Vigiles (OSB) du mercredi 27 février 2019 -

Hebdomada VIII per annum VIIIème semaine dans l'année
Feria IV Mercredi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula prima beáti Pauli apóstoli ad Corínthios De la première lettre de saint Paul aux Corinthiens
Lectio I Lecture I
Dicet áliquis: " Quómodo resúrgunt mórtui? Quali autem córpore véniunt? " Insípiens ! Tu, quod séminas, non vivificátur, nisi prius moriátur; et quod séminas, non corpus, quod futúrum est, séminas, sed nudum granum, ut puta trítici aut alicúius ceterórum. Deus autem dat illi corpus sicut vóluit, et unicuíque séminum próprium corpus. Non omnis caro éadem caro, sed ália hóminum, ália caro pécorum, ália caro vólucrum, ália autem píscium. Et córpora cæléstia et córpora terréstria, sed ália quidem cæléstium glória, ália autem terréstrium. Comment, dira-t-on, les morts ressuscitent-ils? Avec quel corps reviennent-ils? Insensé! Ce que tu sèmes, toi, ne reprend vie s'il ne meurt. Et ce que tu sèmes, ce n'est pas le corps à venir, mais un simple grain, soit de blé, soit de quelque autre plante; et Dieu lui donne un corps à son gré, à chaque semence un corps particulier. Toutes les chairs ne sont pas les mêmes, mais autre est la chair des hommes, autre la chair des bêtes, autre la chair des oiseaux, autre celle des poissons. Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres, mais autre est l'éclat des célestes, autre celui des terrestres.
R/. Exáudi, Deus, deprecatiónem meam, inténde oratióni meæ; * A fínibus terræ ad te clamávi, Dómine. V/. Dum anxiarétur cor meum, in petra exaltásti me; deduxísti me, quia factus es adiútor meus. * A fínibus terrae. R/. Dieu, entends ma plainte, exauce ma prière; * Des terres lointaines je t'appelle, Seigneur. V/. Quand le cœur me manque, tu m'élèves sur le roc; tu me conduis, car tu es pour moi un refuge. * Des terres lointaines.
Lectio II Lecture II
Alia cláritas solis, ália cláritas lunæ et ália cláritas stellárum; stella enim a stella differt in claritáte. Sic et resurréctio mortuórum: seminátur in corruptióne, resúrgit in incorruptióne; seminátur in ignobilitáte, resúrgit in glória; seminátur in infirmitáte, resúrgit in virtúte; seminátur corpus animále, resúrgit corpus spiritále. Autre l'éclat du soleil, autre l'éclat de la lune, autre l'éclat des étoiles. Une étoile même diffère en éclat d'une étoile. Ainsi en va-t-il de la résurrection des morts: on est semé dans la corruption, on ressuscite dans l'incorruptibilité; on est semé dans l'ignominie, on ressuscite dans la gloire; on est semé dans la faiblesse, on ressuscite dans la force; on est semé corps psychique, on ressuscite corps spirituel.
Si est corpus animále, est et spiritále. Sic et scriptum est: Factus est primus homo Adam in ánimam vivéntem; novíssimus Adam in Spíritum vivificántem. Sed non prius, quod spiritále est, sed quod animále est; deínde quod spiritále. Primus homo de terra terrénus, secúndus homo de cælo. Qualis terrénus, tales et terréni, et qualis cæléstis, tales et cæléstes; et sicut portávimus imáginem terréni, portábimus et imáginem cæléstis. Hoc autem dico, fratres, quóniam caro et sanguis regnum Dei possidére non possunt, neque corrúptio incorruptélam possidébit. S'il y a un corps psychique, il y a aussi un corps spirituel. C'est ainsi qu'il est écrit: Le premier homme, Adam, a été fait âme vivante; le dernier Adam, esprit vivifiant. Mais ce n'est pas le spirituel qui paraît d'abord; c'est le psychique, puis le spirituel. Le premier homme, issu du sol, est terrestre, le second, lui, vient du ciel. Tel a été le terrestre, tels seront aussi les terrestres; tel le céleste, tels seront aussi les célestes. Et de même que nous avons porté l'image du terrestre, nous porterons aussi l'image du céleste. Je l'affirme, frères: la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, ni la corruption hériter de l'incorruptibilité.
