Vigiles (OSB) du lundi 31 décembre 2018 -

In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De Cántico canticórum Du Cantique des cantiques
Lectio I Lecture I
Vox dilécti mei! Ecce iste venit sáliens in móntibus, transíliens colles. Símilis est diléctus meus cápreæ hinnulóque cervórum. En ipse stat post paríetem nostrum respíciens per fenéstras, prospíciens per cancéllos. En diléctus meus lóquitur mihi: " Surge, amíca mea, colúmba mea, formósa mea, et veni. Iam enim hiems tránsiit, imber ábiit et recéssit. Flores apparuérunt in terra, tempus putatiónis advénit; vox túrturis audíta est in terra nostra, ficus prótulit grossos suos, víneæ floréntes dedérunt odórem suum: surge, amíca mea, speciósa mea, et veni, colúmba mea, in foramínibus petræ, in cavérna abrúpta. Osténde mihi fáciem tuam, sonet vox tua in áuribus meis; vox enim tua dulcis, et fácies tua decóra ". J'entends mon bien-aimé. Voici qu'il arrive, sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines. Mon bien-aimé est semblable à une gazelle, à un jeune faon. Voilà qu'il se tient derrière notre mur. Il guette par la fenêtre, il épie par le treillis. Mon bien-aimé élève la voix, il me dit: « Lève-toi, ma bien-aimée, ma belle, viens. Car voilà l'hiver passé, c'en est fini des pluies, elles ont disparu. Sur notre terre les fleurs se montrent. La saison vient des gais refrains, le roucoulement de la tourterelle se fait entendre sur notre terre. Le figuier forme ses premiers fruits et les vignes en fleur exhalent leur parfum. Lève-toi, ma bien-aimée, ma belle, viens! Ma colombe, cachée au creux des rochers, en des retraites escarpées, montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix; car ta voix est douce et charmant ton visage ».
R/. Hódie nobis de cælo pax vera descéndit, * Hódie per totum mundum mellíflui facti sunt cæli. V/. Hódie illúxit nobis dies redemptiónis novæ, præparatiónis antíquæ, felicitátis ætérnæ. * Hódie. R/. Aujourd'hui la Paix véritable, pour nous descend du ciel, * Aujourd'hui, par tout l'univers, les cieux répandent une douceur de miel. V/. Aujourd'hui s'est levé pour nous le jour d'une rédemption nouvelle, jour dès longtemps préparé, jour de bonheur éternel. * Aujourd'hui.
Lectio II Lecture II
Capite nobis vulpes, vulpes párvulas, quæ demoliúntur víneas, nam víneæ nostræ floréscunt. Diléctus meus mihi, et ego illi, qui páscitur inter lília, ántequam aspíret dies, et festínent umbræ. Revértere; símilis esto, dilécte mi, cápreæ hinnulóque cervórum super montes Bether. Attrapez-nous les renards, les petits renards ravageurs de vignes, car nos vignes sont en fleur. Mon bien-aimé est à moi, et moi à lui. Il paît son troupeau parmi les lis. Avant que souffle la brise du jour et que s'enfuient les ombres, reviens! Sois semblable, mon bien-aimé, à une gazelle, à un jeune faon, sur les montagnes de Bétèr.
R/. Quem vidístis pastóres dícite? Annuntiáte nobis, in terris quis appáruit? * Natum vídimus in choro angelórum Salvatórem Dóminum. V/. Dícite, quidnam vidístis? Et annuntiáte Christi nativitátem. * Natum. R/. Qui avez-vous contemplé, bergers, dites-le nous? Apprenez-nous quel est celui qui s'est manifesté sur la terre. * Parmi les chœurs des anges nous avons contemplé un nouveau-né, le Dieu Sauveur. V/. Racontez ce que vous avez vu. Annoncez la Nativité du Messie. * Parmi.
Lectio III Lecture III
In léctulo meo per noctes quæsívi quem díligit ánima mea; quæsívi illum et non invéni. Surgam et circuíbo civitátem; per vicos et pláteas quæram quem díligit ánima mea . Quæsívi illum et non invéni. Invenérunt me vígiles qui circúmeunt civitátem: " Num, quem díligit ánima mea, vidístis? " Páululum cum pertransíssem eos, invéni quem díligit ánima mea; ténui eum nec dimíttam, donec introdúcam illum in domum matris meæ et in cubículum genetrícis meæ. Adiúro vos, fíliæ Ierúsalem, per cápreas cervásque campórum, ne suscitétis neque evigiláre faciátis diléctam donec ipsa velit. Sur ma couche, la nuit, j'ai cherché celui que mon cœur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé! Je me lèverai donc, et parcourrai la ville. Dans les rues et sur les places, je chercherai celui que mon cœur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé! Les gardes m'ont rencontrée, ceux qui font la ronde dans la ville: « Avez-vous vu celui que mon cœur aime? » À peine les avais-je dépassés, j'ai trouvé celui que mon cœur aime. Je l'ai saisi et ne le lâcherai point que je ne l'aie fait entrer dans la maison de ma mère, dans la chambre de celle qui m'a conçue. Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles, par les biches des champs, n'éveillez pas, ne réveillez pas mon amour, avant l'heure de son bon plaisir.
