Vigiles (OSB) du jeudi 4 avril 2019 -

Hebdomada IV Quadragesimae IVème semaine de Carême
Feria V Jeudi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula ad Hebræos De la lettre aux Hébreux
Lectio I Lecture I
Christus cum advénit póntifex futurórum bonórum, per ámplius et perféctius tabernáculum, non manufáctum, id est non huius creatiónis, neque per sánguinem hircórum et vitulórum sed per próprium sánguinem introívit semel in Sancta, ætérna redemptióne invénta. Si enim sanguis hircórum et taurórum et cinis vítulæ aspérsus inquinátos sanctíficat ad emundatiónem carnis, quanto magis sanguis Christi, qui per Spíritum ætérnum semetípsum óbtulit immaculátum Deo, emundábit consciéntiam nostram ab opéribus mórtuis ad serviéndum Deo vivénti. Le Christ, lui, survenu comme grand prêtre des biens à venir, traversant la tente plus grande et plus parfaite qui n'est pas faite de main d'homme, c'est-à-dire qui n'est pas de cette création, entra une fois pour toutes dans le sanctuaire, non pas avec du sang de boucs et de jeunes taureaux, mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle. Si en effet du sang de boucs et de taureaux et de la cendre de génisse, dont on asperge ceux qui sont souillés, les sanctifient en leur procurant la pureté de la chair, combien plus le sang du Christ, qui par un Esprit éternel s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes pour que nous rendions un culte au Dieu vivant.
R/. Abscóndite eleemósynam in sinu páuperis, et ipsa orat pro vobis ad Dóminum, * Quia sicut aqua exstínguit ignem, ita eleemósyna exstínguit peccátum. V/. Honóra Dóminum de tua substántia, et de primítiis frugum tuárum da paupéribus. * Quia sicut. R/. Cache ton aumône dans le sein du pauvre, et elle intercédera pour toi devant Dieu: * De même que l'eau éteint les flammes, l'aumône éteint la dette du péché. V/. Honore de tes biens le Seigneur, et donne aux pauvres les prémices de tes récoltes: * De même que.
Lectio II Lecture II
Et ídeo novi testaménti mediátor est, ut, morte intercedénte in redemptiónem eárum prævaricatiónum quæ erant sub prióre testaménto repromissiónem accípiant, qui vocáti sunt ætérnæ hereditátis. Ubi enim testaméntum, mors necésse est afferátur testatóris; testaméntum autem in mórtuis est confirmátum, nondum enim valet dum vivit qui testátus est. Unde ne prius quidem sine sánguine dedicátum est; enuntiáto enim omni mandáto secúndum legem a Móyse univérso pópulo, accípiens sánguinem vitulórum et hircórum cum aqua et lana coccínea et hyssópo, ipsum librum et omnem pópulum aspérsit dicens: Hic sanguis testaménti quod mandávit ad vos Deus; étiam tabernáculum et ómnia vasa ministérii sánguine simíliter aspérsit. Et ómnia pæne in sánguine mundántur secúndum legem, et sine sánguinis effusióne non fit remíssio. Voilà pourquoi il est médiateur d'une nouvelle alliance, afin que, sa mort ayant eu lieu pour racheter les transgressions de la première alliance, ceux qui sont appelés reçoivent l'héritage éternel promis. Car là où il y a testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée. Un testament, en effet, n'est valide qu'à la suite du décès, puisqu'il n'entre jamais en vigueur tant que vit le testateur. De là vient que même la première alliance n'a pas été inaugurée sans effusion de sang. Effectivement, lorsque Moïse eut promulgué au peuple entier chaque prescription selon la teneur de la Loi, il prit le sang des jeunes taureaux et des boucs, avec de l'eau, de la laine écarlate et de l'hysope, et il aspergea le livre lui-même et tout le peuple en disant: Ceci est le sang de l'alliance que Dieu a prescrite pour vous. Puis, de la même manière, il aspergea de sang la Tente et tous les objets du culte. D'ailleurs, selon la Loi, presque tout est purifié par le sang, et sans effusion de sang il n'y a point de rémission.
R/. Tribulárer si nescírem misericórdias tuas, Dómine; tu dixísti: Nolo mortem peccatóris, sed ut convertátur et vivat, * Qui Chananæam et publicánum vocásti ad pæniténtiam. V/. Et Petrum lacrimántem suscepísti, miséricors Dómine. * Qui Chananæam. R/. Je serais en proie aux tourments si j'ignorais ta miséricorde, Seigneur; n'as-tu pas dit: Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive, * Toi qui as conduit à la pénitence la Cananéenne et le publicain? V/. Et n'as-tu pas accueilli le repentir et les larmes de Pierre, miséricordieux Seigneur, * Toi qui.
