Vigiles (OSB) du samedi 19 janvier 2019 -

Hebdomada II per annum IIème semaine dans l'année
Sabbato Samedi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Romános De la lettre de saint Paul aux Romains
Lectio I Lecture I
Scimus quod lex spiritális est; ego autem carnális sum, venumdátus sub peccáto. Quod enim óperor, non intéllego; non enim, quod volo, hoc ago, sed quod odi, illud fácio. Si autem, quod nolo, illud fácio, conséntio legi quóniam bona. Nunc autem iam non ego óperor illud, sed, quod hábitat in me, peccátum. Nous savons que la Loi est spirituelle; mais moi je suis un être de chair, vendu au pouvoir du péché. Vraiment ce que je fais je ne le comprends pas: car je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je hais. Or si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais, d'accord avec la Loi, qu'elle est bonne; en réalité ce n'est plus moi qui accomplis l'action, mais le péché qui habite en moi.
R/. Dómine, exáudi oratiónem meam, et clamor meus ad te véniat; * Quia non spernis, Deus, preces páuperum. V/. De profúndis clamávi ad te, Dómine; Dómine exáudi vocem meam. * Quia. R/. Seigneur, entends ma prière: que mon cri parvienne jusqu'à toi! * Car tu ne méprises pas, mon Dieu, la prière des humbles. V/. Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur; Seigneur, écoute mon appel! * Car.
Lectio II Lecture II
Scio enim quia non hábitat in me, hoc est in carne mea, bonum; nam velle adiácet mihi, operári autem bonum, non! Non enim, quod volo bonum, fácio, sed, quod nolo malum, hoc ago. Si autem, quod nolo, illud fácio, iam non ego óperor illud, sed, quod hábitat in me, peccátum. Invénio ígitur hanc legem volénti mihi fácere bonum, quóniam mihi malum adiácet. Car je sais que nul bien n'habite en moi, je veux dire dans ma chair; en effet, vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l'accomplir: puisque je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas. Or si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui accomplis l'action, mais le péché qui habite en moi. Je trouve donc une loi s'imposant à moi, quand je veux faire le bien: le mal seul se présente à moi.
R/. Velóciter exáudi me, Dómine, * Quia defecérunt sicut fumus dies mei. V/. Dies mei sicut umbra declinavérunt, et ego sicut fœnum árui; * Quia. R/. Vite, réponds-moi, Seigneur, * Car mes jours s'en vont en fumée. V/. L'ombre gagne sur mes jours, et moi, je me dessèche comme l'herbe; * Car.
Lectio III Lecture III
Condeléctor enim legi Dei secúndum interiórem hóminem; vídeo autem áliam legem in membris meis repugnántem legi mentis meæ et captivántem me in lege peccáti, quæ est in membris meis. Infélix ego homo! Quis me liberábit de córpore mortis huius? Grátias autem Deo per Iesum Christum Dóminum nostrum! Igitur ego ipse mente sérvio legi Dei, carne autem legi peccáti. Car je me complais dans la loi de Dieu du point de vue de l'homme intérieur; mais j'aperçois une autre loi dans mes membres qui lutte contre la loi de ma raison et m'enchaîne à la loi du péché qui est dans mes membres. Malheureux homme que je suis! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort? Grâces soient à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur! C'est donc bien moi qui par la raison sers une loi de Dieu et par la chair une loi de péché.
R/. Salvos nos fac, Dómine Deus noster, et cóngrega nos de natiónibus, * Ut confiteámur nómini tuo et gloriémur in laude tua. V/. Meménto nostri, Dómine, in beneplácito pópuli tui; vísita nos in salutári tuo: * Ut confiteámur. V/. Glória Patri. * Ut confiteámur. R/. Sauve-nous, Seigneur notre Dieu; rassemble-nous du milieu des païens: * Que nous rendions grâce à ton nom, fiers de chanter ta louange! V/. Souviens-toi de nous, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple; toi qui le sauves, visite-nous: * Que nous rendions grâce. V/. Gloire au Père. * Que nous rendions grâce.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Sermónibus beáti Ælrédi abbátis (Sermo 10: Series Scipt. S.O.C. ed. Talbot, Romæ 1952, 1, 84-85) Sermon d'Ælred de Rievaulx
Lectio I Lecture I
Ascénderat Adam in montem supérbiæ, descéndit Fílius Dei in vallem humilitátis. Invénit vallem in quam descénderet. Ubi? Non in te, Eva, mater misériæ nostræ. Non in te. Vallis quippe Hebron beatíssimam Maríam figúrat. Ipsa vallis propter humilitátem, Hebron propter fortitúdinem; Hebron quippe participátio fortitúdinis, vel augméntum sempitérnum interpretátur. Fortis plane illíus fortitúdinis participatióne, de qua scriptum est: Dóminus fortis et potens. Hæc est fortis illa múlier, quam Sálomon ardénter desíderans: Mulíerem fortem, inquit, quis invéniet? Intuebátur mulíerem illam, cuius infírmitas mortem íntulit mundo: desíderat álteram, cuius fortitúdo vitam réparet mundo. Adam avait escaladé la montagne de la superbe, le Fils de Dieu voulut descendre dans la vallée de l'humilité. Il a trouvé une vallée où descendre. Où se trouve-t-elle? Non, pas en toi, Ève, mère de notre malheur, non, pas en toi. La vallée d'Hébron figure bel et bien la toute bienheureuse Marie. Elle est vallée, en raison de son humilité, Hébron, à cause de sa force, car l'interprétation d'Hébron, c'est participation de force ou accroissement éternel. Elle est forte, en raison de sa participation à la force de celui dont il est écrit: Le Seigneur est fort et puissant. Elle est cette femme forte qu'appelle Salomon de ses vœux: Une femme forte, qui la trouvera? dit-il; il considérait cette femme dont la faiblesse avait apporté au monde la mort, il en désire une autre dont la force redonne la vie au monde.
