Vigiles (OSB) du vendredi 1 mars 2019 -

Hebdomada VII per annum VIIème semaine dans l'année
Feria VI Vendredi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula prima beáti Pauli apóstoli ad Corínthios 12, 31b - 13, 13 De la première lettre de saint Paul aux Corinthiens
Lectio I Lecture I
Adhuc excellentiórem viam vobis demónstro. Si linguis hóminum loquar et angelórum, caritátem autem non hábeam, factus sum velut æs sonans aut cýmbalum tínniens. Et si habúero prophetíam et nóverim mystéria ómnia et omnem sciéntiam, et si habúero omnem fidem, ita ut montes tránsferam, caritátem autem non habúero, nihil sum. Et si distribúero in cibos omnes facultátes meas et si tradídero corpus meum, ut glórier, caritátem autem non habúero, nihil mihi prodest. Je vais encore vous montrer une voie qui les dépasse toutes. Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.
R/. Confitébor tibi, Dómine Deus, in toto corde meo, et honorificábo nomen tuum in ætérnum, * Quia misericórdia tua, Dómine, magna est super me. V/. Et eripuísti ánimam meam ex inférno inferióri, * Quia. R/. Je te rends grâce de tout mon cœur, Seigneur mon Dieu, toujours je rendrai gloire à ton nom; * Il est grand, Seigneur, ton amour pour moi! V/. Tu m'as tiré de l'abîme des morts: * Il est grand.
Lectio II Lecture II
Caritas pátiens est, benígna est cáritas, non æmulátur, non agit supérbe, non inflátur, non est ambitiósa, non quærit quæ sua sunt, non irritátur, non cógitat malum, non gaudet super iniquitátem, congáudet autem veritáti; ómnia suffert, ómnia credit, ómnia sperat, ómnia sústinet. La charité est longanime; la charité est serviable; elle n'est pas envieuse; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.
R/. Misericórdia tua, Dómine, magna est super me, * Et liberásti ánimam meam ex inférno inferióri. V/. Deus, iníqui insurrexérunt in me, et fortes quæsiérunt ánimam meam. * Et liberásti. R/. Il est grand, Seigneur, ton amour pour moi: * Tu m'as délivré de l'abîme des morts! V/. Mon Dieu, des orgueilleux se lèvent contre moi, des puissants cherchent ma perte. * Tu m'as délivré.
Lectio III Lecture III
Caritas numquam éxcidit. Sive prophetíæ, evacuabúntur; sive linguæ, cessábunt; sive sciéntia, destruétur. Ex parte enim cognóscimus et ex parte prophetámus; cum autem vénerit quod perféctum est, evacuábitur quod ex parte est. Cum essem párvulus, loquébar ut párvulus, sapiébam ut párvulus, cogitábam ut párvulus; quando factus sum vir, evacuávi quæ erant párvuli. Vidémus enim nunc per spéculum in ænígmate, tunc autem fácie ad fáciem; nunc cognósco ex parte, tunc autem cognóscam, sicut et cógnitus sum. Nunc autem manet fides, spes, cáritas, tria hæc; maior autem ex his est cáritas. La charité ne passe jamais. Les prophéties? Elles disparaîtront. Les langues? Elles se tairont. La science? Elle disparaîtra. Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie. Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j'étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant; une fois devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. Car nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face. À présent, je connais d'une manière partielle; mais alors je connaîtrai comme je suis connu. Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est la charité.
R/. Miserére mei, Dómine, quóniam ad te clamábo tota die. Lætífica ánimam servi tui, quóniam ad te, Dómine, ánimam meam levávi. * Quóniam tu, Dómine, suávis ac mitis es ómnibus invocántibus te. V/. Non est símilis tui in diis, Dómine, et non est secúndum ópera tua; * Quóniam. V/. Glória Patri. * Quóniam. R/. Prends pitié de moi, Seigneur, toi que j'appelle tout le jour. Seigneur, réjouis ton serviteur: vers toi, j'élève mon âme! * Toi qui es doux et bienveillant, plein d'amour pour tous ceux qui t'invoquent. V/. Aucun parmi les dieux n'est comme toi, Seigneur, et rien n'égale tes œuvres; * Toi. V/. Gloire au Père. * Toi.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Sermónibus sancti Bernárdi abbátis super Cántica canticórum (Sermo 12, 1.5: EC 1, 60-61.63-64) Sermon de saint Bernard sur le Cantique des cantiques
Lectio I Lecture I
Duo me unguénta vobis tradidísse recórdor: unum contritiónis, delícta multa compléctens, álterum devotiónis, multa cóntinens benefícia. Sed est unguéntum quod ambóbus longe antecéllit, et hoc appelláverim pietátis, eo quod fiat de necessitátibus páuperum, de anxietátibus oppressórum, de perturbatiónibus trístium, de culpis delinquéntium, et postrémo de ómnibus quorúmlibet miserórum ærúmnis, etiámsi fúerint inimíci. Despicábiles vidéntur spécies istæ; sed est super ómnia arómata unguéntum quod ex eis confícitur. Sanatívum est: Beáti enim misericórdes, quóniam ipsi misericórdiam consequéntur. Je me souviens de vous avoir présenté deux parfums: celui du regret, qui s'étend à tous les péchés, et celui de la reconnaissance, qui renferme tous les bienfaits de Dieu. Mais il est un parfum qui l'emporte de loin sur ces deux-là; je l'appellerai le parfum de la compassion. Il se compose, en effet, des affres de la pauvreté, des angoisses où vivent les opprimés, des inquiétudes de la tristesse, des fautes des pécheurs, bref de toutes les peines de hommes, fussent-ils nos ennemis. Ces ingrédients semblent méprisables, et pourtant le parfum où ils entrent est supérieur à tous les autres. C'est un baume qui guérit: Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde.
