Vigiles (OSB) du mardi 12 février 2019 -

Hebdomada V per annum Vème semaine dans l'année
Feria III Mardi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula prima beáti Pauli apóstoli ad Corínthios De la première lettre de saint Paul aux Corinthiens
Lectio I Lecture I
Et ego, cum veníssem ad vos, fratres, veni non per sublimitátem sermónis aut sapiéntiæ annúntians vobis mystérium Dei. Non enim iudicávi scire me áliquid inter vos nisi Iesum Christum et hunc crucifíxum. Et ego in infirmitáte et timóre et tremóre multo fui apud vos, et sermo meus et prædicátio mea non in persuasibílibus sapiéntiæ verbis, sed in ostensióne Spíritus et virtútis, ut fides vestra non sit in sapiéntia hóminum sed in virtúte Dei. Pour moi, quand je suis venu chez vous, frères, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige de la parole ou de la sagesse. Non, je n'ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. Moi-même, je me suis présenté à vous faible, craintif et tout tremblant, et ma parole et mon message n'avaient rien des discours persuasifs de la sagesse; c'était une démonstration d'Esprit et de puissance, pour que votre foi reposât, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.
R/. Tibi soli peccávi et malum coram te feci; miserére mei, * Ut iustificéris, Dómine, in sermónibus tuis. V/. Amplius lava me, Dómine, ab iniustítia mea, et a delícto meo munda me. * Ut iustificéris. R/. Contre toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. * Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice. V/. Lave-moi tout entier de ma faute, Seigneur, purifie-moi de mon offense. * Ainsi.
Lectio II Lecture II
Sapiéntiam autem lóquimur inter perféctos, sapiéntiam vero non huius sæculi neque príncipum huius sæculi, qui destruúntur, sed lóquimur Dei sapiéntiam in mystério, quæ abscóndita est, quam prædestinávit Deus ante sæcula in glóriam nostram, quam nemo príncipum huius sæculi cognóvit; si enim cognovíssent, numquam Dóminum glóriæ crucifixíssent. Sed sicut scriptum est: Quod óculus non vidit, nec auris audívit, nec in cor hóminis ascéndit, quæ præparávit Deus his qui díligunt illum. Pourtant, c'est bien de sagesse que nous parlons parmi les parfaits, mais non d'une sagesse de ce monde ni des princes de ce monde, voués à la destruction. Ce dont nous parlons, au contraire, c'est d'une sagesse de Dieu, mystérieuse, demeurée cachée, celle que, dès avant les siècles, Dieu a par avance destinée pour notre gloire, celle qu'aucun des princes de ce monde n'a connue - s'ils l'avaient connue, en effet, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de la Gloire - mais, selon qu'il est écrit, nous annonçons ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment.
R/. Miserére mei, Deus, miserére mei, quóniam in te confídit ánima mea; et in umbra alárum tuárum sperábo, * Donec tránseat iníquitas. V/. Clamábo ad Deum altíssimum, et ad Dóminum qui benefécit mihi. * Donec. R/. Pitié, mon Dieu, pitié pour moi! J'ai mis en toi ma confiance; j'ai mon refuge à l'ombre de tes ailes, * Aussi longtemps que dure le malheur. V/. Je crie vers Dieu, le Très-Haut, vers Dieu qui fera tout pour moi. * Aussi longtemps.
Lectio III Lecture III
Nobis autem revelávit Deus per Spíritum; Spíritus enim ómnia scrutátur, étiam profúnda Dei. Quis enim scit hóminum, quæ sint hóminis, nisi spíritus hóminis, qui in ipso est? Ita et, quæ Dei sunt, nemo cognóvit nisi Spíritus Dei. Nos autem non spíritum mundi accépimus, sed Spíritum qui ex Deo est, ut sciámus quæ a Deo donáta sunt nobis; quæ et lóquimur non in doctis humánæ sapiéntiæ, sed in doctis Spíritus verbis, spiritálibus spiritália comparántes. Animális autem homo non pércipit, quæ sunt Spíritus Dei, stultítia enim sunt illi, et non potest intellégere, quia spiritáliter examinántur; spiritális autem iúdicat ómnia, et ipse a némine iudicátur. Quis enim cognóvit sensum Dómini, qui ínstruat eum? Nos autem sensum Christi habémus. Car c'est à nous que Dieu l'a révélé par l'Esprit; l'Esprit en effet sonde tout, jusqu'aux profondeurs de Dieu. Qui donc entre les hommes sait ce qui concerne l'homme, sinon l'esprit de l'homme qui est en lui? De même, nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l'Esprit de Dieu. Or, nous n'avons pas reçu, nous, l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, pour connaître les dons gracieux que Dieu nous a faits. Et nous en parlons non pas avec des discours enseignés par l'humaine sagesse, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, exprimant en termes spirituels des réalités spirituelles. L'homme psychique n'accueille pas ce qui est de l'Esprit de Dieu: c'est folie pour lui et il ne peut le connaître, car c'est spirituellement qu'on en juge. L'homme spirituel, au contraire, juge de tout, et lui-même n'est jugé par personne. Qui en effet a connu la pensée du Seigneur, pour pouvoir l'instruire? Et nous l'avons, nous, la pensée du Christ.
