Vigiles (OSB) du samedi 22 décembre 2018 -

Hebdomada III Adventus IIIème semaine de l'Avent
Sabbato Samedi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De libro Isaíæ prophétæ Du livre d'Isaïe
Lectio I Lecture I
Et nunc, hæc dicit Dóminus qui creávit te, Iacob, et formávit te, Israel: " Noli timére, quia redémi te et vocávi te nómine tuo; meus es tu. Cum transíeris per aquas, tecum ero, et flúmina non opérient te; cum ambuláveris in igne, non cumburéris, et flamma non ardébit in te, quia ego Dóminus Deus tuus, Sanctus Israel, salvátor tuus: dedi propitiatiónem tuam Ægýptum, Æthiópiam et Saba pro te. " Et maintenant, ainsi parle le Seigneur, celui qui t'a créé, Jacob, qui t'a modelé, Israël. « Ne crains pas, car je t'ai racheté, je t'ai appelé par ton nom: tu es à moi. Si tu traverses les eaux je serai avec toi, et les rivières, elles ne te submergeront pas. Si tu passes par le feu, tu ne souffriras pas, et la flamme ne te brûlera pas. Car je suis le Seigneur, ton Dieu, le Saint d'Israël, ton sauveur. Pour ta rançon, j'ai donné l'Egypte, Kush et Séba à ta place. »
R/. Modo véniet Dominátor Dóminus: * Et nomen eius Emmánuel vocábitur. V/. Ecce dominátor Dóminus cum virtúte véniet. * Et. R/. Voici venir le Seigneur des Seigneurs: * On lui donnera le nom d'Emmanuel: Dieu-avec-nous. V/. Le Seigneur des Seigneurs s'avance avec puissance, * On lui donnera.
Lectio II Lecture II
Dicam aquilóni: "Da" et austro: "Noli prohibére; affer fílios meos de longínquo et fílias meas ab extrémis terræ. Omnem qui vocátur nómine meo, in glóriam meam creávi eum, formávi eum et feci eum". Educ foras pópulum cæcum, et óculos habéntem, surdos, et aures eis sunt. Omnes gentes congregéntur simul et colligántur natiónes: quis in eis annuntiábit istud et prióra audíre nos fáciet? Dent testes suos et iustificéntur et áudiant et dicant: "Vere". " Je dirai au Nord: "Donne!" et au Midi: "Ne retiens pas! Ramène mes fils de loin et mes filles du bout de la terre, quiconque se réclame de mon nom, ceux que j'ai créés pour ma gloire, que j'ai formés et que j'ai faits". Fais sortir un peuple aveugle qui a des yeux, et des sourds qui ont des oreilles. Que toutes les nations se rassemblent, que tous les peuples s'unissent! Qui parmi eux a proclamé cela et nous a fait connaître les choses anciennes? Qu'ils produisent leurs témoins et qu'ils se justifient, qu'on les entende et qu'on dise: "C'est la vérité!" »
R/. Ecce vénio cito, et merces mea mecum est, dicit Dóminus, * Dare unicuíque secúndum ópera sua. V/. Hæc verba fidelíssima et vera, et ecce vénio cito. * Dare. R/. Me voici, je viens sans tarder, déclare le Seigneur, et j'apporte avec moi le salaire, * Pour donner à chacun selon ses œuvres. V/. Ces paroles sont sûres et authentiques: oui, je viens sans tarder, * Pour donner.
