Vigiles (OSB) du mercredi 3 avril 2019 -

Hebdomada IV Quadragesimae IVème semaine de Carême
Feria IV Mercredi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula ad Hebræos De la lettre aux Hébreux
Lectio I Lecture I
Habuit et prius præcépta cultus et Sanctum huius sæculi. Tabernáculum enim præparátum est primum, in quo ínerat candelábrum et mensa et proposítio panum, quod dícitur Sancta; post secúndum autem velaméntum, tabernáculum quod dícitur Sancta Sanctórum, áureum habens turíbulum et arcam testaménti circumtéctam ex omni parte auro, in qua urna áurea habens manna et virga Aaron quæ frondúerat, et tábulæ testaménti, supérque eam chérubim glóriæ obumbrántia propitiatórium; de quibus non est modo dicéndum per síngula. La première alliance, elle aussi, avait donc des institutions cultuelles ainsi qu'un sanctuaire, celui de ce monde. Une tente, en effet - la tente antérieure - avait été dressée; là se trouvaient le chandelier, la table, et l'exposition des pains; c'est celle qui est appelée: le Saint. Puis, derrière le second voile était une tente appelée Saint des Saints, comportant un autel des parfums en or et l'arche de l'alliance entièrement recouverte d'or, dans laquelle se trouvaient une urne d'or contenant la manne, le rameau d'Aaron qui avait poussé, et les tables de l'alliance; puis au-dessus, les chérubins de gloire couvrant d'ombre le propitiatoire. Ce n'est pas le moment de parler de tout cela en détail.
R/. Emendémus in mélius quæ ignoránter peccávimus, ne súbito præoccupáti die mortis, quærámus spátium pæniténtiæ, et inveníre non possímus. * Atténde, Dómine, et miserére, quia peccávimus tibi. V/. Peccávimus cum pátribus nostris, iniúste égimus, iniquitátem fécimus. * Atténde. R/. Réparons par une meilleure conduite les péchés de notre aveuglement, de peur que, surpris tout-à-coup par la mort, nous cherchions en vain le temps de faire pénitence. * Vois, Seigneur, prends-nous en pitié: nous avons péché contre toi! V/. Avec nos pères, nous avons péché, nous avons failli, renié. * Vois.
Lectio II Lecture II
His vero ita præparátis, in prius quidem tabernáculum semper intrant sacerdótes sacrórum offícia consummántes, in secúndum autem semel in anno solus póntifex, non sine sánguine quem offert pro suis et pópuli ignorántiis, hoc significánte Spíritu Sancto, nondum propalátam esse sanctórum viam, adhuc prióre tabernáculo habénte statum. Tout étant ainsi disposé, les prêtres entrent en tout temps dans la première tente pour s'acquitter du service cultuel. Dans la seconde, au contraire, seul le grand prêtre pénètre, et une seule fois par an, non sans s'être muni de sang qu'il offre pour ses manquements et ceux du peuple. L'Esprit Saint montre ainsi que la voie du sanctuaire n'est pas ouverte, tant que la première Tente subsiste.
R/. In ieiúnio et fletu orábant sacerdótes, dicéntes: * Parce, Dómine, parce pópulo tuo, et ne des hereditátem tuam in perditiónem. V/. Inter vestíbulum et altáre plorábant sacerdótes, dicéntes: * Parce. R/. Les prêtres du Seigneur suppliaient dans le jeûne et les larmes: * Pitié, Seigneur, épargne ton peuple, ne livre pas ton héritage à la ruine! V/. Entre le portail et l'autel, les prêtres se lamentaient, disant: * Pitié.
Lectio III Lecture III
Quæ parábola est témporis instántis, iuxta quam múnera et hóstiæ offerúntur, quæ non possunt iuxta consciéntiam perféctum fácere serviéntem, solúmmodo in cibis et in pótibus et váriis baptísmis quæ sunt præcépta carnis usque ad tempus correctiónis impósita. C'est là une figure pour la période actuelle; sous son régime on offre des dons et des sacrifices, qui n'ont pas le pouvoir de rendre parfait l'adorateur en sa conscience; ce sont des règles pour la chair, ne concernant que les aliments, les boissons, diverses ablutions, et imposées seulement jusqu'au temps de la réforme.
