Vigiles (OSB) du lundi 4 février 2019 -

Hebdomada IV per annum IVème semaine dans l'année
Feria II Lundi
In primo nocturno, anno I
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Romános De la lettre de saint Paul aux Romains
Lectio I Lecture I
Fratres: Dico per grátiam, quæ data est mihi, ómnibus, qui sunt inter vos, non áltius sápere quam opórtet sápere, sed sápere ad sobrietátem, unicuíque sicut Deus divísit mensúram fídei. Sicut enim in uno córpore multa membra habémus, ómnia autem membra non eúndem actum habent, ita multi unum corpus sumus in Christo, sínguli autem alter altérius membra. Habéntes autem donatiónes secúndum grátiam, quæ data est nobis, differéntes: sive prophetíam, secúndum ratiónem fídei; sive ministérium, in ministrándo; sive qui docet, in doctrína; sive qui exhortátur, in exhortándo; qui tríbuit, in simplicitáte; qui præest, in sollicitúdine; qui miserétur, in hilaritáte. Frères, au nom de la grâce qui m'a été donnée, je le dis à tous et à chacun: ne vous surestimez pas plus qu'il ne faut vous estimer, mais gardez de vous une sage estime, chacun selon le degré de foi que Dieu lui a départi. Car, de même que notre corps en son unité possède plus d'un membre et que ces membres n'ont pas tous la même fonction, ainsi nous, à plusieurs, nous ne formons qu'un seul corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres. Mais, pourvus de dons différents selon la grâce qui nous a été donnée, si c'est le don de prophétie, exerçons-le en proportion de notre foi; si c'est le service, en servant; l'enseignement, en enseignant; l'exhortation, en exhortant. Que celui qui donne le fasse sans calcul; celui qui préside, avec diligence; celui qui exerce la miséricorde, en rayonnant de joie.
R/. Benedícam Dómino in omni témpore, * Semper laus eius in ore meo. V/. In Dómino laudábitur ánima mea, áudiant mansuéti et læténtur. * Semper. R/. Je bénirai le Seigneur en tout temps, * Sa louange sans cesse à mes lèvres. V/. Je me glorifierai dans le Seigneur: que les pauvres m'entendent et soient en fête! * Sa louange.
Lectio II Lecture II
Diléctio sine simulatióne. Odiéntes malum, adhæréntes bono; caritáte fraternitátis ínvicem diligéntes, honóre ínvicem præveniéntes, sollicitúdine non pigri, spíritu fervéntes, Dómino serviéntes, spe gaudéntes, in tribulatióne patiéntes, oratióni instántes, necessitátibus sanctórum communicántes, hospitalitátem sectántes. Benedícite persequéntibus; benedícite et nolíte maledícere! Gaudére cum gaudéntibus, flere cum fléntibus. Idípsum ínvicem sentiéntes, non alta sapiéntes, sed humílibus consentiéntes. Nolíte esse prudéntes apud vosmetípsos. Que votre charité soit sans feinte, détestant le mal, solidement attachés au bien; que l'amour fraternel vous lie d'affection entre vous, chacun regardant les autres comme plus méritants, d'un zèle sans nonchalance, dans la ferveur de l'esprit, au service du Seigneur, avec la joie de l'espérance, constants dans la tribulation, assidus à la prière, prenant part aux besoins des saints, avides de donner l'hospitalité. Bénissez ceux qui vous persécutent; bénissez, ne maudissez pas. Réjouissez-vous avec qui est dans la joie, pleurez avec qui pleure. Pleins d'une égale complaisance pour tous, sans vous complaire dans l'orgueil, attirés plutôt par ce qui est humble, ne vous complaisez pas dans votre propre sagesse.
R/. Delectáre in Dómino, * Et dabit tibi petitiónes cordis tui. V/. Revéla Dómino viam tuam et spera in eum, et ipse faciet. * Et dabit. R/. Mets ta joie dans le Seigneur: * Il comblera les désirs de ton cœur. V/. Découvre au Seigneur tes voies, fais-lui confiance, et lui, il agira. * Il comblera.
