Vigiles (OSB) du jeudi 10 janvier 2019 -

Hebdomada I per annum Ière semaine dans l'année
Feria V Jeudi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Romános De la lettre de saint Paul aux Romains
Lectio I Lecture I
Si tu Iudæus cognomináris et requiéscis in lege et gloriáris in Deo, et nosti Voluntátem et discérnis potióra instrúctus per legem, et confídis teípsum ducem esse cæcórum, lumen eórum qui in ténebris sunt, eruditórem insipiéntium, magístrum infántium, habéntem formam sciéntiæ et veritátis in lege. Qui ergo álium doces, teípsum non doces? Qui prædicas non furándum, furáris? Qui dicis non mœchándum, mœcháris? Qui abomináris idóla, templa spólias? Qui in lege gloriáris, per prævaricatiónem legis Deum inhonóras? Nomen enim Dei propter vos blasphemátur inter gentes, sicut scriptum est. Si toi, qui arbores le nom de Juif, qui te reposes sur la Loi, qui te glorifies en Dieu, qui connais sa volonté, qui discernes le meilleur, instruit par la Loi, et ainsi te flattes d'être toi-même le guide des aveugles, la lumière de qui marche dans les ténèbres, l'éducateur des ignorants, le maître des simples, parce que tu possèdes dans la Loi l'expression même de la science et de la vérité... eh bien! l'homme qui enseigne autrui, tu ne t'enseignes pas toi-même! tu prêches de ne pas dérober et tu dérobes! tu interdis l'adultère et tu commets l'adultère! tu abhorres les idoles, et tu pilles leurs temples! Toi qui te glorifies dans la Loi, en transgressant cette Loi, c'est Dieu que tu déshonores, car le nom de Dieu, à cause de vous, est blasphémé parmi les nations, dit l'Écriture.
R/. Confitébimur tibi, Deus; confitébimur tibi, * Et invocábimus nomen tuum. V/. Narrábo ómnia mirabília tua. Dum accépero tempus, ego iustítiam iudicábo. * Et invocábimus. R/. À toi, Dieu, nous rendons grâce; nous rendons grâce, * Et ton nom est proche. V/. Je proclamerai tes merveilles! Oui, au moment que j'ai fixé, moi, je jugerai avec droiture. * Et ton nom.
Lectio II Lecture II
Circumcísio quidem prodest, si legem obsérves; si autem prævaricátor legis sis, circumcísio tua præpútium facta est. Si ígitur præpútium iustítias legis custódiat, nonne præpútium illíus in circumcisiónem reputábitur? La circoncision, en effet, te sert si tu pratiques la Loi; mais si tu transgresses la Loi, avec ta circoncision, tu n'es plus qu'un incirconcis. Si donc l'incirconcis garde les prescriptions de la Loi, son incirconcision ne vaudra-t-elle pas une circoncision?
R/. Cogitávi dies antíquos, et annos ætérnos in mente hábui; et meditátus sum nocte cum corde meo, * Et dixi: Miserére, Deus. V/. Illuxérunt coruscatiónes tuæ orbi terræ, vidit et commóta est terra. * Et dixi. R/. Je repense aux jours d'autrefois, aux années inoubliables de jadis; la nuit, je médite en mon cœur, * Et je dis: Pitié, mon Dieu! V/. Tes éclairs illuminèrent le monde, la terre le vit et s'affola. * Et je dis.
Lectio III Lecture III
Et iudicábit, quod ex natúra est præpútium legem consúmmans, te, qui per lítteram et circumcisiónem prævaricátor legis es. Non enim, qui manifésto Iudus est, neque quæ manifésto in carne circumcísio, sed qui in abscóndito Iudæus est, et circumcísio cordis in spíritu non líttera, cuius laus non ex homínibus sed ex Deo est. Et celui qui physiquement incirconcis accomplit la Loi te jugera, toi qui avec la lettre et avec la circoncision es transgresseur de la Loi. Car le Juif n'est pas celui qui l'est au-dehors, et la circoncision n'est pas au-dehors dans la chair, le vrai Juif l'est au-dedans et la circoncision dans le cœur, selon l'esprit et non pas selon la lettre: voilà celui qui tient sa louange non des hommes, mais de Dieu.
