Vigiles (OSB) du samedi 30 mars 2019 -

Hebdomada III Quadragesimae IIIème semaine de Carême
Sabbato Samedi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula ad Hebræos De la lettre aux Hébreux
Lectio I Lecture I
Confídimus de vobis, dilectíssimi, melióra et vicinióra salúti, tamétsi ita lóquimur; non enim iniústus Deus, ut obliviscátur óperis vestri et dilectiónis quam ostendístis nómini ipsíus qui ministrástis sanctis et ministrátis. Cúpimus autem unumquémque vestrum eámdem ostentáre sollicitúdinem ad expletiónem spei usque in finem, ut non segnes efficiámini, verum imitatóres eórum qui fide et patiéntia heréditant promissiónes. Mais quant à vous, bien-aimés, tout en parlant ainsi, nous sommes persuadés que vous êtes dans une situation meilleure et favorable au salut. Car Dieu n'est point injuste, pour oublier ce que vous avez fait et la charité que vous avez montrée pour son nom, vous qui avez servi et qui servez les saints. Nous désirons seulement que chacun de vous montre le même zèle pour le plein épanouissement de l'espérance jusqu'à la fin; de telle sorte que vous ne deveniez pas nonchalants, mais que vous imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses.
R/. In ómnibus exhibeámus nos sicut Dei minístros, in multa patiéntia, * Ut non vituperétur ministérium nostrum. V/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem, * Ut non vituperétur. R/. Présentons-nous, en toute circonstance, comme de vrais ministres de Dieu, faisant preuve d'endurance, * Afin que notre ministère ne soit pas décrié. V/. C'est maintenant le moment favorable, c'est mainte-nant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin.
Lectio II Lecture II
Abrahæ namque promíttens Deus, quóniam néminem hábuit per quem iuráret maiórem, iurávit per semetípsum dicens: Utique benedícens benedícam te et multíplicans multiplicábo te; et sic longanímiter ferens adéptus est repromissiónem. En effet, lorsqu'il fit la promesse à Abraham, Dieu ne pouvant jurer par un plus grand, jura par lui-même, en disant: Certes, je te comblerai de bénédictions et je te multiplierai grandement. C'est ainsi qu'Abraham, ayant persévéré, vit s'accomplir la promesse.
R/. Abscóndite eleemósynam in sinu páuperis, et ipsa orat pro vobis ad Dóminum, * Quia sicut aqua exstínguit ignem, ita eleemósyna exstínguit peccátum. V/. Honóra Dóminum de tua substántia, et de primítiis frugum tuárum da paupéribus. * Quia sicut. R/. Cache ton aumône dans le sein du pauvre, et elle intercédera pour toi devant Dieu: * De même que l'eau éteint les flammes, l'aumône éteint la dette du péché. V/. Honore de tes biens le Seigneur, et donne aux pauvres les prémices de tes récoltes: * De même que.
Lectio III Lecture III
Homines enim per maiórem sui iurant, et omnis controvérsiæ eórum finis ad confirmatiónem est iuraméntum; in quo abundántius volens Deus osténdere pollicitatiónis herédibus immobilitátem consílii sui, se interpósuit iure iurándo, ut per duas res immóbiles, in quibus impossíbile est mentíri Deum, fortíssimum solácium habeámus, qui confúgimus ad tenéndam propósitam spem, quam sicut ánchoram habémus ánimæ, tutam ac firmam et incedéntem usque in interióra veláminis, ubi præcúrsor pro nobis introívit Iesus, secúndum órdinem Melchísedech póntifex factus in ætérnum. Les hommes jurent par un plus grand, et, entre eux, la garantie du serment met un terme à toute contestation. Aussi Dieu, voulant bien davantage faire voir aux héritiers de la promesse l'immutabilité de son dessein, s'engagea-t-il par un serment, afin que, par deux réalités immuables, dans lesquelles il est impossible à un Dieu de mentir, nous soyons puissamment encouragés -- nous qui avons trouvé un refuge -- à saisir fortement l'espérance qui nous est offerte. En elle, nous avons comme une ancre de notre âme, sûre autant que solide, et pénétrant par-delà le voile, là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus, devenu pour l'éternité grand prêtre selon l'ordre de Melchisédech.
R/. Tribulárer si nescírem misericórdias tuas, Dómine; tu dixísti: Nolo mortem peccatóris, sed ut convertátur et vivat, * Qui Chananæam et publicánum vocásti ad pæniténtiam. V/. Et Petrum lacrimántem suscepísti, miséricors Dómine. * Qui Chananæam. V/. Glória Patri. * Qui Chananæam. R/. Je serais en proie aux tourments si j'ignorais ta miséricorde, Seigneur; n'as-tu pas dit: Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive, * Toi qui as conduit à la pénitence la Cananéenne et le publicain? V/. Et n'as-tu pas accueilli le repentir et les larmes de Pierre, miséricordieux Seigneur, * Toi qui. V/. Gloire au Père. * Toi qui.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Enarratiónibus sancti Augustíni epíscopi in psalmos (En. 2 in ps. 31, 12: CCL 38, 234) Commentaire de saint Augustin sur le psaume 31
Lectio I Lecture I
Inténdat cáritas vestra. Díximus non ausum fuísse óculos ad cælum leváre publicánum. Quare cælum non attendébat? Quia se attendébat. Se attendébat, ut primo sibi displicéret, et sic Deo placéret. Tu autem iactas te, erécta cervíce es. Ait Dóminus supérbo: " Non vis ad te atténdere? Ego atténdo. Vis autem ut non atténdam? Tu atténde. " Ideo publicánus non audébat óculos ad cælum leváre, quia seípsum intuebátur, consciéntiam suam puniébat; ipse sibi iudex erat, ut ille intercéderet; ipse puniébat, ut ille liberáret; ipse accusábat, ut ille defénderet. Que votre charité prête attention. Nous avons dit que le publicain n'osait lever les yeux au ciel. Pourquoi ne regardait-il pas le ciel? Parce qu'il se regardait lui-même. Il se regardait, afin de se déplaire d'abord et ainsi de plaire à Dieu. Toi, au contraire, tu te vantes, tu portes la tête haute. Le Seigneur dit à l'orgueilleux: " Tu ne veux pas t'examiner? Je t'examinerai. Veux-tu n'être pas examiné par moi? Examine-toi toi-même. " C'est pourquoi le publicain n'osait lever les yeux au ciel, parce qu'il se considérait lui-même et qu'il punissait sa propre conscience. Il était son propre juge, afin que le juge suprême intercédât pour lui; il se punissait, afin que le Seigneur le délivrât; il s'accusait, afin que le Seigneur le défendît.
