Vigiles (OSB) du jeudi 11 avril 2019 -

Hebdomada V Quadragesimae Vème semaine de Carême
Feria V Jeudi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula ad Hebræos De la lettre aux Hébreux
Lectio I Lecture I
Pacem sectámini cum ómnibus et sanctificatiónem, sine qua nemo vidébit Dóminum, providéntes, ne quis desit grátiæ Dei, ne qua radix amaritúdinis sursum gérminans pertúrbet, et per illam inquinéntur multi, ne quis fornicátor aut profánus ut Esau qui propter unam escam véndidit primogénita sua. Scitis enim quóniam et póstea cúpiens hereditáre benedictiónem reprobátus est, non enim invénit pæniténtiæ locum, quamquam cum lácrimis inquisísset eam. Recherchez la paix avec tous, et la sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur; veillant à ce que personne ne soit privé de la grâce de Dieu, à ce qu'aucune racine amère ne pousse des rejetons et ne cause du trouble, ce qui contaminerait toute la masse, à ce qu'enfin il n'y ait aucun impudique ni profanateur, comme Ésaü qui, pour un seul mets, livra son droit d'aînesse. Vous savez bien que, par la suite, quand il voulut obtenir la bénédiction, il fut rejeté; car il ne put obtenir un changement de sentiment, bien qu'il l'eût recherché avec larmes.
R/. Multiplicáti sunt qui tríbulant me, et dicunt: Non est salus illi in Deo eius. * Exsúrge, Dómine, salvum me fac, Deus meus. V/. Nequándo dicat inimícus meus: Præválui advérsus eum. * Exsúrge. R/. Qu'ils sont nombreux mes adversaires, nombreux à déclarer à mon sujet: Pour lui, pas de salut auprès de Dieu! * Lève-toi, Seigneur; sauve-moi, mon Dieu! V/. Pour que l'ennemi ne crie pas: Victoire! * Lève-toi.
Lectio II Lecture II
Non enim accessístis ad tractábilem et ardéntem ignem et túrbinem et calíginem et procéllam et tubæ sonum et vocem verbórum quam qui audiérunt recusavérunt, ne ultra eis fíeret verbum; non enim portábant mandátum: Et si béstia tetígerit montem lapidábitur; et ita terríbile erat quod videbátur, Móyses dixit: " Extérritus sum et tremebúndus. " Sed accessístis ad Sion montem et civitátem Dei vivéntis, Ierúsalem cæléstem, et multa mília angelórum, frequéntiam et ecclésiam primogenitórum qui conscrípti sunt in cælis, et iúdicem Deum ómnium et spíritus iustórum qui consummáti sunt, et testaménti novi mediatórem Iesum et sánguinem aspersiónis, mélius loquéntem quam Abel. Vous ne vous êtes pas approchés d'une réalité palpable: feu ardent, obscurité, ténèbres, ouragan, bruit de trompette, et clameur de paroles telle que ceux qui l'entendirent supplièrent qu'on ne leur parlât pas davantage. Ils ne pouvaient en effet supporter cette prescription: Quiconque touchera la montagne, même si c'est un animal, sera lapidé. Si terrible était le spectacle que Moïse dit: " Je suis effrayé et tout tremblant. " Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste, et de myriades d'anges, réunion de fête, et de l'assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux, d'un Dieu Juge universel, et des esprits des justes qui ont été rendus parfaits, de Jésus médiateur d'une alliance nouvelle, et d'un sang purificateur plus éloquent que celui d'Abel.
R/. Tota die contristátus ingrediébar, Dómine, quóniam ánima mea compléta est illusiónibus, * Et vim faciébant qui quærébant ánimam meam. V/. Et qui inquirébant mala mihi locúti sunt vanitátes, et dolos tota die meditabántur. * Et vim. R/. Tout le jour j'avance dans le noir, je suis rassasié d'opprobres; * Ceux qui veulent ma perte me talonnent. V/. Ces gens qui cherchent mon malheur prononcent des paroles maléfiques, tout le jour ils ruminent leur traîtrise. * Ceux.