Lectio III Lecture III
Necésse erat ergo figúras quidem cæléstium his mundári, ipsa autem cæléstia melióribus hóstiis quam istis. Non enim in manufácta Sancta Christus introívit, quæ sunt similitúdo verórum, sed in ipsum cælum, ut appáreat nunc vúltui Dei pro nobis; neque ut sæpe ófferat semetípsum, quemádmodum póntifex intrat in Sancta per síngulos annos in sánguine aliéno. Alióquin oportébat eum frequénter pati ab orígine mundi; nunc autem semel in consummatióne sæculórum ad destitutiónem peccáti per sacrifícium sui manifestátus est. Et quemádmodum statútum est homínibus semel mori, post hoc autem iudícium, sic et Christus, semel oblátus ad multórum auferénda peccáta, secúndo sine peccáto apparébit exspectántibus se in salútem. Il est donc nécessaire, d'une part que les copies des réalités célestes soient purifiées de cette manière, d'autre part que les réalités célestes elles-mêmes le soient aussi, mais par des sacrifices plus excellents que ceux d'ici-bas. Ce n'est pas, en effet, dans un sanctuaire fait de main d'homme, dans une image de l'authentique, que le Christ est entré, mais dans le ciel lui-même, afin de paraître maintenant devant la face de Dieu en notre faveur. Ce n'est pas non plus pour s'offrir lui-même à plusieurs reprises, comme fait le grand prêtre qui entre chaque année dans le sanctuaire avec un sang qui n'est pas le sien, car alors il aurait dû souffrir plusieurs fois depuis la fondation du monde. Or c'est maintenant, une fois pour toutes, à la fin des temps, qu'il s'est manifesté pour abolir le péché par son sacrifice. Et comme les hommes ne meurent qu'une fois, après quoi il y a un jugement, ainsi le Christ, après s'être offert une seule fois pour enlever les péchés d'un grand nombre, apparaîtra une seconde fois - hors du péché - à ceux qui l'attendent, pour leur donner le salut.
R/. Scíndite corda vestra et non vestiménta vestra, * Et convertímini ad Dóminum Deum vestrum, quia benígnus et miséricors est. V/. Revertímini unusquísque a via sua mala, et a péssimis cogitatiónibus vestris. * Et convertímini. V/. Glória Patri. * Et convertímini. R/. Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, * Et convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux. V/. Revenez donc, chacun, de votre voie mauvaise et de la perversité de vos projets. * Et convertissez-vous. V/. Gloire au Père. * Et convertissez-vous.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Commentário Orígenis presbýteri in Epístulam ad Romános (Lib. 3, 8: PG 14, 950-951) Commentaire d'Origène sur l'Épître aux Romains
Lectio I Lecture I
Requirámus síngula nómina quæ de Salvatóre scripta sunt, et in síngulis appellatiónibus quæ sint, quæ designéntur diligéntius contemplémur. Invénies ígitur, quóniam quidem in ipso complácuit habitáre omnem plenitúdinem divinitátis corporáliter, esse ipsum et propitiatórium et pontíficem et hóstiam quæ offértur pro pópulo. De pontífice evidénter David in psalmo, et apóstolus Paulus ad Hebræos scribit. Quod autem sit et hóstia, testátur Ioánnes, dicens: Hic est Agnus Dei qui tollit peccáta mundi. Passons en revue tous les noms que l'Écriture donne au Sauveur, et de chacune de ces appellations considérons avec grand soin le contenu et la signification. On trouve écrit qu'en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité, et qu'ainsi il est tout à la fois instrument d'expiation, pontife et victime offerte pour le peuple. Du pontife, David parle clairement dans le psaume et l'apôtre Paul en écrit aux Hébreux. Qu'il soit aussi victime, Jean-Baptiste en témoigne: Celui-ci est l'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde.
R/. Qui cognóscis ómnium occúlta, a delícto meo munda me; * Tempus mihi concéde ut repænitens clamem: Peccávi, miserére mei, Deus. V/. Avérte fáciem tuam a peccátis meis, et omnes iniquitátes meas dele. * Tempus. R/. Toi qui connais les secrets des cœurs, purifie-moi de mon péché. * Accorde-moi un temps de repentir et de supplication: Oui, j'ai péché, pitié pour moi, mon Dieu! V/. Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés. * Accorde-moi.
