Vigiles (OSB) du dimanche 7 avril 2019 - Vème dimanche de Carême

Hebdomada V Quadragesimae Vème semaine de Carême
Dominica Dimanche
Dominica V Quadragesimae Vème dimanche de Carême
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula ad Hebræos De la lettre aux Hébreux
Lectio I Lecture I
Voluntárie peccántibus nobis, post accéptam notítiam veritátis, iam non relínquitur pro peccátis hóstia, terríbilis autem quædam exspectátio iudícii et ignis æmulátio quæ consumptúra est adversários. Irritam quis fáciens legem Móysis sine ulla miseratióne duóbus vel tribus téstibus móritur; quanto deterióra putátis merébitur supplícia qui Fílium Dei conculcáverit et sánguinem testaménti commúnem dúxerit, in quo sanctificátus est, et Spirítui grátiae contuméliam fécerit? Si nous péchons volontairement, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus de sacrifice pour les péchés. Il y a, au contraire, une perspective redoutable, celle du jugement et d'un courroux de feu qui doit dévorer les rebelles. Quelqu'un rejette-t-il la Loi de Moïse? Impitoyablement il est mis à mort sur la déposition de deux ou trois témoins. D'un châtiment combien plus grave sera jugé digne, ne pensez-vous pas, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l'alliance dans lequel il a été sanctifié, et outragé l'Esprit de la grâce?
R/. Isti sunt dies quos observáre debétis tempóribus suis: * Quartadécima die ad vésperum Pascha Dómini est, et in quintadécima sollemnitátem celebrábitis Altíssimo Dómino. V/. Locútus est Dóminus ad Móysen dicens: Lóquere fíliis Israel, et dices ad eos: * Quartadécima. R/. Voici les jours de fête que vous devrez observer à leurs dates: * Le quatorzième jour du premier mois, au coucher du soleil, c'est la Pâque du Seigneur; et le quinzième jour vous célébrerez une solennité en l'honneur du Seigneur, le Très-Haut. V/. Le Seigneur adressa la parole à Moïse en ces termes: Parle aux enfants d'Israël et dis leur: * Le quatorzième.
Lectio II Lecture II
Scimus enim eum qui dixit: Mihi vindícta, ego retríbuam et íterum: Iudicábit Dóminus pópulum suum. Horréndum est incídere in manus Dei vivéntis. Rememorámini autem prístinos dies in quibus illumináti magnum certámen sustinuístis passiónum, in áltero quidem oppróbriis et tribulatiónibus spectáculum facti, in áltero autem sócii táliter conversántium effécti. Nous connaissons, en effet, celui qui a dit: À moi la vengeance. C'est moi qui rétribuerai. Et encore: Le Seigneur jugera son peuple. Oh! chose effroyable que de tomber aux mains du Dieu vivant! Mais rappelez-vous ces premiers jours, où après avoir été illuminés, vous avez soutenu un grand assaut de souffrances, tantôt exposés publiquement aux opprobres et aux tribulations, tantôt vous rendant solidaires de ceux qui étaient ainsi traités.
R/. Multiplicáti sunt qui tríbulant me, et dicunt: Non est salus illi in Deo eius. * Exsúrge, Dómine, salvum me fac, Deus meus. V/. Nequándo dicat inimícus meus: Præválui advérsus eum. * Exsúrge. R/. Qu'ils sont nombreux mes adversaires, nombreux à déclarer à mon sujet: Pour lui, pas de salut auprès de Dieu! * Lève-toi, Seigneur; sauve-moi, mon Dieu! V/. Pour que l'ennemi ne crie pas: Victoire! * Lève-toi.
Lectio III Lecture III
Nam et vinctis compássi estis et rapínam bonórum vestrórum cum gáudio suscepístis, cognoscéntes vos habére meliórem substántiam et manéntem. Nolíte ítaque abícere confidéntiam vestram quæ magnam habet remuneratiónem; patiéntia enim vobis necessária est ut voluntátem Dei faciéntes reportétis promissiónem. Et, en effet, vous avez pris part aux souffrances des prisonniers; vous avez accepté avec joie la spoliation de vos biens, sachant que vous étiez en possession d'une richesse meilleure et stable. Ne perdez donc pas votre assurance; elle a une grande et juste récompense. Vous avez besoin de constance, pour que, après avoir accompli la volonté de Dieu, vous bénéficiiez de la promesse.
