Vigiles (OSB) du dimanche 24 mars 2019 - IIIème dimanche de Carême

Hebdomada III Quadragesimae IIIème semaine de Carême
Dominica Dimanche
Dominica III Quadragesimae IIIème dimanche de Carême
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Incipit Epístula ad Hebræos De la lettre aux Hébreux
Lectio I Lecture I
Multifáriam et multis modis olim Deus locútus pátribus in prophétis, in novíssimis his diébus locútus est nobis in Fílio, quem constítuit herédem universórum, per quem fecit et sæcula; qui, cum sit splendor glóriæ et figúra substántiæ eius et portet ómnia verbo virtútis suæ, purgatióne peccatórum facta, consédit ad déxteram maiestátis in excélsis, tanto mélior ángelis efféctus, quanto differéntius præ illis nomen hereditávit. Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils, qu'il a éta-bli héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles. Resplendissement de sa gloire, effigie de sa substance, ce Fils qui soutient l'univers par sa parole puissante, ayant accompli la purification des péchés, s'est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs, devenu d'autant supérieur aux anges que le nom qu'il a reçu en héritage est incomparable au leur.
R/. Paradísi portas apéruit nobis ieiúnii tempus. Suscipiámus illud orántes et deprecántes, * Ut in die resurrectiónis cum Dómino gloriémur. V/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem. * Ut in die. R/. Les portes du paradis nous ont été ouvertes par un temps de jeûne. Accueillons donc ce temps, dans la prière et la supplication, * Afin qu'au jour de la résurrection, nous soyons glorifiés avec le Seigneur. V/. C'est maintenant le moment favorable, c'est mainte-nant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin.
Lectio II Lecture II
Cui enim dixit aliquándo angelórum: Fílius meus es tu; ego hódie génui te, et rursum: Ego ero illi in patrem, et ipse erit mihi in fílium? Cum autem íterum introdúcit primogénitum in orbem terræ, dicit: Et adórent eum omnes ángeli Dei. Et ad ángelos quidem dicit: Qui facit ángelos suos spíritus et minístros suos flammam ignis. Auquel des anges, en effet, Dieu a-t-il jamais dit: Tu es mon Fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré? Et encore: Je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils. Et de nouveau, lorsqu'il introduit le Premier-né dans le monde, il dit: Que tous les anges de Dieu l'adorent. Tandis qu'il s'exprime ainsi en s'adressant aux anges: Il fait de ses anges des vents, de ses serviteurs une flamme ardente.
R/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis. Commendémus nosmetípsos in multa patiéntia, in ieiúniis multis, * Per arma iustítiæ virtútis Dei. V/. In ómnibus exhibeámus nosmetípsos sicut Dei minístros, ut non vituperétur ministérium nostrum. * Per arma. R/. C'est maintenant le moment favorable, c'est mainte-nant le jour du salut. Méritons le respect par notre endurance, par nos jeûnes prolongés, * Par les armes de justice de la puissance de Dieu. V/. Pour que notre ministère ne soit pas décrié, présentons-nous en toute circonstance comme de vrais ministres de Dieu. * Par les armes.
Lectio III Lecture III
Ad Fílium autem: Thronus tuus, Deus, in sæculum sæculi, et virga æquitátis virga regni tui. Dilexísti iustítiam et odísti iniquitátem, proptérea unxit te Deus, Deus tuus, óleo exsultatiónis præ particípibus tuis, et: Tu in princípio, Dómine, terram fundásti; et ópera mánuum tuárum sunt cæli. Ipsi períbunt, tu autem pérmanes; et omnes ut vestiméntum veteráscent, et velut amíctum invólves eos, sicut vestiméntum et mutabúntur. Tu autem idem es, et anni tui non defícient. Ad quem autem angelórum dixit aliquándo: Sede a dextris meis, donec ponam inimícos tuos scabéllum pedum tuórum? Nonne omnes sunt administratórii spíritus qui in ministérium mittúntur propter eos qui hereditátem cápient salútis? À son Fils il dit: Ton trône, ô Dieu, subsiste dans les siècles des siècles, et: Le sceptre de droiture est le sceptre de ta royauté. Tu as aimé la justice et tu as haï l'impiété. C'est pourquoi, Dieu, ton Dieu t'a oint d'une huile d'allégresse de préférence à tes compagnons. Et encore: C'est toi, Seigneur, qui aux origines fondas la terre, et les cieux sont l'ouvrage de tes mains. Eux périront, mais toi tu demeures, et tous ils vieilliront comme un vêtement. Comme un manteau tu les rouleras, comme un vêtement, et ils seront changés. Mais toi, tu es le même et tes années ne s'achèveront point. Et auquel des anges a-t-il jamais dit: Assieds-toi à ma droite jusqu'à ce que je place tes ennemis comme un escabeau sous tes pieds? Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d'un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter du salut?