Lectio III Lecture III
Nulli malum pro malo reddéntes; providéntes bona coram ómnibus homínibus; si fíeri potest, quod ex vobis est, cum ómnibus homínibus pacem habéntes; non vosmetípsos vindicántes, caríssimi, sed date locum iræ, scriptum est enim: Mihi vindícta, ego retríbuam, dicit Dóminus. Sed si esuríerit inimícus tuus, ciba illum; si sitit, potum da illi. Hoc enim fáciens, carbónes ignis cóngeres super caput eius. Noli vinci a malo, sed vince in bono malum. Sans rendre à personne le mal pour le mal, ayant à cœur ce qui est bien devant tous les hommes, en paix avec tous si possible, autant qu'il dépend de vous, sans vous faire justice à vous-mêmes, mes bien-aimés, laissez agir la colère; car il est écrit: C'est moi qui ferai justice, moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. Bien plutôt, si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s'il a soif, donne-lui à boire; ce faisant, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien.
R/. Auribus pércipe, Dómine, lácrimas meas; ne síleas a me, remítte mihi, * Quóniam íncola ego sum apud te et peregrínus. V/. Dixi: Custódiam vias meas, ut non delínquam in lingua mea. * Quóniam. V/. Glória Patri. * Quóniam. R/. Seigneur, ne reste pas sourd à mes pleurs; ne garde pas le silence à mon égard, laisse-moi un peu de répit, * Car je ne suis qu'un hôte chez toi, un simple pèlerin. V/. J'ai dit: Je garderai mon chemin sans laisser ma langue s'égarer. * Car. V/. Gloire au Père. * Car.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Epístulis sancti Ambrósii epíscopi (Ep. 29: PL 16, 1058) Lettre de saint Ambroise
Lectio I Lecture I
Anima nostra quæ vult Deo appropinquáre, élevet se a córpore, semper illi summo adhreat, illi bono quod est divínum, quod est semper, et quod erat ab inítio, et quod erat apud Deum, hoc est Dei Verbum. Ipsum est illud divínum in quo vívimus et sumus et movémur. Ipsum est quod erat in princípio, ipsum est quod est: Dei enim Fílius Iesus Christus in vobis, inquit, est: in quo non fuit Est et Non, sed Est in illo fuit. Ipse dixit Móysi ut díceret: Qui est, misit me. Notre âme, puisqu'elle veut s'approcher de Dieu, doit s'élever au-dessus du corps et adhérer toujours à ce sommet, à ce bien qui est divin, qui est toujours et qui était au commencement et qui était auprès de Dieu, c'est-à-dire adhérer au Verbe de Dieu. Lui-même est ce divin en qui nous avons la vie, l'être et le mouvement. Ce qui était au commencement, c'est lui-même; lui-même est ce qui est. Le Fils de Dieu, Jésus-Christ est en vous, dit l'Apôtre, en lui il n'y a pas eu Oui et Non, mais il n'y avait que Oui. Lui-même a ordonné à Moïse de déclarer: Celui qui est m'a envoyé.
R/. Státuit Dóminus supra petram pedes meos, et diréxit gressus meos Deus meus, * Et immísit in os meum cánticum novum. V/. Exspéctans exspectávi Dóminum, et respéxit me; et exaudívit deprecatiónem meam. * Et immísit. R/. Le Seigneur m'a fait reprendre pied sur le roc, mon Dieu a raffermi mes pas; * Dans ma bouche il a mis un chant nouveau. V/. D'un grand espoir j'espérais le Seigneur: il s'est penché vers moi pour entendre mon cri. * Dans ma bouche.
