Vigiles (OSB) du lundi 25 mars 2019 - ANNONCIATION DU SEIGNEUR

Hebdomada III Quadragesimae IIIème semaine de Carême
Feria II Lundi
IN ANNUNTIATIONE DOMINI ANNONCIATION DU SEIGNEUR
Sollemnitas Solennité
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula ad Hebræos De la lettre aux Hébreux
Lectio I Lecture I
Non ángelis subiécit orbem terræ futúrum de quo lóquimur. Testátus est autem in quodam loco quis dicens: Quid est homo, quod memor es eius, aut fílius hóminis, quóniam vísitas eum? Minuísti eum paulo minus ab ángelis, glória et honóre coronásti eum, ómnia subiecísti sub pédibus eius. In eo enim quod ei ómnia subiécit, nihil dimísit non subiectíbile ei. Nunc autem necdum vidémus ómnia subiécta ei; eum autem qui paulo minus ab ángelis minorátus est, vidémus Iesum propter passiónem mortis glória et honóre coronátum, ut grátia Dei pro ómnibus gustáverit mortem. Ce n'est pas à des anges qu'il a soumis le monde à venir dont nous parlons. Quelqu'un a fait quelque part cette attestation: Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, ou le fils de l'homme pour que tu le prennes en considération? Tu l'as un moment abaissé au-dessous des anges. Tu l'as couronné de gloire et d'honneur. Tu as tout mis sous ses pieds. Par le fait qu'il lui a tout soumis, il n'a rien laissé qui lui demeure insoumis. Actuellement, il est vrai, nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis. Mais celui qui a été abaissé un moment au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d'honneur, parce qu'il a souffert la mort: il fallait que, par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il goûtât la mort.
R/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis. Commendémus nosmetípsos in multa patiéntia, in ieiúniis multis, * Per arma iustítiæ virtútis Dei. V/. In ómnibus exhibeámus nosmetípsos sicut Dei minístros, ut non vituperétur ministérium nostrum. * Per arma. R/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut. Méritons le respect par notre endurance, par nos jeûnes prolongés, * Par les armes de justice de la puissance de Dieu. V/. Pour que notre ministère ne soit pas décrié, présentons-nous en toute circonstance comme de vrais ministres de Dieu. * Par les armes.
Lectio II Lecture II
Decébat enim eum propter quem ómnia et per quem ómnia, qui multos fílios in glóriam addúxit, ducem salútis eórum per passiónes consummáre. Qui enim sanctíficat et qui sanctificántur, ex uno omnes; propter quam causam non erubéscit fratres eos vocáre dicens: Nuntiábo nomen tuum frátribus meis, in médio ecclésiæ laudábo te; et íterum: Ego ero fidens in eum; et íterum: Ecce ego et púeri quos mihi dedit Deus. Il convenait, en effet, que, voulant conduire à la gloire un grand nombre de fils, Celui pour qui et par qui sont toutes choses rendît parfait par des souffrances le chef qui devait les guider vers leur salut. Car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine. C'est pourquoi il ne rougit pas de les nommer frères, quand il dit: J'annoncerai ton nom à mes frères. Je te chanterai au milieu de l'assemblée. Et encore: Pour moi j'aurai confiance en lui. Et encore: Nous voici, moi et les enfants que Dieu m'a donnés.
R/. Paradísi portas apéruit nobis ieiúnii tempus. Suscipiámus illud orántes et deprecántes, * Ut in die resurrectiónis cum Dómino gloriémur. V/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem. * Ut in die. R/. Les portes du paradis nous ont été ouvertes par un temps de jeûne. Accueillons donc ce temps, dans la prière et la supplication, * Afin qu'au jour de la résurrection, nous soyons glorifiés avec le Seigneur. V/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin.