R/. In ieiúnio et fletu orábant sacerdótes, dicéntes: * Parce, Dómine, parce pópulo tuo, et ne des hereditátem tuam in perditiónem. V/. Inter vestíbulum et altáre plorábant sacerdótes, dicéntes: * Parce. R/. Les prêtres du Seigneur suppliaient dans le jeûne et les larmes: * Pitié, Seigneur, épargne ton peuple, ne livre pas ton héritage à la ruine! V/. Entre le portail et l'autel, les prêtres se lamentaient, disant: * Pitié.
Lectio IV Lecture IV
Proptérea abundántius opórtet observáre nos ea quæ audívimus, ne forte præterfluámus. Si enim qui per ángelos dictus est sermo factus est firmus, et omnis prævaricátio et inoboediéntia accépit iustam mercédis retributiónem, quómodo nos effugiémus si tantam neglexérimus salútem? Quæ, cum inítium accepísset enarrári per Dóminum, ab eis qui audiérunt, in nos confirmáta est, contestánte Deo signis et porténtis et váriis virtútibus et Spíritus Sancti distributiónibus secúndum suam voluntátem. C'est pourquoi nous devons nous attacher avec plus d'attention aux enseignements que nous avons entendus, de peur d'être entraînés à la dérive. Si déjà la parole promulguée par des anges s'est trouvée garantie et si toute transgression et désobéissance a reçu une juste rétribution, comment nous-mêmes échapperons-nous, si nous négligeons pareil salut? Celui-ci, inauguré par la prédication du Seigneur, nous a été garanti par ceux qui l'ont entendu, Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, des miracles de toutes sortes, ainsi que par des communications d'Esprit Saint qu'il distribue à son gré.
R/. Emendémus in mélius quæ ignoránter peccávimus, ne súbito præoccupáti die mortis, quærámus spátium pæniténtiæ, et inveníre non possímus. * Atténde, Dómine, et miserére, quia peccávimus tibi. V/. Peccávimus cum pátribus nostris, iniúste égimus, iniquitátem fécimus. * Atténde. V/. Glória Patri. * Atténde. R/. Réparons par une meilleure conduite les péchés de notre aveuglement, de peur que, surpris tout-à-coup par la mort, nous cherchions en vain le temps de faire pénitence. * Vois, Seigneur, prends-nous en pitié: nous avons péché contre toi! V/. Avec nos pères, nous avons péché, nous avons failli, renié. * Vois. V/. Gloire au Père. * Vois.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Tractátu Tertulliáni De patiéntia (Cc. 2-3: SC 310, 64-68) Traité de Tertullien sur la patience
Lectio I Lecture I
Nobis exercéndæ patiéntiæ auctoritátem non affectátio humána canínæ æquanimitátis stupóre formáta, sed vivæ ac cæléstis disciplínæ divína disposítio délegat, Deum ipsum osténdens patiéntiæ exémplum, iam primum qui florem lucis huius super iustos et iniústos æquáliter spargit, qui témporum offícia elementórum servítia totíus genitúræ tribúta, dignis simul et indígnis pátitur occúrrere, sústinens ingratíssimas natiónes, ludíbria ártium et ópera mánuum suárum adorántes, nomen famíliam ipsíus persequéntes, luxúria, avarítia, iniquitáte, malignitáte cotídie insolescéntes, ut sua sibi patiéntia détrahat: plures enim Dóminum idcírco non credunt, quia sæculo irátum tam diu nésciunt. Ce qui accrédite auprès de nous l'exercice de la patience, ce n'est pas quelque affectation purement humaine de cynique équanimité, façonnée par l'insensibilité, mais la