Vigiles (OSB) du lundi 4 février 2019 -

Hebdomada V per annum Vème semaine dans l'année
Feria II Lundi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula prima beáti Pauli apóstoli ad Corínthios De la première lettre de saint Paul aux Corinthiens
Lectio I Lecture I
Fratres: Verbum enim crucis pereúntibus quidem stultítia est, his autem, qui salvi fiunt, id est nobis, virtus Dei est. Scriptum est enim: Perdam sapiéntiam sapiéntium et prudéntiam prudéntium reprobábo. Le langage de la croix, frères, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu. Car il est écrit: Je détruirai la sagesse des sages, et l'intelligence des intelligents je la rejetterai.
R/. Benedícam Dómino in omni témpore, * Semper laus eius in ore meo. V/. In Dómino laudábitur ánima mea, áudiant mansuéti et læténtur. * Semper. R/. Je bénirai le Seigneur en tout temps, * Sa louange sans cesse à mes lèvres. V/. Je me glorifierai dans le Seigneur: que les pauvres m'entendent et soient en fête! * Sa louange.
Lectio II Lecture II
Ubi sápiens? Ubi scriba? Ubi conquisítor huius sæculi? Nonne stultam fecit Deus sapiéntiam huius mundi? Nam quia in Dei sapiéntia non cognóvit mundus per sapiéntiam Deum, plácuit Deo per stultítiam prædicatiónis salvos fácere credéntes. Quóniam et Iudæi signa petunt, et Græci sapiéntiam quærunt, nos autem prædicámus Christum crucifíxum, Iudæis quidem scándalum, géntibus autem stultítiam; ipsis autem vocátis, Iudæis atque Græcis, Christum Dei virtútem et Dei sapiéntiam, quia quod stultum est Dei, sapiéntius est homínibus, et quod infírmum est Dei, fórtius est homínibus. Où est-il, le sage? Où est-il, l'homme cultivé? Où est-il, le raisonneur de ce siècle? Dieu n'a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde? Puisqu'en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie du message qu'il a plu à Dieu de sauver les croyants. Alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, c'est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.
R/. Delectáre in Dómino, * Et dabit tibi petitiónes cordis tui. V/. Revéla Dómino viam tuam et spera in eum, et ipse faciet. * Et dabit. R/. Mets ta joie dans le Seigneur: * Il comblera les désirs de ton cœur. V/. Découvre au Seigneur tes voies, fais-lui confiance, et lui, il agira. * Il comblera.
Lectio III Lecture III
Vidéte enim vocatiónem vestram, fratres, quia non multi sapiéntes secúndum carnem, non multi poténtes, non multi nóbiles; sed, quæ stulta sunt mundi, elégit Deus, ut confúndat sapiéntes, et infírma mundi elégit Deus, ut confúndat fórtia, et ignobília mundi et contemptibília elégit Deus, quæ non sunt, ut ea, quæ sunt, destrúeret, ut non gloriétur omnis caro in conspéctu Dei. Ex ipso autem vos estis in Christo Iesu, qui factus est sapiéntia nobis a Deo et iustítia et sanctificátio et redémptio, ut quemádmodum scriptum est: Qui gloriátur, in Dómino gloriétur. Aussi bien, frères, considérez votre appel: il n'y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés. Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort; ce qui dans le monde est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est, afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu. Car c'est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et rédemption, afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur.
R/. Auribus pércipe, Dómine, lácrimas meas; ne síleas a me, remítte mihi, * Quóniam íncola ego sum apud te et peregrínus. V/. Dixi: Custódiam vias meas, ut non delínquam in lingua mea. * Quóniam. V/. Glória Patri. * Quóniam. R/. Seigneur, ne reste pas sourd à mes pleurs; ne garde pas le silence à mon égard, laisse-moi un peu de répit, * Car je ne suis qu'un hôte chez toi, un simple pèlerin. V/. J'ai dit: Je garderai mon chemin sans laisser ma langue s'égarer. * Car. V/. Gloire au Père. * Car.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Brevilóquio sancti Bonaventúræ epíscopi (Prologus: Op. omnia 5, 201-202) Breviloquium de saint Bonaventure
Lectio I Lecture I
Ortus sacræ Scriptúræ non est per humánam investigatiónem, sed per divínam revelatiónem, quæ fluit a Patre lúminum, ex quo omnis patérnitas in cælo et in terra nominátur, a quo per Fílium eius, Iesum Christum, manat in nos Spíritus Sanctus, et per Spíritum Sanctum, dividéntem et distribuéntem dona síngulis, sicut vult, datur fides, et per fidem hábitat Christus in córdibus nostris. Hæc est notítia Iesu Christi, ex qua origináliter manat fírmitas et intellégentia totíus sacræ Scriptúræ. L'origine de l'Écriture ne se situe pas dans la recherche humaine, mais dans la divine révélation qui provient du Père des lumières, de qui toute paternité au ciel et sur terre tire son nom. De lui, par son Fils Jésus-Christ, s'écoule en nous l'Esprit Saint. Par l'Esprit Saint, partageant et distribuant ses dons à chacun de nous selon sa volonté, la foi nous est donnée et, par la foi, le Christ habite en nos cœurs. Telle est la connaissance de Jésus-Christ de laquelle découle, comme de sa source, la fermeté et l'intelligence de toute la sainte Écriture.
