Vigiles (OSB) du samedi 23 mars 2019 -

Hebdomada II Quadragesimae IIème semaine de Carême
Sabbato Samedi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De libro Deuteronómii Du livre du Deutéronome
Lectio I Lecture I
In diébus illis: Locútus est Dóminus ad Móysen dicens: " Ascénde in montem istum Abarim, in montem Nabo, qui est in terra Moab contra Iéricho, et vide terram Chánaan quam ego tradam fíliis Israel obtinéndam. Et mórere in monte quem conscéndens iungéris pópulo tuo, sicut mórtuus est Aaron frater tuus in monte Hor et appósitus pópulo suo. Quia prævaricáti estis contra me in médio filiórum Israel ad aquas Meribáthcades desérti Sin, quia non sanctificástis me inter fílios Israel. E contra vidébis terram et non ingrediéris in eam quam ego dabo fíliis Israel. " Le Seigneur parla à Moïse et lui dit: " Monte sur cette montagne des Abarim, sur le mont Nebo, au pays de Moab, face à Jéricho, et regarde le pays de Canaan que je donne en propriété aux Israélites. Meurs sur la montagne où tu seras monté, et tu seras réuni aux tiens, comme Aaron ton frère, mort sur la montagne de Hor, fut réuni aux siens. Parce que vous m'avez été infidèles au milieu des Israélites aux eaux de Meriba-Cadès, dans le désert de Cîn, parce que vous n'avez pas manifesté ma sainteté au milieu des Israélites, c'est du dehors seulement que tu verras le pays, mais tu n'y pourras entrer, en ce pays que je donne aux Israélites. "
R/. Atténdite, pópule meus, legem meam, * Inclináte aurem vestram in verba oris mei. V/. Apériam in parábolis os meum; loquar propositiónes ab inítio sæculi. * Inclináte. R/. Écoute ma loi, ô mon peuple, * Tends l'oreille aux paroles de ma bouche. V/. J'ouvrirai la bouche pour une parabole, je publierai ce qui fut caché dès l'origine. * Tends l'oreille.
Lectio II Lecture II
Ascéndit ergo Móyses de campéstribus Moab super montem Nabo in vérticem Phasga contra Iéricho; ostendítque ei Dóminus omnem terram Gálaad usque Dan et univérsum Néphthali terrámque Ephraim et Manásse et omnem terram Iudæ usque ad mare occidentále et Nageb et latitúdinem campi Iéricho civitátis palmárum usque Segor. Dixítque Dóminus ad eum: " Hæc est terra pro qua iurávi Abraham, Isaac et Iacob, dicens: Sémini tuo dabo eam. Vidísti eam óculis tuis et non transíbis ad illam. " Alors, partant des Steppes de Moab, Moïse gravit le mont Nebo, sommet du Pisga en face de Jéricho, et le Seigneur lui fit voir tout le pays: le Galaad jusqu'à Dan, tout Nephtali, le pays d'Éphraïm et de Manassé, tout le pays de Juda jusqu'à la mer Occidentale, le Négeb, le district de la vallée de Jéricho, ville de palmiers, jusqu'à Çoar. Le Seigneur lui dit: " Voici le pays que j'ai promis par serment à Abraham, Isaac et Jacob, en ces termes: Je le donnerai à ta postérité. Je te l'ai fait voir de tes yeux, mais tu n'y passeras pas. "
R/. Audi, Israel, præcépta Dómini, et ea in corde tuo quasi in libro scribe; * Et dabo tibi terram fluéntem lac et mel. V/. Obsérva ígitur et audi vocem meam, et inimícus ero inimícis tuis. * Et dabo. R/. Écoute, Israël, écoute les préceptes du Seigneur! Inscris-les dans ton cœur comme sur un livre; * Et je te donnerai une terre, un pays ruisselant de lait et de miel. V/. Mets donc en pratique, Israël, et entends ma parole! Alors, je serai l'ennemi de tes ennemis, * Et je te donnerai.