R/. Derelínquat ímpius viam suam, et vir iníquus cogitatiónes suas, et revertátur ad Dóminum, et miserébitur eius; * Quia benígnus et miséricors est, præstábilis super malítiam Dóminus Deus noster. V/. Non vult Dóminus mortem peccatóris, sed ut convertátur et vivat. * Quia benígnus. R/. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées! Qu'il revienne vers le Seigneur, qui aura pitié de lui; * Car il est tendre et compatissant, le Seigneur notre Dieu, il renonce au châtiment. V/. Le Seigneur ne désire pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. * Car.
Lectio II Lecture II
A Deo deféndit eum, quia dixit pro ipso senténtiam. Descéndit iustificátus publicánus ille magis quam ille pharisus; quia omnis qui se exáltat, humiliábitur; et qui se humíliat, exaltábitur. Atténdit se, inquit, et nólui ego atténdere; audívi dicéntem: Avérte óculos tuos a peccátis meis. Quis est enim qui illud dixit, nisi qui étiam illud dixit: Quóniam iniquitátem meam ego agnósco. Itaque, fratres mei, erat et pharisæus ille peccátor. Non enim quia dicébat: Non sum sicut céteri hómines, iniústi, raptóres, adúlteri, neque quia ieiunábat bis in sábbato, neque quia décimas dabat, non erat peccátor. Et le Seigneur le défendit si bien, car le coupable avait lui-même prononcé la sentence. Le publicain descendit chez lui, justifié, car quiconque s'élève sera humilié et quiconque s'humilie sera élevé. Il s'est examiné, dit le Seigneur, et je n'ai pas voulu l'examiner; je l'ai entendu qui me disait: Détourne les yeux de mes péchés. Mais qui pouvait prononcer ces paroles, sinon celui qui disait également: Parce que je connais mon iniquité. Mais, mes frères, le pharisien aussi était un pécheur. Il avait beau dire: Je ne suis pas comme les autres hommes, injustes, voleurs, adultères; il avait beau jeûner deux fois par semaine et donner la dîme de ses biens, il n'en était pas moins un pécheur.
R/. Qui cognóscis ómnium occúlta, a delícto meo munda me; * Tempus mihi concéde ut repænitens clamem: Peccávi, miserére mei, Deus. V/. Avérte fáciem tuam a peccátis meis, et omnes iniquitátes meas dele. * Tempus. R/. Toi qui connais les secrets des cœurs, purifie-moi de mon péché. * Accorde-moi un temps de repentir et de supplication: Oui, j'ai péché, pitié pour moi, mon Dieu! V/. Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés. * Accorde-moi.
Lectio III Lecture III
Quod si sine ullis peccátis esset, ipsa supérbia grande crimen erat; et tamen ecce illa ómnia dicébat. Quis tandem sine peccáto? Quis gloriábitur castum se habére cor, aut quis gloriábitur mundum se esse a peccátis? Habébat ergo ille peccáta; sed pervérsus, et nésciens quo venísset, erat tamquam in statióne médici curándus, et sana membra ostendébat, vúlnera tegébat. Deus tegat vúlnera; noli tu. Nam si tu tégere volúeris erubéscens, médicus non curábit. Médicus tegat, et curet; emplástro enim tegit. Sub tégmine médici sanátur vulnus, sub tégmine vulneráti celátur vulnus. Cui celas? Qui novit ómnia. Eût-il été exempt d'autres péchés, son orgueil était contre lui un grand sujet d'accusation; et pourtant il ne craignait pas de tenir ce langage. Qui donc est sans péché? Qui peut se glorifier d'avoir un cœur chaste ou d'être pur de tout péché? Il n'était donc pas exempt de péché; mais il était égaré et ne savait pas où il était venu. Il était dans la maison du médecin, comme pour être guéri, et il montrait ses membres sains, il cachait ses plaies. C'est à Dieu de cacher les plaies, non à toi. Car si tu les caches, parce que tu en rougis, le médecin ne les guérira pas. Que le médecin les couvre et les guérisse; car il les cache sous un emplâtre. Quand le médecin cache une plaie, elle guérit; quand le malade la cache, elle n'est que cachée. Et à qui la caches-tu? À celui qui connaît toutes choses.
R/. Frange esuriénti panem tuum, et egénos vagósque induc in domum tuam; * Tunc erúmpet quasi mane lumen tuum, et anteíbit fáciem tuam iustítia tua. V/. Cum víderis nudum, óperi eum, et carnem tuam ne despéxeris. * Tunc erúmpet. V/. Glória Patri. * Tunc erúmpet. R/. Partage ton pain avec l'homme affamé, recueille chez toi le malheureux sans abri; * Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, ta justice marchera devant toi. V/. Couvre celui que tu verras sans vêtement, et ne te dérobe pas à ton semblable; * Alors. V/. Gloire au Père. * Alors.