Vigiles (OSB) du vendredi 18 janvier 2019 -

Hebdomada II per annum IIème semaine dans l'année
Feria VI Vendredi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Romános De la lettre de saint Paul aux Romains
Lectio I Lecture I
An ignorátis, fratres - sciéntibus enim legem loquor - quia lex in hómine dominátur, quanto témpore vivit? Nam quæ sub viro est múlier, vivénti viro alligáta est lege; si autem mórtuus fúerit vir, solúta est a lege viri. Igitur vivénte viro vocábitur adúltera, si fúerit altérius viri; si autem mórtuus fúerit vir, líbera est a lege, ut non sit adúltera, si fúerit altérius viri. Ignorez-vous, frères - je parle à des experts en fait de loi - que la loi ne s'impose à l'homme que durant sa vie? C'est ainsi que la femme mariée est liée par la loi au mari tant qu'il est vivant; mais si l'homme meurt, elle se trouve dégagée de la loi du mari. C'est donc du vivant de son mari qu'elle portera le nom d'adultère, si elle devient la femme d'un autre; mais en cas de mort du mari, elle est si bien affranchie de la loi qu'elle n'est pas adultère en devenant la femme d'un autre.
R/. Confitébor tibi, Dómine Deus, in toto corde meo, et honorificábo nomen tuum in ætérnum, * Quia misericórdia tua, Dómine, magna est super me. V/. Et eripuísti ánimam meam ex inférno inferióri, * Quia. R/. Je te rends grâce de tout mon cœur, Seigneur mon Dieu, toujours je rendrai gloire à ton nom; * Il est grand, Seigneur, ton amour pour moi! V/. Tu m'as tiré de l'abîme des morts: * Il est grand.
Lectio II Lecture II
Itaque, fratres mei, et vos mortificáti estis legi per corpus Christi, ut sitis altérius, eius qui ex mórtuis suscitátus est, ut fructificarémus Deo. Cum enim essémus in carne, passiónes peccatórum, quæ per legem sunt, operabántur in membris nostris, ut fructificárent morti; nunc autem solúti sumus a lege, mórtui ei, in qua detinebámur, ita ut serviámus in novitáte Spíritus et non in vetustáte lítteræ. Ainsi, mes frères, vous de même vous avez été mis à mort à l'égard de la Loi par le corps du Christ pour appartenir à un autre, à Celui qui est ressuscité d'entre les morts, afin que nous fructifiions pour Dieu. De fait, quand nous étions dans la chair, les passions pécheresses qui se servent de la Loi opéraient en nos membres afin que nous fructifiions pour la mort. Mais à présent nous avons été dégagés de la Loi, étant morts à ce qui nous tenait prisonniers, de manière à servir dans la nouveauté de l'esprit et non plus dans la vétusté de la lettre.
R/. Misericórdia tua, Dómine, magna est super me, * Et liberásti ánimam meam ex inférno inferióri. V/. Deus, iníqui insurrexérunt in me, et fortes quæsiérunt ánimam meam. * Et liberásti. R/. Il est grand, Seigneur, ton amour pour moi: * Tu m'as délivré de l'abîme des morts! V/. Mon Dieu, des orgueilleux se lèvent contre moi, des puissants cherchent ma perte. * Tu m'as délivré.
Lectio III Lecture III
Quid ergo dicémus? Lex peccátum est? Absit! Sed peccátum non cognóvi nisi per legem, nam concupiscéntiam nescírem nisi lex díceret: Non concupísces. Occasióne autem accépta, peccátum per mandátum operátum est in me omnem concupiscéntiam; sine lege enim peccátum mórtuum erat. Ego autem vivébam sine lege aliquándo; sed, cum venísset mandátum, peccátum revíxit, ego autem mórtuus sum, et invéntum est mihi mandátum, quod erat ad vitam, hoc esse ad mortem; nam peccátum, occasióne accépta, per mandátum sedúxit me et per illud occídit. Itaque lex quidem sancta, et mandátum sanctum et iustum et bonum. Quod ergo bonum est, mihi factum est mors? Absit! Sed peccátum, ut appáreat peccátum, per bonum mihi operátum est mortem; ut fiat supra modum peccans peccátum per mandátum. Qu'est-ce à dire? Que la Loi est péché? Certes non! Seulement je n'ai connu le péché que par la Loi. Et, de fait, j'aurais ignoré la convoitise si la Loi n'avait dit: Tu ne convoiteras pas! Mais, saisissant l'occasion, le péché par le moyen du précepte produisit en moi toute espèce de convoitise: car sans la Loi le péché n'est qu'un mort. Ah! je vivais jadis sans la Loi; mais quand le précepte est survenu, le péché a pris vie tandis que moi je suis mort, et il s'est trouvé que le précepte fait pour la vie me conduisit à la mort. Car le péché saisit l'occasion et, utilisant le précepte, me séduisit et par son moyen me tua. La Loi, elle, est donc sainte, et saint le précepte, et juste et bon. Une chose bonne serait-elle donc devenue mort pour moi? Certes non! Mais c'est le péché, lui, qui, afin de paraître péché, se servit d'une chose bonne pour me procurer la mort, afin que le péché exerçât toute sa puissance de péché par le moyen du précepte.