Lectio III Lecture III
Vidéte ne recusétis loquéntem; si enim illi non effugérunt recusántes eum qui super terram loquebátur, multo magis nos qui de cælis loquéntem avértimus; cuius vox movit terram tunc, modo autem pronuntiávit dicens: Adhuc semel ego movébo non solum terram sed et cælum. Hoc autem adhuc semel declárat mobílium translatiónem tamquam factórum, ut máneant ea quæ sunt immobília. Itaque regnum immóbile suscipiéntes, habeámus grátiam per quam serviámus placéntes Deo cum reveréntia et metu; étenim Deus noster ignis consúmens est. Prenez garde de ne pas refuser d'écouter Celui qui parle. Si ceux, en effet, qui ont refusé d'écouter celui qui promulguait des oracles sur cette terre n'ont pas échappé au châtiment, à combien plus forte raison n'y échapperons-nous pas, si nous nous détournons de Celui qui parle des cieux. Celui dont la voix jadis ébranla la terre nous a fait maintenant cette promesse: Encore une fois, moi j'ébranlerai non seulement la terre mais aussi le ciel. Cet encore une fois indique que les choses ébranlées seront changées, puisque ce sont des réalités créées, pour que subsistent celles qui sont inébranlables. Ainsi, puisque nous recevons la possession d'un royaume inébranlable, retenons fermement la grâce, et par elle rendons à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec religion et crainte. En effet, notre Dieu est un feu consumant.
R/. Ne avértas fáciem tuam a púero tuo, Dómine; * Quóniam tríbulor, velóciter exáudi me. V/. Eripe me, Dómine, ab hómine malo, a viro iníquo líbera me. * Quóniam. V/. Glória Patri. * Quóniam. R/. Seigneur, ne cache pas ton visage à ton serviteur: * Je suffoque, vite, réponds-moi. V/. Délivre-moi, Seigneur, de l'homme mauvais; contre l'homme violent, défends-moi. * Je suffoque. V/. Gloire au Père. * Je suffoque.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Homilíis sancti Gregórii Magni papæ in Evangélia (Hom. 18, 1-2: PL 76, 1150-1151) Homélie de saint Grégoire le Grand sur l'Évangile
Lectio I Lecture I
Pensáte, fratres caríssimi, mansuetúdinem Dei. Relaxáre peccáta vénerat et dicébat: Quis ex vobis árguet me de peccáto? Non dedignátur ex ratióne osténdere se peccatórem non esse, qui ex virtúte divinitátis póterat peccatóres iustificáre. Sed terríbile est valde quod súbditur: Qui ex Deo est verba Dei audit; proptérea vos non audítis, quia ex Deo non estis. Si enim ipse verba Dei audit qui ex Deo est, et audíre verba eius non potest quisquis ex illo non est, intérroget se unusquísque si verba Dei in aure cordis pércipit, et intélleget unde sit. Cæléstem pátriam desideráre Véritas iubet, carnis desidéria cónteri, mundi glóriam declináre, aliéna non appétere, própria largíri. Considérez, frères très chers, la mansuétude de Dieu. Il était venu pardonner les péchés et il disait: Qui de vous me convaincra de péché? Il ne dédaigne pas de démontrer par le raisonnement qu'il n'est pas pécheur, lui qui, par la vertu de sa divinité, avait le pouvoir de justifier les pécheurs, mais les paroles qui suivent sont vraiment terribles: Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu; et si vous n'écoutez pas, c'est que vous n'êtes pas de Dieu. Si donc celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu, et si celui qui n'est pas de lui ne peut les écouter, que chacun se demande s'il perçoit les paroles divines à l'oreille de son cœur, et il connaîtra de qui il est. Or la Vérité ordonne de désirer la patrie céleste, de mâter les désirs de la chair, de fuir la gloire du monde, de ne pas convoiter le bien d'autrui et de donner le sien propre.
R/. In próximo est tribulátio mea, Dómine, et non est qui ádiuvet, ut fódiant manus meas et pedes meos. * Líbera me de ore leónis, ut narrem nomen tuum frátribus meis. V/. Deus, Deus meus, réspice in me; quare me dereliquísti? Longe a salúte mea. * Líbera. R/. L'angoisse est proche, Seigneur, et je n'ai personne pour m'aider; ils me percent les mains et les pieds. * Sauve-moi de la gueule du lion, que je proclame ton nom devant mes frères. V/. Dieu, mon Dieu, regarde-moi! Pourquoi m'as-tu abandonné? Le salut est loin de moi. * Sauve-moi.