Lectio III Lecture III
Mortuúsque est ibi Móyses servus Dómini in terra Moab, iubénte Dómino. Et sepelívit eum in valle in terra Moab contra Béthphegor; et non cognóvit homo sepúlcrum eius usque in præséntem diem. Móyses centum et vigínti annórum erat quando mórtuus est; non caligávit óculus eius, nec robur illíus defécit. Fleverúntque eum fílii Israel in campéstribus Moab trigínta diébus; et compléti sunt dies planctus lugéntium Móysen. Iósue vero fílius Nun replétus est spíritu sapiéntiæ, quia Móyses pósuit super eum manus suas; et oboediérunt ei fílii Israel fecerúntque, sicut præcépit Dóminus Móysi. Et non surréxit ultra prophéta in Israel sicut Móyses quem nosset Dóminus fácie ad fáciem, in ómnibus signis atque porténtis quæ misit per eum, ut fáceret in terra Ægýpti pharaóni et ómnibus servis eius universæque terræ illíus, et in cuncta manu robústa magnísque mirabílibus quæ fecit Móyses coram univérso Israel. C'est là que mourut Moïse, serviteur du Seigneur, en terre de Moab, selon l'ordre du Seigneur; il l'enterra dans la vallée, au pays de Moab, vis-à-vis de Bet-Péor. Jusqu'à ce jour nul n'a connu son tombeau. Moïse avait cent vingt ans quand il mourut; son œil n'était pas éteint, ni sa vigueur épuisée. Les Israélites pleurèrent Moïse trente jours dans les Steppes de Moab. Les jours de pleurs pour le deuil de Moïse s'achevèrent. Josué, fils de Nûn, était rempli de l'esprit de sagesse, car Moïse lui avait imposé les mains. C'est à lui qu'obéirent les Israélites agissant selon l'ordre que le Seigneur avait donné à Moïse. Il ne s'est plus levé en Israël de prophète pareil à Moïse, lui que le Seigneur connaissait face à face. Que de signes et de prodiges le Seigneur lui fit accomplir au pays d'Égypte, contre Pharaon, tous ses serviteurs et tout son pays! Quelle main puissante et quelle grande terreur Moïse avait mises en œuvre aux yeux de tout Israël!
R/. Vos qui transitúri estis Iordánem, ædificáte altáre Dómino de lapídibus quos ferrum non tétigit, et offérte super illud holocáusta et hóstias pacíficas * Deo vestro. V/. Cumque intravéritis terram quam Dóminus datúrus est vobis, ædificáte ibi altáre Dómino * Deo. V/. Glória Patri. * Deo. R/. Le jour où vous passerez le Jourdain, vous bâtirez un autel au Seigneur, fait de pierres brutes, que le fer n'aura pas touchées; et sur cet autel, vous offrirez des holocaustes et des sacrifices de paix au Seigneur * Votre Dieu. V/. Lorsque vous serez entrés sur la terre du pays que le Seigneur vous donne, vous y construirez un autel pour le Seigneur * Votre Dieu. V/. Gloire au Père. * Votre Dieu.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Expositióne sancti Ambrósii epíscopi in Lucam (Lib. 7, 223-225: SC 52, 92-94) Commentaire de saint Ambroise sur l'Évangile de Luc
Lectio I Lecture I
Venit paterfamílias et prima hora condúxit operários, fortásse eos qui a princípio mundi usque ad dilúvium iusti esse meruérunt, de quibus dicit: Et locútus sum ad vos ante lucem; et misi ad vos servos meos prophétas ante lucem. Tértia post dilúvium íncipit, Noe ceterorúmque témpora comprehéndens, qui quasi boni operárii in víneam destinántur; ídeo quasi in prándio inebriátus est Noe. Sextam et réliquas Abrahæ, Isaac et Iacob patriarchárum mérita distínguunt. Nona, inclinánte iam sæculo, et tamquam pallescénte luce virtútis, lex et prophétæ decolorátos mores hóminum notavérunt. Undécimam et quod súperest diéi sacer prodúxit advéntus. Unde et ipse in evangélio dicit: Ambuláte dum lucem habétis. Le père de famille est venu engager dès la première heure des ouvriers: peut-être ceux qui depuis le commencement du monde jusqu'au déluge ont obtenu d'être justes, et dont il est dit: Je vous ai parlé avant le jour, et je vous ai envoyé mes serviteurs les prophètes avant le jour. La troisième heure commence après le déluge: elle renferme l'époque de Noé et des autres qui, comme de bons ouvriers, sont envoyés à la vigne: aussi Noé s'est-il enivré pour ainsi dire au repas de midi. La sixième et les suivantes sont relevées par les mérites des patriarches Abraham, Isaac et Jacob. À la neuvième, le monde étant déjà sur son déclin et la lumière de la vertu pâlissant, la Loi et les prophètes ont dénoncé l'altération des mœurs humaines. Le saint avènement fait paraître la onzième et le restant du jour: aussi dit-il lui-même dans l'évangile: Marchez, tandis que vous avez la lumière.
R/. Abscóndite eleemósynam in sinu páuperis, et ipsa orat pro vobis ad Dóminum, * Quia sicut aqua exstínguit ignem, ita eleemósyna exstínguit peccátum. V/. Honóra Dóminum de tua substántia, et de primítiis frugum tuárum da paupéribus. * Quia sicut. R/. Cache ton aumône dans le sein du pauvre, et elle intercédera pour toi devant Dieu: * De même que l'eau éteint les flammes, l'aumône éteint la dette du péché. V/. Honore de tes biens le Seigneur, et donne aux pauvres les prémices de tes récoltes: * De même que.
