Vigiles (OSB) du mercredi 9 janvier 2019 -

Hebdomada I per annum Ière semaine dans l'année
Feria IV Mercredi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Romános De la lettre de saint Paul aux Romains
Lectio I Lecture I
Inexcusábilis es, o homo omnis, qui iúdicas. In quo enim iúdicas álterum, teípsum condémnas; éadem enim agis, qui iúdicas. Scimus enim quóniam iudícium Dei est secúndum veritátem in eos qui tália agunt. Exístimas autem hoc, o homo, qui iúdicas eos qui tália agunt, et facis ea, quia tu effúgies iudícium Dei? An divítias benignitátis eius et patiéntiæ et longanimitátis contémnis, ignórans quóniam benígnitas Dei ad pæniténtiam te addúcit? Tu es sans excuse, qui que tu sois, toi qui juges. Car en jugeant autrui, tu juges contre toi-même: puisque tu agis de même, toi qui juges, et nous savons que le jugement de Dieu s'exerce selon la vérité sur les auteurs de pareilles actions. Et tu comptes, toi qui juges ceux qui les commettent et qui les fais toi-même, que tu échapperas au jugement de Dieu? Ou bien méprises-tu ses richesses de bonté, de patience, de longanimité, sans reconnaître que cette bonté de Dieu te pousse au repentir?
R/. Exáudi, Deus, deprecatiónem meam, inténde oratióni meæ; * A fínibus terræ ad te clamávi, Dómine. V/. Dum anxiarétur cor meum, in petra exaltásti me; deduxísti me, quia factus es adiútor meus. * A fínibus terrae. R/. Dieu, entends ma plainte, exauce ma prière; * Des terres lointaines je t'appelle, Seigneur. V/. Quand le cœur me manque, tu m'élèves sur le roc; tu me conduis, car tu es pour moi un refuge. * Des terres lointaines.
Lectio II Lecture II
Secúndum durítiam autem tuam et impnitens cor thesaurízas tibi iram in die iræ et revelatiónis iusti iudícii Dei, qui reddet unicuíque secúndum ópera eius: his quidem, qui secúndum patiéntiam boni óperis glóriam et honórem et incorruptiónem quærunt, vitam ætérnam; his autem, qui ex contentióne et non obœdiunt veritáti, obdiunt autem iniquitáti, ira et indignátio. Tribulátio et angústia in omnem ánimam hóminis operántis malum, Iudæi primum et Græci; glória autem et honor et pax omni operánti bonum, Iudæo primum et Græco. Non est enim personárum accéptio apud Deum! Par ton endurcissement et l'impénitence de ton cœur, tu amasses contre toi un trésor de colère, au jour de la colère où se révélera le juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres: à ceux qui par la constance dans le bien recherchent gloire, honneur et incorruptibilité: la vie éternelle; aux autres, âmes rebelles, indociles à la vérité et dociles à l'injustice: la colère et l'indignation. Tribulation et angoisse à toute âme humaine qui s'adonne au mal, au Juif d'abord, puis au Grec; gloire, honneur et paix à quiconque fait le bien, au Juif d'abord, puis au Grec; car Dieu ne fait pas acception des personnes.
R/. Deo subiécta esto, ánima mea, quóniam ab ipso patiéntia mea; * Quia ipse Deus meus. V/. In Deo salutáre meum et glória mea; Deus auxílii mei, et spes mea in Deo est. * Quia. R/. Je veux m'abandonner au Seigneur; oui, mon espoir vient de lui; * Lui seul est mon Dieu. V/. Mon salut et ma gloire se trouvent près de Dieu; chez Dieu, mon refuge, mon espérance! * Lui seul.
