Vigiles (OSB) du lundi 1 avril 2019 -

Hebdomada IV Quadragesimae IVème semaine de Carême
Feria II Lundi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula ad Hebræos De la lettre aux Hébreux
Lectio I Lecture I
Si consummátio per sacerdótium levíticum erat, pópulus enim sub ipso legem accépit, quid adhuc necessárium secúndum órdinem Melchísedech álium súrgere sacerdótem et non " secúndum órdinem Aaron " dici? Transláto enim sacerdótio, necésse est ut et legis translátio fiat. De quo enim hæc dicúntur, ex alia tribu est, ex qua nullus altári præsto fuit; maniféstum enim quod ex Iuda ortus sit Dóminus noster, in quam tribum nihil de sacerdótibus Móyses locútus est. Si la perfection était réalisée par le sacerdoce lévitique - car c'est sur lui que repose la Loi donnée au peuple - quel besoin y avait-il encore que se présentât un autre prêtre selon l'ordre de Melchisédech et qui ne fût pas dit "selon l'ordre d'Aaron"? En effet, changé le sacerdoce, nécessairement se produit aussi un changement de Loi. - Car celui dont ces choses sont dites appartenait à une autre tribu, dont aucun membre ne s'est jamais occupé du service de l'autel. Il est notoire, en effet, que notre Seigneur est issu de Juda, tribu dont Moïse n'a rien dit quand il traite des prêtres.
R/. Scíndite corda vestra et non vestiménta vestra, * Et convertímini ad Dóminum Deum vestrum, quia benígnus et miséricors est. V/. Revertímini unusquísque a via sua mala, et a péssimis cogitatiónibus vestris. * Et convertímini. R/. Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, * Et convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux. V/. Revenez donc, chacun de votre voie mauvaise et de la perversité de vos projets. * Et convertissez-vous.
Lectio II Lecture II
Et ámplius adhuc maniféstum est, si secúndum similitúdinem Melchísedech exsúrgit álius sacérdos qui non secúndum legem mandáti carnális factus est sed secúndum virtútem vitæ insolúbilis, testimónium enim áccipit: Tu es sacérdos in ætérnum secúndum órdinem Melchísedech. Reprobátio quidem fit præcedéntis mandáti propter infirmitátem eius et inutilitátem, nihil enim ad perféctum addúxit lex, introdúctio vero melióris spei per quam proximámus ad Deum. Et quantum non est sine iure iurándo, illi quidem sine iure iurándo sacerdótes facti sunt, hic autem cum iure iurándo per eum qui dicit ad illum: Iurávit Dóminus et non pænitébit eum: Tu es sacérdos in ætérnum, in tantum et melióris testaménti sponsor factus est Iesus. Cela devient encore plus évident si, à la ressemblance de Melchisédech, se présente un autre prêtre, qui ne l'est pas devenu selon la règle d'une prescription charnelle, mais bien selon la puissance d'une vie impérissable. Ce témoignage, en effet, lui est rendu: Tu es prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech. Ainsi se trouve abrogée la prescription antérieure, en raison de sa faiblesse et de son inutilité - car la Loi n'a rien amené à la perfection - et introduite une espérance meilleure, par laquelle nous approchons de Dieu. D'autant plus que cela ne s'est pas fait sans serment. Les autres, en effet, sont devenus prêtres sans serment; mais celui-ci l'a été avec serment, par Celui qui lui a dit: Le Seigneur a juré, et il ne s'en repentira pas: Tu es prêtre pour l'éternité. Et par suite c'est d'une alliance meilleure que Jésus est devenu garant.
R/. Derelínquat ímpius viam suam, et vir iníquus cogitatiónes suas, et revertátur ad Dóminum, et miserébitur eius; * Quia benígnus et miséricors est, præstábilis super malítiam Dóminus Deus noster. V/. Non vult Dóminus mortem peccatóris, sed ut convertátur et vivat. * Quia benígnus. R/. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées! Qu'il revienne vers le Seigneur, qui aura pitié de lui; * Car il est tendre et compatissant, le Seigneur notre Dieu, il renonce au châtiment. V/. Le Seigneur ne désire pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. * Car.