R/. In ómnibus exhibeámus nos sicut Dei minístros, in multa patiéntia, * Ut non vituperétur ministérium nostrum. V/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis; némini dantes ullam offensiónem, * Ut non vituperétur. V/. Glória Patri. * Ut non vituperétur. R/. Présentons-nous, en toute circonstance, comme de vrais ministres de Dieu, faisant preuve d'endurance, * Afin que notre ministère ne soit pas décrié. V/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut; ne donnons à personne occasion de scandale, * Afin. V/. Gloire au Père. * Afin.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Tractátibus sancti Augustíni epíscopi in Ioánnem (Tract. 17, 15. 16: CCL 36, 177-178) Traité de saint Augustin sur l'Évangile de Jean
Lectio I Lecture I
In eo quod Deus in die séptimo requiévit, ipsum Dóminum et Salvatórem nostrum Iesum Christum, qui hæc loquebátur et dicébat: Pater meus usque modo operátur et ego óperor, magno sacraménto significávit. Quia et Dóminus Iesus útique Deus. Ipse est enim Verbum Dei, et audístis quia in princípio erat Verbum; et non qualecúmque Verbum, sed Deus erat Verbum, et ómnia per ipsum facta sunt; forte significátus est requietúrus in die séptimo ab ómnibus opéribus suis. Légite enim evangélium et vidéte quanta operátus sit Iesus. Operátus est salútem nostram in cruce, ut impleréntur in eo ómnia prædícta prophetárum; coronátus est spinis, suspénsus est ligno; dixit: Sítio, accépit acétum in spóngia, ut implerétur quod dictum est: Et in siti mea potavérunt me acéto. At ubi impléta sunt ómnia ópera eius, sexta sábbati inclináto cápite réddidit spíritum, et in sepúlcro sábbato requiévit ab ómnibus opéribus suis. Le repos de Dieu au septième jour est la figure de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ qui disait: Mon Père travaille toujours, et moi aussi je travaille. Car le Seigneur Jésus est vraiment Dieu, il est le Verbe de Dieu, et vous savez qu'au commencement était le Verbe, non pas n'importe quel Verbe, mais le Verbe était Dieu, et par lui tout a été fait. Peut-être avons-nous ici la figure du repos qu'il devait prendre le septième jour après toutes ses œuvres. Lisez l'évangile et voyez la grandeur des œuvres de Jésus. Il a opéré notre salut sur la croix pour accomplir en lui toutes les prédictions des prophètes; il a été couronné d'épines, attaché à la croix; il a dit: J'ai soif; on lui a présenté une éponge trempée de vinaigre pour accomplir ce qui est écrit: Ils m'ont donné du vinaigre pour étancher ma soif. Mais dès qu'il eut achevé toutes ses œuvres, au sixième jour de la semaine, il inclina la tête et rendit l'esprit et, le septième jour, il se reposa de toutes ses œuvres dans le tombeau.
R/. Tribulárer si nescírem misericórdias tuas, Dómine; tu dixísti: Nolo mortem peccatóris, sed ut convertátur et vivat, * Qui Chananæam et publicánum vocásti ad pæniténtiam. V/. Et Petrum lacrimántem suscepísti, miséricors Dómine. * Qui Chananæam. R/. Je serais en proie aux tourments si j'ignorais ta miséricorde, Seigneur; n'as-tu pas dit: Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive, * Toi qui as conduit à la pénitence la Cananéenne et le publicain? V/. Et n'as-tu pas accueilli le repentir et les larmes de Pierre, miséricordieux Seigneur, * Toi qui.
