Vigiles (OSB) du mercredi 23 janvier 2019 -

Hebdomada III per annum IIIème semaine dans l'année
Feria IV Mercredi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Romános De la lettre de saint Paul aux Romains
Lectio I Lecture I
Dices mihi: " Quid ergo adhuc quæritur? Voluntáti enim eius quis réstitit? " O homo, sed tu quis es, qui respóndeas Deo? Numquid dicet figméntum ei, qui se finxit: " Quid me fecísti sic? " An non habet potestátem fígulus luti ex eádem massa fácere áliud quidem vas in honórem, áliud vero in ignomíniam? Quod si volens Deus osténdere iram et notam fácere poténtiam suam sustínuit in multa patiéntia vasa iræ aptáta in intéritum et ut osténderet divítias glóriæ suæ in vasa misericórdiæ, quæ præparávit in glóriam, quos et vocávit nos non solum ex Iudæis sed étiam ex géntibus? Sicut et in Osée dicit: Vocábo Non plebem meam Plebem meam et Non diléctam Diléctam. Et erit: in loco, ubi dictum est eis: " Non plebs mea vos ", ibi vocabúntur Fílii Dei vivi. Tu vas me dire: Dieu, qu'a-t-il encore à blâmer? Qui résiste en effet à sa volonté? Ô homme! vraiment, qui es-tu pour disputer avec Dieu? L'œuvre va-t-elle dire à celui qui l'a modelée: Pourquoi m'as-tu faite ainsi? Le potier n'est-il pas maître de son argile pour fabriquer de la même pâte un vase de luxe ou un vase ordinaire? Eh bien! si Dieu, voulant manifester sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec beaucoup de longanimité des vases de colère devenus dignes de perdition, dans le dessein de manifester la richesse de sa gloire envers des vases de miséricorde qu'il a d'avance préparés pour la gloire, envers nous qu'il a appelés non seulement d'entre les Juifs mais encore d'entre les païens... C'est bien ce qu'il dit en Osée: J'appellerai mon peuple celui qui n'était pas mon peuple, et bien-aimée celle qui n'était pas la bien-aimée. Et au lieu même où on leur avait dit: " Vous n'êtes pas mon peuple ", on les appellera fils du Dieu vivant.
R/. Exáudi, Deus, deprecatiónem meam, inténde oratióni meæ; * A fínibus terræ ad te clamávi, Dómine. V/. Dum anxiarétur cor meum, in petra exaltásti me; deduxísti me, quia factus es adiútor meus. * A fínibus terrae. R/. Dieu, entends ma plainte, exauce ma prière; * Des terres lointaines je t'appelle, Seigneur. V/. Quand le cœur me manque, tu m'élèves sur le roc; tu me conduis, car tu es pour moi un refuge. * Des terres lointaines.
Lectio II Lecture II
Isaías autem clamat pro Israel: Si fúerit númerus filiórum Israel tamquam aréna maris, relíquiæ salvæ fient. Verbum enim consúmmans et brévians fáciet Dóminus super terram. Et sicut prædíxit Isaías: Nisi Dóminus Sábaoth reliquísset nobis semen, sicut Sódoma facti essémus et sicut Gomórra símiles fuissémus. Et Isaïe s'écrie en faveur d'Israël: Quand le nombre des fils d'Israël serait comme le sable de la mer, le reste sera sauvé: car sans retard ni reprise le Seigneur accomplira sa parole sur la terre. Et comme l'avait prédit Isaïe: Si le Seigneur Sabaot ne nous avait laissé un germe, nous serions devenus comme Sodome, assimilés à Gomorrhe.
R/. Deo subiécta esto, ánima mea, quóniam ab ipso patiéntia mea; * Quia ipse Deus meus. V/. In Deo salutáre meum et glória mea; Deus auxílii mei, et spes mea in Deo est. * Quia. R/. Je veux m'abandonner au Seigneur; oui, mon espoir vient de lui; * Lui seul est mon Dieu. V/. Mon salut et ma gloire se trouvent près de Dieu; chez Dieu, mon refuge, mon espérance! * Lui seul.