divine disposition d'une discipline vivante et céleste, montrant Dieu lui-même comme modèle de patience, lui qui, dès le début, répand également sur les justes et sur les injustes l'éclat de notre lumière, qui souffre que bénéficient du service des saisons, de la domesticité des éléments, des présents de la création tout entière, aussi bien ceux qui le méritent que ceux qui ne le méritent pas, supportant l'ingratitude des païens qui adorent des produits dérisoires de leurs arts et des ouvrages de leurs mains, tandis qu'ils persécutent son nom et ses serviteurs et qu'ils croissent chaque jour en luxure, en avarice, en iniquité, en méchanceté, de sorte qu'il se porte tort à lui-même par sa propre patience: beaucoup, en effet, ne croient pas au Seigneur, parce qu'ils sont depuis si longtemps dans l'ignorance de sa colère contre le siècle!
R/. Tribulárer si nescírem misericórdias tuas, Dómine; tu dixísti: Nolo mortem peccatóris, sed ut convertátur et vivat, * Qui Chananæam et publicánum vocásti ad pæniténtiam. V/. Et Petrum lacrimántem suscepísti, miséricors Dómine. * Qui Chananæam. R/. Je serais en proie aux tourments si j'ignorais ta miséricorde, Seigneur; n'as-tu pas dit: Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive, * Toi qui as conduit à la pénitence la Cananéenne et le publicain? V/. Et n'as-tu pas accueilli le repentir et les larmes de Pierre, miséricordieux Seigneur, * Toi qui.
Lectio II Lecture II
Et hæc quidem divínæ patiéntiæ spécies quasi de longínquo fors ut de supérnis æstimétur: quid illa autem patiéntiam quæ inter hómines palam in terris quodámmodo manu apprehénsa est? Nasci se Deus pátitur: in útero matris et exspéctat et natus adoléscere sústinet et adúltus non gestit agnósci, sed contumeliósus ínsuper sibi est et a servo suo tínguitur et tentatóris congréssus solis verbis repéllit; cum de Dómino fit magíster docens hóminem evádere mortem, absolútam scílicet, véniam offénsæ patiéntiæ erudítus; non conténdit, non reclamávit nec quisquam in pláteis vocem eius audívit; arúndinem quassátam non fregit, linum fúmigans non restínxit (nec enim mentítus fúerat prophéta, immo ipsíus Dei contestátio Spíritum suum in Fílio cum tota patiéntia collocántis! ). Certes cette forme de patience divine est peut-être jugée pour ainsi dire éloignée, parce qu'elle vient d'en haut: mais celle qui s'est manifestée parmi les hommes, ouvertement, sur la terre, qu'on a touchée en quelque sorte de la main? Dieu souffre de naître, patiemment: il attend dans le sein de sa mère; une fois né, il accepte de grandir; une fois grand, il ne cherche pas à se faire connaître; mais il s'humilie lui-même, se fait baptiser par son serviteur, n'utilise que des paroles pour repousser les assauts du tentateur; quand de Seigneur il se fait maître, enseignant à l'homme à échapper à la mort, lui qui avait appris à accorder le pardon, total bien sûr, des offenses faites à sa patience, il n'a pas discuté, il n'a pas réclamé, et personne sur les places publiques n'a entendu sa voix; il n'a pas brisé le roseau froissé, il n'a pas éteint la mèche fumante - en effet, il n'avait pas menti, le prophète, ou plutôt le témoignage de Dieu lui-même déposant son esprit dans son fils avec toute sa patience!
