Vigiles (OSB) du lundi 8 avril 2019 -

Hebdomada V Quadragesimae Vème semaine de Carême
Feria II Lundi
Ad Vigilias Vigiles
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula ad Hebræos De la lettre aux Hébreux
Lectio I Lecture I
Est fides sperandórum substántia, rerum arguméntum non apparéntium. In hac enim testimónium consecúti sunt senióres. Fide intellégimus aptáta esse sæcula verbo Dei, ut ex invisibílibus visibília facta sint. Fide ampliórem hóstiam Abel quam Cain óbtulit Deo, per quam testimónium consecútus est esse iustus, testimónium perhibénte munéribus eius Deo, et per illam defúnctus adhuc lóquitur. Fide Henoch translátus est ne vidéret mortem, et non inveniebátur, quia tránstulit illum Deus; ante translatiónem enim testimónium accépit placuísse Deo. Sine fide autem impossíbile placére; crédere enim opórtet accedéntem ad Deum quia est et inquiréntibus se remunerátor fit. La foi est la garantie des biens que l'on espère, la preuve des réalités qu'on ne voit pas. C'est elle qui a valu aux anciens un bon témoignage. Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, de sorte que ce que l'on voit provient de ce qui n'est pas apparent. Par la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice de plus grande valeur que celui de Caïn; aussi fut-il proclamé juste, Dieu ayant rendu témoignage à ses dons, et par elle aussi, bien que mort, il parle encore. Par la foi, Hénoch fut enlevé, en sorte qu'il ne vit pas la mort, et on ne le trouva plus, parce que Dieu l'avait enlevé. Avant son enlèvement, en effet, il lui est rendu témoignage qu'il avait plu à Dieu. Or sans la foi il est impossible de lui plaire. Car celui qui s'approche de Dieu doit croire qu'il existe et qu'il se fait le rémunérateur de ceux qui le cherchent.
R/. Dóceam iníquos vias tuas, et ímpii ad te converténtur. * Líbera me de sanguínibus, Deus salútis meæ. V/. Dómine, lábia mea apéries, et os meum annuntiábit laudem tuam. * Líbera. R/. Aux pécheurs j'enseignerai tes voies: vers toi reviendront les égarés. * Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu Sauveur. V/. Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange. * Libère-moi.
Lectio II Lecture II
Fide Noe respónso accépto de his quæ adhuc non videbántur, revéritus aptávit arcam in salútem domus suæ; per quam damnávit mundum, et iustítiæ quæ secúndum fidem est, heres est institútus. Fide vocátus Abraham obœdívit in locum exíre, quem acceptúrus erat in hereditátem, et exívit nésciens quo iret. Fide peregrinátus est in terra promissiónis tamquam in aliéna in cásulis habitándo cum Isaac et Iacob, coherédibus promissiónis eiúsdem; exspectábat enim fundaménta habéntem civitátem cuius ártifex et cónditor Deus. Fide - et ipsa Sara stérilis - virtútem in conceptiónem séminis accépit étiam præter tempus ætátis, quóniam fidélem crédidit esse qui promíserat; propter quod et ab uno orti sunt, et hoc emórtuo, tamquam sídera cæli in multitúdine et sicut aréna quæ est ad oram maris innumerábilis. Par la foi, Noé, divinement averti de ce qui n'était pas encore visible, saisi d'une crainte religieuse, construisit une arche pour sauver sa famille. Par la foi, il condamna le monde et il devint héritier de la justice qui s'obtient par la foi. Par la foi, Abraham obéit à l'appel de partir vers un pays qu'il devait recevoir en héritage, et il partit ne sachant où il allait. Par la foi, il vint séjourner dans la Terre promise comme en un pays étranger, y vivant sous des tentes, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers avec lui de la même promesse. C'est qu'il attendait la ville pourvue de fondations dont Dieu est l'architecte et le constructeur. Par la foi, Sara, elle aussi, reçut la vertu de concevoir, et cela en dépit de son âge avancé, parce qu'elle estima fidèle celui qui avait promis. C'est bien pour cela que d'un seul homme, et déjà marqué par la mort, naquirent des descendants comparables par leur nombre aux étoiles du ciel et aux grains de sable sur le rivage de la mer, innombrables.
