Vigiles (OSB) du jeudi 24 janvier 2019 - St François de Sales, évêque et docteur de l'Église.

Hebdomada II per annum IIème semaine dans l'année
Feria V Jeudi
S. Francisci de Sales, episcopi et Ecclesiae doctoris St François de Sales, évêque et docteur de l'Église.
Memoria Mémoire
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Romános De la lettre de saint Paul aux Romains
Lectio I Lecture I
Fratres, non regnet peccátum in vestro mortáli córpore, ut obœdiátis concupiscéntiis eius, neque exhibeátis membra vestra arma iniustítiæ peccáto, sed exhibéte vos Deo tamquam ex mórtuis vivéntes et membra vestra arma iustítiæ Deo. Peccátum enim vobis non dominábitur; non enim sub lege estis sed sub grátia. Que le péché, frères, ne règne plus dans votre corps mortel de manière à vous plier à ses convoitises. Ne faites plus de vos membres des armes d'injustice au service du péché; mais offrez-vous à Dieu comme des vivants revenus de la mort et faites de vos membres des armes de justice au service de Dieu. Car le péché ne dominera pas sur vous: vous n'êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce.
R/. Confitébimur tibi, Deus; confitébimur tibi, * Et invocábimus nomen tuum. V/. Narrábo ómnia mirabília tua. Dum accépero tempus, ego iustítiam iudicábo. * Et invocábimus. R/. À toi, Dieu, nous rendons grâce; nous rendons grâce, * Et ton nom est proche. V/. Je proclamerai tes merveilles! Oui, au moment que j'ai fixé, moi, je jugerai avec droiture. * Et ton nom.
Lectio II Lecture II
Quid ergo? Peccábimus, quóniam non sumus sub lege sed sub grátia? Absit! Nescítis quóniam, cui exhibétis vos servos ad obœdiéntiam, servi estis eius, cui obœdítis, sive peccáti ad mortem, sive obœditiónis ad iustítiam? Grátias autem Deo quod fuístis servi peccáti, obœdístis autem ex corde in eam formam doctrínæ, in quam tráditi estis, liberáti autem a peccáto servi facti estis iustítiæ. Quoi donc? Allons-nous pécher parce que nous ne sommes pas sous la Loi, mais sous la grâce? Certes non! Ne savez-vous pas qu'en vous offrant à quelqu'un comme esclaves pour obéir, vous devenez les esclaves du maître à qui vous obéissez, soit du péché pour la mort, soit de l'obéissance pour la justice? Mais grâces soient rendues à Dieu; jadis esclaves du péché, vous vous êtes soumis cordialement à la règle de doctrine à laquelle vous avez été confiés, et, affranchis du péché, vous avez été asservis à la justice.
R/. Cogitávi dies antíquos, et annos ætérnos in mente hábui; et meditátus sum nocte cum corde meo, * Et dixi: Miserére, Deus. V/. Illuxérunt coruscatiónes tuæ orbi terræ, vidit et commóta est terra. * Et dixi. R/. Je repense aux jours d'autrefois, aux années inoubliables de jadis; la nuit, je médite en mon cœur, * Et je dis: Pitié, mon Dieu! V/. Tes éclairs illuminèrent le monde, la terre le vit et s'affola. * Et je dis.
Lectio III Lecture III
Humánum dico propter infirmitátem carnis vestræ. Sicut enim exhibuístis membra vestra serviéntia immundítiæ et iniquitáti ad iniquitátem, ita nunc exhibéte membra vestra serviéntia iustítiæ ad sanctificatiónem. Cum enim servi essétis peccáti, líberi erátis iustítiæ. Quem ergo fructum habebátis tunc, in quibus nunc erubéscitis? Nam finis illórum mors! Nunc vero liberáti a peccáto, servi autem facti Deo, habétis fructum vestrum in sanctificatiónem, finem vero vitam ætérnam! Stipéndia enim peccáti mors, donum autem Dei vita ætérna in Christo Iesu Dómino nostro. J'emploie une comparaison humaine en raison de votre faiblesse naturelle. - Car si vous avez jadis offert vos membres comme esclaves à l'impureté et au désordre de manière à vous désordonner, offrez-les de même aujourd'hui à la justice pour vous sanctifier. Quand vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l'égard de la justice. Quel fruit recueilliez-vous alors d'actions dont aujourd'hui vous rougissez? Car leur aboutissement, c'est la mort. Mais aujourd'hui, libérés du péché et asservis à Dieu, vous fructifiez pour la sainteté, et l'aboutissement, c'est la vie éternelle. Car le salaire du péché, c'est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur.
