Vigiles (OSB) du mercredi 10 avril 2019 -

Hebdomada V Quadragesimae Vème semaine de Carême
Feria IV Mercredi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula ad Hebræos De la lettre aux Hébreux
Lectio I Lecture I
Nos tantam habéntes circumpósitam nobis nubem téstium, deponéntes omne pondus et circúmstans nos peccátum, per patiéntiam currámus propósitum nobis certámen, aspiciéntes in ducem fídei et consummatórem Iesum, qui pro gáudio sibi propósito sustínuit crucem, confusióne contémpta, atque in déxtera throni Dei sedet. Recogitáte enim eum qui talem sustínuit a peccatóribus advérsum semetípsum contradictiónem, ut ne fatigémini ánimis vestris deficiéntes. Voilà donc pourquoi nous aussi, enveloppés que nous sommes d'une si grande nuée de témoins, nous devons rejeter tout fardeau et le péché qui nous assiège et courir avec constance l'épreuve qui nous est proposée, fixant nos yeux sur le chef de notre foi, qui la mène à la perfection, Jésus, qui au lieu de la joie qui lui était proposée, endura une croix, dont il méprisa l'infamie, et qui est assis désormais à la droite du trône de Dieu. Songez à celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle contradiction, afin de ne pas défaillir par lassitude de vos âmes.
R/. Pacífice loquebántur mihi inimíci mei, et in ira molésti erant mihi. * Vidísti, Dómine, ne síleas, ne díscedas a me. V/. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi, verbum iníquum mandavérunt advérsum me. * Vidísti. R/. Mes ennemis ont des paroles de paix, mais dans leur fureur ils me maltraitent. * Tu as vu, Seigneur, sors de ton silence! Seigneur, ne sois pas loin de moi! V/. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'adressent des paroles maléfiques. * Tu as vu.
Lectio II Lecture II
Nondum usque ad sánguinem restitístis advérsus peccátum repugnántes et oblíti estis exhortatiónis quæ vobis tamquam fíliis lóquitur: Fili mi, noli neglégere disciplínam Dómini neque defícias, dum ab eo argúeris: quem enim díligit Dóminus castígat, flagéllat autem omnem fílium quem récipit. Ad disciplínam suffértis; tamquam fílios vos tractat Deus. Quis enim fílius quem non córripit pater? Quod si extra disciplínam estis, cuius partícipes facti sunt omnes, ergo adulteríni et non fílii estis! Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans la lutte contre le péché. Avez-vous oublié l'exhortation qui s'adresse à vous comme à des fils: Mon fils, ne méprise pas la correction du Seigneur, et ne te décourage pas quand il te reprend. Car celui qu'aime le Seigneur, il le corrige, et il châtie tout fils qu'il agrée. C'est pour votre correction que vous souffrez. C'est en fils que Dieu vous traite. Et quel est le fils que ne corrige son père? Si vous êtes exempts de cette correction, dont tous ont leur part, c'est que vous êtes des bâtards et non des fils.
R/. Dóceam iníquos vias tuas, et ímpii ad te converténtur. * Líbera me de sanguínibus, Deus salútis meæ. V/. Dómine, lábia mea apéries, et os meum annuntiábit laudem tuam. * Líbera. R/. Aux pécheurs j'enseignerai tes voies: vers toi reviendront les égarés. * Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu Sauveur. V/. Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange. * Libère-moi.
Lectio III Lecture III
Deinde patres quidem carnis nostræ habebámus eruditóres et reverebámur; non multo magis obtemperábimus Patri spirítuum et vivémus? Et illi quidem ad tempus paucórum diérum, secúndum quod videbátur illis, castigábant, hic autem ad id quod útile est ad participándam sanctitátem eius. Omnis autem disciplína in præsénti quidem vidétur non esse gáudii sed mæróris, póstea autem fructum pacíficum exercitátis per eam reddit iustítiæ. Propter quod remíssas manus et solúta génua erígite et gressus rectos fácite pédibus vestris ut quod claudum est non extorqueátur, magis autem sanétur. D'ailleurs, nous avons eu pour nous corriger nos pères selon la chair, et nous les respections. Ne serons-nous pas soumis bien davantage au Père des esprits pour avoir la vie? Ceux-là, en effet, nous corrigeaient pendant peu de temps et au juger; mais lui, c'est pour notre bien, afin de nous faire participer à sa sainteté. Certes, toute correction ne paraît pas sur le moment être un sujet de joie, mais de tristesse. Plus tard cependant, elle rapporte à ceux qu'elle a exercés un fruit de paix et de justice. C'est pourquoi redressez vos mains inertes et vos genoux fléchissants, et rendez droits pour vos pas les sentiers tortueux, afin que le boiteux ne dévie point, mais plutôt qu'il guérisse.