Lectio III Lecture III
Et illi quidem plures facti sunt sacerdótes, idcírco quod morte prohibebántur permanére; hic autem eo quod manet in ætérnum, intransgressíbile habet sacerdótium, unde et salváre in perpétuum potest accedéntes per semetípsum ad Deum, semper vivens ad interpellándum pro eis. Talis enim et decébat ut nobis esset póntifex, sanctus, ínnocens, impollútus, segregátus a peccatóribus et excélsior cælis factus, qui non habet necessitátem cotídie, quemádmodum pontífices, prius pro suis delíctis hóstias offérre, deínde pro pópuli; hoc enim fecit semel semetípsum offeréndo. Lex enim hómines constítuit pontífices infirmitátem habéntes, sermo autem iuris iurándi, quod post legem est, Fílium in ætérnum consummátum. De plus, ceux-là sont devenus prêtres en grand nombre, parce que la mort les empêchait de durer; mais lui, du fait qu'il demeure pour l'éternité, il a un sacerdoce immuable. D'où il suit qu'il est capable de sauver de façon définitive ceux qui par lui s'avancent vers Dieu, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. Oui, tel est précisément le grand prêtre qu'il nous fallait, saint, innocent, immaculé, séparé désormais des pécheurs, élevé plus haut que les cieux, qui ne soit pas journellement dans la nécessité, comme les grands prêtres, d'offrir des victimes d'abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, car ceci il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même. La Loi, en effet, établit comme grands prêtres des hommes sujets à la faiblesse; mais la parole du serment - postérieur à la Loi - établit le Fils rendu parfait pour l'éternité.
R/. Qui cognóscis ómnium occúlta, a delícto meo munda me; * Tempus mihi concéde ut repænitens clamem: Peccávi, miserére mei, Deus. V/. Avérte fáciem tuam a peccátis meis, et omnes iniquitátes meas dele. * Tempus. V/. Glória Patri. * Tempus. R/. Toi qui connais les secrets des cœurs, purifie-moi de mon péché. * Accorde-moi un temps de repentir et de supplication: Oui, j'ai péché, pitié pour moi, mon Dieu! V/. Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés. * Accorde-moi. V/. Gloire au Père. * Accorde-moi.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Tractátu sancti Fulgéntii Ruspénsis epíscopi De fide ad Petrum (Cc. 22. 62: CCL 91A, 726. 750) Traité de saint Fulgence de Ruspe sur la foi
Lectio I Lecture I
In sacrifíciis carnálium victimárum, quæ sibi ipsa sancta Trínitas, quæ unus est Deus novi et véteris testaménti, a pátribus nostris præcipiébat offérri, illíus sacrifícii significabátur gratíssimum munus, quo pro nobis seípsum solus Deus Fílius secúndum carnem esset misericórditer oblatúrus. Ipse enim, secúndum apostólicam doctrínam óbtulit semetípsum pro nobis oblatiónem et hóstiam Deo in odórem suavitátis. Ipse verus Deus et verus póntifex, qui pro nobis non in sánguine taurórum et hircórum, sed in sánguine suo semel introívit in sancta. Quod tunc póntifex ille significábat, qui cum sánguine in sancta sanctórum per annos síngulos introíbat. La Sainte Trinité, Dieu unique du Nouveau et de l'Ancien Testament, prescrivait à nos pères de lui offrir la chair des animaux. Ces animaux préfiguraient l'offrande très agréable de ce sacrifice que l'unique Fils de Dieu devait offrir miséricordieusement pour nous, en immolant sa chair. C'est lui, en effet, selon l'enseignement de l'Apôtre, qui s'est livré pour nous en offrant à Dieu le sacrifice qui pouvait lui plaire. C'est lui, vrai Dieu et vrai grand prêtre, qui pour nous est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire en répandant non pas le sang des animaux, mais son propre sang. C'est ce que préfigurait le grand prêtre juif quand il entrait dans le sanctuaire, chaque année, en répandant le sang.