R/. Dómine Deus, propítius esto pópulo tuo, * Et convérte tribulatiónem nostram in gáudium. V/. Adiuva nos, Deus salutáris noster; propter glóriam nóminis tui, Dómine, líbera nos. * Et convérte. V/. Glória Patri. * Et convérte. R/. Seigneur notre Dieu, sois favorable à ton peuple, * Transforme en joie notre épreuve. V/. Aide-nous, Dieu notre Sauveur; délivre-nous, Seigneur, pour la gloire de ton nom! * Transforme. V/. Gloire au Père. * Transforme.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Epístulis sancti Fulgéntii Ruspénsis epíscopi (Ep. 14, 36: CCL 91, 429) Lettre de saint Fulgence de Ruspe
Lectio I Lecture I
Illud primum attendéndum est, quod in conclusióne oratiónis: " Per Iesum Christum Fílium tuum Dóminum nostrum " dícimus; " per Spíritum vero Sanctum " nullátenus dícimus: quod útique non inániter cathólica concélebrat Ecclésia, propter illud útique sacraméntum quo mediátor Dei et hóminum factus est homo Christus Iesus, sacérdos in ætérnum secúndum órdinem Melchísedech, qui per próprium sánguinem semel introívit in sancta, non útique manufácta exemplária verórum, sed in ipsum cælum, ubi est in déxtera Dei, et interpéllat pro nobis. Hoc in eo pontificátus offícium íntuens Apóstolus ait: Per ipsum ergo offerámus hóstiam laudis semper Deo, id est fructum labiórum confiténtium nómini eius. Il faut remarquer d'abord que, dans la conclusion des oraisons, nous disons: " Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur ". Nous ne disons jamais: " Par l'Esprit Saint. " Ce n'est pas sans raison que l'Église s'exprime ainsi dans sa célébration; c'est à cause du mystère que voici: L'homme Jésus-Christ est devenu médiateur entre Dieu et les hommes, prêtre pour toujours à la manière de Melchisédech. C'est par son propre sang qu'il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, mais non pas dans un sanctuaire fait de main d'homme, et simple copie du véritable. Il est entré dans le ciel même, où il est à la droite de Dieu et intercède pour nous. L'Apôtre dit, lorsqu'il le considère dans cette fonction de grand prêtre: En toute circonstance, offrons à Dieu par lui un sacrifice de louange, c'est-à-dire l'acte de foi qui sort de nos lèvres en l'honneur de son nom.
R/. Devastávit víneam tuam aper de silva, et singuláris ferus depástus est eam; vide, Dómine, et éxcita poténtiam tuam, * Ne péreat quod plantávit déxtera tua. V/. Dómine, Deus virtútum, convértere; réspice de cælo et vide, et vísita víneam istam. * Ne péreat. R/. Le sanglier des forêts ravage ta vigne, et les bêtes des champs la broutent. Regarde, Seigneur, réveille ta puissance: * Que ne soit pas détruit le cep que ta main a planté! V/. Seigneur, Dieu de l'univers, reviens! Du haut des cieux, regarde et vois: visite cette vigne, * Que.