R/. Qui custodiébant ánimam meam, consílium fecérunt in unum, dicéntes: Deus derelíquit eum; * Persequímini et comprehéndite eum, quia non est qui líberet eum. Deus meus, ne elónges a me; Deus meus, in adiutórium meum inténde. V/. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi; verbum iníquum mandavérunt advérsum me, dicéntes: * Persequímini. V/. Glória Patri. * Persequímini. R/. Ceux qui en veulent à ma vie se concertent; ils disent: Dieu l'abandonne! * Traquez-le, empoignez-le, il n'a pas de défenseur! Mon Dieu, ne sois pas loin de moi; mon Dieu, viens vite à mon secours! V/. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'a-dressent des paroles maléfiques, ils disent: * Traquez-le. V/. Gloire au Père. * Traquez-le.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Sermónibus sancti Leónis Magni papæ (Sermo 45, 4-5: SC 74, 53-55) Sermon de saint Léon le Grand
Lectio I Lecture I
Postquam Iudas persuásus a diábolo discéssit a Christo, seque a córpore apostólicæ unitátis ábscidit, nullo Dóminus pavóre turbátus, sed de sola redimendórum salúte sollícitus, omne témporis spátium quod a persequéntium vacábat incúrsu, mýsticis sermónibus sacratæque doctrínæ, sicut Ioánnis evangélio declarátur, impéndit, adíciens postrémo illam oratiónem qua ait: Pater, si fíeri potest, tránseat a me calix iste. Ubi non existimándum est quod Dóminus Jesus passiónem et mortem cuius iam discípulis sacraménta tradíderat, volúerit declináre; cum ipse beátum apóstolum Petrum devóta fide et caritáte fervéntem, uti advérsum persecutóres gládio vetet, dicens: Cálicem quem dedit mihi Pater, non vis ut bibam illum? Après que Judas, gagné par le diable, se fut séparé du Christ et retranché du corps de l'unité apostolique, le Seigneur, nullement troublé par la peur, mais préoccupé du seul salut de ceux qu'il allait racheter, employa tout le temps que lui laissait l'attaque de ses ennemis, à des entretiens mystiques et à livrer une doctrine sacrée, comme le fait connaître l'évangéliste Jean, et concluant par cette prière: Père, s'il se peut, que cette coupe passe loin de moi. Ne pensons pas ici que le Seigneur Jésus ait voulu rejeter la passion et la mort, dont il avait déjà donné les sacrements à ses disciples; en effet, il empêchera lui-même le bienheureux apôtre Pierre, brûlant d'un dévouement plein de foi et d'amour, d'user de l'épée contre les assaillants, et lui dira: La coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je pas?
R/. Usquequo exaltábitur inimícus meus super me? * Réspice et exáudi me, Dómine Deus meus. V/. Qui tríbulant me exsultábunt si motus fúero. Ego autem in misericórdia tua sperávi. * Réspice. R/. Combien de temps mon ennemi sera-t-il le plus fort? * Regarde, réponds-moi, Seigneur mon Dieu! V/. Que l'ennemi n'ait pas la joie de ma défaite! Moi, je prends appui sur ton amour. * Regarde.