R/. Cum cecíderit, iustus non conturbábitur, * Quia Dóminus firmat manum eius. V/. Iúnior fui, étenim sénui, et non vidi iustum derelíctum, nec semen eius quærens panem. * Quia . R/. Lorsqu'il trébuche, le juste ne vacille pas, * Car le Seigneur lui tient la main. V/. Jamais, de ma jeunesse à mes vieux jours, je n'ai vu le juste abandonné ni ses enfants mendier leur pain. * Car.
Lectio II Lecture II
Eva, licet in paradíso creáta sine corruptióne, sine infirmitáte, sine dolóre, invénta est tam débilis et infírma. Pósita in honóre, Eva non intelléxit. Nactus ígitur occasiónem serpens antíquus: Cur, inquit, præcépit vobis Dóminus ne comederétis de hoc ligno? Gustáte et éritis sicut dii. Ad hanc vocem cor mulíeris intúmuit. O supérbia! Quómodo putas exsultávit, áudiens quod per voluptátem pertíngere posset ad divinitátem? Non ígitur dístulit, quóniam dulce erat quod offerebátur, gloriósum quod promittebátur. Ève, bien qu'elle ait été créée dans le paradis, sans corruption, sans infirmité, sans douleur, s'est révélée si faible et si infirme! Mise à une place d'honneur, Ève n'a pas compris. Ayant alors trouvé l'occasion qu'il cherchait, l'antique serpent lui dit: Pourquoi le Seigneur vous a-t-il commandé de ne pas manger du fruit de cet arbre? Goûtez, et vous serez comme des dieux. À cette voix, le cœur de la femme s'enfla. Terrible orgueil! Tu peux supputer comme elle exulta en entendant que, par le plaisir, elle pourrait parvenir à la divinité! Elle ne balança pas, car doux était ce qu'on lui offrait, glorieux ce qu'on lui promettait.
R/. Rugiébam a gémitu cordis mei, * Ante te omne desidérium meum, et gémitus meus a te non est abscónditus. V/. Cor meum conturbátum est in me, derelíquit me virtus mea. * Ante te. R/. Mon cœur gronde et rugit, Seigneur, * Tout mon désir est devant toi, et rien de ma plainte ne t'échappe. V/. Le cœur me bat, ma force m'abandonne, * Tout mon désir.
Lectio III Lecture III
Gustávit et statim crépuit. Secúta enim est non glória, sed ignomínia, infelícitas non déitas, confúsio non exsultátio. Cum ígitur tam débilis invénta sit múlier in paradíso, in hac valle misériæ mulíerem fortem quis invéniet? Invénit mulíerem Deus Pater quam sanctificáret, invénit Fílius quam inhabitáret, invénit Spíritus Sanctus quam illustráret, invénit ángelus quam salutáret. Ingréssus enim ángelus ad Maríam ait: Ave, grátia plena, Dóminus tecum. Ecce múlier fortis, cui ínerat grávitas contra curiositátem, humílitas contra vanitátem, virgínitas contra voluptátem. Elle goûta et aussitôt en éclata. Ce qui suivit, en effet, ne fut pas la gloire, mais la honte, le malheur, non la divinité, la confusion et non l'exaltation. Puisque la femme s'est avérée si faible dans le paradis, en cette vallée de misère, qui pourrait trouver la femme forte? Dieu le Père a trouvé cette femme pour la sanctifier, le Fils l'a trouvée pour l'habiter, le Saint-Esprit pour l'illuminer, l'ange l'a trouvée aussi pour venir la saluer. Étant entré chez Marie, l'ange lui dit: Je te salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. La voici, la femme forte, en qui la pondération remplace la curiosité; l'humilité, la vanité; la virginité, la volupté.
R/. Exáudi oratiónem meam, Dómine, et deprecatiónem meam; et ab ómnibus iniquitátibus meis érue me, * Quóniam íncola ego sum apud te et peregrínus. V/. Compláceat tibi, Dómine, ut éruas me; Dómine, ad adiuvándum me réspice. * Quóniam. V/. Glória Patri. * Quóniam. R/. Entends ma prière, Seigneur, écoute ma supplication; délivre-moi de tous mes péchés, * Car je ne suis qu'un hôte chez toi, un simple pèlerin. V/. Daigne, Seigneur, me délivrer; regarde-moi, aide-moi, Seigneur! * Car. V/. Gloire au Père. * Car.