Vigiles (OSB) du mardi 29 janvier 2019 -

Hebdomada III per annum IIIème semaine dans l'année
Feria III Mardi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Romános De la lettre de saint Paul aux Romains
Lectio I Lecture I
Veritátem dico in Christo, non méntior, testimónium mihi perhibénte consciéntia mea in Spíritu Sancto, quóniam tristítia est mihi magna et contínuus dolor cordi meo. Optárem enim ipse ego anathéma esse a Christo pro frátribus meis, cognátis meis secúndum carnem, qui sunt Israelítæ, quorum adóptio est filiórum et glória et testaménta et legislátio et cultus et promissiónes, quorum sunt patres, et ex quibus Christus secúndum carnem: qui est super ómnia Deus benedíctus in sæcula. Amen. Je dis la vérité dans le Christ, je ne mens point - ma conscience m'en rend témoignage dans l'Esprit Saint - j'éprouve une grande tristesse et une douleur incessante en mon cœur. Car je souhaiterais d'être moi-même anathème, séparé du Christ, pour mes frères, ceux de ma race selon la chair, eux qui sont Israélites, à qui appartiennent l'adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et aussi les patriarches, et de qui le Christ est issu selon la chair, lequel est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement! Amen.
R/. Tibi soli peccávi et malum coram te feci; miserére mei, * Ut iustificéris, Dómine, in sermónibus tuis. V/. Amplius lava me, Dómine, ab iniustítia mea, et a delícto meo munda me. * Ut iustificéris. R/. Contre toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. * Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice. V/. Lave-moi tout entier de ma faute, Seigneur, purifie-moi de mon offense. * Ainsi.
Lectio II Lecture II
Non autem quod excíderit verbum Dei. Non enim omnes, qui ex Israel, hi sunt Israel; neque quia semen sunt Abrahæ, omnes fílii, sed: In Isaac vocábitur tibi semen. Id est, non qui fílii carnis, hi fílii Dei, sed qui fílii sunt promissiónis, æstimántur semen; promissiónis enim verbum hoc est: Secúndum hoc tempus véniam, et erit Saræ fílius. Non solum autem, sed et Rebécca ex uno concúbitum habens, Isaac patre nostro; cum enim nondum nati fuíssent aut áliquid egíssent bonum aut malum, ut secúndum electiónem propósitum Dei manéret, non ex opéribus sed ex vocánte dictum est ei: Maior sérviet minóri; sicut scriptum est: Iacob diléxi, Esau autem ódio hábui. Non certes que la parole de Dieu ait failli. Car tous les descendants d'Israël ne sont pas Israël. De même que, pour être postérité d'Abraham, tous ne sont pas ses enfants; mais c'est par Isaac qu'une descendance portera ton nom, ce qui signifie: ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, seuls comptent comme postérité les enfants de la promesse. Voici en effet les termes de la promesse: Vers cette époque je viendrai et Sara aura un fils. Mieux encore, Rébecca avait conçu d'un seul homme, Isaac notre père: or, avant la naissance des enfants, quand ils n'avaient fait ni bien ni mal, pour que s'affirmât la liberté de l'élection divine, qui dépend de celui qui appelle et non des œuvres, il lui fut dit: L'aîné servira le cadet, selon qu'il est écrit: J'ai aimé Jacob et j'ai haï Esaü.
R/. Miserére mei, Deus, miserére mei, quóniam in te confídit ánima mea; et in umbra alárum tuárum sperábo, * Donec tránseat iníquitas. V/. Clamábo ad Deum altíssimum, et ad Dóminum qui benefécit mihi. * Donec. R/. Pitié, mon Dieu, pitié pour moi! J'ai mis en toi ma confiance; j'ai mon refuge à l'ombre de tes ailes, * Aussi longtemps que dure le malheur. V/. Je crie vers Dieu, le Très-Haut, vers Dieu qui fera tout pour moi. * Aussi longtemps.
Lectio III Lecture III
Quid ergo dicémus? Numquid iniustítia apud Deum? Absit! Móysi enim dicit: Miserébor, cuius miséreor, et misericórdiam præstábo, cui misericórdiam præsto. Igitur non voléntis neque curréntis, sed miseréntis Dei. Dicit enim Scriptúra pharaóni: In hoc ipsum excitávi te, ut osténdam in te virtútem meam, et ut annuntiétur nomen meum in univérsa terra. Ergo, cuius vult, miserétur et, quem vult, indúrat. Qu'est-ce à dire? Dieu serait-il injuste? Certes non! Car il dit à Moïse: Je fais miséricorde à qui je fais miséricorde et j'ai pitié de qui j'ai pitié. Il n'est donc pas question de l'homme qui veut ou qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. Car l'Écriture dit au Pharaon: Je t'ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance et pour qu'on célèbre mon nom par toute la terre. Ainsi donc il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut.
