Vigiles (OSB) du jeudi 13 décembre 2018 - Ste Lucie, vierge et martyre

In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De libro Ruth Du livre de Ruth
Lectio I Lecture I
Erat Nóemi consanguíneus viri sui homo potens et fortis nómine Booz. Dixítque Ruth Moabítis ad socrum suam: " Si permíttis, vadam in agrum et cólligam spicas quæ fúgerint manus meténtium, ubicúmque cleméntis in me patris famílias reppérero grátiam ". Cui illa respóndit: " Vade, fília mea ". Abiit ítaque et colligébat spicas post terga meténtium. Accidit autem ut ager ille habéret dóminum nómine Booz, qui erat de cognatióne Elímelech. Et ecce ipse veniébat de Béthlehem dixítque messóribus: " Dóminus vobíscum ". Qui respondérunt ei: " Benedícat tibi Dóminus ". Noémi avait, du côté de son mari, un parent. C'était un homme de condition qui appartenait au même clan qu'Élimélek, il s'appelait Booz. Ruth la Moabite dit à Noémi: « Permets-moi d'aller dans les champs glaner des épis derrière celui aux yeux duquel je trouverai grâce ». Elle lui répondit: « Va, ma fille ». Ruth partit donc et s'en vint glaner dans les champs derrière les moissonneurs. Sa chance la conduisit dans une pièce de terre appartenant à Booz, du clan d'Élimélek. Or voici que Booz arrivait de Bethléem: « Que le Seigneur soit avec vous! » dit-il aux moissonneurs, et eux répondirent: « Que le Seigneur te bénisse! »
R/. Ierúsalem, surge, et sta in excélso, et vide * Iucunditátem quæ véniet tibi a Deo tuo. V/. Leva in circúitu óculos tuos, et vide et contempláre, * Iucunditátem quæ. R/. Debout, Jérusalem! Tiens-toi sur la hauteur et considère * La joie qui te vient de ton Dieu! V/. Lève les yeux tout alentour, et contemple * La joie.
Lectio II Lecture II
Dixítque Booz iúveni qui messóribus prerat: " Cuius est hæc puélla? " Qui respóndit: " Hæc est Moabítis quæ venit cum Nóemi de regióne Moabítide et rogávit ut spicas collígeret remanéntes sequens messórum vestígia; et de mane usque nunc stat in agro et nunc tantum ad moméntum requiévit. " Et ait Booz ad Ruth: " Audi, fília: ne vadas ad colligéndum in álterum agrum, nec recédas ab hoc loco, sed iúngere puéllis meis. Vide et ubi messúerint séquere eas; mandávi enim púeris ut nemo tibi moléstus sit; sed, si sitíeris, vade ad sarcínulas et bibe de aqua quam púeri háuserint. " Booz demanda alors à celui de ses serviteurs qui commandait aux moissonneurs: « À qui est cette jeune femme? » Et le serviteur qui commandait aux moissonneurs répondit: « Cette jeune femme est la Moabite, celle qui est revenue des Champs de Moab avec Noémi. Elle a dit: "Permets-moi de glaner et de ramasser ce qui tombe des gerbes derrière les moissonneurs". Elle est donc venue et elle est restée; depuis le matin jusqu'à présent elle s'est à peine reposée. » Booz dit à Ruth: « Tu entends, n'est-ce pas, ma fille? Ne va pas glaner dans un autre champ, ne t'éloigne pas d'ici mais attache-toi à mes servantes. Regarde la pièce de terre qu'on moissonne et suis-les. Sache que j'ai interdit aux serviteurs de te frapper. Si tu as soif, va aux cruches et bois de ce qu'ils auront puisé. »
R/. Ecce Dóminus véniet et omnes sancti eius cum eo, et erit in die illa lux magna; et exíbunt de Ierúsalem sicut aqua munda: * Et regnábit Dóminus in ætérnum super omnes gentes. V/. A solis ortu et occásu, ab aquilóne et mari. * Et regnábit. R/. Voici venir le Seigneur avec tous les saints de son cortège; en ce jour-là resplendira une grande lumière, et il sortira de Jérusalem comme une eau pure: * Le Seigneur régnera pour l'éternité sur toutes les nations. V/. Du nord et du midi, du levant et du couchant, * Le Seigneur.