R/. In ómnibus exhibeámus nos sicut Dei minístros, in multa patiéntia, * Ut non vituperétur ministérium nostrum. V/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem, * Ut non vituperétur. R/. Présentons-nous, en toute circonstance, comme de vrais ministres de Dieu, faisant preuve d'endurance, * Afin que notre ministère ne soit pas décrié. V/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin.
Lectio III Lecture III
Nullum voléntem sibi adhærére non suscépit, nullíus mensam tectúmve despéxit, atquin ipse lavándis discipulórum pédibus ministrávit; non peccatóres, non publicános aspernátus est, non illi saltim civitáti quæ eum recípere nolúerat irátus est, cum étiam discípuli tam contumelióso óppido cæléstes ignes repræsentári voluíssent; ingrátos curávit, insidiatóribus cessit. Il a accueilli quiconque voulait s'attacher à lui, il n'a méprisé la table ni le toit de personne, bien plus il a procédé lui-même au lavement des pieds de ses disciples; il n'a repoussé ni les pécheurs ni les publicains, il ne s'est pas non plus emporté contre la cité qui avait refusé de le recevoir, alors que ses disciples auraient voulu voir se reproduire sur une ville aussi insolente les feux du ciel; il a guéri les ingrats, il a cédé aux traîtres.
R/. Pater, peccávi in cælum et coram te; iam non sum dignus vocári fílius tuus, * Fac me sicut unum ex mercenáriis tuis. V/. Quanti mercenárii in domo patris mei abúndant pánibus; ego autem hic fame péreo? Surgam et ibo ad patrem meum, et dicam ei: * Fac me. R/. Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi; je ne mérite plus d'être appelé ton fils, * Traite-moi comme l'un de tes employés. V/. Tant d'employés chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai: * Traite-moi.
Lectio IV Lecture IV
Parum hoc, si non étiam proditórem suum secum hábuit, nec constánter denotávit. Cum vero tráditur, cum addúcitur ut pecus ad víctimam - sic enim non magis áperit os quam agnus sub tondéntis potestáte - ille cui legiónes angelórum si voluísset uno dicto de cælis adfuíssent, ne uníus quidem discéntis gládium ultórem probávit. Patiéntia Dómini in Malcho vulneráta est: ítaque et gládii ópera maledíxit in pósterum et sanitátis restitutióne ei quem non ipse vexáverat satisfécit, per patiéntiam misericórdiæ matrem. C'eût été encore peu, s'il n'avait eu aussi avec lui celui qui devait le livrer et ne l'avait blâmé sans éclat. Et quand on le livre, quand on le conduit comme une bête à l'égorgement (tant il est vrai qu'il n'ouvre pas plus la bouche que l'agneau sous la main puissante du tondeur), lui que des légions d'anges venues du ciel auraient assisté sur un mot de sa part, s'il l'avait voulu, il n'a même pas approuvé l'épée vengeresse d'un seul de ses disciples. La patience du Seigneur a reçu une blessure dans la personne de Malchus: aussi a-t-il maudit pour la suite les œuvres du glaive, et en rendant son intégrité physique à celui qu'il n'avait pas fait souffrir de sa main, il lui a donné réparation, grâce à la patience, mère de la miséricorde.
R/. Abscóndite eleemósynam in sinu páuperis, et ipsa orat pro vobis ad Dóminum, * Quia sicut aqua exstínguit ignem, ita eleemósyna exstínguit peccátum. V/. Honóra Dóminum de tua substántia, et de primítiis frugum tuárum da paupéribus. * Quia sicut. V/. Glória Patri. * Quia sicut. R/. Cache ton aumône dans le sein du pauvre, et elle intercédera pour toi devant Dieu: * De même que l'eau éteint les flammes, l'aumône éteint la dette du péché. V/. Honore de tes biens le Seigneur, et donne aux pauvres les prémices de tes récoltes: * De même que. V/. Gloire au Père. * De même que.
