Vigiles (OSB) du jeudi 7 février 2019 -

Hebdomada V per annum Vème semaine dans l'année
Feria V Jeudi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula prima beáti Pauli apóstoli ad Corínthios De la première lettre de saint Paul aux Corinthiens
Lectio I Lecture I
Fratres: Sic nos exístimet homo ut minístros Christi et dispensatóres mysteriórum Dei. Hic iam quæritur inter dispensatóres, ut fidélis quis inveniátur. Mihi autem pro mínimo est, ut a vobis iúdicer aut ab humáno die. Sed neque meípsum iúdico; nihil enim mihi cónscius sum, sed non in hoc iustificátus sum. Qui autem iúdicat me, Dóminus est! Itaque nolíte ante tempus quidquam iudicáre, quoadúsque véniat Dóminus, qui et illuminábit abscóndita tenebrárum et manifestábit consília córdium; et tunc laus erit unicuíque a Deo. Hæc autem, fratres, transfigurávi in me et Apóllo propter vos, ut in nobis discátis illud: " Ne supra quæ scripta sunt ", ne unus pro álio inflémini advérsus álterum. Quis enim te discérnit? Quid autem habes, quod non accepísti? Si autem accepísti, quid gloriáris, quasi non accéperis? Qu'on nous regarde, frères, comme des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu. Or, ce qu'en fin de compte on demande à des intendants, c'est que chacun soit trouvé fidèle. Pour moi, il m'importe fort peu d'être jugé par vous ou par un tribunal humain. Bien plus, je ne me juge pas moi-même. Ma conscience, il est vrai, ne me reproche rien, mais je n'en suis pas justifié pour autant; mon juge, c'est le Seigneur. Ainsi donc, ne portez pas de jugement prématuré. Laissez venir le Seigneur; c'est lui qui éclairera les secrets des ténèbres et rendra manifestes les desseins des cœurs. Et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient. En tout cela, frères, je me suis pris comme exemple avec Apollos à cause de vous, pour que vous appreniez, en nos personnes, la maxime: " Rien au-delà de ce qui est écrit ", afin que vous ne vous gonfliez pas d'orgueil en prenant le parti de l'un contre l'autre. Qui donc en effet te distingue? Qu'as-tu que tu n'aies reçu? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifier comme si tu ne l'avais pas reçu?
R/. Confitébimur tibi, Deus; confitébimur tibi, * Et invocábimus nomen tuum. V/. Narrábo ómnia mirabília tua. Dum accépero tempus, ego iustítiam iudicábo. * Et invocábimus. R/. À toi, Dieu, nous rendons grâce; nous rendons grâce, * Et ton nom est proche. V/. Je proclamerai tes merveilles! Oui, au moment que j'ai fixé, moi, je jugerai avec droiture. * Et ton nom.
Lectio II Lecture II
Iam saturáti estis, iam dívites facti estis. Sine nobis regnástis; et útinam regnarétis, ut et nos vobíscum regnarémus. Puto enim, Deus nos apóstolos novíssimos osténdit tamquam morti destinátos, quia spectáculum facti sumus mundo et ángelis et homínibus. Nos stulti propter Christum, vos autem prudéntes in Christo; nos infírmi, vos autem fortes; vos gloriósi, nos autem ignóbiles. Usque in hanc horam et esurímus et sitímus et nudi sumus et cólaphis cædimur et instábiles sumus et laborámus operántes mánibus nostris; maledícti benedícimus, persecutiónem passi sustinémus, blasphemáti obsecrámus; tamquam purgaménta mundi facti sumus, ómnium peripséma, usque adhuc. Déjà, vous êtes rassasiés! déjà vous vous êtes enrichis! sans nous, vous êtes devenus rois! Ah! que ne l'êtes-vous donc, rois, pour que nous partagions, nous aussi, votre royauté! Car Dieu, ce me semble, nous a, nous les apôtres, exhibés au dernier rang, comme des condamnés à mort; oui, nous avons été livrés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. Nous sommes fous, nous, à cause du Christ, mais vous, vous êtes prudents dans le Christ; nous sommes faibles, mais vous, vous êtes forts; vous êtes à l'honneur, mais nous dans le mépris. Jusqu'à l'heure présente, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes nus, maltraités et errants; nous nous épuisons à travailler de nos mains. On nous insulte et nous bénissons; on nous persécute et nous l'endurons; on nous calomnie et nous consolons. Nous sommes devenus comme l'ordure du monde, jusqu'à présent l'universel rebut.