Lectio II Lecture II
Sed iam redeámus ad patrem; licet non vérear ne istíus pæniténtiam geréntis exémplo diu abfuísse videámur (numquam enim abfúimus, qui versabámur in vínea in qua si et iste mansísset, non recessísset a patre), cavéndum tamen est ne nos ei reconciliatiónis faciámus moram, quam non fecit pater. Fácile reconciliátur quando impénse rogátur. Et ídeo discámus quali Pater obsecratióne sit ambiéndus. Pater, inquit. Quam miséricors, quam pius, qui nec offénsus pátrium dedignátur nomen audíre! Pater, inquit, peccávi in cælum et coram te. Mais il est temps de revenir au père. Sans doute je ne crains pas qu'à l'exemple de celui qui fit pénitence nous ayons l'air de nous être longtemps absentés: car nous n'avons jamais été absents, puisque nous demeurions dans la vigne; s'il y était resté, lui aussi, il ne se serait pas éloigné de son père. Prenons garde cependant de ne pas retarder sa réconciliation, que le père n'a pas fait attendre. Il se réconcilie volontiers, lorsqu'on l'implore avec instance. Alors apprenons par quelle supplication il faut aborder le Père. Père, dit-il: quelle miséricorde, quelle tendresse, chez celui qui, même offensé, ne refuse pas de s'entendre donner le nom de père! Père, dit-il, j'ai péché contre le ciel et contre toi.
R/. Scíndite corda vestra et non vestiménta vestra, * Et convertímini ad Dóminum Deum vestrum, quia benígnus et miséricors est. V/. Revertímini unusquísque a via sua mala, et a péssimis cogitatiónibus vestris. * Et convertímini. R/. Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, * Et convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux. V/. Revenez donc, chacun, de votre voie mauvaise et de la perversité de vos projets. * Et convertissez-vous.
Lectio III Lecture III
Hæc est prima conféssio apud auctórem natúræ, prsulem misericórdiæ, árbitrum culpæ. Sed etsi Deus novit ómnia, vocem tamen tuæ confessiónis exspéctat. Ore enim conféssio fit ad salútem, quia állevat pondus erróris, quisquis ipse se ónerat; et accusatiónis exclúdit invídiam, qui accusatórem prævenit confiténdo: Iustus enim in primórdio sermónis accusátor est sui. Frustra autem velis occultáre quem nihil fallas; et sine perículo prodas quod scias esse iam cógnitum. Confitére magis, ut intervéniat pro te Christus quem advocátum habémus apud Patrem; roget pro te Ecclésia, et illácrimet pópulus. Nec vereáre ne non ímpetres. Advocátus spondet véniam, patrónus promíttit grátiam, reconciliatiónem tibi patérnæ pietátis pollicétur assértor. Crede, quia véritas est; acquiésce, quia virtus est. Habet et causam ut pro te intervéniat, ne pro te gratis mórtuus sit. Habet causam ignoscéndi Pater, quia quod vult Fílius, vult Pater. Tel est le premier aveu, à l'auteur de la nature, au maître de la miséricorde, au juge de la faute. Mais bien qu'il connaisse tout, Dieu cependant attend l'expression de notre aveu; car c'est par la bouche que se fait la confession en vue du salut, attendu qu'on allège le poids de son égarement quand on se charge soi-même; et c'est couper court à l'animosité de l'accusation que prévenir l'accusateur en avouant: car le juste, dès le début de son discours, est son propre accusateur. D'autre part, il serait vain de vouloir dissimuler à celui que tu ne tromperas sur rien; et tu ne risques rien à dénoncer ce que tu sais être déjà connu. Avoue plutôt, afin que pour toi intervienne le Christ, que nous avons pour avocat auprès du Père; que l'Église prie pour toi, que le peuple pleure sur toi. Et ne redoute pas de ne pas obtenir: l'avocat te garantit le pardon, le patron te promet la grâce, le défenseur t'assure la réconciliation avec la tendresse paternelle. Crois, car il est vérité; sois en repos, car il est force. Il a sujet d'intervenir pour toi, afin de n'être pas inutilement mort pour toi. Le Père aussi a sujet de pardonner, car ce que veut le Fils, le Père le veut.
R/. Frange esuriénti panem tuum, et egénos vagósque induc in domum tuam; * Tunc erúmpet quasi mane lumen tuum, et anteíbit fáciem tuam iustítia tua. V/. Cum víderis nudum, óperi eum, et carnem tuam ne despéxeris. * Tunc erúmpet. V/. Glória Patri. * Tunc erúmpet. R/. Partage ton pain avec l'homme affamé, recueille chez toi le malheureux sans abri; * Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, ta justice marchera devant toi. V/. Couvre celui que tu verras sans vêtement, et ne te dérobe pas à ton semblable; * Alors. V/. Gloire au Père. * Alors.