R/. Státuit Dóminus supra petram pedes meos, et diréxit gressus meos Deus meus, * Et immísit in os meum cánticum novum. V/. Exspéctans exspectávi Dóminum, et respéxit me; et exaudívit deprecatiónem meam. * Et immísit. R/. Le Seigneur m'a fait reprendre pied sur le roc, mon Dieu a raffermi mes pas; * Dans ma bouche il a mis un chant nouveau. V/. D'un grand espoir j'espérais le Seigneur: il s'est penché vers moi pour entendre mon cri. * Dans ma bouche.
Lectio II Lecture II
Unde et impossíbile est quod áliquis in ipsam ingrediátur agnoscéndam, nisi prius Christi fidem hábeat sibi infúsam, tamquam totíus Scriptúræ lucérnam et iánuam et étiam fundaméntum. Est enim ipsa fides ómnium supernaturálium illuminatiónum, quámdiu peregrinámur a Dómino, et fundaméntum stabíliens, et lucérna dírigens et iánua introdúcens; secúndum cuius étiam mensúram necésse est mensurári sapiéntiam nobis divínitus datam, ne quis sápiat plus quam opórtet sápere, sed ad sobrietátem, et unicuíque sicut Deus divísit mensúram fídei. Il est donc impossible d'entrer dans la connaissance de l'Écriture sans posséder d'abord, insérée en soi, la foi du Christ, comme la lumière, la porte et le fondement de toute l'Écriture. Car, aussi longtemps que nous vivons en exil loin du Seigneur, la foi est elle-même le fondement stable, la lumière directrice et la porte d'entrée dans toutes les illuminations surnaturelles. Selon la mesure de cette foi, doit être mesurée la sagesse qui nous est donnée par Dieu, afin de ne pas goûter plus qu'on ne doit, mais de goûter avec sobriété et selon la mesure de foi que Dieu départit à chacun.
R/. Ego dixi: Dómine, miserére mei; * Sana ánimam meam quia peccávi tibi. V/. Dómine, ne in ira tua árguas me, neque in furóre tuo corrípias me. * Sana. R/. J'avais dit: Pitié pour moi, Seigneur; * Guéris-moi, car j'ai péché contre toi! V/. Seigneur, corrige-moi sans colère, et reprends-moi sans fureur. * Guéris-moi.
Lectio III Lecture III
Status vero sive fructus sacræ Scriptúræ non est quicúmque, sed plenitúdo ætérnæ felicitátis. Nam hæc est Scriptúra, in qua verba sunt vitæ ætérnæ, quæ ídeo scripta est, non solum ut credámus, verum étiam ut vitam possideámus ætérnam, in qua quidem vidébimus, amábimus et universáliter nostra desidéria implebúntur; quibus implétis vere tunc sciémus supereminéntem sciéntiæ caritátem, et ita impléti érimus in omnem plenitúdinem Dei. Ad quam quidem plenitúdinem conátur nos divína introdúcere Scriptúra, iuxta prædíctæ senténtiæ apostólicæ veritátem. Hoc ígitur fine, hac intentióne sacra Scriptúra perscrutánda est et docénda et étiam audiénda. L'aboutissement ou le fruit de la sainte Écriture n'est pas n'importe quoi, c'est la plénitude de l'éternelle félicité. Car elle est l'Écriture dans laquelle sont les paroles de la vie éternelle; elle est donc écrite, non seulement pour que nous croyions, mais aussi pour que nous possédions la vie éternelle dans laquelle nous verrons, nous aimerons et où nos désirs seront universellement comblés. Alors, nos désirs étant comblés, nous connaîtrons vraiment la charité qui surpasse la connaissance et ainsi nous serons remplis de toute la plénitude de Dieu. C'est à cette plénitude que la divine Écriture s'efforce de nous introduire selon la vérité du passage de l'apôtre Paul qui vient d'être cité. C'est donc en vue de cette fin, c'est dans cette intention, que la sainte Écriture doit être étudiée, enseignée et entendue.
R/. Sedes tua, Deus, in sæculum sæculi; * Virga æquitátis virga regni tui. V/. Dilexísti iustítiam et odísti iniquitátem, proptérea unxit te Deus, Deus tuus. * Virga. V/. Glória Patri. * Virga. R/. Ton trône, Seigneur Dieu, est un trône éternel; * Ton sceptre royal est sceptre de droiture. V/. Tu aimes la justice, tu réprouves le mal, c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a conféré l'onction. * Ton sceptre. V/. Gloire au Père. * Ton sceptre.