R/. Descéndit de cælis Deus verus, a Patre génitus, introívit in úterum Vírginis, nobis ut apparéret visíbilis, indútus carne humána protoparénte édita: * Et exívit per clausam portam Deus et homo, lux et vita, Cónditor mundi. V/. Tamquam sponsus Dóminus procédens de thálamo suo * Et. V/. Glória Patri. * Et. R/. Le Dieu véritable, l'Engendré du Père, est descendu des cieux. Il est entré dans le sein d'une Vierge pour apparaître visible à nos yeux, vêtu de cette nature humaine qui vient de notre premier père. * Et il est sorti par une porte close, Dieu et homme, lumière et vie, le créateur des mondes. V/. Le Seigneur tel un époux paraît hors de sa tente. * Et. V/. Gloire au Père. * Et.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus sancti Leónis Magni papæ (Sermo 6, 2.3.5: SC 22, 126.128.134) Sermon de saint Léon
Lectio I Lecture I
Quamvis illa infántia, quam Fílii Dei non est dedignáta maiéstas, in virum perféctum ætátis adiectióne provécta sit, et consummáto passiónis et resurrectiónis triúmpho, omnes suscéptæ pro nobis humilitátis transíerint actiónes, rénovat tamen nobis hodiérna festívitas nati Iesu ex María Vírgine sacra primórdia; et, dum Salvatóris nostri adorámus ortum, invenímur nos nostrum celebráre princípium. Generátio enim Christi orígo est pópuli christiáni, et natális cápitis natális est córporis. La majesté du Fils de Dieu n'avait pas dédaigné l'état d'enfance; mais l'enfant a grandi avec l'âge, jusqu'à la stature de l'homme parfait; puis, lorsqu'il a pleinement accompli le triomphe de sa passion et de sa résurrection, toutes les actions de la condition humiliée qu'il avait adoptée pour l'amour de nous sont devenues du passé. Pourtant, la fête d'aujourd'hui renouvelle pour nous les premiers instants de Jésus, né de la Vierge Marie. Et lorsque nous adorons la naissance de notre Sauveur, il se trouve que nous célébrons notre propre origine. En effet, lorsque le Christ vient au monde, le peuple chrétien commence: l'anniversaire de la tête, c'est l'anniversaire du corps.
R/. O Regem cæli, cui tália famulántur obséquia! Stábulo pónitur qui cóntinet mundum. * Iacet in præsépio et in cælis regnat. V/. Dómine, audívi audítum tuum et tímui; considerávi ópera tua et expávi; in médio duórum animálium. * Iacet. R/. Ô Roi du ciel à qui est rendu un tel hommage! il repose dans une étable celui qui contient l'univers, * Il est couché dans une mangeoire, celui qui règne dans les cieux. V/. Seigneur, j'ai entendu parler de toi, et je suis saisi de crainte; j'ai réfléchi à tes œuvres, et je frémis: te voir entre deux animaux! * Il.
Lectio II Lecture II
Unde ipsa colláti múneris magnitúdo dignam a nobis éxigit suo splendóre reveréntiam. Ideo enim, sicut beátus Apóstolus docet, non spíritum huius mundi accépimus, sed Spíritum qui ex Deo est, ut sciámus quæ a Deo donáta sunt nobis; qui non áliter pie cólitur, nisi id ei quod ipse tríbuit, offerátur. Quid autem in thesáuro domínicæ largitátis ad honórem præséntis festi tam cóngruum póssumus inveníre, quam pacem, quæ in nativitáte Dómini primo est angélico prædicáta concéntu? Un si grand bienfait appelle de notre part une reconnaisance digne de sa splendeur. En effet, comme nous l'enseigne saint Paul, nous n'avons pas reçu l'esprit de ce monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les dons de la grâce de Dieu. On ne peut l'honorer avec assez de piété qu'en lui offrant ce que lui-même nous a donné. Or, dans les trésors de la générosité divine, que pouvons-nous trouver qui soit aussi bien accordé à la dignité de la fête présente, que cette paix proclamée par le cantique des anges lors de la nativité du Seigneur?
R/. In princípio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. * Hoc erat in princípio apud Deum. V/. Omnia per ipsum facta sunt, et sine ipso factum est nihil. * Hoc. R/. Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. * Il était au commencement auprès de Dieu. V/. Par lui tout a été fait, et rien n'a été fait sans lui. * Il.
Lectio III Lecture III
Ipsa enim est, quæ parit fílios Dei, nutrix dilectiónis et génetrix unitátis, réquies beatórum et æternitátis habitáculum; cuius hoc opus próprium et speciále benefícium est ut iungat Deo quos secérnit de mundo. Natális Dómini, natális est pacis: sic enim ait Apóstolus: Ipse est pax nostra, qui fecit utráque unum; quóniam sive Iudæus, sive gentílis per ipsum habémus accéssum in uno Spíritu ad Patrem. Car c'est la paix qui engendre les fils de Dieu, qui favorise l'amour, qui enfante l'unité, qui est le repos des bienheureux, la demeure de l'éternité. Son ouvrage propre, son bienfait particulier, c'est d'unir à Dieu ceux qu'elle sépare du monde. La naissance du Seigneur Jésus, c'est la naissance de la paix. Comme le dit saint Paul, c'est lui, le Christ, qui est notre paix. Que nous soyons d'origine juive ou païenne, c'est par lui que nous pouvons approcher le Père dans un seul Esprit.
R/. Hódie natus est Dóminus Iesus Christus in Béthleem Iudæ in diébus Heródis regis, in civitáte David regnans, * Cuius regni non erit finis. V/. Natus est nobis hódie Salvátor, qui est Christus Dóminus, in civitáte David. * Cuius. V/. Glória Patri. * Cuius. R/. Aujourd'hui est né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, le Seigneur Jésus-Christ, roi de la cité de David. * Son règne n'aura pas de fin. V/. Aujourd'hui, dans la cité de David, un Sauveur nous est né : il est le Messie, le Seigneur. * Son règne. V/. Gloire au Père. * Son règne.