R/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis. Commendémus nosmetípsos in multa patiéntia, in ieiúniis multis, * Per arma iustítiæ virtútis Dei. V/. In ómnibus exhibeámus nosmetípsos sicut Dei minístros, ut non vituperétur ministérium nostrum. * Per arma. R/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut. Méritons le respect par notre endurance, par nos jeûnes prolongés, * Par les armes de justice de la puissance de Dieu. V/. Pour que notre ministère ne soit pas décrié, présentons-nous en toute circonstance comme de vrais ministres de Dieu. * Par les armes.
Lectio II Lecture II
Iste ígitur est, qui in se uno totum exhíbuit quod esse necessárium ad redemptiónis nostræ sciébat efféctum, idem scílicet sacérdos et sacrifícium, idem Deus et templum; sacérdos, per quem sumus reconciliáti; sacrifícium, quo reconciliáti; templum, in quo reconciliáti; Deus, cui reconciliáti. Solus tamen sacérdos, sacrifícium et templum, quia hæc ómnia Deus secúndum formam servi; non autem solus Deus, quia hoc cum Patre et Spíritu Sancto secúndum formam Dei. C'est donc lui qui, en lui seul, a présenté tout ce qu'il savait être nécessaire de réaliser pour notre rédemption. Oui, il était à la fois le prêtre et le sacrifice, à la fois Dieu et le temple. Prêtre dont la médiation nous réconcilie; sacrifice qui opère la réconciliation; temple dans lequel se fait notre réconciliation; Dieu avec qui nous sommes réconciliés. Il est à lui seul le prêtre, le sacrifice et le temple, car, étant Dieu, il est tout cela selon la condition de serviteur. Mais il n'est pas Dieu à lui seul, car il l'est avec le Père et l'Esprit Saint selon la condition de Dieu.
R/. Paradísi portas apéruit nobis ieiúnii tempus. Suscipiámus illud orántes et deprecántes, * Ut in die resurrectiónis cum Dómino gloriémur. V/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem. * Ut in die. R/. Les portes du paradis nous ont été ouvertes par un temps de jeûne. Accueillons donc ce temps, dans la prière et la supplication, * Afin qu'au jour de la résurrection, nous soyons glorifiés avec le Seigneur. V/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin.
Lectio III Lecture III
Firmíssime ergo tene et nullátenus dúbites, ipsum unigénitum Deum Verbum, carnem factum, se pro nobis obtulísse sacrifícium et hóstiam Deo in odórem suavitátis; cui cum Patre et Spíritu Sancto a patriárchis et prophétis et sacerdótibus, témpore véteris testaménti, animália sacrificabántur; et cui nunc, id est témpore novi testaménti, cum Patre et Spíritu Sancto, cum quibus illi est una divínitas, sacrifícium panis et vini, in fide et caritáte, sancta cathólica Ecclésia per univérsum orbem terræ offérre non cessat. Tu dois donc croire très fermement et sans aucune hésitation que l'unique Verbe de Dieu lui-même s'est offert pour nous à Dieu en sacrifice capable de lui plaire. C'est à lui, avec le Père et l'Esprit Saint, que les patriarches, les prophètes et les prêtres, au temps de l'ancienne Alliance, offraient des animaux en sacrifice; et c'est à lui, avec le Père et l'Esprit Saint qui ont avec lui une même divinité, que la sainte Église catholique, dans le monde entier, ne cesse d'offrir le sacrifice du pain et du vin, dans la foi et la charité.
R/. Emendémus in mélius quæ ignoránter peccávimus, ne súbito præoccupáti die mortis, quærámus spátium pæniténtiæ, et inveníre non possímus. * Atténde, Dómine, et miserére, quia peccávimus tibi. V/. Peccávimus cum pátribus nostris, iniúste égimus, iniquitátem fécimus. * Atténde. V/. Glória Patri. * Atténde. R/. Réparons par une meilleure conduite les péchés de notre aveuglement, de peur que, surpris tout-à-coup par la mort, nous cherchions en vain le temps de faire pénitence. * Vois, Seigneur, prends-nous en pitié: nous avons péché contre toi! V/. Avec nos pères, nous avons péché, nous avons failli, renié. * Vois. V/. Gloire au Père. * Vois.