Lectio III Lecture III
Quid ergo dicémus? Quod gentes, quæ non sectabántur iustítiam, apprehendérunt iustítiam, iustítiam autem, quæ ex fide est; Israel vero sectans legem iustítiæ in legem non pervénit. Quare? Quia non ex fide sed quasi ex opéribus; offendérunt in lápidem offensiónis, sicut scriptum est: Ecce pono in Sion lápidem offensiónis et petram scándali; et, qui credit in eo, non confundétur. Que conclure? Que des païens qui ne poursuivaient pas de justice ont atteint une justice, la justice de la foi, tandis qu'Israël qui poursuivait une loi de justice, n'a pas atteint la Loi. Pourquoi? Parce que, au lieu de recourir à la foi, ils comptaient sur les œuvres. Ils ont buté contre la pierre d'achoppement, comme il est écrit: Voici que je pose en Sion une pierre d'achoppement et un rocher qui fait tomber; mais qui croit en lui ne sera pas confondu.
R/. Deus, in te sperávi, Dómine, non confúndar in ætérnum. * In tua iustítia líbera me et éripe me. V/. Esto mihi in Deum protectórem et in locum munítum, ut salvum me fácias. * In tua iustítia. V/. Glória Patri. * In tua iustítia. R/. En toi, Seigneur, j'ai mon refuge: garde-moi d'être humilié pour toujours. * Dans ta justice, défends-moi, libère-moi. V/. Sois le rocher qui m'abrite, la citadelle qui me sauve. * Dans ta justice. V/. Gloire au Père. * Dans ta justice.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Sermónibus sancti Bernárdi abbátis super Cántica canticórum (Sermo 61, 3-4: EC 2, 150-151) Sermon de saint Bernard sur le Cantique des cantiques
Lectio I Lecture I
Ubi tuta firmáque infírmis secúritas et réquies, nisi in vulnéribus Salvatóris? Tanto illic secúrior hábito, quanto ille poténtior est ad salvándum. Fremit mundus, premit corpus, diábolus insidiátur: non cado; fundátus enim sum supra firmam petram. Peccávi peccátum grande; turbábitur consciéntia, sed non perturbábitur, quóniam vúlnerum Dómini recordábor. Nempe vulnerátus est propter iniquitátes nostras. Quid tam ad mortem, quod non Christi morte solvátur? Si ergo in mentem vénerit, tam potens tamque éfficax medicaméntum, nulla iam possum morbi malignitáte terréri. Où donc notre fragilité peut-elle trouver repos et sécurité, sinon dans les plaies du Sauveur? Je m'y sens d'autant plus protégé que son salut est plus puissant. L'univers chancelle, le corps pèse de tout son poids, le diable tend ses pièges: je ne tombe pas, car je suis campé sur un roc solide. J'ai commis quelque grave péché: ma conscience se trouble, mais elle ne perd pas courage, puisque je me souviens des plaies du Seigneur, qui a été transpercé à cause de nos fautes. Rien n'est à ce point voué à la mort que la mort du Christ ne puisse le libérer. Dès que je pense à cette médecine si forte et si efficace, la pire des maladies ne m'effraie plus.
R/. Repleátur os meum laude ut hymnum dicam glóriæ tuæ, tota die magnificéntiæ tuæ. Noli me proícere in témpore senectútis; * Cum defécerit virtus mea, Deus, ne derelínquas me. V/. Gaudébunt lábia mea, cum cantávero tibi, et ánima mea, quam redemísti. * Cum. R/. Je n'aurai que ta louange à la bouche, pour célébrer tout le jour ta splendeur, chanter une hymne à ta gloire. Ne me rejette pas maintenant que j'ai vieilli; * Alors que décline ma vigueur, mon Dieu, ne m'abandonne pas. V/. Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, et dans mon âme que tu as rachetée! * Alors que.
