Vigiles (OSB) du vendredi 12 avril 2019 -

Hebdomada V Quadragesimae Vème semaine de Carême
Feria VI Vendredi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De Epístula ad Hebræos De la lettre aux Hébreux
Lectio I Lecture I
Caritas fraternitátis máneat. Hospitalitátem nolíte oblivísci, per hanc enim quidam nesciéntes hospítio recepérunt ángelos. Mementóte vinctórum tamquam simul vincti, laborántium tamquam et ipsi in córpore morántes. Honorábile connúbium in ómnibus et torus immaculátus, fornicatóres enim et adúlteros iudicábit Deus. Sint mores sine avarítia; conténti præséntibus. Ipse enim dixit: Non te déseram, neque derelínquam, ita ut confidénter dicámus: Dóminus mihi adiútor est, non timébo; quid fáciet mihi homo? Persévérez dans la dilection fraternelle. N'oubliez pas l'hospitalité, car c'est grâce à elle que quelques-uns, à leur insu, hébergèrent des anges. Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez emprisonnés avec eux, et de ceux qui sont maltraités, comme étant vous aussi dans un corps. Que le mariage soit honoré de tous et le lit nuptial sans souillure. Car Dieu jugera fornicateurs et adultères. Que votre conduite soit exempte d'avarice, vous contentant de ce que vous avez présentement; car Dieu lui-même a dit: Je ne te laisserai ni ne t'abandonnerai; de sorte que nous pouvons dire avec hardiesse: Le Seigneur est mon secours; je ne craindrai pas. Que peut me faire un homme?
R/. Ne perdas cum ímpiis, Deus, ánimam meam, et cum viris sánguinum vitam meam; * Rédime me, Dómine. V/. Eripe me, Dómine, ab hómine malo, a viro iníquo líbera me. * Rédime. R/. Ne m'inflige pas, mon Dieu, le sort des pécheurs, le destin de ceux qui versent le sang; * Libère-moi, Seigneur. V/. Délivre-moi, Seigneur, de l'homme mauvais; contre l'homme violent, défends-moi. * Libère-moi.
Lectio II Lecture II
Mementóte præpositórum vestrórum qui vobis locúti sunt verbum Dei; quorum intuéntes éxitum conversatiónis, imitámini fidem. Iesus Christus heri et hódie idem et in sæcula! Doctrínis váriis et peregrínis nolíte abdúci; óptimum enim est grátia stabilíri cor, non escis quæ non profuérunt ambulántibus in eis. Souvenez-vous de vos chefs, eux qui vous ont fait entendre la parole de Dieu, et, considérant l'issue de leur carrière, imitez leur foi. Jésus-Christ est le même hier et aujourd'hui, il le sera à jamais. Ne vous laissez pas égarer par des doctrines diverses et étrangères: car il est bon que le cœur soit affermi par la grâce, non par des aliments qui n'ont été d'aucun profit à ceux qui en usèrent.
R/. Qui custodiébant ánimam meam, consílium fecérunt in unum, dicéntes: Deus derelíquit eum; * Persequímini et comprehéndite eum, quia non est qui líberet eum. Deus meus, ne elónges a me; Deus meus, in adiutórium meum inténde. V/. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi; verbum iníquum mandavérunt advérsum me, dicéntes: * Persequímini. R/. Ceux qui en veulent à ma vie se concertent; ils disent: Dieu l'abandonne! * Traquez-le, empoignez-le, il n'a pas de défenseur! Mon Dieu, ne sois pas loin de moi; mon Dieu, viens vite à mon secours! V/. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'adressent des paroles maléfiques, ils disent: * Traquez-le.
