Vigiles (OSB) du samedi 15 décembre 2018 -

In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De libro Ruth Du livre de Ruth
Lectio I Lecture I
Dixit ad Ruth Nóemi socrus sua: " Fília mea, quæram tibi réquiem et providébo ut bene sit tibi. Booz propínquus noster, cuius puéllis in agro iuncta eras, ecce ipse hac nocte áream hórdei véntilat. Laváre ígitur, úngere et indúere pállio tuo ac descénde in áream; non te vídeat homo donec esum potúmque finíerit. Quando autem íerit ad dormiéndum, nota locum in quo dórmiat; veniésque et discoopéries pállium quo operítur a parte pedum, et ibi iacébis. Ipse autem dicet tibi quid ágere débeas. " Quæ respóndit: " Quidquid præcéperis, fáciam. " Noémi, sa belle-mère, dit à Ruth: « Ma fille, ne dois-je pas chercher à t'établir pour que tu sois heureuse? Eh bien! Booz n'est-il pas notre parent, lui dont tu as suivi les servantes? Cette nuit, il doit vanner l'orge sur l'aire. Lave-toi donc et parfume-toi, mets ton manteau et descends à l'aire, mais ne te laisse pas reconnaître par lui avant qu'il ait fini de manger et de boire. Quand il sera couché, observe l'endroit où il repose, alors tu iras, tu dégageras une place à ses pieds et tu te coucheras. Il te fera savoir lui-même ce que tu devras faire. » Et Ruth lui répondit: « Tout ce que tu me dis, je le ferai ».
R/. Sicut mater consolátur fílios suos, ita consolábor vos, dicit Dóminus; et de Ierúsalem civitáte quam elégi, véniet vobis auxílium: * Et vidébitis et gaudébit cor vestrum. V/. Dabo in Sion salútem, et in Ierúsalem glóriam meam. * Et vidébitis. R/. Comme une mère console ses enfants, je vous consolerai, dit le Seigneur; et de Jérusalem, cité que j'ai choisie, viendra pour vous le secours attendu: * Vous le verrez, vous serez dans la joie! V/. À Sion, je donnerai le salut; à Jérusalem, je donnerai ma gloire! * Vous le verrez.
Lectio II Lecture II
Descendítque in áream et fecit ómnia quæ sibi imperáverat socrus. Cumque comedísset Booz et bibísset et factus esset hilárior issétque ad dormiéndum in extréma parte acérvi manipulórum, venit abscóndite et, discoopérto a pédibus eius pállio, se proiécit. Et ecce, nocte iam média, expávit homo et eréxit se vidítque mulíerem iacéntem ad pedes suos. Et ait illi: " Quæ es? " Illáque respóndit: " Ego sum Ruth ancílla tua. Expánde pállium tuum super fámulam tuam, quia tibi est ius redemptiónis. " Et ille: " Benedícta, inquit, es a Dómino, fília; et priórem pietátem posterióre superásti, quia non es secúta iúvenes páuperes sive dívites. Noli ergo metúere, sed quidquid díxeris mihi fáciam tibi; scit enim omnis pópulus qui hábitat intra portas urbis meæ, mulíerem te esse fortem. Nec ábnuo me propínquum, sed est álius me propínquior. Quiésce hac nocte et, facto mane, si te volúerit propinquitátis iure suscípere, bene, suscípiat; sin autem ille nolúerit, vivit Dóminus, ego te absque ulla dubitatióne suscípiam! Dormi usque mane. " Elle descendit donc à l'aire et fit tout ce que sa belle-mère lui avait commandé. Booz mangea et but, puis, le cœur joyeux, s'en alla dormir auprès du tas d'orge. Alors Ruth s'en alla tout doucement, dégagea une place à ses pieds et se coucha. Au milieu de la nuit, l'homme eut un frisson; il se retourna et vit une femme couchée à ses pieds. « Qui es-tu? » dit-il. « Je suis Ruth, ta servante, lui dit-elle. Étends sur ta servante le pan de ton manteau, car tu as droit de rachat ». « Bénie sois-tu du Seigneur, ma fille, lui dit-il, ce second acte de piété que tu accomplis l'emporte sur le premier, car tu n'as pas recherché des jeunes gens, pauvres ou riches. Et maintenant, ma fille, sois sans crainte, tout ce que tu me diras, je le ferai pour toi, car tout le peuple à la porte de ma ville sait que tu es une femme parfaite. Toutefois, s'il est vrai que j'ai droit de rachat, il y a un parent plus proche que moi. Passe la nuit ici et au matin, s'il veut exercer son droit à ton égard, c'est bien, qu'il te rachète; mais s'il ne veut pas te racheter, alors, par le Seigneur vivant, c'est moi qui te rachèterai. Reste couchée jusqu'au matin. »
R/. Egrediétur Dóminus de Samaría ad portam quæ réspicit ad oriéntem; et véniet in Béthlehem, ámbulans super aquas redemptiónis Iudæ: * Tunc salvus erit omnis homo, quia ecce véniet. V/. Et præparábitur in misericórdia sólium eius, et sedébit super illud in æquitáte. * Tunc salvus. R/. Le Seigneur sortira de Samarie par la porte qui regarde vers l'orient; et il viendra jusqu'à Bethléem, en marchant sur les eaux de la rédemption de Juda: * Alors, tout homme sera sauvé, car il vient! V/. Dans la miséricorde s'affermira son trône: il y siégera dans la justice. * Alors, tout homme.