In tertio nocturno, anno C Troisième nocturne, année C
Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc
Aderant quidam ipso in témpore nuntiántes illi de Galilæis quorum sánguinem Pilátus míscuit cum sacrifíciis eórum. Et réliqua. Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu'ils offraient un sacrifice. Et la suite.
Ex Sermónibus sancti Augustíni (Sermo Dolbeau 61, 14.15.17-18: Rev. Étud. Aug. 37, 1991, 66.67.68.69-70) Sermon de saint Augustin
Lectio I Lecture I
Non ascéndat in cor tuum vana cogitátio: " Quid est quod dicunt christiáni: 'Crede, crede' " Médicus hoc dicit, qui novit quid agátur in óculo tuo. Nunc et resíste mánibus médici et dic: " Non credo, nisi mihi osténderis. " Respondébit tibi médicus: " Non est cui osténdam hoc volo in te sanáre quo possis vidére quod me iam cupis osténdere. " Atténde nunc médicum salutárem venísse ad nos Dóminum nostrum Iesum Christum, invénit cæcitátem cordis nostri, promísit lucem quam óculus non vidit, nec auris audívit, nec in cor hóminis ascéndit. Que ne pénètre pas dans ton cœur la vaine pensée: " Mais que signifie ce qu'affirment les chrétiens:'Crois, crois' " C'est un médecin qui parle, un homme qui sait ce dont ton œil a besoin. Et maintenant, essaie, si tu veux, de résister aux mains du médecin, et dis-lui: " Je ne croirai pas, si tu ne me montres pas d'abord. " Le médecin te répondra: " À qui pourrais-je le montrer Je veux guérir en toi ce qui te permettra de voir ce que tu désires que je te montre. " Maintenant, écoute-moi bien: un médecin est venu parmi nous pour notre santé, notre Seigneur Jésus-Christ, il a trouvé la cécité dans notre cœur et il a promis la lumière que jamais œil n'a vue, que jamais oreille n'a entendue, qui n'est jamais entrée dans un cœur d'homme.
R/. Qui cognóscis ómnium occúlta, a delícto meo munda me; * Tempus mihi concéde ut repænitens clamem: Peccávi, miserére mei, Deus. V/. Avérte fáciem tuam a peccátis meis, et omnes iniquitátes meas dele. * Tempus. R/. Toi qui connais les secrets des cœurs, purifie-moi de mon péché. * Accorde-moi un temps de repentir et de supplication: Oui, j'ai péché, pitié pour moi, mon Dieu! V/. Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés. * Accorde-moi.
Lectio II Lecture II
Humílitas Christi medicaméntum supérbiæ tuæ. Noli irridére unde sanéris. Dignáre esse húmilis, propter quem Deus factus est húmilis. Hac enim medicína te sanándum esse iudicávit, qui bene novit et unde ægrótes et unde sanándus sis. Dum non póteras cúrrere ad médicum, ipse médicus ad te venit et, quod est grávius, hoc ipsum quod ad te venit irrídes, misericórdiam eius pro níhilo habes. Venit, subveníre vult, scit quid adhíbeat. Ideo húmilis venit Deus, ne hómini non esset imitándus. L'humilité de Jésus-Christ est le remède à ton orgueil. Ne te moque pas de ce à travers quoi tu es guéri. Sois humble, toi pour qui Dieu s'est fait humble. En effet, il pensa devoir te guérir avec le remède de l'humilité, lui qui connaît bien ta maladie et sait comment tu dois être guéri. Tandis que tu ne pouvais pas courir chez le médecin, le médecin en personne est venu chez toi, et, fait encore plus grave, tu te moques de lui précisément parce qu'il est venu chez toi, tu n'as aucun respect pour sa miséricorde. Il vient, il veut te secourir, il sait ce dont tu as besoin. Dieu est venu avec l'humilité pour que l'homme puisse justement l'imiter.