R/. Qui custodiébant ánimam meam, consílium fecérunt in unum, dicéntes: Deus derelíquit eum; * Persequímini et comprehéndite eum, quia non est qui líberet eum. Deus meus, ne elónges a me; Deus meus, in adiutórium meum inténde. V/. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi; verbum iníquum mandavérunt advérsum me, dicéntes: * Persequímini. R/. Ceux qui en veulent à ma vie se concertent; ils disent: Dieu l'abandonne! * Traquez-le, empoignez-le, il n'a pas de défenseur! Mon Dieu, ne sois pas loin de moi; mon Dieu, viens vite à mon secours! V/. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'a-dressent des paroles maléfiques, ils disent: * Traquez-le.
Lectio IV Lecture IV
Adhuc enim módicum quántulum qui ventúrus est, véniet et non tardábit. Iustus autem meus ex fide vivet; quod si subtráxerit se, non sibi cómplacet in eo ánima mea. Nos autem non sumus subtractiónis in perditiónem, sed fídei in acquisitiónem ánimæ. Car encore un peu, bien peu de temps, Celui qui vient arrivera et il ne tardera pas. Or mon juste vivra par la foi; et s'il se dérobe, mon âme ne se complaira pas en lui. Pour nous, nous ne sommes pas des hommes de dérobade pour la perdition, mais des hommes de foi pour la sauvegarde de notre âme.
R/. Adiútor et suscéptor meus tu es, Dómine, et in verbum tuum sperávi. * Declináte a me, malígni, et scrutábor mandáta Dei mei. V/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus, et ab insurgéntibus in me líbera me. * Declináte. V/. Glória Patri. * Declináte. R/. Toi, mon abri, mon bouclier, Seigneur, j'espère en ta parole. * Écartez-vous de moi, méchants: j'observerai les commandements de mon Dieu. V/. Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu; de mes agresseurs, protège-moi. * Écartez-vous. V/. Gloire au Père. * Écartez-vous.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Sermónibus Ivónis Carnoténsis epíscopi (Sermo 6: PL 162, 562) Sermon d'Yves de Chartres
Lectio I Lecture I
Corrúpto peccátis originálibus et actuálibus mundo, mundi Cónditor secréto et mirábili consílio per mystérium Verbi incarnáti eiúsdem mundi lapsum vóluit reparáre; qui eo verbo quo pótuit de níhilo cuncta creáre, pótuit quæ pérdita fúerant reformáre. Omnipoténtis quippe fíguli manus, cuius univérsæ viæ misericórdia et véritas, quæ lutum de terra levátum, rationális natúræ dignitáte sublimáverat, sic vóluit ruínam vasis frágilis reformáre, ut nec peccátum hóminis dimítteret impunítum, quia iustus est; nec insanábile, quia miséricors est. Penché sur son œuvre corrompue, le Créateur voulut, dans un dessein mystérieux et admirable, et par le mystère du Verbe incarné, réparer cette déchéance. Celui qui d'un mot a pu créer toutes choses de rien, a pu également restaurer ce qui était perdu. Le divin artisan, dont toutes les voies sont miséricorde et vérité, et qui de sa main avait ramassé cette poignée d'argile pour l'élever au rang de nature raisonnable, voulut restaurer le vase fragile et ruiné, mais sans que le péché de l'homme restât impuni, car Dieu est juste; ni incurable, car il est bon.
R/. Deus meus es tu, ne discédas a me, * Quóniam tribulátio próxima est, et non est qui ádiuvet. V/. Deus, Deus meus, réspice in me; quare me dereliquísti? Longe a salúte mea. * Quóniam. R/. Tu es mon Dieu! Ne sois pas loin: * L'angoisse est proche, et je n'ai personne pour m'aider. V/. Dieu, mon Dieu, regarde-moi! Pourquoi m'as-tu abandonné? Le salut est loin de moi. * L'angoisse.