R/. Parátum cor meum, Deus, parátum cor meum, * Cantábo et psalmum dicam Dómino. V/. Exsúrge, glória mea; exsúrge psaltérium et cíthara; exsúrgam dilúculo. * Cantábo. V/. Glória Patri. * Cantábo. R/. Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt, * Je veux chanter, jouer des hymnes au Seigneur. V/. Éveille-toi, ma gloire; éveillez-vous, harpe, cithare, que j'éveille l'aurore! * Je veux chanter. V/. Gloire au Père. * Je veux chanter.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Régulis fúsius tractátis sancti Basílii Magni epíscopi (Reg. 2, 2-4: PG 31, 914-915) Règle de saint Basile le Grand
Lectio I Lecture I
Quisnam sermo dona Dei pro mérito explicáre possit? Tanta quidem est horum multitúdo, ut étiam númerum effúgiat; item magnitúdine tanta sunt et tália, ut vel únicum satis ad id sit, ut omnímodam largitóri grátiam repéndere debeámus. Sed ne voléntes quidem illud præteríre póssumus, nec fíeri potest ullo modo, ut is certe qui sana mente prditus est et ratiónis compos, id benefícii táceat, quamquam multo minus de eo pro mérito áliquid dici possit quod cum hóminem condidísset ad imáginem et similitúdinem suam eúmque cohonestásset sui ipsíus cognitióne et ratióne exornásset præ céteris animántibus, ipsíque dedísset facultátem ut se incredíbili paradísi pulchritúdine oblectáret, ac tandem illum constituísset ómnium terréstrium príncipem, deínde a serpénte decéptum et collápsum in peccátum et per peccátum in mortem et in ærúmnas ea dignas, non proptérea tamen ipsum negléxit. Quelles paroles pourraient exposer dignement les bienfaits de Dieu? Leur nombre est incalculable. Quant à leur grandeur, elle est telle qu'un seul d'entre eux suffit pour faire de nous des débiteurs obligés à manifester toute leur reconnaissance envers celui dont nous l'avons reçu. Voici le bienfait qu'il est absolument impossible d'oublier, que tout homme, doué d'intelligence et de saine raison, ne peut passer sous silence, et dont cependant personne ne peut parler comme il faudrait. Dieu avait créé l'homme à son image et ressemblance; il l'avait rendu digne de le connaître lui-même; il l'avait mis au-dessus des autres animaux en le dotant de la raison; il lui avait donné la jouissance des incomparables beautés du paradis et avait fait de lui le souverain de tout ce qu'il y a sur terre. Puis l'homme se laissa tromper par le serpent, tomba dans le péché et, par le péché, dans la mort et dans tous les maux qui y conduisent. Cependant, Dieu ne l'abandonna pas.
R/. Adiútor meus, tibi psallam, quia, Deus, suscéptor meus es: * Deus meus misericórdia mea. V/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus, et ab insurgéntibus in me líbera me. * Deus meus. R/. Je te fêterai, Dieu, ma forteresse: oui, mon rempart, c'est toi, * Le Dieu de mon amour! V/. Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu; de mes agresseurs, protège-moi, ô toi, * Le Dieu.
Lectio II Lecture II
Sed lege quæ ei adiuménto esset, primum trádita, custódiæ eius et curæ præfécit ángelos, misit prophétas ad redarguénda vítia et ad virtútem docéndam, ímpetum nequítiæ per minas excídit et représsit, pollicitatiónibus excitávit bonórum alacritátem, utriúsque géneris finem non raro in divérsis persónis ad álios commonéndos in antecéssum declarávit, et tamen post hæc et tália nos in contumácia perserverántes non est aversátus. Il lui donna d'abord le secours de la Loi; il désigna des anges pour le garder et prendre soin de lui; il envoya des prophètes pour lui reprocher sa méchanceté et lui enseigner la vertu; il brisa par des menaces ses tendances au mal, et excita par des promesses son attrait pour le bien, en montrant fréquemment l'aboutissement de ces deux voies par des exemples divers, en vue d'avertir par avances les autres hommes. Et, alors qu'après tous ces bienfaits et beaucoup d'autres, nous nous obstinions dans la désobéissance, Dieu ne s'est pas détourné de nous.
R/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus, * Et ab insurgéntibus in me líbera me. V/. Eripe me de operántibus iniquitátem, et de viris sánguinum salva me. * Et. R/. Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu; * De mes agresseurs, protège-moi. V/. Délivre-moi des hommes criminels; des meurtriers, sauve-moi. * De mes agresseurs.
Lectio III Lecture III
Quid retribuémus Dómino pro ómnibus quæ retríbuit nobis? Est autem ádeo bonus, ut neque remuneratiónem éxigat, sed sat habet, si solum pro iis quæ tríbuit, diligátur. Quæ ómnia ubi mente récolo, ut meum afféctum prodam, in horrórem quemdam et terríficum stupórem íncido, nequándo ob ánimi inconsiderántiam, aut propter meam circa res vanas occupatiónem a Dei dilectióne éxcidens, Christo sim dedécori ac oppróbrio. Que rendrons-nous au Seigneur pour tout ce qu'il nous a donné? Il est si bon qu'il ne demande rien en échange de tout ce qu'il nous a donné: il se contente d'être aimé. Quant à moi, pour dire ce que je ressens, lorsque je me rappelle tout cela, je suis saisi d'épouvante et d'une stupeur terrible: je redoute que par ma négligence ou, à force de m'occuper de futilités, je ne perde l'amour de Dieu et ne devienne pour le Christ un sujet de honte.
R/. Ne perdíderis me, Dómine, cum iniquitátibus meis, * Neque in finem irátus resérves mala mea. V/. Miserére mei, Deus, miserére mei, quóniam in te confídit anima mea. * Neque. V/. Glória Patri. * Neque. R/. Seigneur, ne me condamne pas d'après mes péchés: * Ne reste pas irrité pour toujours, ne garde pas mémoire de mes fautes. V/. Pitié, mon Dieu, pitié pour moi! J'ai mis en toi ma confiance. * Ne reste pas. V/. Gloire au Père. * Ne reste pas.