Lectio II Lecture II
Et ídeo liquet errásse illum qui ait: Maior est iníquitas mea, quam ut véniam mérear. Nisi quod non erat de membris Christi, nec pertinébat ad eum de Christi mérito, ut suum præsúmeret, suum díceret quod esset illíus; tamquam rem cápitis membrum. Ego vero fidénter quod ex me mihi deest, usúrpo mihi ex viscéribus Dómini, quóniam misericórdia áffluunt, nec desunt forámina per quæ éffluant. Fodérunt manus eius et pedes, latúsque láncea foravérunt; et per has rimas licet mihi súgere mel de petra oleúmque de saxo duríssimo, id est gustáre et vidére quóniam suávis est Dóminus. Il se trompait donc, celui qui a dit: Mon péché est trop grand pour que j'en obtienne pardon. Il est vrai qu'il n'était pas un membre du Christ, et que les mérites du Christ ne le concernaient pas; il n'avait pas le droit de les revendiquer pour lui, comme un membre peut dire siens les biens de la tête. Pour moi, ce qui me manque par ma faute, je le tire hardiment des entrailles du Seigneur, car la miséricorde y abonde, et elles sont percées d'assez de plaies pour que l'effusion se produise. Ils ont percé ses mains, ses pieds, et d'un coup de lance son côté. Par ces trous béants, je puis goûter le miel de ce roc et l'huile qui coule de la pierre très dure, c'est-à-dire goûter et voir combien le Seigneur est bon.
R/. Gaudébunt lábia mea, cum cantávero tibi, * Et ánima mea, quam redemísti, Dómine. V/. Sed et lingua mea meditábitur iustítiam tuam, tota die laudem tuam. * Et ánima mea. R/. Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, * Et dans mon âme que tu as rachetée, Seigneur! V/. Alors ma langue redira ta justice, tout le jour, ta louange. * Et dans mon âme.
Lectio III Lecture III
Cogitábat cogitatiónes pacis, et ego nesciébam. Quis enim cognóvit sensum Dómini? Aut quis consiliárius eius fuit? At clavis réserans, clavus pénetrans factus est mihi, ut vídeam voluntátem Dómini. Quidni vídeam per forámen? Clamat clavus, clamat vulnus, quod vere Deus sit in Christo mundum reconcílians sibi. Ferrum pertránsiit ánimam eius, et appropinquávit cor illíus, ut non iam non sciat cómpati infirmitátibus meis. Patet arcánum cordis per forámina córporis; patet magnum illud pietátis sacraméntum, patent víscera misericórdiæ Dei nostri, in quibus visitávit nos óriens ex alto. Il formait des pensées de paix et je ne le savais pas. Qui, en effet, a connu la pensée du Seigneur? Qui a été son conseiller? Mais le clou qui pénètre en lui est devenu pour moi une clef qui m'ouvre le mystère de ses desseins. Comment ne pas voir à travers ces ouvertures? Les clous et les plaies crient que vraiment, en la personne du Christ, Dieu se réconcilie le monde. Le fer a transpercé son être et touché son cœur afin qu'il n'ignore plus comment compatir à mes faiblesses. Le secret de son cœur paraît à nu dans les plaies de son corps; on voit à découvert le grand mystère de sa bonté, cette miséricordieuse tendresse de notre Dieu, Soleil levant qui nous a visités d'en-haut.
R/. Mihi autem adhærére Deo bonum est, * Pónere in Dómino Deo spem meam. V/. Ut annúntiem omnes laudatiónes tuas in portis fíliæ Sion, * Pónere. V/. Glória Patri. * Pónere. R/. Pour moi, il est bon d'être intime avec Dieu; * J'ai pris refuge auprès de mon Dieu. V/. Pour annoncer les merveilles du Seigneur aux portes de Sion, * J'ai pris refuge. V/. Gloire au Père. * J'ai pris refuge.