Lectio II Lecture II
Si iustus tantum esset, cuius sapiéntia attíngit a fine usque ad finem fórtiter, et dispónit ómnia suáviter, pótuit sua fortitúdine advérsus seductórem humáni géneris conténdere, et ovem pérditam ad gregem redúctam, suo Dómino restitúere; sed hoc modo viderétur eminéntiam tantum ostendísse virtútis suæ, non medicinálem misericórdiam impendísse redémptis; nec apparéret quanta caritáte Cónditor creatúram diligébat, a qua se diligéndum esse multíplici benefício expetébat: quátenus miser homo, præcedénte grátia, obtinéret étiam per méritum quod ei male mérito rependebátur indébitum. S'il n'était que juste, celui dont la sagesse atteint les extrémités du monde avec force et fait toutes choses avec douceur, il aurait pu s'opposer de force au séducteur du genre humain, ramener la brebis perdue et la rendre à son maître. Mais ce faisant, il ne montrait que son pouvoir; sa miséricorde ne devenait pas remède pour les rachetés: ils ne pouvaient voir de quel amour le créateur aimait son œuvre. Car en vérité il l'aimait, et attendait patiemment qu'elle l'aimât, multipliant ses bienfaits. Non seulement Dieu rendait de plein gré le bonheur criminellement perdu, mais il inventait la grâce, pour qu'en outre l'homme méritât ce bonheur.
R/. Deus meus, éripe me de manu peccatóris et de manu contra legem agéntis et iníqui, * Quóniam tu es patiéntia mea. V/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus, et ab insurgéntibus in me líbera me. * Quóniam. R/. Mon Dieu, libère-moi des mains de l'impie, des prises du fourbe et du violent, * Car c'est toi mon espérance. V/. Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu; de mes agresseurs, protège-moi. * Car c'est toi.
Lectio III Lecture III
Quod ergo Dei sapiéntia pótuit fácere sapiénter et fórtiter, vóluit fácere suáviter, úniens sibi infirmitátem carnis nostræ, quam primo in se sanáret, et per hanc quasi medicinálem confectiónem géneri humáno sanitátem restitúeret: non quod non pótuit áliter fíeri, quantum ad perítiam et poténtiam médici, sed quia non pótuit commódius antídotum procurári, quantum ad complexiónem ægróti. Dieu qui fait tout avec force et sagesse voulut pour cette œuvre se vêtir de douceur en s'unissant la faiblesse de notre chair: il la guérirait d'abord, puis se servirait d'elle comme d'un remède pour rendre la santé au genre humain; non que l'habile médecin manquât d'autres moyens, mais le tempérament du malade appelait ce contrepoison.
R/. Ne perdas cum ímpiis, Deus, ánimam meam, et cum viris sánguinum vitam meam; * Rédime me, Dómine. V/. Eripe me, Dómine, ab hómine malo, a viro iníquo líbera me. * Rédime. R/. Ne m'inflige pas, mon Dieu, le sort des pécheurs, le destin de ceux qui versent le sang; * Libère-moi, Seigneur. V/. Délivre-moi, Seigneur, de l'homme mauvais; contre l'homme violent, défends-moi. * Libère-moi.
Lectio IV Lecture IV
Hæc conversátio nobis speciális esse vidétur, cur Dei Fílius hóminem indúere volúerit, et inter hómines conversári, ut mortalitátem quam a nobis accéperat, moriéndo superáret; et natúram nostram supra primæ oríginis dignitátem reparátam secum ad immortalitátem revocáret, ut eo sequerétur humílitas gregis, quo præcéssit celsitúdo pastóris. Il semble que le Fils de Dieu ait eu spécialement en vue cet échange quand il voulut revêtir l'homme et habiter parmi les hommes: ainsi il pourrait faire usage de notre mortalité, la recevoir de nous, mais la maîtriser en mourant, réparer notre nature au-delà de sa dignité première, la rappeler à l'immortalité avec lui et entraîner l'humble brebis sur les pas du divin pasteur.
R/. Tota die contristátus ingrediébar, Dómine, quóniam ánima mea compléta est illusiónibus, * Et vim faciébant qui quærébant ánimam meam. V/. Et qui inquirébant mala mihi locúti sunt vanitátes, et dolos tota die meditabántur. * Et vim. V/. Glória Patri. * Et vim. R/. Tout le jour j'avance dans le noir, je suis rassasié d'opprobres; * Ceux qui veulent ma perte me talonnent. V/. Ces gens qui cherchent mon malheur prononcent des paroles maléfiques, tout le jour ils ruminent leur traîtrise. * Ceux. V/. Gloire au Père. * Ceux.
