Vigiles (OSB) du mardi 8 janvier 2019 -

Hebdomada I per annum Ière semaine dans l'année
Feria III Mardi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Romános De la lettre de saint Paul aux Romains
Lectio I Lecture I
Revelátur ira Dei de cælo super omnem impietátem et iniustítiam hóminum, qui veritátem in iniustítia détinent, quia, quod noscíbile est Dei, maniféstum est in illis; Deus enim illis manifestávit. Invisibília enim ipsíus a creatúra mundi per ea quæ facta sunt, intellécta conspiciúntur, sempitérna eius et virtus et divínitas, ut sint inexcusábiles; quia, cum cognovíssent Deum, non sicut Deum glorificavérunt aut grátias egérunt, sed evanuérunt in cogitatiónibus suis, et obscurátum est insípiens cor eórum. Dicéntes se esse sapiéntes, stulti facti sunt, et mutavérunt glóriam incorruptíbilis Dei in similitúdinem imáginis corruptíbilis hóminis et vólucrum et quadrúpedum et serpéntium. La colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes, qui tiennent la vérité captive dans l'injustice; car ce qu'on peut connaître de Dieu est pour eux manifeste: Dieu en effet le leur a manifesté. Ce qu'il a d'invisible depuis la création du monde se laisse voir à l'intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité, en sorte qu'ils sont inexcusables; puisque, ayant connu Dieu, ils ne lui ont pas rendu comme à un Dieu gloire ou actions de grâces, mais ils ont perdu le sens dans leurs raisonnements et leur cœur inintelligent s'est enténébré: dans leur prétention à la sagesse, ils sont devenus fous et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible contre une représentation, simple image d'hommes corruptibles, d'oiseaux, de quadrupèdes, de reptiles.
R/. Tibi soli peccávi et malum coram te feci; miserére mei, * Ut iustificéris, Dómine, in sermónibus tuis. V/. Amplius lava me, Dómine, ab iniustítia mea, et a delícto meo munda me. * Ut iustificéris. R/. Contre toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. * Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice. V/. Lave-moi tout entier de ma faute, Seigneur, purifie-moi de mon offense. * Ainsi.
Lectio II Lecture II
Propter quod trádidit illos Deus in concupiscéntiis cordis eórum in immundítiam, ut ignomínia affíciant córpora sua in semetípsis, qui commutavérunt veritátem Dei in mendácio et coluérunt et serviérunt creatúræ pótius quam Creatóri, qui est benedíctus in sæcula. Amen. Proptérea trádidit illos Deus in passiónes ignomíniæ. Nam et féminæ eórum immutavérunt naturálem usum in eum qui est contra natúram; simíliter et másculi, relícto naturáli usu féminæ, exarsérunt in desidériis suis in ínvicem, másculi in másculos turpitúdinem operántes et mercédem, quam opórtuit, erróris sui in semetípsis recipiéntes. Aussi Dieu les a-t-il livrés selon les convoitises de leur cœur à une impureté où ils avilissent eux-mêmes leurs propres corps; eux qui ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, adoré et servi la créature de préférence au Créateur, qui est béni éternellement! Amen. Aussi Dieu les a-t-il livrés à des passions avilissantes: car leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature; pareillement les hommes, délaissant l'usage naturel de la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres, perpétrant l'infamie d'homme à homme et recevant en leurs personnes l'inévitable salaire de leur égarement.
R/. Miserére mei, Deus, miserére mei, quóniam in te confídit ánima mea; et in umbra alárum tuárum sperábo, * Donec tránseat iníquitas. V/. Clamábo ad Deum altíssimum, et ad Dóminum qui benefécit mihi. * Donec. R/. Pitié, mon Dieu, pitié pour moi! J'ai mis en toi ma confiance; j'ai mon refuge à l'ombre de tes ailes, * Aussi longtemps que dure le malheur. V/. Je crie vers Dieu, le Très-Haut, vers Dieu qui fera tout pour moi. * Aussi longtemps.
