Vigiles (OSB) du jeudi 28 mars 2019 -

Hebdomada III Quadragesimae IIIème semaine de Carême
Feria V Jeudi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula ad Hebræos De la lettre aux Hébreux
Lectio I Lecture I
Habéntes pontíficem magnum qui penetrávit cælos, Iesum Fílium Dei, teneámus confessiónem. Non enim habémus pontíficem qui non possit cómpati infirmitátibus nostris, tentátum autem per ómnia secúndum similitúdinem absque peccáto; adeámus ergo cum fidúcia ad thronum grátiæ, ut misericórdiam consequámur et grátiam inveniámus in auxílium opportúnum. Ayant un grand prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme la profession de foi. Car nous n'avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d'une manière semblable, à l'exception du péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le trône de la grâce afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour une aide opportune.
R/. Qui cognóscis ómnium occúlta, a delícto meo munda me; * Tempus mihi concéde ut repænitens clamem: Peccávi, miserére mei, Deus. V/. Avérte fáciem tuam a peccátis meis, et omnes iniquitátes meas dele. * Tempus. R/. Toi qui connais les secrets des cœurs, purifie-moi de mon péché. * Accorde-moi un temps de repentir et de supplication: Oui, j'ai péché, pitié pour moi, mon Dieu! V/. Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés. * Accorde-moi.
Lectio II Lecture II
Omnis namque póntifex ex homínibus assúmptus pro homínibus constitúitur in his quæ sunt ad Deum, ut ófferat dona et sacrifícia pro peccátis, qui æque condolére possit his qui ignórant et errant, quóniam et ipse circúmdatus est infirmitáte et propter eam debet, quemádmodum et pro pópulo, ita étiam pro semetípso offérre pro peccátis. Tout grand prêtre, en effet, pris d'entre les hommes, est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu, afin d'offrir dons et sacrifices pour les péchés. Il peut ressentir de la commisération pour les ignorants et les égarés, puisqu'il est lui-même également enveloppé de faiblesse, et qu'à cause d'elle, il doit offrir pour lui-même des sacrifices pour le péché, comme il le fait pour le peuple.
R/. Frange esuriénti panem tuum, et egénos vagósque induc in domum tuam; * Tunc erúmpet quasi mane lumen tuum, et anteíbit fáciem tuam iustítia tua. V/. Cum víderis nudum, óperi eum, et carnem tuam ne despéxeris. * Tunc erúmpet. R/. Partage ton pain avec l'homme affamé, recueille chez toi le malheureux sans abri; * Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, ta justice marchera devant toi. V/. Couvre celui que tu verras sans vêtement, et ne te dérobe pas à ton semblable; * Alors.
Lectio III Lecture III
Nec quisquam sumit sibi illum honórem, sed qui vocátur a Deo tamquam et Aaron. Sic et Christus non semetípsum glorificávit, ut póntifex fíeret, sed qui locútus est ad eum: Fílius meus es tu; ego hódie génui te; quemádmodum et in álio dicit: Tu es sacérdos in ætérnum secúndum órdinem Melchísedech. Qui in diébus carnis suæ, preces supplicationésque ad eum qui possit salvum illum a morte fácere cum clamóre válido et lácrimis ófferens et exaudítus pro sua reveréntia, et quidem cum esset Fílius, dídicit ex his quæ passus est oboediéntiam; et, consummátus, factus est ómnibus oboediéntibus sibi auctor salútis ætérnæ, appellátus a Deo póntifex iuxta órdinem Melchísedech. Nul ne s'arroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu, absolument comme Aaron. De même ce n'est pas le Christ qui s'est attribué à soi-même la gloire de devenir grand prêtre, mais il l'a reçue de celui qui lui a dit: Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré; comme il dit encore ailleurs: Tu es prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech. C'est lui qui, aux jours de sa chair, ayant présenté, avec une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé en raison de sa piété, tout Fils qu'il était, apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance; après avoir été rendu parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent principe de salut éternel, puisqu'il est salué par Dieu du titre de grand prêtre selon l'ordre de Melchisédech.
R/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis. Commendémus nosmetípsos in multa patiéntia, in ieiúniis multis, * Per arma iustítiæ virtútis Dei. V/. In ómnibus exhibeámus nosmetípsos sicut Dei minístros, ut non vituperétur ministérium nostrum. * Per arma. V/. Glória Patri. * Per arma. R/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut. Méritons le respect par notre endurance, par nos jeûnes prolongés, * Par les armes de justice de la puissance de Dieu. V/. Pour que notre ministère ne soit pas décrié, présentons-nous en toute circonstance comme de vrais ministres de Dieu. * Par les armes. V/. Gloire au Père. * Par les armes.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Epístulis sancti Fulgéntii Ruspénsis epíscopi (ad Trasamundum III, 30-31: CCL 91, 175-177) Lettre de saint Fulgence de Ruspe
Lectio I Lecture I
Idem homo Christus est, qui pro nobis et póntifex factus est dum semetípsum passióni óbtulit et hóstia factus est dum passiónem ipse suscépit. Huic dícitur: Tu es sacérdos in ætérnum secúndum órdinem Melchísedech. Et sacérdos tamen, et hóstia, humánæ natúræ tam offícia cognoscúntur esse quam nómina. Et quóniam idem póntifex infirmitátes nostras suscépit et hábuit, proptérea de ipso Apóstolus dicit: Non enim habémus pontíficem qui non possit cómpati infirmitátibus nostris; et ut se de natúra humána loqui docéret, adiécit: Tentátum autem per ómnia pro similitúdine, absque peccáto. In eo ergo quo circúmdatus fuit infirmitáte, in eo condóluit ignorántiæ et erróribus nostris et in eo compássus est infirmitátibus nostris. C'est un seul homme, le Christ, qui, pour nous, est devenu à la fois grand prêtre en s'offrant à la passion et victime en acceptant lui-même la passion. C'est à lui qu'il est dit: Tu es prêtre pour toujours selon l'ordre de Melchisédech. Cependant, prêtre ou victime conviennent à la nature humaine, qu'ils désignent des fonctions ou des noms. Et puisque ce même grand prêtre a connu et porté nos faiblesses, l'Apôtre dit à son sujet: Nous n'avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses. Et pour enseigner qu'il parle de la nature humaine, il ajoute: Il a été éprouvé en tout d'une manière semblable, à l'exception du péché. Puisqu'il a été enveloppé de faiblesse, il a éprouvé de la commisération pour notre ignorance et nos égarements, il a souffert avec nous de nos faiblesses.