In tertio nocturno, anno C Troisième nocturne, année C
Léctio sancti Evangélii secúndum Ioánnem Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean
In illo témpore: Iesus perréxit in montem Olivéti. Dilúculo autem íterum venit in templum, et omnis pópulus veniébat ad eum, et sedens docébat eos. Et réliqua. Jésus s'était rendu au mont des Oliviers; de bon matin, il retourna au temple de Jérusalem. Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner. Et la suite.
Ex Tractátibus sancti Augustíni epíscopi in Ioánnem (Tract. 33, 4-5: CCL 36, 307-309) Traité de saint Augustin sur l'Évangile de Jean
Lectio I Lecture I
Nunc iam atténdite ubi ab inimícis tentáta sit Dómini mansuetúdo. Addúcunt autem illi scribæ et pharisi mulíerem in adultério deprehénsam, tentántes eum, ut possent accusáre eum. Unde accusáre? Quid est ergo: tentántes eum ut possent accusáre eum? Intellegémus, fratres, admirábilem mansuetúdinem in Dómino præeminuísse. Animadvertérunt eum nímium esse mitem, nímium esse mansuétum; de illo quippe fúerat ante prædíctum: Accíngere gládio tuo circa femur tuum, potentíssime; spécie tua et pulchritúdine tua inténde, próspere procéde, et regna propter veritátem et mansuetúdinem et iustítiam. Ergo áttulit veritátem ut doctor, mansuetúdinem ut liberátor, iustítiam ut cógnitor. Considérez maintenant comment la bonté du Seigneur a été mise à l'épreuve par ses ennemis. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme surprise en flagrant délit d'adultère, pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. De quoi veulent-ils l'accuser? Que signifie donc: pour le mettre à l'épreuve afin de pouvoir l'accuser? Ce que nous comprenons, frères, c'est qu'une admirable bonté prédominait dans le Seigneur. Ses ennemis avaient constaté qu'il était excessivement doux, excessivement bon et, de fait, c'est de lui qu'il avait été prophétisé: Ceins ton glaive à ton côté, très puissant; dans ton éclat et ta beauté avance, marche avec succès et règne par la vérité, la bonté et la justice. Il a donc apporté la vérité comme docteur, la bonté comme libérateur et la justice comme celui qui connaît tout.
R/. Ne avértas fáciem tuam a púero tuo, Dómine; * Quóniam tríbulor, velóciter exáudi me. V/. Eripe me, Dómine, ab hómine malo, a viro iníquo líbera me. * Quóniam. R/. Seigneur, ne cache pas ton visage à ton serviteur: * Je suffoque, vite, réponds-moi. V/. Délivre-moi, Seigneur, de l'homme mauvais; contre l'homme violent, défends-moi. * Je suffoque.
Lectio II Lecture II
Propter hæc eum esse regnatúrum in Spíritu Sancto prophéta prædíxerat. Cum loquerétur, véritas agnoscebátur; cum advérsus inimícos non moverétur, mansuetúdo laudabátur. Cum ergo de duóbus istis, id est de veritáte et mansuetúdine eius, inimíci livóre et invídia torqueréntur, in tértio, id est iustítia, scándalum posuérunt. Quare? Quia lex iússerat adúlteros lapidári; et útique lex quod iniústum erat iubére non póterat; si quis áliud díceret quam lex iússerat, iniústus deprehenderétur. À cause de ces dons, un prophète avait annoncé qu'il régnerait dans l'Esprit Saint. Quand il parlait, on reconnaissait la vérité; comme il ne s'emportait pas contre ses ennemis, on louait sa bonté et donc, comme ses ennemis étaient dévorés de jalousie et d'envie en face de ces deux vertus, la douceur et la bonté, ils tendirent un piège sur le troisième point, c'est-à-dire la justice. Comment cela? Comme la Loi avait prescrit de lapider les adultères et que la Loi ne pouvait pas prescrire ce qui était injuste, si quelqu'un parlait à l'encontre des prescriptions de la Loi, il se mettait lui-même en flagrant délit d'injustice.
R/. In próximo est tribulátio mea, Dómine, et non est qui ádiuvet, ut fódiant manus meas et pedes meos. * Líbera me de ore leónis, ut narrem nomen tuum frátribus meis. V/. Deus, Deus meus, réspice in me; quare me dereliquísti? Longe a salúte mea. * Líbera. R/. L'angoisse est proche, Seigneur, et je n'ai personne pour m'aider; ils me percent les mains et les pieds. * Sauve-moi de la gueule du lion, que je proclame ton nom devant mes frères. V/. Dieu, mon Dieu, regarde-moi! Pourquoi m'as-tu abandonné? Le salut est loin de moi. * Sauve-moi.