R/. Parátum cor meum, Deus, parátum cor meum, * Cantábo et psalmum dicam Dómino. V/. Exsúrge, glória mea; exsúrge psaltérium et cíthara; exsúrgam dilúculo. * Cantábo. V/. Glória Patri. * Cantábo. R/. Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt, * Je veux chanter, jouer des hymnes au Seigneur. V/. Éveille-toi, ma gloire; éveillez-vous, harpe, cithare, que j'éveille l'aurore! * Je veux chanter. V/. Gloire au Père. * Je veux chanter.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Oratiónibus sancti Gregórii Nazianzéni epíscopi (Orat. 20, 12: PG 35, 1079-1082) Sermon de saint Grégoire de Nazianze
Lectio I Lecture I
Si quid mihi obtémperas, hoc est theólogo mínime audáci, ut nonnúlla iam percepísti, ita étiam ea quæ supérsunt, ut percípias, roga. Ea parte quæ in te manet conténtus esto, áltera in supérnis thesáuris recóndita máneat. Per vitæ probitátem ascénde; per purgatiónem, eum qui purus est adipíscere. Vis theólogus aliquándo fíeri ac divinitáte dignus? Serva mandáta; per Dei præcépta incéde; áctio enim gradus est ad contemplatiónem: ex córpore óperam ánimæ nava. An quisquam est mortálium, qui ad eam sublimitátem efférri possit, ut ad Pauli mensúram pervéniat? At ille tamen vidére se per spéculum et ænígma dicit, tempúsque áffore quo fácie ad fáciem visúrus sit. Si tu me fais confiance, à moi qui suis un théologien sans témérité, tu as déjà compris quelque chose; prie pour comprendre le reste. Attache-toi à ce qui a son siège en toi-même et que le reste demeure dans les trésors d'en-haut. Élève-toi par ta conduite; acquiers la pureté par la purification. Tu veux devenir un jour théologien et digne de la divinité? Garde les commandements, progresse par l'observance des préceptes, car la pratique sert de marchepied à la contemplation: à partir du corps occupe-toi de ton âme avec prédilection. Y a-t-il un des humains qui pourrait se hausser au point d'arriver au niveau de Paul? Mais celui-ci dit pourtant qu'il voit par miroir et énigme et qu'un jour il aura l'occasion de voir face à face.
R/. Adiútor meus, tibi psallam, quia, Deus, suscéptor meus es: * Deus meus misericórdia mea. V/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus, et ab insurgéntibus in me líbera me. * Deus meus. R/. Je te fêterai, Dieu, ma forteresse: oui, mon rempart, c'est toi, * Le Dieu de mon amour! V/. Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu; de mes agresseurs, protège-moi, ô toi, * Le Dieu.
Lectio II Lecture II
Tune áliis quidem in disputándo sublímior? At Deo haud dúbie inférior es. Tune áliis fortásse acútior et perspicácior? At certe veritáte tanto postérior es, quanto esséntia Dei esséntiam tuam antecéllit. Pollicitatiónem habémus fore, ut aliquándo tantum cognoscámus, quantum cógniti sumus. Si fíeri non potest, ut perféctam in hac vita rerum cognitiónem assequámur, quid mihi réliquum est? Quid in spe pósitum? Regnum cælórum, procul dúbio ínquies. L'emportes-tu sur autrui par la sagesse de tes discours? Tu es de toute façon inférieur à Dieu. Es-tu peut-être plus malin qu'autrui? La vérité te dépasse dans la mesure où ton être est surpassé par l'être de Dieu. Il nous est annoncé que nous connaîtrons un jour dans la mesure où nous sommes connus. S'il n'est pas possible de posséder ici-bas une connaissance de toutes choses qui soit parfaite, qu'est-ce qui me manque? Qu'est-ce que j'espère? Le royaume des cieux, diras-tu sans doute.
R/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus, * Et ab insurgéntibus in me líbera me. V/. Eripe me de operántibus iniquitátem, et de viris sánguinum salva me. * Et. R/. Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu; * De mes agresseurs, protège-moi. V/. Délivre-moi des hommes criminels; des meurtriers, sauve-moi. * De mes agresseurs.
Lectio III Lecture III
Atqui illud nihil áliud esse exístimo quam eius, quod puríssimum et perfectíssimum est, adeptiónem. Perfectíssima porro rerum ómnium est Dei cognítio. Verum eam, partim teneámus, partim, quámdiu in terra versámur, percípere studeámus, partim in futúrum ævum reservémus, ut hunc labóris industriæque nostræ fructum habeámus, nimírum totam sanctæ Trinitátis illuminatiónem, quæcúmque tandem, et qualis et quanta illa sit, si ita loqui fas est, in ipso Christo Dómino nostro, cui glória et impérium in sæcula sæculórum. Amen. Je pense que celui-ci n'est rien d'autre que la rencontre avec la pureté et la perfection suprêmes. Et la suprême perfection des êtres, c'est la connaissance de Dieu. Mais qu'une part soit à notre disposition, que nous puissions en acquérir une autre tant que nous sommes sur terre; et le reste, gardons-le en réserve pour l'autre monde afin que nous ayons cela comme bénéfice de nos efforts assidus: l'illumination de la sainte Trinité, ce qu'elle est, telle et aussi grande qu'elle est, s'il est permis de dire cela, dans le Christ lui-même notre Seigneur à qui soient la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen.
R/. Ne perdíderis me, Dómine, cum iniquitátibus meis, * Neque in finem irátus resérves mala mea. V/. Miserére mei, Deus, miserére mei, quóniam in te confídit anima mea. * Neque. V/. Glória Patri. * Neque. R/. Seigneur, ne me condamne pas d'après mes péchés: * Ne reste pas irrité pour toujours, ne garde pas mémoire de mes fautes. V/. Pitié, mon Dieu, pitié pour moi! J'ai mis en toi ma confiance. * Ne reste pas. V/. Gloire au Père. * Ne reste pas.