R/. Dómine Deus, propítius esto pópulo tuo, * Et convérte tribulatiónem nostram in gáudium. V/. Adiuva nos, Deus salutáris noster; propter glóriam nóminis tui, Dómine, líbera nos. * Et convérte. V/. Glória Patri. * Et convérte. R/. Seigneur notre Dieu, sois favorable à ton peuple, * Transforme en joie notre épreuve. V/. Aide-nous, Dieu notre Sauveur; délivre-nous, Seigneur, pour la gloire de ton nom! * Transforme. V/. Gloire au Père. * Transforme.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Tractátibus sancti Augustíni epíscopi in Ioánnem (Tract. 41, 5: CCL 36, 360) Traité de saint Augustin sur l'Évangile de Jean
Lectio I Lecture I
Liberat a servitúte peccáti solus Dóminus; qui illam non hábuit, ipse de illa líberat; solus enim in hac carne venit sine peccáto. Nam quos vidétis in mánibus matrum párvulos ferri, nondum ámbulant, et iam sunt compedíti; traxérunt enim de Adam quod solvátur a Christo. Pértinet étiam ad ipsos, cum baptizántur, ista grátia quam Dóminus pollicétur; quia de peccáto solus liberáre potest qui venit sine peccáto, et factus est sacrifícium pro peccáto. Le Seigneur est le seul qui délivre de l'esclavage du péché; celui qui ne l'a pas subi en délivre; seul, en effet, il est venu sans péché dans cette chair. Les tout-petits enfants que vous voyez portés dans les bras de leurs mères ne marchent pas encore, et déjà ils sont chargés d'entraves, car ils ont tiré d'Adam ce qui sera brisé par le Christ. Cette grâce que le Seigneur promet s'étend même à eux quand ils sont baptisés, parce que, seul, peut délivrer du péché celui qui est venu sans péché et qui s'est fait sacrifice pour le péché.
R/. Devastávit víneam tuam aper de silva, et singuláris ferus depástus est eam; vide, Dómine, et éxcita poténtiam tuam, * Ne péreat quod plantávit déxtera tua. V/. Dómine, Deus virtútum, convértere; réspice de cælo et vide, et vísita víneam istam. * Ne péreat. R/. Le sanglier des forêts ravage ta vigne, et les bêtes des champs la broutent. Regarde, Seigneur, réveille ta puissance: * Que ne soit pas détruit le cep que ta main a planté! V/. Seigneur, Dieu de l'univers, reviens! Du haut des cieux, regarde et vois: visite cette vigne, * Que.
Lectio II Lecture II
Audístis enim cum Apóstolus legerétur: Pro Christo, inquit, legatióne fúngimur, tamquam Deo exhortánte per nos; obsecrámus pro Christo; id est tamquam vos Christus óbsecret. Quid? reconciliári Deo. Si exhortátur et óbsecrat Apóstolus ut reconciliémur Deo, inimíci erámus Deo. Nemo enim reconciliátur, nisi ex inimicítiis. Inimícos autem nos non natúra, sed peccáta fecérunt. Unde inimíci illíus, inde servi peccáti. Non habet Deus líberos inimícos; necésse est servi sint, et servi remanébunt, nisi ab illo liberéntur, cui peccándo inimíci esse voluérunt. Vous avez entendu, en effet, ces paroles dans la lecture de l'Apôtre: Au nom du Christ, dit-il, nous remplissons une fonction d'ambassadeurs, comme si Dieu exhortait par nous: nous vous conjurons au nom du Christ, c'est-à-dire comme si le Christ nous conjurait lui-même, et de quoi? d'être réconciliés avec Dieu. Si l'Apôtre nous presse et nous conjure de nous laisser réconcilier avec Dieu, c'est que nous étions les ennemis de Dieu. Personne, en effet, n'est réconcilié, si ce n'est de ses inimitiés. Or ce n'est pas la nature, mais les péchés qui ont fait de nous ses ennemis. Du fait que nous étions ses ennemis, nous étions les esclaves du péché. Dieu n'a pas pour ennemis des hommes libres; il est nécessaire qu'ils soient esclaves et ils resteront esclaves à moins qu'ils ne soient délivrés par celui dont ils ont voulu être les ennemis en péchant.