Lectio III Lecture III
Dixérunt ergo apud semetípsos: " Verax putátur, mansuétus vidétur, de iustítia illi quærénda calúmnia est; offerámus ei mulíerem in adultério deprehénsam, dicámus quid de illa in lege præcéptum sit: si eam iússerit lapidári, mansuetúdinem non habébit; si eam dimítti censúerit, iustítiam non tenébit. " Posset his verbis atque his senténtiis inflammári invídia, fervére accusátio, flagitári damnátio. Sed cui hoc? Pervérsitas rectitúdini, fálsitas veritáti, corrúptum cor cordi recto, stultítia sapiéntiæ. Ils se dirent donc en eux-mêmes: " Il passe pour véridique, on le voit plein de bonté, c'est sur le terrain de la justice qu'il faut lui chercher chicane. Présentons-lui cette femme surprise en flagrant délit d'adultère; disons-lui ce que la Loi a prescrit à son sujet; s'il ordonne de la lapider, il ne gardera plus sa bonté; s'il décide de la renvoyer libre, il n'observera pas la justice. " Avec de telles paroles et de tels propos, ils pourraient surexciter la jalousie, presser l'accusation, réclamer la condamnation. Mais contre qui? La perversité contre la droiture, la fausseté contre la vérité, le cœur corrompu contre le cœur droit, la sottise contre la sagesse.
R/. In te iactátus sum ex útero, de ventre matris meæ Deus meus es tu; ne discédas a me, * Quóniam tribulátio próxima est, et non est qui ádiuvet. V/. Erue a frámea, Deus, ánimam meam, et de manu canis únicam meam. * Quóniam. R/. À toi je fus confié dès ma naissance; dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu. Ne sois pas loin: * L'angoisse est proche, et je n'ai personne pour m'aider. V/. Préserve ma vie de l'épée, arrache-moi aux griffes du chien! * L'angoisse.
Lectio IV Lecture IV
Quid respóndit Dóminus Iesus? Quid respóndit véritas? Quid respóndit sapiéntia? Quid respóndit ipsa cui calúmnia parabátur iustítia? Vidéte quam plenum sit iustítia, plenum mansuetúdine et veritáte! Qui sine peccáto est vestrum, prior in illam lápidem mittat. O respónsio sapiéntiæ! Hæc vox iustítiæ est: puniátur peccátrix, sed non a peccatóribus; impleátur lex, sed non a prævaricatóribus legis. Hæc vox omníno iustítiæ est; qua iustítia illi tamquam trabáli telo percússi, sese inspiciéntes et reos inveniéntes, unus post unum omnes recessérunt. Relícti sunt duo: mísera et misericórdia. Qu'a donc répondu le Seigneur Jésus? Qu'a répondu la vérité? Qu'a répondu la sagesse? Qu'a répondu la justice qu'on préparait à mettre en accusation? Voyez comme la réponse est pleine de justice, pleine de bonté et de vérité: Que celui d'entre vous qui est sans péché soit le premier à lui jeter la pierre! Ô réponse de la sagesse! C'est la sentence de la justice: que la pécheresse soit punie, mais non par des pécheurs; que la Loi soit observée, mais non par des prévaricateurs de la Loi. C'est vraiment la sentence de la justice; frappés par cette justice comme par un trait énorme, se considérant et se découvrant coupables, ils se retirèrent, l'un après l'autre, tous. Ils ne restèrent plus que deux, la misérable et la miséricorde.
R/. Pacífice loquebántur mihi inimíci mei, et in ira molésti erant mihi. * Vidísti, Dómine, ne síleas, ne díscedas a me. V/. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi, verbum iníquum mandavérunt advérsum me. * Vidísti. V/. Glória Patri. * Vidísti. R/. Mes ennemis ont des paroles de paix, mais dans leur fureur ils me maltraitent. * Tu as vu, Seigneur, sors de ton silence! Seigneur, ne sois pas loin de moi! V/. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'adressent des paroles maléfiques. * Tu as vu. V/. Gloire au Père. * Tu as vu.