Lectio II Lecture II
In salvándis enim ómnibus per crucem Christi, commúnis erat volúntas Patris et Fílii, commúne consílium; nec ulla póterat ratióne turbári quod ante ætérna sæcula et misericórditer erat dispósitum, et incommutabíliter præfinítum. Qui ergo verum, dilectíssimi, totúmque hóminem assúmpsit, veros et córporis sensus et ánimi suscépit afféctus. Nec quia ómnia in illo plena erant sacraméntis, plena miráculis, ídeo aut falsis lácrymis flevit, aut mendáci esúrie cibum sumpsit, aut simuláto sopóre dormívit. In nostra humilitáte contémptus, in nostra mæstitúdine contristátus, in nostro est dolóre crucifíxus. Passiónes enim mortalitátis nostræ ob hoc misericórdia súbiit, ut sanáret, ob hoc virtus recépit, ut vínceret. Dans l'œuvre du salut universel par la croix du Christ, unique, en effet, était la volonté du Père et du Fils, unique leur dessein; et aucune raison ne pouvait troubler ce qui, dès avant les siècles éternels, avait été arrêté miséricordieusement et prévu immuablement. Celui donc, bien-aimés, qui a pris une véritable et entière humanité, a pris vraiment les sens de notre corps et les sentiments de notre âme. Ce n'est pas parce que tout en lui était plein de grâces, plein de miracles, qu'il a dû pour autant pleurer de fausses larmes, simuler la faim en prenant de la nourriture ou feindre le sommeil en paraissant dormir. C'est dans notre humiliation qu'il a été méprisé, dans notre affliction qu'il a été attristé, dans notre douleur qu'il a été crucifié. Car sa miséricorde a subi les souffrances de notre état mortel afin de les guérir, sa force les a acceptées afin de les vaincre.
R/. Multiplicáti sunt qui tríbulant me, et dicunt: Non est salus illi in Deo eius. * Exsúrge, Dómine, salvum me fac, Deus meus. V/. Nequándo dicat inimícus meus: Præválui advérsus eum. * Exsúrge. R/. Qu'ils sont nombreux mes adversaires, nombreux à déclarer à mon sujet: Pour lui, pas de salut auprès de Dieu! * Lève-toi, Seigneur; sauve-moi, mon Dieu! V/. Pour que l'ennemi ne crie pas: Victoire! * Lève-toi.
Lectio III Lecture III
Cum ítaque Dei Fílius dicit: Pater, si fíeri potest, tránseat a me calix iste, nostræ útitur voce natúræ, et causam agit fragilitátis et trepidatiónis humánæ: ut in iis quæ toleránda sunt, et patiéntia roborétur, et formído pellátur. Dénique cessans hoc ipsum pétere, excusáto quodámmodo nostræ infirmitátis metu, in quo nobis remanére non éxpedit, in álium afféctum transit et dicit: Verúmtamen non sicut ego volo, sed sicut tu. Hæc vox cápitis salus est totíus córporis; hæc vox omnes fidéles instrúxit, omnes confessóres accéndit, omnes mártyres coronávit. Discant ígitur hanc vocem omnes. Aussi, lorsque le Fils de Dieu dit: Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi, il parle le langage de notre nature et il plaide la cause de la fragilité et de la pusillanimité humaines, pour que, dans les souffrances qu'il faudra endurer, et la patience soit fortifiée et la frayeur repoussée. Enfin, cessant de demander cela, après avoir en quelque sorte excusé la crainte propre à notre faiblesse, crainte dans laquelle il ne nous est pas bon de rester, il passe à un autre sentiment, et il dit: Cependant non pas comme je veux, mais comme tu veux. Cette parole du chef est le salut de tout le corps; cette parole a instruit tous les fidèles, a enflammé tous les confesseurs, a couronné tous les martyrs. Que tous l'entendent donc, cette parole!
R/. Ne perdas cum ímpiis, Deus, ánimam meam, et cum viris sánguinum vitam meam; * Rédime me, Dómine. V/. Eripe me, Dómine, ab hómine malo, a viro iníquo líbera me. * Rédime. V/. Glória Patri. * Rédime. R/. Ne m'inflige pas, mon Dieu, le sort des pécheurs, le destin de ceux qui versent le sang; * Libère-moi, Seigneur. V/. Délivre-moi, Seigneur, de l'homme mauvais; contre l'homme violent, défends-moi. * Libère-moi. V/. Gloire au Père. * Libère-moi.