Lectio II Lecture II
Per ipsum ergo hóstiam laudis atque oratiónis offérimus, quia per eius mortem reconciliáti sumus, cum inimíci essémus. Per ipsum enim, qui pro nobis hóstia dignátus est fíeri, potest in conspéctu Dei nostra hóstia acceptábilis inveníri. Hac ígitur ratióne dícimus Deo Patri: " Per Iesum Christum Fílium tuum Dóminum nostrum ". Nam bene nostis nonnúmquam dici: Per sacerdótem ætérnum Fílium tuum Dóminum nostrum Iesum Christum. Cum ergo sacerdótis fit méntio, quid áliud quam mystérium domínicæ incarnatiónis osténditur, quo Dei Fílius, cum in forma Dei esset, semetípsum exinanívit, formam servi accípiens, secúndum quam se humiliávit, factus obdiens usque ad mortem; minorátus scílicet paulo minus ab ángelis, et æqualitátem patérnæ póssidens divinitátis? C'est donc par lui que nous offrons le sacrifice de louange et de prière, parce que c'est par sa mort que nous avons été réconciliés avec Dieu, alors que nous étions ses ennemis. C'est par lui, en effet, qui a daigné devenir victime pour nous, que notre victime peut être agréée par Dieu. Telle est la raison pour laquelle nous nous adressons à Dieu le Père " par Jésus-Christ ton Fils notre Seigneur. " Car vous savez bien que l'on dit parfois: " Par ton Fils, le prêtre éternel, notre Seigneur Jésus-Christ. " Lorsque l'on fait mention du prêtre, cela ne montre pas autre chose que le mystère de l'incarnation du Seigneur, par lequel le Fils de Dieu, alors qu'il était dans la condition de Dieu, se dépouilla lui-même en prenant la condition du serviteur; en raison de celle-ci, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir. Il a été amoindri, mis un peu au-dessous des anges, tout en restant l'égal de son Père, dans l'unité.
R/. Mane exáudies vocem meam, Dómine; * Mane astábo tibi et vidébo te, Deus. V/. Neque habitábit iuxta te malígnus, neque permanébunt iniústi ante óculos tuos. * Mane. R/. Au matin, tu écoutes ma voix, Seigneur; * Au matin, je me tiens devant toi et je te contemple, mon Dieu. V/. Chez toi, le méchant n'est pas reçu; non, l'orgueilleux ne tient pas devant ton regard. * Au matin.
Lectio III Lecture III
Eo quippe minorátus est Fílius, æquális pérmanens Patri, quo in similitúdinem hóminum dignátus est fíeri. Ipse autem se minórem fecit, quando semetípsum exinanívit, formam servi accípiens. Christi porro minorátio, ipsa est exinanítio; nec tamen ália est exinanítio quam formæ servílis accéptio. Christus ergo in forma Dei pérmanens, Unigénitus Deus, cui cum Patre hóstias offérimus, formam servi accípiens, sacérdos est factus, per quem hóstiam vivam, sanctam, Deo placéntem offérre possímus. Nec tamen hóstia a nobis offérri potuísset, si Christus pro nobis factus hóstia non fuísset: in quo ipsa natúra nostri géneris vera est hóstia salutáris. Oui, le Fils a été amoindri, en demeurant égal au Père, du fait qu'il a voulu ressembler aux hommes. Il s'est amoindri quand il s'est dépouillé lui-même en prenant la condition du serviteur. L'amoindrissement du Christ, c'est son dépouillement, et son dépouillement n'est pas autre chose que l'acceptation de la condition de serviteur. Le Christ, demeurant dans la condition divine, était le Fils unique de Dieu, c'est donc à lui que nous offrons des sacrifices en même temps qu'au Père; mais en prenant la condition du serviteur, il est devenu notre prêtre, par qui nous pouvons offrir un sacrifice vivant et saint, capable de plaire à Dieu. Nous n'aurions pas pu offrir une victime si le Christ ne s'était pas fait victime pour nous: c'est en lui que la nature de notre humanité est le véritable sacrifice qui donne le salut.
R/. Rogámus te, Dómine Deus, quia peccávimus tibi; véniam pétimus quam non merémur. Si exspéctas non corrípimur, et si víndicas non durámus. * Manum tuam pórrige lapsis, qui latróni confiténti paradísi iánuas aperuísti. V/. Vita nostra in dolóre suspírat, et in ópere non eméndat. * Manum tuam. V/. Glória Patri. * Manum tuam. R/. Nous te prions, Seigneur notre Dieu: nous avons péché contre toi; accorde-nous le pardon que nous n'avons pas mérité. Si tu patientes, nous ne sommes pas touchés; si tu punis, nous ne le supportons pas. * Tends la main à ceux qui tombent, car tu as ouvert les portes du paradis au larron qui te reconnaissait. V/. Notre vie s'écoule dans les soupirs de l'affliction, mais ne fait pas l'effort de s'amender. * Tends la main. V/. Gloire au Père. * Tends la main.