Vigiles (OSB) du mardi 19 mars 2019 - ST JOSEPH, EPOUX DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

Hebdomada II Quadragesimae IIème semaine de Carême
Feria III Mardi
S. IOSEPH, SPONSI B. M. V. ST JOSEPH, EPOUX DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE
Sollemnitas Solennité
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De libro Deuteronómii Du livre du Deutéronome
Lectio I Lecture I
In diébus illis: Locútus est Móyses pópulo dicens: " Cum intráveris terram quam Dóminus Deus tuus tibi datúrus est possidéndam, et obtinúeris eam atque habitáveris in illa, tolles primítias de cunctis frúgibus agri quas collégeris de terra tua quam Dóminus Deus tuus dabit tibi, et pones in cartállo pergésque ad locum quem Dóminus Deus tuus elégerit ut ibi hábitet nomen eius, accedésque ad sacerdótem qui fúerit in diébus illis, et dices ad eum: "Profíteor hódie coram Dómino Deo tuo quod ingréssus sim terram pro qua iurávit pátribus nostris ut daret eam nobis". " En ce temps-là, Moïse s'adressa au peuple pour lui dire: " Lorsque tu parviendras au pays que le Seigneur ton Dieu te donne en héritage, lorsque tu le posséderas et l'habiteras, tu prélèveras les prémices de tous les produits du sol que tu auras fait pousser au pays que te donne le Seigneur ton Dieu. Tu les mettras dans une hotte, et tu te rendras au lieu choisi par le Seigneur ton Dieu pour y faire habiter son nom. Tu iras trouver le prêtre alors en charge, et tu lui diras: "Je déclare aujourd'hui au Seigneur mon Dieu que je suis arrivé au pays que le Seigneur avait juré à nos pères de nous donner". "
R/. Vos qui transitúri estis Iordánem, ædificáte altáre Dómino de lapídibus quos ferrum non tétigit, et offérte super illud holocáusta et hóstias pacíficas * Deo vestro. V/. Cumque intravéritis terram quam Dóminus datúrus est vobis, ædificáte ibi altáre Dómino * Deo. R/. Le jour où vous passerez le Jourdain, vous bâtirez un autel au Seigneur, fait de pierres brutes, que le fer n'aura pas touchées; et sur cet autel, vous offrirez des holocaustes et des sacrifices de paix au Seigneur * Votre Dieu. V/. Lorsque vous serez entrés sur la terre du pays que le Seigneur vous donne, vous y construirez un autel pour le Seigneur * Votre Dieu.
Lectio II Lecture II
Suscipiénsque sacérdos cartállum de manu tua ponet ante altáre Dómini Dei tui, et loquéris in conspéctu Dómini Dei tui: "Syrus vagus erat pater meus et descéndit in Ægýptum et ibi peregrinátus est in paucíssimo número; crevítque in gentem magnam ac robústam et infinítæ multitúdinis. Afflixerúntque nos Ægýptii et persecúti sunt imponéntes ónera gravíssima. Et clamávimus ad Dóminum, Deum patrum nostrórum, qui exaudívit nos et respéxit humilitátem nostram et labórem atque angústias, et edúxit nos Dóminus de Ægýpto in manu forti et bráchio exténto, in ingénti pavóre, in signis atque porténtis, et introdúxit ad locum istum et trádidit nobis terram hanc lacte et melle manántem. Et ecce nunc áttuli primítias frugum terræ quam dedísti mihi, Dómine". Et dimíttes eas in conspéctu Dómini Dei tui et adoráto Dómino Deo tuo. Et epuláberis in ómnibus bonis quæ Dóminus Deus tuus déderit tibi et dómui tuæ, tu et Levítes et ádvena qui tecum est. " Le prêtre prendra de ta main la hotte et la déposera devant l'autel du Seigneur ton Dieu. Tu prononceras ces paroles devant le Seigneur ton Dieu: "Mon père était un Araméen errant qui descendit en Égypte, et c'est en petit nombre qu'il y séjourna, avant d'y devenir une nation grande, puissante et nombreuse. Les Égyptiens nous maltraitèrent, nous brimèrent et nous imposèrent une dure servitude. Nous avons fait appel au Seigneur le Dieu de nos pères. Le Seigneur entendit notre voix, il vit notre misère, notre peine et notre oppression, et le Seigneur nous fit sortir d'Égypte à main forte et à bras étendu, par une grande terreur, des signes et des prodiges. Il nous a conduits ici et nous a donné cette terre, terre qui ruisselle de lait et de miel. Voici que j'apporte maintenant les prémices des produits du sol que tu m'as donné, Seigneur". Tu les déposeras devant le Seigneur ton Dieu et tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu. Puis tu te réjouiras de toutes les bonnes choses dont le Seigneur ton Dieu t'a gratifié, toi et ta maison, - toi ainsi que le lévite et l'étranger qui est chez toi. "
R/. Sicut fui cum Móyse, ita ero tecum, dicit Dóminus. * Confortáre et esto robústus; introdúces pópulum meum ad terram lacte et melle manántem. V/. Quóniam tecum est Dóminus Deus tuus, in ómnibus ad quæcúmque perréxeris. * Confortáre. R/. Je serai avec toi, comme j'ai été avec Moïse, déclare le Seigneur.* Sois ferme et courageux; tu feras entrer mon peuple sur la terre d'un pays ruisselant de lait et de miel. V/. Car le Seigneur ton Dieu est avec toi, quoi que tu fasses, où que tu ailles. * Sois ferme.