R/. Usquequo exaltábitur inimícus meus super me? * Réspice et exáudi me, Dómine Deus meus. V/. Qui tríbulant me exsultábunt si motus fúero. Ego autem in misericórdia tua sperávi. * Réspice. R/. Combien de temps mon ennemi sera-t-il le plus fort? * Regarde, réponds-moi, Seigneur mon Dieu! V/. Que l'ennemi n'ait pas la joie de ma défaite! Moi, je prends appui sur ton amour. * Regarde.
Lectio III Lecture III
Iuxta fidem defúncti sunt omnes isti, non accéptis promissiónibus, sed a longe eas aspiciéntes et salutántes, et confiténtes quia peregríni et hóspites sunt supra terram; qui enim hæc dicunt, signíficant se pátriam inquírere. Et siquidem illíus meminíssent de qua exíerant, habébant útique tempus reverténdi; nunc autem meliórem áppetunt, id est cæléstem. Ideo non confúnditur Deus vocári Deus eórum, parávit enim illis civitátem. Fide óbtulit Abraham Isaac, cum tentarétur, et unigénitum offerébat ille qui suscéperat promissiónes, ad quem dictum erat: In Isaac vocábitur tibi semen, arbitrátus quia et a mórtuis suscitáre potens est Deus; unde eum et in parábola reportávit. C'est dans la foi qu'ils moururent tous sans avoir reçu l'objet des promesses, mais ils l'ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi font voir clairement qu'ils sont à la recherche d'une patrie. Et s'ils avaient pensé à celle d'où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d'y retourner. Or, en fait, ils aspirent à une patrie meilleure, c'est-à-dire céleste. C'est pourquoi, Dieu n'a pas honte de s'appeler leur Dieu; il leur a préparé, en effet, une ville. Par la foi, Abraham, mis à l'épreuve, a offert Isaac, et c'est son fils unique qu'il offrait en sacrifice, lui qui était le dépositaire des promesses, lui à qui il avait été dit: C'est par Isaac que tu auras une postérité. Dieu, pensait-il, est capable même de ressusciter les morts; c'est pour cela qu'il recouvra son fils, et ce fut un symbole.
R/. Multiplicáti sunt qui tríbulant me, et dicunt: Non est salus illi in Deo eius. * Exsúrge, Dómine, salvum me fac, Deus meus. V/. Nequándo dicat inimícus meus: Præválui advérsus eum. * Exsúrge. V/. Glória Patri. * Exsúrge. R/. Qu'ils sont nombreux mes adversaires, nombreux à déclarer à mon sujet: Pour lui, pas de salut auprès de Dieu! * Lève-toi, Seigneur; sauve-moi, mon Dieu! V/. Pour que l'ennemi ne crie pas: Victoire! * Lève-toi. V/. Gloire au Père. * Lève-toi.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Tractátibus sancti Augustíni epíscopi in Ioánnem (Tract. 34, 8-9: CCL 36, 315. 316) Traité de saint Augustin sur l'Évangile de Jean
Lectio I Lecture I
Fratres mei, quóniam Dóminus bréviter ait: Ego sum lux mundi, quibus verbis áliud est quod iussit, áliud quod promísit, faciámus quod iussit, ne impudénti fronte desiderémus quod promísit; ne dicat nobis in iudício: " Fecísti enim quod iussi, ut éxpetas quod promísi? " Quid ergo iussísti, Dómine Deus noster? Dicit tibi: " Ut sequeréris me. " Consílium vitæ petiísti. Cuius vitæ, nisi de qua dictum est: Apud te est fons vitæ? Mes frères, puisque le Seigneur s'est exprimé en peu de mots: Je suis la lumière du monde, distinguant ce qu'il a ordonné et ce qu'il a promis, faisons ce qu'il a ordonné pour ne pas désirer avec impudence ce qu'il a promis, de peur qu'il ne nous dise au jour du jugement: " As-tu fait en réalité ce que j'ai ordonné pour réclamer ce que j'ai promis? " Qu'as-tu donc ordonné, Seigneur notre Dieu? Il te répond: " De me suivre. " Tu as demandé un conseil pour arriver à la vie. À quelle vie, sinon à celle dont il a été dit: Auprès de toi est la source de la vie?
R/. Deus meus es tu, ne discédas a me, * Quóniam tribulátio próxima est, et non est qui ádiuvet. V/. Deus, Deus meus, réspice in me; quare me dereliquísti? Longe a salúte mea. * Quóniam. R/. Tu es mon Dieu! Ne sois pas loin: * L'angoisse est proche, et je n'ai personne pour m'aider. V/. Dieu, mon Dieu, regarde-moi! Pourquoi m'as-tu abandonné? Le salut est loin de moi. * L'angoisse.