Lectio III Lecture III
Dormívit ítaque ad pedes eius usque ad noctis abscéssum. Surrexítque ántequam hómines se cognóscerent mútuo, et dixit Booz: " Cave ne quis nóverit quod huc véneris ". Et rursum: " Expánde, inquit, palliólum tuum quo operíris, et tene utráque manu ". Qua extendénte et tenénte, mensus est sex módios hórdei et pósuit super eam; quæ portans ingréssa est civitátem et venit ad socrum suam. Quæ dixit ei: " Quid egísti, fília? " Narravítque ei ómnia quæ sibi fecísset homo, et ait: " Ecce sex módios hórdei dedit mihi et ait: "Nolo vácuam te revérti ad socrum tuam" ". Dixítque Nóemi: " Exspécta, fília, donec videámus quem res éxitum hábeat; neque enim cessábit homo nisi compléverit hódie quod locútus est. " Elle resta donc couchée à ses pieds jusqu'au matin, puis Booz se leva avant l'heure où un homme peut en reconnaître un autre; il se disait: « Il ne faut pas qu'on sache que cette femme est venue à l'aire. » Il dit alors: « Présente le manteau que tu as sur toi et tiens-le ». Elle le tint et il mesura six parts d'orge qu'il chargea sur elle, puis elle retourna à la ville. Lorsque Ruth rentra chez sa belle-mère, celle-ci lui dit: « Qu'en est-il de toi, ma fille? » Ruth lui raconta tout ce que cet homme avait fait pour elle. Elle dit: « Ces six parts d'orge, il me les a données en disant: "Tu ne reviendras pas les mains vides chez ta belle-mère" ». « Ma fille, reste en repos, lui dit Noémi, jusqu'à ce que tu saches comment finira cette affaire; assurément, cet homme n'aura de cesse qu'il ne l'ait terminée aujourd'hui même. »
R/. Ecce véniet Dóminus, protéctor noster, Sanctus Israel, * Corónam regni habens in cápite suo. V/. Ecce dominátor Dóminus cum virtúte véniet. * Corónam regni. V/. Glória Patri. * Corónam regni. R/. Voici venir le Seigneur, le Saint d'Israël, c'est lui notre secours! * Sa tête est couronnée du diadème royal. V/. Le Seigneur des seigneurs s'avance avec puissance, * Sa tête. V/. Gloire au Père. * Sa tête.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Sermónibus beáti Isaac abbátis monastérii de Stella (Sermo 51, 3. 6-9. 24: SC 339, 200. 202-204. 214-216) Sermon d'Isaac de l'Étoile
Lectio I Lecture I
Filius Dei primogénitus est in multis frátribus, qui, cum esset natúra únicus, grátia conciliávit sibi plures, qui cum eo sint unus. Dedit enim potestátem fílios Dei fíeri, his qui recípiunt eum. Factus ígitur hóminis fílius, multos fecit Dei fílios. Multos ígitur conciliávit sibi, ut sua caritáte et potestáte únicus: qui, cum carnáli generatióne in seípsis sint plures, divína tamen regeneratióne cum ipso sunt unus. Le Fils de Dieu est le premier-né d'un grand nombre de frères, car, étant Fils unique par nature, il s'est associé par la grâce une multitude de frères qui ne font qu'un avec lui: À tous ceux qui l'ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Devenu fils d'homme, il a fait de la multitude des hommes des fils de Dieu. Il se les est associés, alors qu'il est unique par son amour et sa puissance. Les hommes, en eux-mêmes, par leur naissance selon la chair, sont une multitude; mais par la seconde naissance, la naissance divine, ils ne sont avec lui qu'un seul.
R/. Ecce ab austro vénio, ego Dóminus Deus vester, * Visitáre vos in pace. V/. Aspíciam vos et créscere fáciam; multiplicabímini et firmábo pactum meum vobíscum. * Visitáre vos. R/. Me voici, j'arrive du désert, je suis le Seigneur votre Dieu, * Je viens vous visiter dans la paix. V/. Je poserai sur vous mon regard, et vous fructifierez; vous vous multiplierez, et j'affermirai mon alliance avec vous. * Je viens.