Lectio II Lecture II
Ergo tamquam díceret Iudæis: " Quid exspectátis ut non óperer sábbato? Sábbati dies vobis ad significatiónem meam præcéptus est. Opera Dei atténditis: ego ibi eram cum fíerent, per me facta sunt ómnia, ego novi: Pater meus usque modo operátur. Operátus est Pater lucem; sed dixit ut fíeret lux; si dixit, Verbo operátus est; Verbum eius ego eram, ego sum; per me factus est mundus in illis opéribus, per me régitur mundus in istis opéribus. Pater meus et tunc operátus est cum fecit mundum, et usque nunc operátur cum regit mundum; ergo et per me fecit cum fecit, et per me regit cum regit. " Il semble donc dire aux Juifs: " Pourquoi vouloir que je ne fasse rien le jour du sabbat? La prescription du sabbat vous a été donnée pour cette signification. Vous considérez les œuvres de Dieu, j'étais là lorsqu'elles ont été faites, c'est par moi que tout a été fait, je les connais: Mon Père travaille toujours. Le Père a fait la lumière; pour créer la lumière, il a dit: Que la lumière soit. S'il l'a dit, il l'a fait par le Verbe. J'étais son Verbe, je le suis; par moi le monde a été fait dans ces œuvres, par moi le monde est gouverné dans ces œuvres. Mon Père travaillait lorsqu'il a fait le monde, et maintenant il travaille en gouvernant le monde. C'est donc par moi qu'il a fait le monde et c'est par moi qu'il le gouverne. "
R/. Scíndite corda vestra et non vestiménta vestra, * Et convertímini ad Dóminum Deum vestrum, quia benígnus et miséricors est. V/. Revertímini unusquísque a via sua mala, et a péssimis cogitatiónibus vestris. * Et convertímini. R/. Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, * Et convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux. V/. Revenez donc, chacun, de votre voie mauvaise et de la perversité de vos projets. * Et convertissez-vous.
Lectio III Lecture III
Proínde quid secútus evangelísta dixit? Hinc ergo magis quærébant eum Iudæi interfícere, quia non solum solvébat sábbatum, sed et patrem suum dicébat Deum. Non quomodocúmque, sed quid? Æquálem se fáciens Deo. Nam omnes dícimus Deo: Pater noster qui es in cælis; légimus et Iudæos dixísse: Cum tu sis pater noster. Ergo non hinc irascebántur quia patrem suum dicébat Deum, sed quod longe álio modo quam hómines. Non eum intellexérunt esse Christum, nec eum intellexérunt Fílium Dei, sed tamen intellexérunt in illis verbis quia talis commendarétur Fílius Dei, qui æquális esset Deo. Que dit donc l'évangéliste ensuite? Sur quoi les Juifs n'en cherchaient que plus à le faire mourir, parce que, non seulement il violait le sabbat, mais il appelait encore Dieu son père. Il ne le disait pas d'une manière quelconque, mais comment? Se faisant l'égal de Dieu. En effet, nous disons tous à Dieu: Notre Père, qui es aux cieux. Nous lisons aussi que les Juifs disaient: Puisque tu es notre père. Ils ne s'indignaient donc pas de ce qu'il appelait Dieu son père, mais parce qu'il le faisait d'une manière tout autre que les hommes. Ils n'ont pas compris qu'il était le Christ, ils n'ont pas compris qu'il était le Fils de Dieu, mais ils ont parfaitement compris que le Fils de Dieu dont on leur parlait était égal à Dieu.
R/. Derelínquat ímpius viam suam, et vir iníquus cogitatiónes suas, et revertátur ad Dóminum, et miserébitur eius; * Quia benígnus et miséricors est, præstábilis super malítiam Dóminus Deus noster. V/. Non vult Dóminus mortem peccatóris, sed ut convertátur et vivat. * Quia benígnus. V/. Glória Patri. * Quia benígnus. R/. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées! Qu'il revienne vers le Seigneur, qui aura pitié de lui; * Car il est tendre et compatissant, le Seigneur notre Dieu, il renonce au châtiment. V/. Le Seigneur ne désire pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. * Car. V/. Gloire au Père. * Car.