Lectio III Lecture III
Quæ cadens in fáciem suam et adórans super terram dixit ad eum: " Unde mihi hoc, ut invenírem grátiam ante óculos tuos, et nosse me dignaréris peregrínam mulíerem? " Cui ille respóndit: " Nuntiáta sunt mihi ómnia quæ féceris sócrui tuæ post mortem viri tui, et quod derelíqueris paréntes tuos et terram in qua nata es, et véneris ad pópulum quem ante nesciébas. Reddat tibi Dóminus pro ópere tuo, et plenam mercédem recípias a Dómino Deo Israel, ad quem venísti et sub cuius confugísti alas. " Quæ ait: " Invéniam grátiam ante óculos tuos, dómine mi, qui consolátus es me et locútus es ad cor ancíllæ tuæ, quæ non sum símilis uníus puellárum tuárum. " Alors Ruth, tombant la face contre terre, se prosterna et lui dit: « Comment ai-je trouvé grâce à tes yeux pour que tu t'intéresses à moi qui ne suis qu'une étrangère? » « C'est qu'on m'a bien rapporté, lui dit Booz, tout ce que tu as fait pour ta belle-mère après la mort de ton mari; comment tu as quitté ton père, ta mère et ton pays natal pour te rendre chez un peuple que tu n'avais jamais connu, ni d'hier ni d'avant-hier. Que le Seigneur te rende ce que tu as fait et que tu obtiennes pleine récompense de la part du Seigneur, le Dieu d'Israël, sous les ailes de qui tu es venue t'abriter! » Elle dit: « Puissé-je toujours trouver grâce à tes yeux, mon Seigneur! Tu m'as consolée et tu as parlé au cœur de ta servante, alors que je ne suis même pas l'égale d'une de tes servantes. »
R/. Cívitas Ierúsalem, noli flere: quóniam dóluit Dóminus super te, * Et áuferet a te omnem tribulatiónem. V/. Ecce dominátor Dóminus cum virtúte véniet. * Et áuferet. V/. Glória Patri. * Et áuferet. R/. Jérusalem, cesse de pleurer: le Seigneur t'a prise en pitié; * Il écartera de toi l'opprobre et la tristesse. V/. Le Seigneur des seigneurs s'avance avec puissance. * Il écartera. V/. Gloire au Père. * Il écartera.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Homilíis venerábilis Godefrídi Admonténsis abbátis(Hom. 4: PL 174, 36-37) Homélie de Geoffroy d'Admont
Lectio I Lecture I
Advéntus Dómini Salvatóris, qui iam per orbem terrárum célebri congratulatióne a fidélibus recólitur, tempus est grátiæ et salútis, ad quod omnes antíqui Patres et prophétæ ardénti semper desidério suspirábant, et ad quam percipiéndam grátiam in carne permanére magno dolóre, lácrimis et gemítibus optábant. Qui profécto, si voti cómpotes facti fuíssent, non dúbium quin ad suscipiéndum digne advéntum Dómini et Salvatóris nostri summo se stúdio præparássent. Quia pene nulli ex his vidére vel audíre eum in carne meruérunt, advéntum eius a longe salutábant, et quotquot Spíritu Dei illumináti futúra prævidére póterant, salútis grátiam, quæ per ipsum et beátam Genetrícem eius mundo eventúra erat, ubíque suis sermónibus commendábant. L'avènement du Seigneur Sauveur, qui désormais sur toute la terre est commémoré par les fidèles en de joyeuses solennités, est un temps de grâce et de salut vers lequel tous les patriarches et prophètes antiques soupiraient constamment d'un ardent désir: pour recevoir cette grâce, ils souhaitaient avec grande douleur, larmes et gémissements, demeurer dans la chair. Certes, s'ils avaient vu leur vœu comblé, il n'est pas douteux qu'ils se fussent préparés avec le plus grand zèle à recevoir dignement l'avènement de notre Seigneur et Sauveur. Et comme très peu d'entre eux eurent le bonheur de le voir et de l'entendre dans la chair, ils saluaient de loin son avènement; et tous ceux qui purent, illuminés par l'Esprit de Dieu, voir d'avance les événements futurs, faisaient connaître et aimer de tous côtés, par leurs discours, la grâce du salut qui par le Christ et sa bienheureuse Mère allait advenir au monde.
R/. Ecce Dóminus véniet cum splendóre descéndens, et virtus eius cum eo, * Visitáre pópulum suum in pace, et constitúere super eum vitam sempitérnam. V/. Ecce Dóminus noster cum virtúte véniet, * Visitáre pópulum. R/. Voici venir le Seigneur, il descend, entouré de sa splendeur, il vient, accompagné de sa puissance, * Visiter son peuple dans la paix, lui assurer la vie éternelle. V/. Voici notre Seigneur, il vient avec puissance, * Visiter.