R/. Mane exáudies vocem meam, Dómine; * Mane astábo tibi et vidébo te, Deus. V/. Neque habitábit iuxta te malígnus, neque permanébunt iniústi ante óculos tuos. * Mane. R/. Au matin, tu écoutes ma voix, Seigneur; * Au matin, je me tiens devant toi et je te contemple, mon Dieu. V/. Chez toi, le méchant n'est pas reçu; non, l'orgueilleux ne tient pas devant ton regard. *Au matin.
Lectio III Lecture III
Obsecrámus ergo, inquit, pro Christo, reconciliári Deo. Quómodo autem reconciliámur, nisi solvátur quod inter nos et ipsum séparat? Ait enim per prophétam: Non gravávit aurem ne áudiat, sed peccáta vestra séparant inter vos et Deum. Quia ergo non reconciliámur, nisi abláto quod in médio est, et pósito quod in médio sit - est enim médium séparans, sed contra est mediátor reconcílians; médium séparans est peccátum, mediátor reconcílians est Dóminus Iesus Christus: Unus enim Deus, et unus mediátor Dei et hóminum, homo Christus Iesus - ut ergo tollátur macéria séparans quod est peccátum, venit ille mediátor, et factus est sacrifícium sacérdos ipse. Nous vous conjurons donc, au nom du Christ, dit-il, d'être réconciliés avec Dieu. Mais comment serons-nous réconciliés à moins que ne soit enlevé ce qui met une séparation entre nous et lui? Il dit, en effet, par un prophète: Il n'a pas endurci son oreille pour ne pas entendre, mais vos péchés mettent une séparation entre vous et Dieu. Donc, puisque nous ne sommes réconciliés qu'une fois supprimé ce qui se tient entre nous et établi ce qui servira d'intermédiaire entre nous, - il y a entre nous, en effet, quelque chose qui nous sépare, mais il y a aussi en revanche un médiateur qui nous réconcilie: ce qui se tient entre nous pour nous séparer est le péché, le médiateur qui nous réconcilie est le Seigneur Jésus-Christ, car il n'y a qu'un seul Dieu et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Jésus-Christ - donc, pour que soit enlevé le mur de séparation qu'est le péché, ce médiateur est venu et le prêtre s'est fait lui-même sacrifice.
R/. Rogámus te, Dómine Deus, quia peccávimus tibi; véniam pétimus quam non merémur. Si exspéctas non corrípimur, et si víndicas non durámus. * Manum tuam pórrige lapsis, qui latróni confiténti paradísi iánuas aperuísti. V/. Vita nostra in dolóre suspírat, et in ópere non eméndat. * Manum tuam. V/. Glória Patri. * Manum tuam. R/. Nous te prions, Seigneur notre Dieu: nous avons péché contre toi; accorde-nous le pardon que nous n'avons pas mérité. Si tu patientes, nous ne sommes pas touchés; si tu punis, nous ne le supportons pas. * Tends la main à ceux qui tombent, car tu as ouvert les portes du paradis au larron qui te reconnaissait. V/. Notre vie s'écoule dans les soupirs de l'affliction, mais ne fait pas l'effort de s'amender. * Tends la main. V/. Gloire au Père. * Tends la main.