Lectio III Lecture III
Habémus altáre de quo édere non habent potestátem, qui tabernáculo desérviunt. Quorum enim animálium infértur sanguis pro peccáto in Sancta per pontíficem, horum córpora cremántur extra castra. Propter quod et Iesus, ut sanctificáret per suum sánguinem pópulum, extra portam passus est. Exeámus ígitur ad eum extra castra, impropérium eius portántes; non enim habémus hic manéntem civitátem, sed futúram inquírimus. Per ipsum ergo offerámus hóstiam laudis semper Deo, id est fructum labiórum confiténtium nómini eius. Nous avons un autel dont les desservants de la Tente n'ont pas le droit de se nourrir. Ces animaux, en effet, dont le grand prêtre porte le sang dans le sanctuaire pour l'expiation du péché, leurs corps sont brûlés en dehors du camp. C'est pourquoi Jésus lui aussi, pour sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. Par conséquent, pour aller à lui sortons en dehors du camp, en portant son opprobre. Car nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous recherchons celle de l'avenir. Par lui, offrons à Dieu un sacrifice de louange en tout temps, c'est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom.
R/. Adiútor et suscéptor meus tu es, Dómine, et in verbum tuum sperávi. * Declináte a me, malígni, et scrutábor mandáta Dei mei. V/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus, et ab insurgéntibus in me líbera me. * Declináte. V/. Glória Patri. * Declináte. R/. Toi, mon abri, mon bouclier, Seigneur, j'espère en ta parole. * Écartez-vous de moi, méchants: j'observerai les commandements de mon Dieu. V/. Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu; de mes agresseurs, protège-moi. * Écartez-vous. V/. Gloire au Père. * Écartez-vous.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Tractátibus sancti Augustíni epíscopi in Ioánnem (Tract. 84, 1-2: CCL 36, 536-537) Traité de saint Augustin sur l'Évangile de Jean
Lectio I Lecture I
Ut quemádmodum Christus pro nobis ánimam suam pósuit, sic et nos debeámus pro frátribus ánimas pónere; diligéntes útique ínvicem sicut ipse diléxit nos, qui pro nobis ánimam suam pósuit. Nimírum hoc est quod légitur in Provérbiis Salomónis: Si séderis cœnáre ad mensam poténtis, consíderans intéllege quæ apponúntur tibi; et sic mitte manum tuam, sciens quia tália te opórtet præparáre. Nam quæ mensa est poténtis, nisi unde súmitur corpus et sanguis eius qui ánimam suam pósuit pro nobis? Et quid est ad eam sedére, nisi humíliter accédere? Et quid est consideráre et intellégere quæ apponúntur tibi, nisi digne tantam grátiam cogitáre? Et quid est sic míttere manum, ut scias quia tália te opórtet præparáre, nisi quod iam dixi, quia sicut pro nobis Christus ánimam suam pósuit, sic et nos debémus ánimas pro frátribus pónere? De même que Jésus-Christ a donné sa vie pour nous, nous devons aussi donner notre vie pour nos frères; nous aimant les uns les autres comme nous a aimés celui qui a donné sa vie. C'est ce que nous lisons dans les Proverbes de Salomon: Quand vous serez assis à la table d'un prince, considérez attentivement ce qui est en votre présence et, en y portant la main, sachez que vous devez préparer vous-même un semblable festin. Quelle est cette table du prince? n'est-ce pas celle où l'on prend le corps et le sang de celui qui a donné sa vie pour nous? Qu'est-ce que s'asseoir à cette table? C'est s'en approcher avec humilité. Comment considérez-vous attentivememt ce qui vous est servi? Lorsque votre esprit conçoit des pensées dignes d'une si grande grâce. Qu'est-ce enfin que porter la main à cette table en sachant que vous devez préparer un semblable festin? C'est dire, et je l'ai déjà dit, que nous devons donner notre vie pour nos frères, de même que Jésus-Christ a donné sa vie pour nous.
R/. Dóceam iníquos vias tuas, et ímpii ad te converténtur. * Líbera me de sanguínibus, Deus salútis meæ. V/. Dómine, lábia mea apéries, et os meum annuntiábit laudem tuam. * Líbera. R/. Aux pécheurs j'enseignerai tes voies: vers toi reviendront les égarés. * Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu Sauveur. V/. Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange. * Libère-moi.