Lectio II Lecture II
Ergo modo faciámus, sequámur Dóminum; solvámus cómpedes quibus impedímur sequi. Et quis idóneus sólvere tales nodos, nisi ille ádiuvet cui dictum est: Dirupísti víncula mea? De quo álius psalmus dicit: Dóminus solvit compedítos, Dóminus érigit elísos. Et quid sequúntur solúti et erécti, nisi lumen a quo áudiunt: Ego sum lumen mundi; qui me séquitur, non ambulábit in ténebris quia Dóminus illúminat cæcos? Pour nous donc, maintenant, faisons-le, suivons le Seigneur, brisons les entraves qui nous empêchent de le suivre. Et qui peut dénouer de tels nœuds sans le secours de celui auquel il a été dit: Tu as rompu mes liens, lui dont un autre psaume déclare: Le Seigneur délie les enchaînés, le Seigneur relève ceux qui sont brisés? Et que suivent ceux qui sont déliés et relevés, sinon cette lumière à qui ils entendent dire: Je suis la lumière du monde; qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, puisque le Seigneur illumine les aveugles?
R/. In te iactátus sum ex útero, de ventre matris meæ Deus meus es tu; ne discédas a me, * Quóniam tribulátio próxima est, et non est qui ádiuvet. V/. Erue a frámea, Deus, ánimam meam, et de manu canis únicam meam. * Quóniam. R/. À toi je fus confié dès ma naissance; dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu. Ne sois pas loin: * L'angoisse est proche, et je n'ai personne pour m'aider. V/. Préserve ma vie de l'épée, arrache-moi aux griffes du chien! * L'angoisse.
Lectio III Lecture III
Ipse autem dixit: Ego sum via et véritas et vita. Veritáte perfruémur, cum vidérimus fácie ad fáciem, quia et hoc promíttitur nobis. Nam quis audéret speráre quod Deus non dignátus esset vel pollicéri vel dare? Vidébimus fácie ad fáciem. Hæc est magna promíssio; si amas, séquere. Amo, inquis, sed qua sequor? Si dixísset tibi Dóminus Deus tuus: Ego sum véritas et vita, desíderans veritátem, concupíscens vitam, viam qua ad hæc perveníre posses profécto quæreres, et díceres tibi: " Magna res véritas, magna res vita, si esset quómodo illuc perveníret ánima mea! " Quæris qua? Audi eum dicéntem primo: Ego sum via. Quo via? Et véritas et vita. Manens apud Patrem, véritas et vita; índuens se carnem, factus est via. Or lui-même a dit: Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nous jouirons de la vérité quand nous verrons face à face, puisque cela aussi nous est promis. Car qui oserait espérer ce que Dieu n'aurait daigné ni promettre ni donner? Nous verrons face à face. C'est une grande promesse: si tu aimes, suis. J'aime, dis-tu, mais par quel chemin dois-je suivre? Si le Seigneur ton Dieu t'avait dit: Je suis la vérité et la vie, dans ton désir de la vérité, dans ta poursuite de la vie, tu chercherais de suite le chemin pour parvenir à ces biens et tu te dirais: " C'est un grand bien que la vérité, c'est un grand bien que la vie; si seulement il existait un chemin pour mener mon âme jusque-là! " Tu cherches par où aller? Écoute celui qui dit en premier lieu: Je suis le chemin. Où mène ce chemin? Et la vérité et la vie. Demeurant auprès du Père, il est la vérité et la vie; se revêtant de la chair, il s'est fait le chemin.
R/. In próximo est tribulátio mea, Dómine, et non est qui ádiuvet, ut fódiant manus meas et pedes meos. * Líbera me de ore leónis, ut narrem nomen tuum frátribus meis. V/. Deus, Deus meus, réspice in me; quare me dereliquísti? Longe a salúte mea. * Líbera. V/. Glória Patri. * Líbera. R/. L'angoisse est proche, Seigneur, et je n'ai personne pour m'aider; ils me percent les mains et les pieds. * Sauve-moi de la gueule du lion, que je proclame ton nom devant mes frères. V/. Dieu, mon Dieu, regarde-moi! Pourquoi m'as-tu abandonné? Le salut est loin de moi. * Sauve-moi. V/. Gloire au Père. * Sauve-moi.