Lectio III Lecture III
Vos testes mei, dicit Dóminus, et servus meus quem elégi, ut sciátis et credátis mihi et intellegátis quia ego ipse sum; ante me non est formátus Deus et post me non erit. Ego, ego sum Dóminus, et non est absque me salvátor. Ego annuntiávi et salvávi; audítum feci, et non fuit in vobis aliénus; et vos testes mei, dicit Dóminus, et ego Deus, iam ab inítio ego ipse. Et non est qui de manu mea éruat; operábor, et quis avértet illud? " C'est vous qui êtes mes témoins, oracle du Seigneur, vous êtes le serviteur que je me suis choisi, afin que vous le sachiez, que vous croyiez en moi et que vous compreniez que c'est moi: avant moi aucun dieu n'a été formé et après moi il n'y en aura pas. Moi, c'est moi le Seigneur, et en dehors de moi il n'y a pas de sauveur. C'est moi qui ai révélé, sauvé et fait entendre, ce n'est pas un étranger qui est parmi vous; vous, vous êtes mes témoins, oracle du Seigneur, et moi, je suis Dieu, de toute éternité je le suis; nul ne peut délivrer de ma main, si j'agis, qui pourrait me faire renoncer? »
R/. Egrediétur Dóminus et prœliábitur contra gentes; * Et stabunt pedes eius supra montes Olivárum ad oriéntem. V/. Ex Sion spécies decóris eius, Deus noster maniféste véniet. * Et. V/. Glória Patri. * Et. R/. Le Seigneur sortira pour combattre les nations; * Ses pieds se poseront à l'Orient, sur le mont des Oliviers. V/. De Sion, joyau de sa splendeur, le Seigneur vient se manifester.* Ses pieds. V/. Gloire au Père. * Ses pieds.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Epístulis Adámi Perséniæ abbátis(Ep. 2, 13-15: SC 66, 62-64) Lettre d'Adam de Perseigne
Lectio I Lecture I
Magníficat ánima Maríæ Dóminum quia et ipsa magnificátur a Dómino; nisi enim prius magnificarétur a Dómino, non póterat magnificáre Dóminum ánima Maríæ. Magníficat ergo eum a quo magnificátur, magníficat non solum laude oris, non solum sanctitáte córporis, sed singularitáte amóris. Multi magníficant lingua, sed blasphémant factis, persequúntur supérbia cordis; de quibus scriptum est: Confiténtur se nosse Deum, factis autem negant. Isti non magníficant, sed quantum in eis est minoríficant nomen Dómini. Hi sunt quibus Apóstolus: Blasphemátur per vos, inquit, nomen bonum inter gentes. At in María magníficat lingua, magníficat vita, magníficat ánima Dóminum. Lingua magnificéntiam sanctitátis divínæ glóriæ láudibus eloquéndo; vita eámdem glóriam opéribus promeréndo; ánima singuláriter diligéndo, contemplatiónis volátibus attingéndo, mente et ventre incomprehensíbilem magnificéntiam comprehendéndo. Magníficat, inquit, ánima mea Dóminum. L'âme de Marie magnifie le Seigneur parce qu'elle a d'abord elle-même été magnifiée par lui. L'âme de Marie, en effet, n'aurait pas pu magnifier le Seigneur si elle n'avait, au préalable, été magnifiée par le Seigneur. Elle magnifie donc celui par qui elle est magnifiée; elle le magnifie, non seulement par la louange de sa bouche, non seulement par l'intégrité de son corps, mais par le caractère unique de son amour. Beaucoup magnifient de langue, mais blasphèment par leur conduite, et leur cœur orgueilleux en fait des persécuteurs; c'est d'eux qu'il est écrit: Leurs paroles proclament qu'ils reconnaissent Dieu, mais leur conduite le renie. Ces gens-là ne magnifient pas, mais, autant qu'il est en eux, ils minimisent le nom du Seigneur. Ce sont eux à qui s'adresse l'Apôtre: Par vous le nom du Dieu bon est blasphémé parmi les nations. En Marie, au contraire, la langue magnifie, la vie magnifie, l'âme magnifie le Seigneur: la langue, en racontant la sainte magnificence de la gloire divine; la vie, en méritant par ses œuvres la même gloire; l'âme, en l'aimant de manière unique, en l'atteignant par les coups d'aile de la contemplation, en contenant dans son esprit et dans son sein l'incompréhensible magnificence. Mon âme, dit-elle, magnifie le Seigneur!
R/. Radix Iesse, qui exsúrget iudicáre gentes, in eum gentes sperábunt; * Et erit nomen eius benedíctum in sæcula. V/. Ex Sion spécies decóris eius, Deus noster maniféste véniet. * Et. R/. La racine de Jessé se dressera pour juger les nations, et sera l'espérance des peuples; * Son nom sera béni à jamais. V/. De Sion, joyau de sa splendeur, notre Dieu vient se manifester! * Son nom.