Lectio II Lecture II
Cum hoc ígitur ánima nostra sit, et sit, si fíeri potest, semper; ut et nostrum possit quis dícere: Anima mea in mánibus meis semper. Erit autem, si non in carne sit, sed in Spíritu: erit, si se terrénis non mísceat. Cum enim ad carnália refléctitur, tunc ei illécebra obrépit córporis, tunc ira et indignatióne exæstuat, tunc mæstítia affícitur, tunc supinátur per arrogántiam, tunc dolóre afflígitur. Qu'elle soit donc avec lui, notre âme; et s'il se peut, qu'elle y soit toujours, pour que chacun puisse faire sien ce verset du psaume: Mon âme est toujours entre mes mains. Or, cela sera, si elle n'est pas dans la chair mais dans l'Esprit, si elle ne se mélange pas aux choses de la terre. Car, lorsqu'elle se détourne vers le charnel, alors l'attirance du corps se glisse en elle; alors, elle bouillonne de colère et d'indignation; alors, elle se laisse blesser par la tristesse, soulever par l'arrogance, accabler par la douleur.
R/. Ego dixi: Dómine, miserére mei; * Sana ánimam meam quia peccávi tibi. V/. Dómine, ne in ira tua árguas me, neque in furóre tuo corrípias me. * Sana. R/. J'avais dit: Pitié pour moi, Seigneur; * Guéris-moi, car j'ai péché contre toi! V/. Seigneur, corrige-moi sans colère, et reprends-moi sans fureur. * Guéris-moi.
Lectio III Lecture III
Hæ sunt ægritúdines ánimæ graves, quibus plerúmque ad mortem cógitur; dum óculi eius cæcántur, ut non vídeant veræ lumen glóriæ, et divítias ætérnæ hereditátis. Quod si eos ad Deum semper inténdat, accípiet a Christo fulgórem sapiéntiæ; ut illuminátum in agnitióne Dei hábeat obtútum, vídeat illam spem nostræ vocatiónis, aspíciat illud quod est bonum, et plácitum et perféctum. Quod enim bonum, complácitum Patri: quod complácitum, perféctum; sicut habes in evangélio, ubi dicit Dóminus: Dilígite inimícos vestros, ut imitémini Patrem, qui pluit super iustos et iniústos; quod est útique bonitátis. Et póstea conclúdit, dicens: Estóte perfécti, sicut Pater vester, qui in cælis est, perféctus est. Cáritas enim perfécta est: dénique plenitúdo Legis est. Quid autem tam bonum quam cáritas, quæ malum non cógitat? Telles sont les graves maladies de l'âme, qui le plus souvent la conduisent à la mort, pendant que ses yeux s'aveuglent et perdent de vue la lumière de la vraie gloire et les richesses de l'héritage éternel. Si, au contraire, elle dirige toujours les yeux vers Dieu, elle recevra du Christ la lueur fulgurante de la sagesse, de sorte qu'elle puisse avoir le regard illuminé par la connaissance de Dieu, qu'elle puisse voir ce qui est l'espérance même de notre vocation, contempler ce qui est bon, agréé, parfait. Car ce qui est bon est agréé du Père; et ce qui est agréé est parfait. Tu trouves cela dans l'Évangile, où le Seigneur dit: Aimez vos ennemis, afin d'être les imitateurs de votre Père qui envoie la pluie sur les justes et les injustes; et la bonté, c'est cela. L'Évangile conclut en disant: Soyez parfaits comme votre Père des cieux est parfait. Oui, c'est bien la charité qui est parfaite; et elle est la plénitude de la Loi. Qu'y a-t-il d'aussi bon que la charité, elle qui ne sait pas penser le mal?
R/. Sedes tua, Deus, in sæculum sæculi; * Virga æquitátis virga regni tui. V/. Dilexísti iustítiam et odísti iniquitátem, proptérea unxit te Deus, Deus tuus. * Virga. V/. Glória Patri. * Virga. R/. Ton trône, Seigneur Dieu, est un trône éternel; * Ton sceptre royal est sceptre de droiture. V/. Tu aimes la justice, tu réprouves le mal, c'est pourquoi Dieu, ton Dieu, t'a conféré l'onction. * Ton sceptre. V/. Gloire au Père. * Ton sceptre.