R/. Deo subiécta esto, ánima mea, quóniam ab ipso patiéntia mea; * Quia ipse Deus meus. V/. In Deo salutáre meum et glória mea; Deus auxílii mei, et spes mea in Deo est. * Quia. R/. Je veux m'abandonner au Seigneur; oui, mon espoir vient de lui; * Lui seul est mon Dieu. V/. Mon salut et ma gloire se trouvent près de Dieu; chez Dieu, mon refuge, mon espérance! * Lui seul.
Lectio III Lecture III
Ecce mystérium vobis dico: Non omnes quidem dormiémus, sed omnes immutábimur, in moménto, in ictu óculi, in novíssima tuba; canet enim, et mórtui suscitabúntur incorrúpti, et nos immutábimur. Opórtet enim corruptíbile hoc indúere incorruptélam, et mortále indúere immortalitátem. Cum autem corruptíbile hoc indúerit incorruptélam, et mortále hoc indúerit immortalitátem, tunc fiet sermo, qui scriptus est: Absórpta est mors in victória. Ubi est, mors, victória tua? Ubi est, mors, stímulus tuus ? Stímulus autem mortis peccátum est, virtus vero peccáti lex. Deo autem grátias, qui dedit nobis victóriam per Dóminum nostrum Iesum Christum. Itaque, fratres mei dilécti, stábiles estóte, immóbiles, abundántes in ópere Dómini semper, sciéntes quod labor vester non est inánis in Dómino. Oui, je vais vous dire un mystère: nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés. En un instant, en un clin d'œil, au son de la trompette finale, car elle sonnera, la trompette, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés. Il faut, en effet, que cet être corruptible revête l'incorruptibilité, que cet être mortel revête l'immortalité. Quand donc cet être corruptible aura revêtu l'incorruptibilité et que cet être mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite: La mort a été engloutie dans la victoire. Où est-elle, ô mort, ta victoire? Où est-il, ô mort, ton aiguillon? L'aiguillon de la mort, c'est le péché, et la force du péché, c'est la Loi. Mais grâces soient à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ! Ainsi donc, mes frères bien-aimés, montrez-vous fermes, inébranlables, toujours en progrès dans l'œuvre du Seigneur, sachant que votre labeur n'est pas vain dans le Seigneur.
R/. Deus, in te sperávi, Dómine, non confúndar in ætérnum. * In tua iustítia líbera me et éripe me. V/. Esto mihi in Deum protectórem et in locum munítum, ut salvum me fácias. * In tua iustítia. V/. Glória Patri. * In tua iustítia. R/. En toi, Seigneur, j'ai mon refuge: garde-moi d'être humilié pour toujours. * Dans ta justice, défends-moi, libère-moi. V/. Sois le rocher qui m'abrite, la citadelle qui me sauve. * Dans ta justice. V/. Gloire au Père. * Dans ta justice.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Libris Morálium sancti Gregórii Magni papæ (Lib. 14, 70: SC 212, 428...433) Morales de saint Grégoire le Grand
Lectio I Lecture I
Sunt nonnúlli qui considerántes quod spíritus a carne sólvitur, quod caro in putrédinem vértitur, quod putrédo in púlverem redígitur, quod pulvis ita in eleménta sólvitur, ut nequáquam ab humánis óculis videátur, resurrectiónem fíeri posse despérant; et dum árida ossa inspíciunt, hæc vestíri cárnibus rursúmque ad vitam viridéscere posse diffídunt. Considérant que l'esprit se libère de la chair, que la chair se change en pourriture, que la pourriture est réduite en poussière, que la poussière est réduite à ses éléments au point de devenir invisible aux yeux de l'homme, quelques esprits désespèrent de pouvoir ressusciter; ils ont sous les yeux des os desséchés: que ces os se revêtent de leur chair et puissent retrouver la verte fraîcheur de la vie, ils n'ont pas une telle foi.
R/. Repleátur os meum laude ut hymnum dicam glóriæ tuæ, tota die magnificéntiæ tuæ. Noli me proícere in témpore senectútis; * Cum defécerit virtus mea, Deus, ne derelínquas me. V/. Gaudébunt lábia mea, cum cantávero tibi, et ánima mea, quam redemísti. * Cum. R/. Je n'aurai que ta louange à la bouche, pour célébrer tout le jour ta splendeur, chanter une hymne à ta gloire. Ne me rejette pas maintenant que j'ai vieilli; * Alors que décline ma vigueur, mon Dieu, ne m'abandonne pas. V/. Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, et dans mon âme que tu as rachetée! * Alors que.