Lectio II Lecture II
Ex quibus unus sapientíssimus Sálomon, ad laudem et honórem eiúsdem Dóminæ nostræ Maríæ, quemdam librum édidit, vidélicet Cántica canticórum, qui licet ad sanctam Ecclésiam et ad unamquámque fidélem ánimam reférri váleat, speciáliter tamen ei cónvenit, per quam salus mundi credéntibus appáruit. De ces anciens, un grand sage, Salomon, écrivit un livre à la louange et honneur de Notre Dame Marie: c'est Le Cantique des cantiques, qui tout en pouvant s'appliquer à la sainte Église et à toute âme fidèle, convient pourtant par excellence à celle par qui apparut aux croyants le salut du monde.
R/. Salus nostra, Redémptor noster modo véniet, quem Gábriel nuntiávit et María Virgo concépit; * Ipse venit liberáre hóminem pérditum quem plasmávit in mundum. V/. Princeps Gábriel magne, testis fidélis, iam véniet qui ventúrus est. * Ipse venit. R/. Notre Sauveur, notre Rédempteur, le voici qui vient maintenant! Annoncé par Gabriel, conçu de la Vierge Marie, * Il vient libérer l'homme qu'il avait modelé, placé dans le monde, et qui était perdu! V/. Archange Gabriel, tu en es le témoin fidèle: il vient, maintenant, celui qui doit venir, * Il vient libérer.
Lectio III Lecture III
Nam sicut ista sollémnitas speciáliter est Dómini nostri Iesu Christi, ita et speciáliter est eiúsdem Genetrícis suæ, cum qua ipse Dóminus et Redémptor salútem humáni géneris operári vóluit. In hoc ígitur libro bis scriptum invenímus: Vox dilécti mei, vox dilécti mei. Primo quidem simplíciter pónitur: Vox dilécti mei. Secúndo autem subiúnctum est: Vox dilécti mei pulsántis: quod a mystério non vacat, quia per illud primum, quod sine adiunctióne pósitum est Vox dilécti mei, póssumus intellégere desidérium sanctórum patrum et prophetárum, qui omne, quod vaticinándo locúti sunt, vel figuráliter agébant, vox quædam desidérii eórum erat, qua ventúrum ad terras Dóminum vocábant et pronuntiábant. Cum autem ipse Dóminus noster Iesus Christus desidériis illórum satisfácere dispósuit, implétum est quod séquitur: Vox dilécti mei pulsántis. Nam, qui pulsat, manu útique pulsat, et quodámmodo Dóminus manu pulsávit, cum id quod ipsi longe desideráverant, carnem assuméndo ópere adimplévit. Car si la solennité prochaine appartient spécialement à notre Seigneur Jésus-Christ, elle appartient spécialement aussi à sa Mère, puisque notre Seigneur et Rédempteur lui-même a voulu opérer avec elle le salut du genre humain. Dans ce livre dont je viens de parler, nous trouvons à deux reprises: Voix de mon bien-aimé, voix de mon bien-aimé. La première fois, il y a simplement: Voix de mon bien-aimé. Mais la seconde fois, l'auteur sacré ajoute: Voix de mon bien-aimé: il frappe. Et ceci évoque un mystère: dans la première mention Voix de mon bien-aimé, sans plus, nous pouvons entendre le désir des saints patriarches et prophètes: tout ce qu'ils ont dit en oracles, ou ce qu'ils ont fait à titre figuratif, était comme la voix de leur désir, par laquelle ils appelaient et annonçaient le Seigneur qui devait venir sur la terre. Mais quand notre Seigneur lui-même, Jésus-Christ, exécuta son plan de satisfaire leurs désirs, alors s'accomplit la suite du poème: Voix de mon bien-aimé: il frappe. Car celui qui frappe, frappe de la main, évidemment; et en quelque manière le Seigneur frappa de la main lorsqu'en assumant la chair il accomplit dans les faits ce qu'eux-mêmes désiraient depuis si longtemps.
R/. Rex noster advéniet Christus, * Quem Ioánnes prædicávit Agnum esse ventúrum. V/. Ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccáta mundi. * Quem Ioánnes. V/. Glória Patri. * Quem Ioánnes. R/. Il viendra le Christ, notre roi; * Il est l'Agneau dont Jean avait annoncé la venue: V/. Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde! * Il est. V/. Gloire au Père. * Il est.