Lectio III Lecture III
Quicúmque enim sine lege peccavérunt, sine lege et períbunt; et quicúmque in lege peccavérunt, per legem iudicabúntur. Non enim auditóres legis iusti sunt apud Deum, sed factóres legis iustificabúntur. Cum enim gentes, quæ legem non habent, naturáliter, quæ legis sunt, fáciunt, eiúsmodi legem non habéntes ipsi sibi sunt lex; qui osténdunt opus legis scriptum in córdibus suis, testimónium simul reddénte illis consciéntia ipsórum, et inter se ínvicem cogitatiónibus accusántibus aut étiam defendéntibus, in die cum iudicábit Deus occúlta hóminum secúndum evangélium meum per Christum Iesum. En effet, quiconque aura péché sans la Loi, périra aussi sans la Loi; et quiconque aura péché sous la Loi, par la Loi sera jugé; ce ne sont pas les auditeurs de la Loi qui sont justes devant Dieu, mais les observateurs de la Loi qui seront justifiés. En effet, quand des païens privés de la Loi accomplissent naturellement les prescriptions de la Loi, ces hommes, sans posséder de Loi, se tiennent à eux-mêmes lieu de Loi; ils montrent la réalité de cette loi inscrite en leur cœur, à preuve le témoignage de leur conscience, ainsi que les jugements intérieurs de blâme ou d'éloge qu'ils portent les uns sur les autres... au jour où Dieu jugera les pensées secrètes des hommes, selon mon Évangile, par le Christ Jésus.
R/. Deus, in te sperávi, Dómine, non confúndar in ætérnum. * In tua iustítia líbera me et éripe me. V/. Esto mihi in Deum protectórem et in locum munítum, ut salvum me fácias. * In tua iustítia. V/. Glória Patri. * In tua iustítia. R/. En toi, Seigneur, j'ai mon refuge: garde-moi d'être humilié pour toujours. * Dans ta justice, défends-moi, libère-moi. V/. Sois le rocher qui m'abrite, la citadelle qui me sauve. * Dans ta justice. V/. Gloire au Père. * Dans ta justice.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Tractátu sancti Irenæi epíscopi Advérsus hæreses (Lib. 5, 6-7: SC 153, 84-88) Traité de saint Irénée contre les hérésies
Lectio I Lecture I
Quóniam córpora nostra non ex sua substántia, sed ex Dei virtúte suscitántur, Corínthiis dicit: Corpus autem non fornicatióni, sed Dómino, et Dóminus córpori; Deus autem et Dóminum suscitávit, et nos suscitábit per virtútem suam. Quómodo ígitur Christus in carnis substántia surréxit et osténdit discípulis figúras clavórum et apertiónem láteris, hæc autem sunt indícia carnis eius quæ resurréxit a mórtuis, sic et nos suscitábit per virtútem suam. Que nos corps doivent ressusciter, non en vertu de leur substance, mais par la puissance de Dieu, l'Apôtre le dit aux Corinthiens: Le corps n'est pas pour l'impudicité, mais il est pour le Seigneur, comme le Seigneur est pour le corps, et Dieu qui a ressuscité le Seigneur nous ressuscitera, nous aussi, par sa puissance. De même donc que le Christ est ressuscité dans la substance de sa chair et a montré à ses disciples les marques des clous ainsi que l'ouverture de son côté, autant de preuves que c'était bien sa chair qui était ressuscitée d'entre les morts, de même, dit l'Apôtre, Dieu nous ressuscitera, nous aussi, par sa puissance.
R/. Repleátur os meum laude ut hymnum dicam glóriæ tuæ, tota die magnificéntiæ tuæ. Noli me proícere in témpore senectútis; * Cum defécerit virtus mea, Deus, ne derelínquas me. V/. Gaudébunt lábia mea, cum cantávero tibi, et ánima mea, quam redemísti. * Cum. R/. Je n'aurai que ta louange à la bouche, pour célébrer tout le jour ta splendeur, chanter une hymne à ta gloire. Ne me rejette pas maintenant que j'ai vieilli; * Alors que décline ma vigueur, mon Dieu, ne m'abandonne pas. V/. Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, et dans mon âme que tu as rachetée! * Alors que.