Lectio III Lecture III
Quia ergo púeri communicavérunt sánguini et carni, et ipse simíliter participávit iísdem, ut per mortem destrúeret eum qui habébat mortis impérium, id est diábolum, et liberáret eos qui timóre mortis per totam vitam obnóxii erant servitúti. Nusquam enim ángelos apprehéndit, sed semen Abrahæ apprehéndit. Unde débuit per ómnia frátribus similári, ut miséricors fíeret et fidélis póntifex in iis quæ sunt ad Deum, ut repropitiáret delícta pópuli; in quo enim passus est ipse tentátus, potens est eis qui tentántur, auxiliári. Puis donc que les enfants avaient en commun le sang et la chair, lui aussi y participa pareillement afin de réduire à l'impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c'est-à-dire le diable, et d'affranchir tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort. Car ce n'est certes pas des anges qu'il se charge, mais c'est de la descendance d'Abraham qu'il se charge. En conséquence, il a dû devenir en tout semblable à ses frères, afin de devenir dans leurs rapports avec Dieu un grand prêtre miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du peuple. Car du fait qu'il a lui-même souffert par l'épreuve, il est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés.
R/. Emendémus in mélius quæ ignoránter peccávimus, ne súbito præoccupáti die mortis, quærámus spátium pæniténtiæ, et inveníre non possímus. * Atténde, Dómine, et miserére, quia peccávimus tibi. V/. Peccávimus cum pátribus nostris, iniúste égimus, iniquitátem fécimus. * Atténde. V/. Glória Patri. * Atténde. R/. Réparons par une meilleure conduite les péchés de notre aveuglement, de peur que, surpris tout-à-coup par la mort, nous cherchions en vain le temps de faire pénitence. * Vois, Seigneur, prends-nous en pitié: nous avons péché contre toi! V/. Avec nos pères, nous avons péché, nous avons failli, renié. * Vois. V/. Gloire au Père. * Vois.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Enarratiónibus sancti Augustíni epíscopi in psalmos (En. in ps. 85, 1: CCL 39, 1176-1177) Commentaire de saint Augustin sur le psaume 85
Lectio I Lecture I
Nullum maius donum præstáre posset Deus homínibus quam ut Verbum suum per quod cóndidit ómnia, fáceret illis caput, et illos ei tamquam membra coaptáret, ut esset Fílius Dei et fílius hóminis, unus Deus cum Patre, unus homo cum homínibus, ut et quando lóquimur ad Deum deprecántes, non inde Fílium separémus, et quando precátur corpus Fílii, non a se séparet caput suum, sitque ipse unus Salvátor córporis sui Dóminus noster Iesus Christus Fílius Dei, qui et oret pro nobis et oret in nobis et orétur a nobis. Orat pro nobis, ut sacérdos noster; orat in nobis, ut caput nostrum; orátur a nobis, ut Deus noster. Dieu ne pouvait faire un plus grand don aux hommes que de préposer à leur tête son Verbe par lequel il a tout fait, et de les lui adjoindre comme membres, en sorte qu'il fût à la fois Fils de Dieu et fils de l'homme, un seul Dieu avec son Père, un seul homme avec les hommes et que, lorsque nous nous adressons à Dieu par la prière, nous ne le fassions pas sans son Fils et que, lorsque le corps du Fils adresse à Dieu sa prière, il ne le fasse pas sans sa tête; et qu'ainsi notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, soit le seul Sauveur de son corps, soit qu'il prie pour nous, soit qu'il prie en nous, ou qu'il soit prié par nous. Il prie pour nous comme notre prêtre, il prie en nous comme notre tête, il est prié par nous comme notre Dieu.
R/. Tribulárer si nescírem misericórdias tuas, Dómine; tu dixísti: Nolo mortem peccatóris, sed ut convertátur et vivat, * Qui Chananæam et publicánum vocásti ad pæniténtiam. V/. Et Petrum lacrimántem suscepísti, miséricors Dómine. * Qui Chananæam. R/. Je serais en proie aux tourments si j'ignorais ta miséricorde, Seigneur; n'as-tu pas dit: Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive, * Toi qui as conduit à la pénitence la Cananéenne et le publicain? V/. Et n'as-tu pas accueilli le repentir et les larmes de Pierre, miséricordieux Seigneur, * Toi qui.