Lectio II Lecture II
Quómodo magníficas? Numquid maiórem facis eum cuius magnitúdinis non est finis? Magnus Dóminus, ait Psalmísta, et laudábilis nimis. Magnus et tam magnus, ut magnitúdo eius nec comparatiónem hábeat nec quantitátem; quómodo ergo magníficas quem nec de mínimo facis magnum, nec de magno maiórem? Sed magníficas quia laudas, magníficas quia inter mundi ténebras sole lucídior, luna púlchrior, rosa fragrántior, nive candídior, divínæ cognitiónis splendórem dilátas. Magníficas ergo non magnitúdini nímiæ augméntum conferéndo, sed lumen veræ Deitátis incógnitum mundánis ténebris inferéndo; Dóminus quippe, quem magníficas, sicut ignórat deféctum, cum sit ætérnus, sic proféctum non récipit, cum sit perféctus. Comment le magnifies-tu? Rendrais-tu par hasard plus grand celui dont la grandeur est infinie? Grand est le Seigneur, dit le Psalmiste, et infiniment louable. Il est grand, et si grand que sa grandeur ne se compare ni ne se mesure. Comment donc le magnifies-tu, puisque tu ne le rends ni de petit grand, ni de grand plus grand? Tu magnifies cependant, parce que tu loues, tu magnifies parce que, parmi les ténèbres de ce monde, plus lumineuse que le soleil, plus belle que la lune, plus odorante que la rose, plus blanche que la neige, tu fais connaître Dieu davantage. Tu le magnifies donc, non pas en apportant un accroissement à la grandeur sans mesure, mais en apportant, au milieu des ténèbres du monde, la lumière de la vraie divinité, inconnue des gens de ce monde. Et, en effet, de même que le Seigneur que tu magnifies, éternel qu'il est, ignore la cessation, de même en raison de sa perfection, il n'est pas susceptible de progrès.
R/. Roráte, cæli, désuper, et nubes pluant iustum: * Aperiátur terra et gérminet Salvatórem. V/. Emítte Agnum, Dómine, Dominatórem terræ, de petra desérti ad montem fíliæ Sion. * Aperiátur. R/. Cieux, répandez votre rosée, que les nuées fassent pleuvoir le Juste! * Que la terre s'entrouvre, et fasse germer le Sauveur! V/. L'Agneau, roi de l'univers, daigne nous l'envoyer, Seigneur, depuis le rocher du désert, jusqu'à la montagne de la fille de Sion! * Que la terre.
Lectio III Lecture III
ÆTérnus est, quia nec inítium habet nec finem. Perféctus est, cui nihil deest ad plenitúdinem. Hunc tamen tu magníficas, dum in tantum te méritis excelléntibus élevas, ut grátiæ recípias plenitúdinem, ut mereáris Sancti Spíritus superventiónem, ut Mater Dei effécta, virgo persevérans intácta, pereúnti sæculo párias Salvatórem. Il est éternel parce qu'il n'a ni commencement ni fin. Il est parfait parce que rien ne manque à sa plénitude. Et pourtant tu le magnifies, toi, lorsque par tes mérites prééminents tu es élevée au point de recevoir la plénitude de grâce, de mériter la visite du Saint-Esprit et que, devenue Mère de Dieu, tout en demeurant une vierge intacte, au siècle en perdition tu enfantes un Sauveur.
R/. Annuntiátum est per Gabriélem archángelum ad Maríam Vírginem de intróitu Regis. * Et ingréssus est per spléndidam regiónem, aurem Vírginis, visitáre palátium úteri, et regréssus est per áuream portam Vírginis. V/. Ave María, grátia plena, Dóminus tecum. * Et. V/. Glória Patri. * Et. R/. L'archange Gabriel a porté à la Vierge Marie l'annonce de la venue du roi. * Et celui-ci, par l'oreille obéissante de la Vierge, a trouvé accès vers la beauté de son temple intérieur, d'où il est ressorti par une porte d'or. V/. Réjouis-toi, Marie, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. * Et celui-ci. V/. Gloire au Père. * Et celui-ci.