Lectio III Lecture III
Et sicut non probavérunt Deum habére in notítia, trádidit eos Deus in réprobum sensum, ut fáciant, quæ non convéniunt, replétos omni iniquitáte, malítia, avarítia, nequítia, plenos invídia, homicídio, contentióne, dolo, malignitáte, susurrónes, detractóres, Deo odíbiles, contumeliósos, supérbos, elátos, inventóres malórum, paréntibus non obœdiéntes, insipiéntes, incompósitos, sine affectióne, sine misericórdia. Qui cum iudícium Dei cognovíssent, quóniam qui tália agunt, digni sunt morte, non solum ea fáciunt, sed et conséntiunt faciéntibus. Et comme ils n'ont pas jugé bon de garder la vraie connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à leur esprit sans jugement, pour faire ce qui ne convient pas: remplis de toute injustice, de perversité, de cupidité, de malice; ne respirant qu'envie, meurtre, dispute, fourberie, malignité; diffamateurs, détracteurs, ennemis de Dieu, insulteurs, orgueilleux, fanfarons, ingénieux au mal, rebelles à leurs parents, insensés, déloyaux, sans cœur, sans pitié; connaissant bien pourtant le verdict de Dieu qui déclare dignes de mort les auteurs de pareilles actions, non seulement ils les font, mais ils approuvent encore ceux qui les commettent.
R/. Parátum cor meum, Deus, parátum cor meum, * Cantábo et psalmum dicam Dómino. V/. Exsúrge, glória mea; exsúrge psaltérium et cíthara; exsúrgam dilúculo. * Cantábo. V/. Glória Patri. * Cantábo. R/. Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt, * Je veux chanter, jouer des hymnes au Seigneur. V/. Éveille-toi, ma gloire; éveillez-vous, harpe, cithare, que j'éveille l'aurore! * Je veux chanter. V/. Gloire au Père. * Je veux chanter.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Expositióne sancti Ambrósii epíscopi in psalmum sexagésimum primum (Nn. 1. 4: CSEL 64, 378-380) Commentaire de saint Ambroise sur le psaume 61
Lectio I Lecture I
Omnium nostrum indúbia consuetúdo est ut festinémus ad finem et eórum quæ légimus vel vídimus vel audívimus, velímus summam cognóscere. Unde títulus ipse, in finem, otiósos nos esse non pátitur nec feriátis præteríre áuribus desidérii commúnis indícium. Præ céteris enim, licet étiam in céteris cláreat, divínum tamen in huiúsmodi psalmo refúlget oráculum. Unde diligéntius qui sit finis considerémus; finis enim dícitur "skopos" et summa rei eius quam vólumus explicáre. Finis dícitur Christus, quia ipse est finis legis, sicut scriptum est: Finis enim legis Christus ad iustítiam omni credénti. Finis étiam dícitur quia ipse est princípium et finis. Ergo isti psalmi qui titulántur in finem aut de Christo sunt aut ipsíus Christi: de Christo, cum ipse annuntiátur, ipsíus Christi cum ipse se núntiat venturúmque promíttit in terras et futúram nobis reveláre dignátur próprii córporis passiónem. Tous, nous avons l'habitude, incontestablement, de nous hâter vers la fin et de vouloir connaître la conclusion de ce que nous avons lu, ou vu, ou entendu. Or, le titre de ce psaume, in finem, ne nous autorise pas à être paresseux, ni à laisser passer d'une oreille distraite l'expression du désir commun. Dans ce psaume, en effet, plus qu'en tout autre, bien qu'il brille aussi dans les autres, l'oracle divin resplendit. Considérons donc soigneusement quelle est la fin. La fin, c'est le but et le sommet de l'économie que nous allons exposer. La fin, c'est le Christ, car il est lui-même la fin de la Loi, selon l'Écriture: La fin de la Loi, c'est le Christ, pour justifier tous ceux qui croient. On appelle aussi le Christ la fin, en tant qu'il est le principe et la fin. Donc, les psaumes qui ont pour titre in finem, ou bien parlent du Christ, ou bien sont prononcés en la personne du Christ. Ils parlent du Christ quand ils l'annoncent; ils sont prononcés en la personne du Christ quand lui-même s'annonce, quand il promet qu'il viendra sur la terre et daigne nous révéler la future passion de son propre corps.