R/. Cogitávi dies antíquos, et annos ætérnos in mente hábui; et meditátus sum nocte cum corde meo, * Et dixi: Miserére, Deus. V/. Illuxérunt coruscatiónes tuæ orbi terræ, vidit et commóta est terra. * Et dixi. R/. Je repense aux jours d'autrefois, aux années inoubliables de jadis; la nuit, je médite en mon cœur, * Et je dis: Pitié, mon Dieu! V/. Tes éclairs illuminèrent le monde, la terre le vit et s'affola. * Et je dis.
Lectio III Lecture III
Non ut confúndam vos, hæc scribo, sed ut quasi fílios meos caríssimos móneam; nam si decem mília pædagogórum habeátis in Christo, sed non multos patres, nam in Christo Iesu per evangélium ego vos génui. Rogo ergo vos: imitatóres mei estóte! Ideo misi ad vos Timótheum, qui est fílius meus caríssimus et fidélis in Dómino, qui vos commonefáciat vias meas quæ sunt in Christo, sicut ubíque in omni ecclésia dóceo. Tamquam non ventúrus sim ad vos, sic infláti sunt quidam; véniam autem cito ad vos, si Dóminus volúerit, et cognóscam non sermónem eórum qui infláti sunt, sed virtútem; non enim in sermóne est regnum Dei sed in virtúte. Quid vultis? In virga véniam ad vos an in caritáte et spíritu mansuetúdinis? Ce n'est pas pour vous confondre que j'écris cela; c'est pour vous avertir comme mes enfants bien-aimés. Auriez-vous en effet des milliers de pédagogues dans le Christ, que vous n'avez pas plusieurs pères; car c'est moi qui, par l'Évangile, vous ai engendrés dans le Christ Jésus. Je vous en prie donc, montrez-vous mes imitateurs. C'est pour cela même que je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur; il vous rappellera mes règles de conduite dans le Christ Jésus, telles que je les enseigne partout dans toutes les Églises. Dans la pensée que je ne viendrais pas chez vous, certains se sont gonflés d'orgueil. Mais je viendrai bientôt chez vous, s'il plaît au Seigneur, et je jugerai alors non des paroles de ces gonflés d'orgueil, mais de leur puissance; car le Royaume de Dieu ne consiste pas en parole, mais en puissance. Que préférez-vous? Que je vienne chez vous avec des verges, ou bien avec charité et en esprit de douceur?
R/. Dómine Deus, propítius esto pópulo tuo, * Et convérte tribulatiónem nostram in gáudium. V/. Adiuva nos, Deus salutáris noster; propter glóriam nóminis tui, Dómine, líbera nos. * Et convérte. V/. Glória Patri. * Et convérte. R/. Seigneur notre Dieu, sois favorable à ton peuple, * Transforme en joie notre épreuve. V/. Aide-nous, Dieu notre Sauveur; délivre-nous, Seigneur, pour la gloire de ton nom! * Transforme. V/. Gloire au Père. * Transforme.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Tractátu sancti Irenæi epíscopi Advérsus hæreses (Lib. 4, 12: SC 100 bis, 512-516) Traité de saint Irénée contre les hérésies
Lectio I Lecture I
Hoc primum et máximum præcéptum est diléctio quæ est erga Deum. Sequens autem erga próximum, Dóminus dócuit, totam legem et prophétas pendére dicens ex ipsis præcéptis. Et ipse autem áliud maius hoc præcépto non détulit, sed hoc ipsum renovávit, suis discípulis iubens Deum dilígere ex toto corde et céteros quemádmodum se. Si autem ab álio descendísset Patre, numquam ex lege primo et summo usus esset præcépto, sed útique omnímodo eniterétur maius hoc a perfécto Patre deférre et non eo uti quod a Deo legis fuísset datum. Cet amour, l'amour envers Dieu, est le premier et le plus grand commandement, et le second est l'amour envers le prochain: le Seigneur l'a enseigné, en disant que toute la Loi et les prophètes se rattachent à ces commandements. Et lui-même n'a pas apporté de commandement plus grand que celui-là, mais il a renouvelé ce commandement même, en enjoignant à ses disciples d'aimer Dieu de tout leur cœur et leur prochain comme eux-mêmes. S'il était descendu d'auprès d'un autre Père, jamais il n'aurait fait usage du premier et du plus grand commandement de la Loi: il se serait évertué de toutes manières à en apporter un plus grand d'auprès d'un Père parfait et à ne pas faire usage de celui qu'avait donné l'auteur de la Loi.