R/. Emendémus in mélius quæ ignoránter peccávimus, ne súbito præoccupáti die mortis, quærámus spátium pæniténtiæ, et inveníre non possímus. * Atténde, Dómine, et miserére, quia peccávimus tibi. V/. Peccávimus cum pátribus nostris, iniúste égimus, iniquitátem fécimus. * Atténde. R/. Réparons par une meilleure conduite les péchés de notre aveuglement, de peur que, surpris tout-à-coup par la mort, nous cherchions en vain le temps de faire pénitence. * Vois, Seigneur, prends-nous en pitié: nous avons péché contre toi! V/. Avec nos pères, nous avons péché, nous avons failli, renié. * Vois.
Lectio II Lecture II
Ibi est enim únitas compassiónis, ubi est únitas naturális; in eo autem nobis póntifex ille compássus est, in quo étiam nos compátimur, dicénte beáto Apóstolo: Ipse Spíritus testimónium reddit spirítui nostro quod sumus fílii Dei. Si autem fílii et herédes, herédes quidem Dei, coherédes autem Christi. Si tamen compátimur, ut et conglorificémur. Car il y a unité de souffrance là où il y a unité de nature. Aussi, puisque ce grand prêtre a souffert avec nous, nous souffrons nous aussi avec lui, comme le dit l'Apôtre: L'Esprit Saint en personne atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Enfants et donc héritiers: héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ. Si toutefois nous souffrons avec lui pour être glorifiés avec lui.
R/. In ieiúnio et fletu orábant sacerdótes, dicéntes: * Parce, Dómine, parce pópulo tuo, et ne des hereditátem tuam in perditiónem. V/. Inter vestíbulum et altáre plorábant sacerdótes, dicéntes: * Parce. R/. Les prêtres du Seigneur suppliaient dans le jeûne et les larmes: * Pitié, Seigneur, épargne ton peuple, ne livre pas ton héritage à la ruine! V/. Entre le portail et l'autel, les prêtres se lamentaient, disant: * Pitié.
Lectio III Lecture III
In natúra ergo humána póntifex ille veritátem sústinens passiónis, in ea útique novit cómpati membris suis. Proptérea et beátus Paulus dicébat: Ut adímpleam ea quæ desunt passiónum Christi in carne mea, pro córpore eius, quod est Ecclésia. Sciens ergo Apóstolus Iesum Christum ex sémine David a mórtuis surrexísse (in quo útique commúnio natúræ manifestátur humánæ), in quo eum mórtuum nóverat, in eo nos illi commórtuos esse commémorat dicens: Fidélis sermo: nam si commórtui sumus et convivémus; si sustinébimus et conregnábimus. Póntifex ergo ille qui semetípsum pro nobis óbtulit oblatiónem et hóstiam Deo in odórem suavitátis, sicut mórtuus pro nobis, omnes nos sibi cómmori fecit; sic solútis dolóribus inférni, omnes fidéles ab iísdem dolóribus liberávit. Donc, en subissant dans une nature humaine la réalité de la souffrance, ce grand prêtre a appris à souffrir avec ses membres. À cause de cela, saint Paul disait lui aussi: Je complète en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ, pour son Corps qui est l'Église. L'Apôtre sait donc que Jésus-Christ, de la race de David, est ressuscité des morts (ceci fait apparaître clairement sa communion à la nature humaine). Et puisqu'il a reconnu le Christ mort, l'Apôtre rappelle que nous sommes morts avec lui, en disant: Elle est sûre cette parole: Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous tenons ferme avec lui, avec lui nous régnerons. Ainsi donc, de même que ce grand prêtre, qui s'est lui-même offert à Dieu pour nous en oblation et sacrifice d'agréable odeur, nous a tous fait mourir avec lui en mourant pour nous, de même, en mettant fin aux douleurs de l'enfer, il en a libéré tous les fidèles.
R/. In ómnibus exhibeámus nos sicut Dei minístros, in multa patiéntia, * Ut non vituperétur ministérium nostrum. V/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem, * Ut non vituperétur. V/. Glória Patri. * Ut non vituperétur. R/. Présentons-nous, en toute circonstance, comme de vrais ministres de Dieu, faisant preuve d'endurance, * Afin que notre ministère ne soit pas décrié. V/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin. V/. Gloire au Père. * Afin.