R/. Adiútor meus, tibi psallam, quia, Deus, suscéptor meus es: * Deus meus misericórdia mea. V/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus, et ab insurgéntibus in me líbera me. * Deus meus. R/. Je te fêterai, Dieu, ma forteresse: oui, mon rempart, c'est toi, * Le Dieu de mon amour! V/. Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu; de mes agresseurs, protège-moi, ô toi, * Le Dieu.
Lectio II Lecture II
Itaque ipsum audiámus loquéntem: Nonne Deo súbdita erit ánima mea? Susceptúrus carnem hóminis Dóminus noster Iesus, ut in se eam ipse mundáret, quid prius quam peccáti véteris primum débuit abolére contágium? Nam quia per inobœdiéntiam culpa irrépserat, dum mandáta divína temerántur, obœdiéntiam útique præ céteris débuit reformáre, ut seminárium erróris exclúderet. Fibra enim peccáti inde manáverat, et ídeo sicut bonus médicus radíces prius úlceris débuit amputáre, ut medicamentórum salúbre remédium vúlneris ora sentírent. Dans le présent psaume écoutons donc le Christ lui-même qui parle: Mon âme ne sera-t-elle pas soumise à Dieu? Notre Seigneur Jésus assumera la chair de l'homme pour la purifier en lui. Quelle infection doit-il donc guérir en premier lieu, sinon celle du premier péché? Or la prévarication qui violait les préceptes divins s'était introduite par la désobéissance. Il fallait donc avant tout et par-dessus tout constituer en sa forme parfaite l'obéissance afin de retrancher le germe d'erreur. C'est à partir de la désobéissance, en effet, que s'était propagée la fibre du péché; et, comme un bon médecin, le Seigneur dut extirper d'abord les racines du mal, pour que les lèvres de la plaie puissent ressentir les effets du remède salutaire.
R/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus, * Et ab insurgéntibus in me líbera me. V/. Eripe me de operántibus iniquitátem, et de viris sánguinum salva me. * Et. R/. Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu; * De mes agresseurs, protège-moi. V/. Délivre-moi des hommes criminels; des meurtriers, sauve-moi. * De mes agresseurs.
Lectio III Lecture III
Frustra enim cicatrícem curáveris si serpant interióra contágia, immo acerbátur vulnus, si foris cláuditur, cum intérius virus exæstuat. Nam quid próderat donásse peccátum, si peccándi manéret afféctus? Hoc erat non sanáre cicatrícem sed cláudere. Vóluit ítaque mundáre vulnus, ut afféctum sanáret, ne inobœdiéntiæ sors ulla remanéret. Suscépit ipse obœdiéntiam, ut nobis eam transfúnderet. Sic enim oportébat ut, quóniam per inobœdiéntiam uníus hóminis peccatóres constitúti erant plúrimi, per uníus rursus obœdiéntiam iusti constitueréntur multi. Car tu soignes vainement l'extérieur si l'infection s'immisce à l'intérieur; bien plus, la blessure s'aggrave si le venin renfermé à l'intérieur s'enfièvre. Et que servirait de pardonner le péché si la maladie du péché demeurait? Ce ne serait pas là guérir la plaie, mais enfermer l'infection. Le Seigneur voulut donc purifier la blessure de manière à guérir la maladie et à ce qu'aucune chance ne restât ouverte à la désobéissance. Lui-même prit donc sur lui l'obéissance afin de nous la transmettre. C'est bien là ce qu'il nous fallait: de même que par la désobéissance d'un seul homme beaucoup avaient été constitués pécheurs, en revanche par l'obéissance d'un seul beaucoup seraient constitués justes.
R/. Ne perdíderis me, Dómine, cum iniquitátibus meis, * Neque in finem irátus resérves mala mea. V/. Miserére mei, Deus, miserére mei, quóniam in te confídit anima mea. * Neque. V/. Glória Patri. * Neque. R/. Seigneur, ne me condamne pas d'après mes péchés: * Ne reste pas irrité pour toujours, ne garde pas mémoire de mes fautes. V/. Pitié, mon Dieu, pitié pour moi! J'ai mis en toi ma confiance. * Ne reste pas. V/. Gloire au Père. * Ne reste pas.