Lectio II Lecture II
Penset ergo apud se unusquísque vestrum si hæc vox Dei in cordis eius aure conváluit, et quia iam ex Deo sit agnóscit. Nam sunt nonnúlli qui præcépta Dei nec aure córporis percípere dignántur. Et sunt nonnúlli qui hæc quidem aure percípiunt, sed nullo ea mentis desidério complectúntur. Et sunt nonnúlli qui libénter verba Dei suscípiunt, ita ut étiam in flétibus compungántur, sed post lacrymárum tempus ad iniquitátem rédeunt. Hi profécto verba Dei non áudiunt, qui hæc exercére ópere contémnunt. Vitam ergo vestram, fratres caríssimi, ante mentis óculos revocáte, et alta consideratióne pertiméscite hoc quod ex ore Veritátis sonat: Proptérea vos non audítis, quia ex Deo non estis. Sed hoc quod de réprobis Véritas lóquitur, ipsi hoc de semetípsis réprobi suis opéribus osténdunt. Nam séquitur: Respondérunt ígitur Iudæi et dixérunt ei: " Nonne bene dícimus nos quia Samaritánus es tu, et dæmónium habes? " Que chacun de vous examine donc en lui-même si cette parole divine a frappé efficacement l'oreille de son cœur, et il connaîtra dès lors s'il est de Dieu. Car il en est qui ne daignent même pas prêter l'oreille du corps aux préceptes de Dieu. Il en est qui les entendent bien des oreilles du corps, mais leur âme ne les embrasse pas avec amour. Il en est enfin qui accueillent volontiers la parole de Dieu, au point d'en être touchés jusqu'aux larmes, mais, passé le temps des larmes, ils retournent à leur iniquité. Tous ceux-là n'écoutent pas véritablement les paroles de Dieu, puisqu'ils négligent de les mettre en pratique. Remettez donc en esprit devant vos yeux, frères très chers, toute votre vie et imprimez profondément en vous la crainte que doivent vous inspirer ces paroles sorties de la bouche de la Vérité: Si vous n'écoutez pas, c'est que vous n'êtes pas de Dieu. Mais ce que la Vérité dit des réprouvés, les réprouvés le confirment eux-mêmes par leurs œuvres d'iniquité. Car nous lisons ensuite: Les Juifs lui répondirent donc: " N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et que tu es possédé du démon? "
R/. In te iactátus sum ex útero, de ventre matris meæ Deus meus es tu; ne discédas a me, * Quóniam tribulátio próxima est, et non est qui ádiuvet. V/. Erue a frámea, Deus, ánimam meam, et de manu canis únicam meam. * Quóniam. R/. À toi je fus confié dès ma naissance; dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu. Ne sois pas loin: * L'angoisse est proche, et je n'ai personne pour m'aider. V/. Préserve ma vie de l'épée, arrache-moi aux griffes du chien! * L'angoisse.
Lectio III Lecture III
Accépta autem tanta contumélia, quid Dóminus respóndeat audiámus: Ego dæmónium non hábeo, sed honorífico Patrem meum et vos inhonorástis me. Quia enim Samaritánus interpretátur custos, et ipse veráciter custos est de quo Psalmísta ait: Nisi Dóminus custodíerit civitátem, in vanum vígilant qui custódiunt eam; et cui per Isaíam dícitur: Custos, quid de nocte? Custos, quid de nocte? respondére nóluit Dóminus: " Samaritánus non sum "; sed: Ego dæmónium non hábeo. Duo quippe ei illáta fuérunt: unum negávit, áliud tacéndo consénsit. Écoutons ce que le Seigneur répond à une telle injure: Je n'ai pas de démon, mais j'honore mon Père, et vous, vous m'outragez. Le mot Samaritain signifie gardien, et il est véritablement gardien, celui dont le psalmiste a dit: Si le Seigneur ne garde pas la ville, c'est en vain que veillent ceux qui la gardent; et à qui il est dit en Isaïe: Garde, où en est la nuit? Garde, où en est la nuit? Aussi le Seigneur ne voulut-il pas répondre: " Je ne suis pas Samaritain " , mais seulement: Je n'ai pas de démon. On lui imputait deux choses: il nia l'une et convint de l'autre par son silence.
R/. Pacífice loquebántur mihi inimíci mei, et in ira molésti erant mihi. * Vidísti, Dómine, ne síleas, ne díscedas a me. V/. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi, verbum iníquum mandavérunt advérsum me. * Vidísti. V/. Glória Patri. * Vidísti. R/. Mes ennemis ont des paroles de paix, mais dans leur fureur ils me maltraitent. * Tu as vu, Seigneur, sors de ton silence! Seigneur, ne sois pas loin de moi! V/. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'adressent des paroles maléfiques. * Tu as vu. V/. Gloire au Père. * Tu as vu.