Lectio II Lecture II
Secúndum hoc ergo quod hóstia est, profusióne sánguinis sui propitiátio effícitur in eo quod dat remissiónem præcedéntium delictórum; quæ tamen propitiátio ad unumquémque credéntium per viam fídei venit. Nisi enim daret remissiónem præcedéntium delictórum, propitiátio non probarétur effécta. Cum vero peccatórum remíssio tribuátur, certum est propitiatiónem effusióne sacri sánguinis adimplétam: Absque sánguinis enim effusióne, sicut Apóstolus dicit, non fit remíssio peccatórum. Or, en tant que victime, par l'effusion de son sang, il réalise l'expiation, du fait qu'il accorde la rémission des péchés d'autrefois; expiation qui, cependant, descend sur chaque croyant au moyen de la foi. S'il ne donnait pas la rémission des péchés d'autrefois, on n'aurait pas la preuve d'une expiation effectivement réalisée. Mais puisque la rémission des péchés est accordée, on a la certitude que, par l'effusion du sang, l'expiation a été accomplie: Sans effusion de sang, dit l'Apôtre, il n'y a pas de rémission des péchés.
R/. Frange esuriénti panem tuum, et egénos vagósque induc in domum tuam; * Tunc erúmpet quasi mane lumen tuum, et anteíbit fáciem tuam iustítia tua. V/. Cum víderis nudum, óperi eum, et carnem tuam ne despéxeris. * Tunc erúmpet. R/. Partage ton pain avec l'homme affamé, recueille chez toi le malheureux sans abri; * Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, ta justice marchera devant toi. V/. Couvre celui que tu verras sans vêtement, et ne te dérobe pas à ton semblable; * Alors.
Lectio III Lecture III
Verum ne Paulus tibi solus præsumpsísse propitiatiónis nomen videátur in Christo, audi quómodo et Ioánnes cónsone de hoc sensu loquátur cum dicit: Filíoli mei, hæc scribo vobis ut non peccétis. Sed et si quis peccáverit, advocátum habémus apud Patrem, Iesum Christum iustum; et ipse est propitiátio pro peccátis nostris, non solum pro nostris, sed et pro univérsi mundi. Fit ergo per repropitiatiónem sánguinis Christi remíssio præcedéntium delictórum, in sustentatióne Dei, ad ostensiónem iustítiæ suæ. Sustentátio Dei est, ubi peccátor non statim punítur ut peccat, sed secúndum quod ibídem Apóstolus dixit: Per patiéntiam Dei addúcitur ad pæniténtiam; et in hoc osténdere dícitur iustítiam suam Deus. Bene autem áddidit: In hoc témpore; præséntis enim sæculi témpore in sustentatióne est iustítia Dei; futúri vero in retributióne. Et pour que Paul ne te semble pas être le seul à employer ce nom de victime d'expiation quand il s'agit du Christ, écoute parler Jean en accord avec lui. Il dit: Mes petits enfants, je vous écris cela pour que vous ne péchiez pas. Mais si quelqu'un vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père, Jésus-Christ, qui est juste: car il est, lui, victime d'expiation pour nos péchés; et pas seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier. Par le sacrifice propitiatoire du sang du Christ est opérée la rémission des péchés d'autrefois, au temps de la patience de Dieu, pour montrer sa justice. Dieu montre sa patience lorsque le pécheur n'est pas puni aussitôt de son péché, mais, d'après ce que dit l'Apôtre dans la même épître: La patience de Dieu pousse à la conversion; et c'est en cela qu'éclate la justice de Dieu. Paul ajoute: En ce temps, car en ce siècle, Dieu montre sa justice par la patience; au siècle futur, il la montrera par la rétribution.
R/. Ecce nunc tempus acceptábile, ecce nunc dies salútis. Commendémus nosmetípsos in multa patiéntia, in ieiúniis multis, * Per arma iustítiæ virtútis Dei. V/. In ómnibus exhibeámus nosmetípsos sicut Dei minístros, ut non vituperétur ministérium nostrum. * Per arma. V/. Glória Patri. * Per arma. R/. C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut. Méritons le respect par notre endurance, par nos jeûnes prolongés, * Par les armes de justice de la puissance de Dieu. V/. Pour que notre ministère ne soit pas décrié, présentons-nous en toute circonstance comme de vrais ministres de Dieu. * Par les armes. V/. Gloire au Père. * Par les armes.