Lectio II Lecture II
Hoc beáti mártyres ardénti dilectióne fecérunt: quorum si non inániter memórias celebrámus, atque in convívio quo et ipsi saturáti sunt, ad mensam Dómini accédimus, opórtet, ut quemádmodum ipsi, et nos tália præparémus. Ideo quippe ad ipsam mensam non sic eos commemorámus, quemádmodum álios qui in pace requiéscunt, ut étiam pro eis orémus, sed magis ut ipsi pro nobis, ut eórum vestígiis adhæreámus; quia implevérunt ipsi caritátem qua Dóminus dixit non posse esse maiórem. Tália enim suis frátribus exhibuérunt, quália de Dómini mensa páriter accepérunt. C'est ce que les martyrs ont fait dans leur ardent amour pour Jésus-Christ, et si nous ne voulons point célébrer sans fruit leurs mémoires, si nous voulons approcher nous-mêmes de la table du Seigneur et du festin où ils ont été rassasiés, il faut, à leur exemple, que nous préparions un festin semblable. Aussi, à la table de Jésus-Christ, nous n'en faisons pas mémoire, comme des autres fidèles qui reposent en paix, en priant pour eux. Mais nous les prions bien plutôt de nous obtenir la grâce de marcher sur leurs traces, en accomplissant comme eux le précepte de la charité, le plus grand de tous, au témoignage de Jésus-Christ lui-même. Car ils ont donné à leurs frères le témoignage d'amour qu'ils avaient reçu eux-mêmes de la table du Seigneur.
R/. Usquequo exaltábitur inimícus meus super me? * Réspice et exáudi me, Dómine Deus meus. V/. Qui tríbulant me exsultábunt si motus fúero. Ego autem in misericórdia tua sperávi. * Réspice. R/. Combien de temps mon ennemi sera-t-il le plus fort? * Regarde, réponds-moi, Seigneur mon Dieu! V/. Que l'ennemi n'ait pas la joie de ma défaite! Moi, je prends appui sur ton amour. * Regarde.
Lectio III Lecture III
Neque hoc ita dictum sit, quasi proptérea Dómino Christo pares esse possímus, si pro illo usque ad sánguinem martýrium duxérimus. Ille potestátem hábuit ponéndi ánimam suam et íterum suméndi eam; nos autem nec quantum vólumus vívimus et mórimur etiámsi nólumus; ille móriens mox in se occídit mortem, nos in eius morte liberámur a morte, illíus caro non vidit corruptiónem, nostra post corruptiónem, in fine sæculi per illum induétur incorruptiónem; ille nobis non indíguit ut nos salvos fáceret, nos sine illo nihil póssumus fácere; ille se nobis palmítibus præbuit vitem, nos habére præter illum non póssumus vitam. Il ne faudrait pas conclure de ces paroles que nous pourrions nous croire égaux à Jésus-Christ, si nous souffrions le martyre pour lui jusqu'au sang. Jésus-Christ a eu le pouvoir de donner sa vie et le pouvoir de la reprendre; pour nous, au contraire, nous ne pouvons prolonger notre vie autant que nous le voulons, et nous mourons même contre notre volonté. Jésus-Christ, en mourant, a tué en lui la mort; pour nous, sa mort nous délivre de la mort. Sa chair n'a pas vu la corruption; la nôtre, après avoir été soumise à la corruption, sera revêtue par lui d'incorruptibilité à la fin des siècles. Jésus-Christ n'a pas eu besoin de nous pour nous sauver; pour nous, il nous est impossible de rien faire sans lui. Il s'est offert comme étant la vigne, à nous, qui étions les sarments; quant à nous, nous ne pouvons, sans lui, avoir la vie.
R/. Deus meus, éripe me de manu peccatóris et de manu contra legem agéntis et iníqui, * Quóniam tu es patiéntia mea. V/. Eripe me de inimícis meis, Deus meus, et ab insurgéntibus in me líbera me. * Quóniam. V/. Glória Patri. * Quóniam. R/. Mon Dieu, libère-moi des mains de l'impie, des prises du fourbe et du violent, * Car c'est toi mon espérance. V/. Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu; de mes agresseurs, protège-moi. * Car c'est toi. V/. Gloire au Père. * Car c'est toi.