R/. Miserére mei, Dómine, quóniam ad te clamábo tota die. Lætífica ánimam servi tui, quóniam ad te, Dómine, ánimam meam levávi. * Quóniam tu, Dómine, suávis ac mitis es ómnibus invocántibus te. V/. Non est símilis tui in diis, Dómine, et non est secúndum ópera tua; * Quóniam. V/. Glória Patri. * Quóniam. R/. Prends pitié de moi, Seigneur, toi que j'appelle tout le jour. Seigneur, réjouis ton serviteur: vers toi, j'élève mon âme! * Toi qui es doux et bienveillant, plein d'amour pour tous ceux qui t'invoquent. V/. Aucun parmi les dieux n'est comme toi, Seigneur, et rien n'égale tes œuvres; * Toi. V/. Gloire au Père. * Toi.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Tractátu sancti Cypriáni epíscopi et mártyris De cathólicæ Ecclésiæ unitáte (Nn. 5-6: CCL 3, 252-254) Traité de saint Cyprien sur l'unité de l'Église catholique
Lectio I Lecture I
Unitátem Ecclésiæ tenére fírmiter et vindicáre debémus, máxime epíscopi qui in Ecclésia præsidémus, ut episcopátum quoque ipsum unum atque indivísum probémus. Nemo fraternitátem mendácio fallat, nemo fidei veritátem pérfida prævaricatióne corrúmpat. Episcopátus unus est, cuius a síngulis in sólidum pars tenétur. Ecclésia una est quæ in multitúdinem látius increménto fœcunditátis exténditur, quómodo solis multi rádii sed lumen unum, et rami árboris multi sed robur unum tenáci radíce fundátum, et cum de fonte uno rivi plúrimi défluunt, numerósitas licet diffúsa videátur exundántis cópiæ largitáte, únitas tamen servátur in orígine. Avélle rádium solis a córpore, divisiónem lucis únitas non capit; ab árbore frange ramum, fractus germináre non póterit; a fonte præcíde rivum, præcísus aréscit. L'unité de l'Église, nous devons la retenir fermement et la revendiquer, nous autres évêques surtout, qui présidons dans l'Église, afin de prouver que l'épiscopat est également un et sans division. Que nul ne trompe les frères par le mensonge; que nul ne corrompe la vraie foi par une prévarication de la foi. L'épiscopat est un, chaque évêque en détient une partie dans l'indivision. L'Église est une, elle forme une multitude toujours plus étendue grâce à une fécondité toujours plus grande. Ainsi les rayons du soleil sont nombreux, mais sa lumière est unique; nombreuses sont les branches de l'arbre, mais unique le tronc vigoureux, planté sur des racines tenaces; d'une seule source viennent bien des ruisseaux, et bien que leur multiplicité ne découle que de la surabondance des eaux, leur origine cependant est unique. Sépare un rayon de soleil de sa masse, et l'unité de la lumière n'en subit pas de division; arrache une branche à l'arbre, et la branche arrachée ne pourra plus germer; coupe un ruisseau de sa source, et coupé il tarit.
R/. Quis est homo qui vivit et non vidébit mortem? * Aut quis éruet ánimam suam de manu ínferi? V/. Quis novit potestátem iræ tuæ aut præ timóre tuo iram tuam dinumeráre? * Aut. R/. Qui donc peut vivre et ne pas voir la mort? * Qui s'arracherait à l'emprise des enfers? V/. Qui comprendra la force de ta colère? Qui peut t'adorer dans tes fureurs? * Qui s'arracherait.