Lectio II Lecture II
Et íterum Románis ait: Si autem Spíritus eius qui suscitávit Iesum a mórtuis hábitat in vobis, qui suscitávit Christum a mórtuis vivificábit et mortália córpora vestra. Quæ sunt ergo mortália córpora? Numquídnam ánimæ? Sed incorporáles ánimæ, quantum ad comparatiónem mortálium córporum: Insufflávit enim in fáciem hóminis Deus flatum vitæ et factus est homo in ánimam vivéntem; flatus autem vitæ incorporális. Sed ne mortálem quidem possunt dícere ipsum, flatum vitæ exsisténtem; et propter hoc David ait: Et ánima mea illi vivet, tamquam immortáli substántia eius exsisténte. Il dit derechef aux Romains: Si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d'entre les morts vivifiera aussi vos corps mortels. Quels sont-ils donc, ces corps mortels? Seraient-ce les âmes? Mais les âmes sont incorporelles, en comparaison des corps mortels. Car Dieu insuffla dans la face de l'homme un souffle de vie, et l'homme devint âme vivante: or ce souffle de vie est incorporel. On ne peut non plus dire l'âme mortelle, puisqu'elle est souffle de vie. Aussi David dit-il: Et mon âme vivra pour lui, persuadé qu'il est que la substance de cette âme est immortelle.
R/. Gaudébunt lábia mea, cum cantávero tibi, * Et ánima mea, quam redemísti, Dómine. V/. Sed et lingua mea meditábitur iustítiam tuam, tota die laudem tuam. * Et ánima mea. R/. Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, * Et dans mon âme que tu as rachetée, Seigneur! V/. Alors ma langue redira ta justice, tout le jour, ta louange. * Et dans mon âme.
Lectio III Lecture III
Sed neque Spíritum possunt dícere mortále corpus. Quid ígitur súperest dícere corpus mortále, nisi plasma, hoc est caro, de qua et sermo est ei quóniam vivificábit eam Deus? Hæc enim est quæ móritur et sólvitur, sed non ánima neque spíritus. Mori enim est vitálem amíttere habilitátem et sine spirámine in pósterum et inanimálem et immóbilem fíeri et deperíre in illa ex quibus et inítium substántiæ hábuit. Hoc autem neque ánimæ évenit, flatus est enim vitæ, neque spirítui, incompósitus est enim et simplex spíritus qui resólvi non potest et ipse vita est eórum qui percípiunt illum. Súperest ígitur ut circa carnem mors ostendátur, quæ, posteáquam exíerit ánima, sine spiratióne et inanimális effícitur et paulátim resólvitur in terram ex qua sumpta est. Hæc ígitur mortális. Hæc autem est de qua et dicit: Vivificábit et mortália córpora vestra. On ne peut non plus prétendre que le corps mortel dont il s'agit serait l'Esprit. Dès lors, que reste-t-il à dire, sinon que le corps mortel est l'ouvrage modelé par Dieu, autrement dit la chair, et que c'est bien de celle-ci que l'Apôtre déclare que Dieu la vivifiera? Car c'est elle qui meurt et se décompose, et non l'âme ou l'esprit. Mourir, en effet, c'est perdre la manière d'être propre au vivant, devenir sans souffle, sans vie, sans mouvement, et se dissoudre dans les éléments dont on a reçu le principe de son existence. Or, ceci ne peut arriver ni à l'âme, puisqu'elle est souffle de vie, ni à l'esprit, puisqu'il n'est pas composé, mais simple, qu'il ne peut se dissoudre et qu'il est lui-même la vie de ceux qui participent à lui. La preuve est donc faite que c'est bien la chair qui subit la mort: une fois l'âme sortie, la chair devient sans souffle et sans vie et se dissout peu à peu dans la terre d'où elle a été tirée. C'est donc bien elle qui est mortelle. C'est également d'elle que l'Apôtre dit: Il vivifiera aussi vos corps mortels.
R/. Mihi autem adhærére Deo bonum est, * Pónere in Dómino Deo spem meam. V/. Ut annúntiem omnes laudatiónes tuas in portis fíliæ Sion, * Pónere. V/. Glória Patri. * Pónere. R/. Pour moi, il est bon d'être intime avec Dieu; * J'ai pris refuge auprès de mon Dieu. V/. Pour annoncer les merveilles du Seigneur aux portes de Sion, * J'ai pris refuge. V/. Gloire au Père. * J'ai pris refuge.