líbano véniet et Sanctus de monte umbróso et condénso. * Quia de. V/. Glória Patri. * Quia de. R/. Jérusalem, tu planteras la vigne sur tes montagnes, et tu exulteras de bonheur, car il vient, le Jour du Seigneur. Lève-toi, Sion, et reviens à ton Dieu; Jacob, tressaille de joie et d'allégresse: * Voici ton Sauveur; il vient du milieu des nations! V/. Dieu vient du Liban; le Saint, du mont boisé, ténébreux! * Voici. V/. Gloire au Père. * Voici.