Lectio II Lecture II
Agnoscámus ergo et in illo voces nostras, et voces eius in nobis. Neque cum áliquid dícitur de Dómino Iesu Christo, máxime in prophetía, quod pertíneat velut ad quamdam humilitátem indígnam Deo, dubitémus eam illi tribúere, qui non dubitávit se nobis adiúngere. Ei quippe servit univérsa creatúra, quia per ipsum facta est univérsa creatúra. Et proptérea, cum eius sublimitátem divinitatémque intuémur, quando audímus: In princípio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum, intuéntes hanc et supereminentíssimam et excedéntem ómnia creaturárum sublímia divinitátem Fílii Dei, audímus étiam in áliqua parte Scripturárum velut geméntem, orántem, confiténtem. Reconnaissons donc à la fois notre voix en lui et sa voix en nous. Et quand l'Écriture et principalement les prophètes, parlant du Seigneur Jésus-Christ, semblent nous le représenter dans un état d'abaissement indigne de lui, ne craignons pas de lui attribuer cet abaissement, lui qui n'a pas craint de se faire l'un de nous. C'est à lui qu'obéit toute créature, puisque par lui toute créature a été faite; aussi, de même que nous contemplons sa sublimité et sa divinité exprimées par ces paroles: Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu, après ce regard sur la suréminence du Fils de Dieu qui dépasse toutes les créatures les plus sublimes, ainsi nous entendons dans certaines pages des Écritures le même Fils de Dieu qui gémit, qui prie, qui confesse.
R/. Frange esuriénti panem tuum, et egénos vagósque induc in domum tuam; * Tunc erúmpet quasi mane lumen tuum, et anteíbit fáciem tuam iustítia tua. V/. Cum víderis nudum, óperi eum, et carnem tuam ne despéxeris. * Tunc erúmpet. R/. Partage ton pain avec l'homme affamé, recueille chez toi le malheureux sans abri; * Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, ta justice marchera devant toi. V/. Couvre celui que tu verras sans vêtement, et ne te dérobe pas à ton semblable; * Alors.
Lectio III Lecture III
Expergiscátur ergo, et evígilet in fide sua; et vídeat quia ille, quem contemplabátur paulo ante in forma Dei, formam servi accépit; in similitúdine hóminum factus, et hábitu invéntus ut homo, humiliávit se factus obœdiens usque ad mortem; et verba psalmi vóluit esse sua, in cruce pendens, et dicens: Deus meus, Deus meus, ut quid me dereliquísti? Orátur ergo in forma Dei, orat in forma servi; ibi Creátor, hic creátus, creatúram mutándam non mutátus assúmens, et secum nos fáciens unum hóminem, caput et corpus. Orámus ergo ad illum, per illum, in illo, et dícimus cum illo, et dicit nobíscum. Que notre âme s'éveille donc et soit vigilante dans sa foi. Qu'elle se rende compte que celui qu'elle contemplait tout à l'heure dans la forme de Dieu a pris la forme du serviteur en se rendant semblable aux hommes, et, reconnu pour homme par tout ce qui a paru de lui, il s'est abaissé lui-même en se faisant obéissant jusqu'à la mort, et il a voulu faire siennes ces paroles du psaume, lorsque suspendu à la croix, il s'écriait: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné? Il est donc prié dans la forme de Dieu et il prie dans la forme d'esclave; là-haut créateur, ici-bas créature, prenant sans changement aucun la forme changeante de la créature et faisant avec nous un seul homme, composé d'une tête et d'un corps. Notre prière s'adresse donc à lui, par lui, en lui; nous la disons avec lui et il la dit avec nous.
R/. In ieiúnio et fletu orábant sacerdótes, dicéntes: * Parce, Dómine, parce pópulo tuo, et ne des hereditátem tuam in perditiónem. V/. Inter vestíbulum et altáre plorábant sacerdótes, dicéntes: * Parce. V/. Glória Patri. * Parce. R/. Les prêtres du Seigneur suppliaient dans le jeûne et les larmes: * Pitié, Seigneur, épargne ton peuple, ne livre pas ton héritage à la ruine! V/. Entre le portail et l'autel, les prêtres se lamentaient, disant: * Pitié. V/. Gloire au Père. * Pitié.