R/. Devastávit víneam tuam aper de silva, et singuláris ferus depástus est eam; vide, Dómine, et éxcita poténtiam tuam, * Ne péreat quod plantávit déxtera tua. V/. Dómine, Deus virtútum, convértere; réspice de cælo et vide, et vísita víneam istam. * Ne péreat. R/. Le sanglier des forêts ravage ta vigne, et les bêtes des champs la broutent. Regarde, Seigneur, réveille ta puissance: * Que ne soit pas détruit le cep que ta main a planté! V/. Seigneur, Dieu de l'univers, reviens! Du haut des cieux, regarde et vois: visite cette vigne, * Que.
Lectio II Lecture II
Et Paulus autem: Adimplétio legis diléctio; et ómnibus céteris evacuátis, manére fidem, spem, dilectiónem, maiórem autem esse ómnium dilectiónem; et neque agnitiónem sine dilectióne quæ est erga Deum præstáre áliquid neque mysteriórum comprehensiónem neque fidem neque prophetíam, sed ómnia vácua et frustra esse sine dilectióne; dilectiónem vero perfícere perféctum hóminem; et eum qui díligit Deum esse perféctum, et in hoc ævo et in futúro: numquam enim desinémus diligéntes Deum, sed quanto plus eum intúiti fuérimus, tanto plus eum diligémus. Paul dit aussi que la charité est l'accomplissement de la Loi; tout le reste étant aboli, seules demeurent la foi, l'espérance et la charité, mais la plus grande de toutes, c'est la charité; sans la charité envers Dieu, ni la connaissance n'a d'utilité, ni la compréhension des mystères, ni la foi, ni la prophétie, mais tout est vain et superflu sans la charité; la charité, elle, rend l'homme parfait, et celui qui aime est parfait, dans le siècle présent et dans le siècle futur; car jamais nous ne cesserons d'aimer Dieu, mais, plus nous le contemplerons, plus nous l'aimerons.
R/. Mane exáudies vocem meam, Dómine; * Mane astábo tibi et vidébo te, Deus. V/. Neque habitábit iuxta te malígnus, neque permanébunt iniústi ante óculos tuos. * Mane. R/. Au matin, tu écoutes ma voix, Seigneur; * Au matin, je me tiens devant toi et je te contemple, mon Dieu. V/. Chez toi, le méchant n'est pas reçu; non, l'orgueilleux ne tient pas devant ton regard. * Au matin.
Lectio III Lecture III
In Lege ígitur et Evangélio cum sit primum et máximum præcéptum dilígere Dóminum Deum ex toto corde, dehinc símile illi dilígere próximum sicut seípsum, unus et idem osténditur Legis et Evangélii cónditor. Consummáta enim vitæ præcépta in utróque Testaménto cum sint éadem, eúmdem ostendérunt Dóminum, qui particulária quidem præcépta apta utrísque præcépit, sed eminentióra et summa, sine quibus salvári non est, in utróque éadem suásit. Ainsi donc, puisque dans la Loi comme dans l'Évangile le premier et le plus grand commandement est le même, à savoir aimer le Seigneur Dieu de tout son cœur, et le second pareillement, à savoir aimer son prochain comme soi-même, la preuve est faite qu'il n'y a qu'un seul et même Législateur. Les commandements essentiels de la vie, du fait qu'ils sont les mêmes d'un côté et de l'autre, manifestent, en effet, le même Seigneur: car, s'il a édicté des commandements particuliers adaptés à l'une et l'autre alliance, pour ce qui est des commandements universels et les plus importants, sans lesquels il n'est pas de salut, ce sont les mêmes qu'il a proposés de part et d'autre.
R/. Rogámus te, Dómine Deus, quia peccávimus tibi; véniam pétimus quam non merémur. Si exspéctas non corrípimur, et si víndicas non durámus. * Manum tuam pórrige lapsis, qui latróni confiténti paradísi iánuas aperuísti. V/. Vita nostra in dolóre suspírat, et in ópere non eméndat. * Manum tuam. V/. Glória Patri. * Manum tuam. R/. Nous te prions, Seigneur notre Dieu: nous avons péché contre toi; accorde-nous le pardon que nous n'avons pas mérité. Si tu patientes, nous ne sommes pas touchés; si tu punis, nous ne le supportons pas. * Tends la main à ceux qui tombent, car tu as ouvert les portes du paradis au larron qui te reconnaissait. V/. Notre vie s'écoule dans les soupirs de l'affliction, mais ne fait pas l'effort de s'amender. * Tends la main. V/. Gloire au Père. * Tends la main.