Lectio II Lecture II
Sic et Ecclésia, Dómini luce perfúsa, per orbem totum rádios suos pórrigit; unum tamen lumen est quod ubíque diffúnditur, nec únitas córporis separátur. Ramos suos in univérsam terram cópia ubertátis exténdit, profluéntes lárgiter rivos látius pandit: unum tamen caput est et orígo una et una mater fœcunditátis succéssibus copiósa; illíus fœtu náscimur, illíus lacte nutrímur, spíritu eius animámur. Adulterári non potest sponsa Christi, incorrúpta est et púdica. Unam domum novit, uníus cubículi sanctitátem casto pudóre custódit. Hæc nos Deo servat, hæc fílios regno quos generávit assígnat. Quisque ab Ecclésia segregátus adúlteræ iúngitur a promíssis Ecclésiæ separátur, nec pervéniet ad Christi præmia qui relínquit Ecclésiam Christi. Il en est de même de l'Église. Illuminée de la lumière du Seigneur, elle répand ses rayons dans le monde entier; mais une est sa lumière partout diffusée, sans que l'unité de son corps en soit morcelée. Ses branches couvrent la terre entière de leur vitalité exubérante, ses ruisseaux s'épanchent au loin avec largesse: pourtant unique est la tête, unique la source, unique la mère aux fécondes et successives maternités. C'est elle qui nous enfante, son lait qui nous nourrit, son esprit qui nous anime. L'épouse du Christ ne peut souffrir l'adultère, elle est incorruptible et pudique. Elle ne connaît qu'une maison, elle garde avec une chaste pudeur la sainteté d'un lit unique. Elle nous conserve à Dieu, elle destine au royaume les fils qu'elle a enfantés. Quiconque se sépare de l'Église pour s'unir à une adultère, se frustre des promesses de l'Église; il n'accédera pas aux récompenses du Christ, quiconque abandonne l'Église du Christ.
R/. Factus est mihi Dóminus in refúgium, * Et Deus meus in auxílium spei meæ. V/. Deus ultiónum Dóminus, Deus ultiónum líbere egit. * Et. R/. Le Seigneur est mon refuge, * Mon Dieu, l'espoir de mon salut. V/. Le Dieu qui fait justice, le Seigneur, le Dieu qui fait justice agit librement. * Mon Dieu.
Lectio III Lecture III
Aliénus est, profánus est, hostis est. Habére non potest Deum patrem qui Ecclésiam non habet matrem. Si pótuit evádere quisque extra arcam Noe fuit, et qui extra Ecclésiam foris fúerit evádet. Monet Dóminus et dicit: Qui non est mecum, advérsus me est, et qui non mecum cólligit, spargit. Qui pacem Christi et concórdiam rumpit, advérsus Christum facit: qui álibi præter Ecclésiam cólligit, Christi Ecclésiam spargit. Dicit Dóminus: Ego et Pater unum sumus. Et íterum de Patre et Fílio et Spíritu Sancto scriptum est: Et tres unum sunt. Et quisquam credit hanc unitátem de divína firmitáte veniéntem, sacraméntis cæléstibus cohæréntem, scindi in Ecclésia posse et voluntátum conlidéntium divórtio separári? Hanc unitátem qui non tenet, non tenet Dei legem, non tenet Patris et Fílii fidem, vitam non tenet et salútem. C'est un étranger, un profane, un ennemi. Nul ne peut avoir Dieu pour père s'il n'a pas l'Église pour mère. Si l'on avait pu se sauver en dehors de l'arche de Noé, on le pourrait aussi en dehors de l'Église. Le Seigneur nous en avertit en disant: Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. Celui qui brise la paix du Christ et sa concorde, agit contre le Christ; celui qui amasse en dehors de l'Église, dissipe l'Église du Christ. Le Seigneur a dit: Le Père et moi nous sommes un. Il est écrit encore à propos du Père, du Fils et du Saint-Esprit: Ces trois sont un. Qui dès lors croira que l'unité, dérivée de la solidarité divine, liée au mystère céleste, puisse être morcelée dans l'Église et dissoute par la séparation des volontés en conflit? Quiconque ne se tient pas à cette unité, ne se tient pas à la loi de Dieu, ne se tient pas à la foi du Père et du Fils, ne se tient pas en vie ni dans le salut.
R/. Misericórdiam et iudícium cantábo tibi, Dómine; psallam et intélligam * In via immaculáta, quando vénies ad me. V/. Perambulábam in innocéntia cordis mei, in médio domus meæ, * In via. V/. Glória Patri. * In via. R/. À toi, Seigneur, je chanterai justice et bonté; je chanterai mes hymnes et j'irai avec intelligence * Sur le chemin de la perfection, lorsque tu viendras jusqu'à moi. V/. Je marcherai dans l'innocence de mon cœur avec ceux de ma maison, * Sur le chemin. V/. Gloire au Père. * Sur le chemin.