Lectio II Lecture II
Qui si resurrectiónis fidem ex obœdiéntia non tenent, certe hanc tenére ex ratióne debuérunt. Quid enim cotídie nisi resurrectiónem nostram in eleméntis suis mundus imitátur? Per cotidiána quippe moménta lux ipsa temporális quasi móritur, dum superveniéntibus noctis ténebris, ea quæ aspiciebátur subtráhitur et quasi cotídie resúrgit, dum lux abláta óculis, suppréssa íterum nocte reparátur. Per moménta quoque témporum cérnimus arbústa viriditátem foliórum amíttere, a frúctuum prolatióne cessáre; et ecce súbito quasi ex arescénti ligno velut quadam resurrectióne veniénte vidémus fólia erúmpere, fructus grandéscere, et totam árborem redivívo decóre vestíri. Indésinénter cérnimus parva árborum sémina terræ humóribus commendári, ex quibus non longe post aspícimus magna arbústa súrgere, fólia pomáque proférre. Eh bien, s'ils ne gardent pas la foi en la résurrection par obéissance, du moins devraient-ils la garder par raison. Qu'imite, en effet, chaque jour le monde en ses propres éléments? N'est-ce pas notre propre résurrection? Oui, d'heure en heure chaque jour, la lumière du temps nous donne l'impression de mourir jusqu'au moment où la venue des ténèbres de la nuit la soustrait aux regards, et l'on peut dire que chaque jour elle ressuscite quand la lumière dérobée à nos yeux recouvre, avec la disparition de la nuit, tout son éclat. De saison en saison aussi, nous observons que les arbres perdent la verdure de leur feuillage et cessent de produire des fruits, et voici que soudain, comme si d'un bois qui se dessèche jaillissait une véritable résurrection, nous voyons les feuilles poindre, les fruits grossir, et l'arbre tout entier se revêtir d'une beauté renaissante. Indéfiniment nous observons que de petites semences d'arbres sont confiées aux sucs de la terre et, bientôt après, nous en voyons surgir des pousses qui grandissent, qui étalent feuilles et fruits.
R/. Gaudébunt lábia mea, cum cantávero tibi, * Et ánima mea, quam redemísti, Dómine. V/. Sed et lingua mea meditábitur iustítiam tuam, tota die laudem tuam. * Et ánima mea. R/. Joie sur mes lèvres qui chantent pour toi, * Et dans mon âme que tu as rachetée, Seigneur! V/. Alors ma langue redira ta justice, tout le jour, ta louange. * Et dans mon âme.
Lectio III Lecture III
Quia ergo rationáles sumus cónditi, spem resurrectiónis nostræ ex ipsa debémus rerum spécie et contemplatióne collígere. Sed quia in nobis sensus tórpuit ratiónis, accéssit in exémplum grátia Redemptóris. Venit namque cónditor noster, suscépit mortem, osténdit resurrectiónem, ut qui resurrectiónis spem ex ratióne tenére nolúimus, hanc ex eius adiutório et exémplo tenerémus. Puisque donc nous sommes, par notre constitution même, des êtres doués de raison, l'espérance de notre résurrection devrait s'imposer à notre regard, à notre contemplation même devant le monde extérieur. Mais comme s'est engourdi en nous le jugement de la raison, pour nous donner un exemple, nous est venue, de surcroît, la grâce du Rédempteur. Oui, il est venu, celui qui a constitué notre être, il a assumé la mort, il a manifesté sa résurrection, afin que nous, qui n'avons pas voulu garder l'espérance de la résurrection par raison, nous la gardions avec son secours, avec son exemple.
R/. Mihi autem adhærére Deo bonum est, * Pónere in Dómino Deo spem meam. V/. Ut annúntiem omnes laudatiónes tuas in portis fíliæ Sion, * Pónere. V/. Glória Patri. * Pónere. R/. Pour moi, il est bon d'être intime avec Dieu; * J'ai pris refuge auprès de mon Dieu. V/. Pour annoncer les merveilles du Seigneur aux portes de Sion, * J'ai pris refuge. V/. Gloire au Père. * J'ai pris refuge.