R/. Ductus est Iesus in desértum a Spíritu, ut tentarétur a diábolo; * Et accédens tentátor, dixit ei: Si Fílius Dei es, dic ut lápides isti panes fiant. V/. Et cum ieiunásset quadragínta diébus et quadragínta nóctibus, póstea esúriit. * Et accédens. R/. Jésus fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le démon; * Le tentateur s'approcha et lui dit: Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. V/. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. * Le tentateur.
Lectio III Lecture III
Altum enim quómodo imitaréris Non imitáto eo, quómodo sanaréris Venit ergo húmilis, quia nóverat quale tibi póculum daret. Amárum quidem aliquántulum, sed salúbre. Tu autem feréntem póculum irrídes adhuc et dicis tibi: " Qualem Deum habitúrus sum Natum, passum, sputis íllitum, spinis coronátum, in cruce suspénsum " Infélix ánima Humilitátem médici vides, tumórem supérbiæ tuæ non vides. Inde tibi dísplicet húmilis, supérbiæ tuæ dísplicet, morbo tuo dísplicet medicaméntum quod tibi dat médicus. S'il était resté au-dessus de toi, comment aurais-tu pu l'imiter Et, sans l'imiter, de quelle façon pourrais-tu être guéri Il est venu avec humilité, car il connaissait la nature de la potion qu'il devait t'administrer. Un peu amère, certes, mais salutaire. Et toi, au contraire, tu continues à te moquer de lui, lui qui te tend la coupe, et tu te dis: " Mais sur quel Dieu suis-je tombé Il est né, il a souffert, il a été couvert de crachats, couronné d'épines, cloué sur la croix " Âme malheureuse Tu vois l'humilité du médecin et tu ne vois pas le cancer de ton orgueil. C'est pourquoi l'humilité ne te plaît pas: elle ne plaît pas à ton orgueil, le remède que te donne le médecin ne plaît pas à ta maladie.
R/. Scíndite corda vestra et non vestiménta vestra, * Et convertímini ad Dóminum Deum vestrum, quia benígnus et miséricors est. V/. Revertímini unusquísque a via sua mala, et a péssimis cogitatiónibus vestris. * Et convertímini. R/. Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, * Et convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux. V/. Revenez donc, chacun, de votre voie mauvaise et de la perversité de vos projets. * Et convertissez-vous.
Lectio IV Lecture IV
Si adhuc irrídes, phrenéticus es. Phrenétici et cædunt médicos plerúmque, et misericórdes non solum non irascúntur cædéntibus, sed étiam cædéntium salútem quærunt. Prævalent autem aliquándo ut étiam médicum possint occídere. Sed vitat veheménter occídi a phrenético, quia resúrgere non potest et sanáre phrenéticum. Ille autem médicus noster a phrenéticis nec occídi tímuit, et de ipsa morte sua phrenético medicaménta confécit. Mórtuus est enim et resurréxit. Si tu te moques encore, tu n'es qu'un insensé. Il arrive souvent que les insensés finissent par battre les médecins. Dans ce cas, le médecin miséricordieux non seulement ne se fâche pas contre celui qui l'a frappé, mais il tente de le soigner. Parfois, les malades ont une telle force qu'ils sont capables de tuer le médecin. Mais ce dernier fait très attention à ne pas se laisser tuer par l'insensé, car il ne peut pas ressusciter pour le guérir. En revanche, notre médecin, lui, n'a pas craint d'être tué par des malades atteints de folie, il a fait de sa propre mort un remède pour le malade. En effet, il est mort et ressuscité.
R/. Derelínquat ímpius viam suam, et vir iníquus cogitatiónes suas, et revertátur ad Dóminum, et miserébitur eius; * Quia benígnus et miséricors est, præstábilis super malítiam Dóminus Deus noster. V/. Non vult Dóminus mortem peccatóris, sed ut convertátur et vivat. * Quia benígnus. V/. Glória Patri. * Quia benígnus. R/. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées! Qu'il revienne vers le Seigneur, qui aura pitié de lui; * Car il est tendre et compatissant, le Seigneur notre Dieu, il renonce au châtiment. V/. Le Seigneur ne désire pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. * Car. V/. Gloire au Père. * Car.