R/. Quis est homo qui vivit et non vidébit mortem? * Aut quis éruet ánimam suam de manu ínferi? V/. Quis novit potestátem iræ tuæ aut præ timóre tuo iram tuam dinumeráre? * Aut. R/. Qui donc peut vivre et ne pas voir la mort? * Qui s'arracherait à l'emprise des enfers? V/. Qui comprendra la force de ta colère? Qui peut t'adorer dans tes fureurs? * Qui s'arracherait.
Lectio II Lecture II
Quis putas est iucúndus homo qui miserétur et cómmodat, pronus cómpati, subveníre promptus, dare quam accípere beátius iúdicans, ignóscere fácilis, irásci diffícilis, ulcísci pénitus non acquiéscens, et per ómnia proximórum æque ut próprias respíciens necessitátes? O quæcúmque es ánima sic affécta, sic imbúta rore misericórdiæ, sic áffluens pietátis viscéribus, sic te ómnibus ómnia fáciens, sic facta ipsa tibi tamquam vas pérditum, ut céteris præsto ubíque semper occúrras atque succúrras, sic dénique mórtua tibi, ut vivas ómnibus: tu plane tértium optimúmque unguéntum felix póssides. Qui est, à votre avis, cet homme heureux qui a pitié d'autrui et qui prête son bien, enclin à la compassion, prompt à secourir le prochain, plus content de donner que de recevoir, cet homme qui pardonne aisément, résiste à la colère, ne consent pas à la vengeance, et en toutes choses regarde comme siennes les misères des autres? Quelle que soit cette âme imprégnée de la rosée de la compassion, au cœur débordant de pitié, qui se fait tout à tous, qui n'est pour elle-même qu'un vase fêlé où rien n'est jalousement gardé, cette âme si bien morte à elle-même qu'elle vit uniquement pour autrui, elle a le bonheur de posséder le troisième parfum et le meilleur.
R/. Factus est mihi Dóminus in refúgium, * Et Deus meus in auxílium spei meæ. V/. Deus ultiónum Dóminus, Deus ultiónum líbere egit. * Et. R/. Le Seigneur est mon refuge, * Mon Dieu, l'espoir de mon salut. V/. Le Dieu qui fait justice, le Seigneur, le Dieu qui fait justice agit librement. * Mon Dieu.
Lectio III Lecture III
Tu quoque, si donum quod désuper accepísti, nobis contubernálibus tuis libénter impertiáris, si te exhíbeas ubíque inter nos officiósum, si affectuósum, si gratum, si tractábilem, si húmilem, testimónium habébis ab ómnibus quod fragres et ipse unguéntis óptimis. Omnis in vobis, qui fratérnas infirmitátes, tam córporum quam animórum, non solum patiénter suppórtat, sed ínsuper, si licet et si valet, iuvat obséquiis, confórtat allóquiis, consíliis infórmat, si hoc non potest propter disciplínam, sollícitis saltem oratiónibus solatiári non cessat infírmo, omnis, inquam, qui tália operátur in vobis, bonum omníno odórem spargit inter fratres, et odórem de unguéntis óptimis. Monstrátur dígito, et dicunt de eo omnes: Hic est fratrum amátor et pópuli Israel; hic est qui multum orat pro pópulo et univérsa sancta. Et vous, mes frères, si vous avez reçu quelque don d'en haut, ne tardez pas à en faire part à vos compagnons, en vous montrant parmi nous serviables, aimables, reconnaissants, d'humeur facile et modeste; tous alors, nous pourrons attester que vous aussi vous répandez les meilleurs parfums. Quiconque d'entre vous supporte patiemment les infirmités physiques et morales de ses frères, ou mieux encore, les soulage de ses services, de ses encouragements, de l'aide qu'il peut donner, ou, au moins de ses prières assidues, quiconque agit ainsi est, dans une communauté, la source d'où émanent les parfums spirituels. On se le montre en disant: Voilà l'ami de ses frères et du peuple d'Israël; voilà celui qui prie beaucoup pour le peuple et pour toute la cité sainte.
R/. Misericórdiam et iudícium cantábo tibi, Dómine; psallam et intélligam * In via immaculáta, quando vénies ad me. V/. Perambulábam in innocéntia cordis mei, in médio domus meæ, * In via. V/. Glória Patri. * In via. R/. À toi, Seigneur, je chanterai justice et bonté; je chanterai mes hymnes et j'irai avec intelligence * Sur le chemin de la perfection, lorsque tu viendras jusqu'à moi. V/. Je marcherai dans l'innocence de mon cœur avec ceux de ma maison, * Sur le chemin. V/. Gloire au Père. * Sur le chemin.