Lectio II Lecture II
Unus enim totus ac solus Christus caput et corpus: unus autem is uníus Dei in cælis, et uníus matris in terris; et multi fílii, et unus fílius. Sicut namque caput ac membra, unus fílius, et plures fílii, sic María et Ecclésia, una mater et plures; una virgo et plures. Utraque mater, útraque virgo; útraque de eódem Spíritu sine libídine cóncipit; útraque Deo Patri sine peccáto prolem fundit. Illa absque omni peccáto córpori caput péperit; ista in ómnium peccatórum remissióne cápiti corpus édidit. Utraque Christi mater, sed neutra sine áltera totum parit. Unde in Scriptúris divínitus inspirátis, quod de vírgine matre Ecclésia universáliter, hoc de vírgine María singuláriter; et quod de vírgine matre María speciáliter, id de vírgine matre Ecclésia generáliter iure intellégitur, et cum de altérutra sermo téxitur, fere permíxtim et indifferénter de útraque senténtia intellégitur. Le seul Christ, unique et total, c'est la tête et le corps. Et ce Christ unique est le Fils d'un seul Dieu dans le ciel et d'une seule mère sur la terre. Il y a beaucoup de fils, et il n'y a qu'un seul fils. Et de même que la tête et le corps sont un seul fils et plusieurs fils, de même Marie et l'Église sont une seule mère et plusieurs mères, une seule vierge et plusieurs vierges. L'une et l'autre sont mères; l'une et l'autre, vierges. L'une et l'autre ont conçu du Saint-Esprit, sans attrait charnel. L'une et l'autre ont donné une progéniture à Dieu le Père, sans péché. L'une a engendré, sans aucun péché, une tête pour le corps; l'autre a fait naître, dans la rémission des péchés, un corps pour la tête. L'une et l'autre sont mères du Christ, mais aucune des deux ne l'enfante tout entier sans l'autre. Aussi c'est à juste titre que, dans les Écritures divinement inspirées, ce qui est dit en général de la vierge mère qu'est l'Église, s'applique en particulier à la Vierge Marie; et ce qui est dit de la vierge mère qu'est Marie, en particulier, se comprend en général de la vierge mère qu'est l'Église. Et lorsqu'un texte parle de l'une ou de l'autre, il peut s'appliquer presque sans distinction et indifféremment à l'une et à l'autre.
R/. Ierúsalem, cito véniet salus tua: quare mæróre consúmeris? Numquid consiliárius non est tibi, quia innovávit te dolor? * Salvábo te et liberábo te, noli timére. V/. Israel, si me audíeris, non erit in te deus recens, neque adorábis deum aliénum: ego enim Dóminus. * Salvábo te. R/. Jérusalem, voici qu'arrive ton salut: pourquoi te consumer de chagrin? N'as-tu donc aucun bon conseiller, que ta douleur se renouvelle? * Ne crains pas! je suis ton Sauveur, ton libérateur! V/. Écoute, je t'adjure Israël, tu n'auras pas chez toi d'autres dieux; tu ne serviras aucun dieu étranger; c'est moi le Seigneur! * Ne crains pas.
Lectio III Lecture III
Unaquæque étiam fidélis ánima, Verbi Dei sponsa, Christi mater, fília et soror, virgo et fecúnda suápte ratióne intellégitur. Dícitur ergo universáliter pro Ecclésia et speciáliter pro María, singuláriter quoque pro fidéli ánima, ab ipsa Dei Sapiéntia, quod Patris est Verbum. Unde et séquitur: Et in hereditáte Dómini morábor. Heréditas enim Dómini, universáliter Ecclésia, speciáliter María, singuláriter quæque fidélis ánima. In tabernáculo úteri Maríæ morátus est Christus novem ménsibus; in tabernáculo fídei Ecclésiæ usque ad consummatiónem sæculi; in cognitióne et dilectióne fidélis ánimæ in sæcula sæculórum morábitur. De plus, chaque âme croyante est également, à sa manière propre, épouse du Verbe de Dieu, mère, fille et sœur du Christ, vierge et féconde. Ainsi donc c'est la Sagesse même de Dieu, le Verbe du Père, qui désigne à la fois l'Église au sens universel, Marie dans un sens très spécial, et chaque âme croyante en particulier. C'est pourquoi l'Écriture dit: Je demeurerai dans l'héritage du Seigneur. L'héritage du Seigneur, dans sa totalité, c'est l'Église, c'est tout spécialement Marie, et c'est l'âme de chaque croyant en particulier. Dans la demeure du sein de Marie, le Christ est resté neuf mois; dans la demeure de la foi de l'Église, il restera jusqu'à la fin de ce monde; et dans la connaissance et l'amour du croyant, pour les siècles des siècles.
R/. Egrediétur Dóminus de Samaría ad portam quæ réspicit ad oriéntem; et véniet in Béthlehem, ámbulans super aquas redemptiónis Iudæ: * Tunc salvus erit omnis homo, quia ecce véniet. V/. Et præparábitur in misericórdia sólium eius, et sedébit super illud in æquitáte. * Tunc salvus. V/. Glória Patri. * Tunc salvus. R/. Le Seigneur sortira de Samarie par la porte qui regarde vers l'orient; et il viendra jusqu'à Bethléem, en marchant sur les eaux de la rédemption de Juda: * Alors, tout homme sera sauvé, car il vient! V/. Dans la miséricorde s'affermira son trône: il y siégera dans la justice. * Alors, tout homme. V/. Gloire au Père. * Alors, tout homme.