Lectio III Lecture III
Quando compléveris décimam cunctárum frugum tuárum, anno tértio, anno decimárum, et déderis Levítæ et ádvenæ et pupíllo et víduæ, ut cómedant intra portas tuas et saturéntur, loquéris in conspéctu Dómini Dei tui: "Abstuli quod sanctificátum est de domo mea et dedi illud Levítæ et ádvenæ, pupíllo ac víduæ, sicut iussísti mihi; non præterívi mandáta tua nec sum oblítus impérii tui, non comédi ex eis in luctu meo, nec separávi ex eis in quálibet immundítia, nec expéndi ex his quidquam mórtuo: oboedívi voci Dómini Dei mei et feci ómnia, sicut præcepísti mihi. Réspice de habitáculo sancto tuo, de cælo, et bénedic pópulo tuo Israel et terræ quam dedísti nobis, sicut iurásti pátribus nostris, terræ lacte et melle manánti". " La troisième année, année de la dîme, lorsque tu auras achevé de prendre la dîme de tous tes revenus et que tu l'auras donnée au lévite, à l'étranger, à la veuve et à l'orphelin, et que, l'ayant consommée dans tes villes, ils s'en seront rassasiés, tu diras en présence du Seigneur ton Dieu: "J'ai retiré de ma maison ce qui était consacré. Oui, je l'ai donné au lévite, à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve, selon tous les commandements que tu m'as faits, sans outrepasser tes commandements ni les oublier. Je n'en ai rien mangé quand j'étais en deuil, je n'en ai rien retiré quand j'étais impur, je n'ai rien donné pour un mort. J'ai obéi à la voix du Seigneur mon Dieu et j'ai agi selon tout ce que tu m'avais ordonné. De la demeure de ta sainteté, des cieux, regarde et bénis Israël ton peuple, ainsi que la terre que tu nous as donnée comme tu l'avais juré à nos pères, terre qui ruisselle de lait et de miel". "
R/. Pópule meus, quid feci aut quid moléstus fui tibi? Respónde mihi. Quóniam ego edúxi vos de terra Ægýpti et de domo servitútis. Quadragínta annos in erémo manna plui vobis, * Et oblíti estis me, dicit Dóminus. V/. Addúxi vos per desértum quadragínta annos in erémo, ego Dóminus. * Et oblíti. V/. Glória Patri. * Et oblíti. R/. Ô mon peuple, que t'ai-je fait? En quoi t'ai-je contristé? Réponds-moi! N'est-ce pas moi qui vous ai fait sortir de la terre d'Égypte, de la maison de servitude? Durant quarante années, dans le désert, n'ai-je pas fait pleuvoir du ciel, pour vous, une manne? * Et vous m'avez oublié, déclare le Seigneur. V/. Pendant quarante ans, à travers les terres arides, je vous ai conduits au milieu du désert, moi, le Seigneur! * Et vous. V/. Gloire au Père. * Et vous.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Enarratiónibus sancti Augustíni epíscopi in psalmos (En. in ps. 140, 4-5: CCL 40, 2028-2029) Commentaire de saint Augustin sur le psaume 140
Lectio I Lecture I
Domine, clamávi ad te, exáudi me. Hoc omnes póssumus dícere. Hoc non dico, totus Christus dicit. Sed magis ex persóna córporis dictum est; quia et cum hic esset, carnem portans orávit, et ex persóna córporis orávit Patrem, et cum oráret globi sánguinis de toto córpore eius distillábant. Sic scriptum est in evangélio: Orávit Iesus inténta oratióne et sudávit sánguinem. Quid est de toto córpore sánguinis efflúxio, nisi de tota Ecclésia mártyrum pássio? Dómine, clamávi ad te, exáudi me; inténde voci deprecatiónis meæ, dum clamávero ad te. Iam finítum negótium clamándi putábas, cum díceres: Clamávi ad te? Clamásti, iam noli esse secúrus. Si finíta est tribulátio, finítus est clamor; si autem manet tribulátio Ecclésiæ et córporis Christi usque in finem sæculi, non tantum dicat: Clamávi ad te, exáudi me, sed: Inténde voci deprecatiónis meæ, dum clamávero ad te. Seigneur, j'ai crié vers toi, écoute-moi! Nous pouvons tous dire cela. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Christ total qui le dit. Mais cela est dit davantage au nom de son corps; car, lorsqu'il était ici-bas, il a prié en portant notre chair, et c'est au nom de son corps qu'il a prié son Père. Tandis qu'il priait, de grosses gouttes de sang sortaient de tout son corps. C'est ce qui est écrit dans l'évangile: Jésus priait avec plus d'insistance et il eut une sueur de sang. Ce sang qui jaillit de tout le corps, n'est-ce pas la souffrance des martyrs, qui appartient à toute l'Église? Seigneur, je crie vers toi, écoute-moi! Entends la voix de ma prière quand je crierai vers toi. Tu croyais avoir fini de crier, quand tu disais: Seigneur, j'ai crié vers toi. Tu as crié, mais ne t'apaise pas encore. Si la détresse est finie, c'en est fini de crier; mais si la détresse de l'Église et du corps du Christ se maintient jusqu'à la fin du monde, il ne faut pas dire seulement: J'ai crié vers toi, écoute-moi, mais aussi: Entends la voix de ma prière quand je crierai vers toi.
R/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis. Commendémus nosmetípsos in multa patiéntia, in ieiúniis multis, * Per arma iustítiæ virtútis Dei. V/. In ómnibus exhibeámus nosmetípsos sicut Dei minístros, ut non vituperétur ministérium nostrum. * Per arma. R/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut. Méritons le respect par notre endurance, par nos jeûnes prolongés, * Par les armes de justice de la puissance de Dieu. V/. Pour que notre ministère ne soit pas décrié, présentons-nous en toute circonstance comme de vrais ministres de Dieu. * Par les armes.
Lectio II Lecture II
Dirigátur orátio mea tamquam incénsum in conspéctu tuo; elevátio mánuum meárum sacrifícium vespertínum. Hoc de ipso cápite solére intéllegi, omnis christiánus agnóscit. Declinánte enim iam die in vésperum, Dóminus in cruce ánimam depósuit receptúrus, non amísit invítus. Sed tamen et ibi nos figuráti sumus. Quid enim illíus pepéndit in ligno, nisi quod de nobis accépit? Et unde fíeri potest ut aliquándo Deus Pater dimíttat et déserat únicum Fílium, qui útique cum illo unus Deus est? Et tamen nostram infirmitátem figens in cruce, ubi vetus homo noster, sicut dicit Apóstolus, confíxus est cruci cum illo, ex voce ipsíus hóminis nostri clamávit: Deus meus, Deus meus, ut quid me dereliquísti? Que ma prière, devant toi, s'élève comme un encens, et mes mains comme le sacrifice du soir. Tout chrétien reconnaît que cela s'entend habituellement de son chef en personne. En effet, tandis que le jour déclinait, vers le soir, le Seigneur sur la croix donna sa vie pour la reprendre; il ne l'a pas perdue contre sa volonté. Cependant, nous sommes représentés là aussi. Qu'est-ce qui a été cloué au gibet, sinon ce que le Seigneur a reçu de nous? Et comment peut-il se faire que Dieu le Père délaisse et abandonne son Fils unique, qui n'est avec lui qu'un seul Dieu? Cependant, en fixant notre faible nature sur la croix, puisque, selon l'Apôtre, l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui, c'est par la voix de cet homme qui est en nous qu'il a crié: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?
R/. Paradísi portas apéruit nobis ieiúnii tempus. Suscipiámus illud orántes et deprecántes, * Ut in die resurrectiónis cum Dómino gloriémur. V/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem. * Ut in die. R/. Les portes du paradis nous ont été ouvertes par un temps de jeûne. Accueillons donc ce temps, dans la prière et la supplication, * Afin qu'au jour de la résurrection, nous soyons glorifiés avec le Seigneur. V/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin.
Lectio III Lecture III
Illud ergo est sacrifícium vespertínum, pássio Dómini, crux Dómini, oblátio víctimæ salutáris, holocáustum accéptum Deo. Illud sacrifícium vespertínum fecit in resurrectióne munus matutínum. Orátio ergo pure dirécta de corde fidéli, tamquam de ara sancta surgit incénsum. Nihil est delectabílius odóre Dómini: sic óleant omnes qui credunt. Voilà donc ce qui est le sacrifice du soir: la passion du Seigneur, la croix du Seigneur, l'oblation de la victime de notre salut, l'holocauste agréé par Dieu. Ce sacrifice du soir, il en a fait, par sa résurrection, l'offrande du matin. La prière qui s'élève, dans sa pureté, du cœur fidèle, est comme l'encens qui monte de l'autel. Rien n'est plus délectable que ce parfum du Seigneur, et tous ceux qui croient doivent en être imprégnés.
R/. Emendémus in mélius quæ ignoránter peccávimus, ne súbito præoccupáti die mortis, quærámus spátium pæniténtiæ, et inveníre non possímus. * Atténde, Dómine, et miserére, quia peccávimus tibi. V/. Peccávimus cum pátribus nostris, iniúste égimus, iniquitátem fécimus. * Atténde. V/. Glória Patri. * Atténde. R/. Réparons par une meilleure conduite les péchés de notre aveuglement, de peur que, surpris tout-à-coup par la mort, nous cherchions en vain le temps de faire pénitence. * Vois, Seigneur, prends-nous en pitié: nous avons péché contre toi! V/. Avec nos pères, nous avons péché, nous avons failli, renié. * Vois. V/. Gloire au Père. * Vois.