Vigiles (OSB) du dimanche 14 avril 2019 - DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR

Hebdomada Sancta Semaine sainte
Dominica Dimanche
DOMINICA IN PALMIS DE PASSIONE DOMINI DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De libro Isaíæ prophétæ Du livre d'Isaïe
Lectio I Lecture I
Dominus Deus dedit mihi linguam erudítam, ut sciam sustentáre eum qui lassus est verbo; éxcitat mane, mane éxcitat mihi aurem, ut áudiam quasi discípulus. Dóminus Deus apéruit mihi aurem; ego autem non rebellávi, retrórsum non ábii. Dorsum meum dedi percutiéntibus et genas meas velléntibus: fáciem meam non avérti ab increpatiónibus et sputis. Le Seigneur Dieu m'a donné une langue de disciple pour que je sache apporter à l'épuisé une parole de réconfort. Il éveille chaque matin, il éveille mon oreille pour que j'écoute comme un disciple. Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille, et moi je n'ai pas résisté, je ne me suis pas dérobé. J'ai tendu le dos à ceux qui me frappaient, et les joues à ceux qui m'arrachaient la barbe; je n'ai pas soustrait ma face aux outrages et aux crachats.
R/. In die qua invocávi te, Dómine, dixísti: Noli timére. * Iudicásti causam meam, et liberásti me, Deus meus. V/. Deus meus, éripe me de manu peccatóris, et de manu contra legem agéntis et iníqui. * Iudicásti. R/. Le jour où je t'invoque, Seigneur, tu dis: Ne crains pas! * Tu défends ma cause, mon Dieu, et tu me délivres. V/. Mon Dieu, libère-moi des mains de l'impie, des prises du fourbe et du violent. * Tu défends.
Lectio II Lecture II
Dominus Deus auxiliátor meus; ídeo non sum confúsus, ídeo pósui fáciem meam ut petram duríssimam, et scio quóniam non confúndar. Iuxta est qui iustíficat me; quis contradícet mihi? Stemus simul. Quis est adversárius meus? Accédat ad me. Ecce Dóminus Deus auxiliátor meus; quis est qui condémnet me? Ecce omnes quasi vestiméntum conteréntur, tínea cómedet eos. Le Seigneur Dieu va me venir en aide, c'est pourquoi je ne me suis pas laissé abattre, c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme la pierre, et je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, celui qui me justifie. Qui va plaider contre moi? Comparaissons ensemble! Qui est mon adversaire? Qu'il s'approche de moi! Voici que le Seigneur Dieu va me venir en aide, quel est celui qui me condamnerait? Les voici tous qui s'effritent comme un vêtement, rongés par la teigne.
R/. Fratres mei elongavérunt a me, et noti mei * Quasi aliéni recessérunt a me. V/. Amíci mei advérsum me appropinquavérunt et próximi mei. * Quasi aliéni. R/. Mes frères s'éloignent de moi; mes proches, * Comme des étrangers, m'abandonnent. V/. Mes familiers, mes amis, se tournent contre moi; * Comme.
Lectio III Lecture III
Quis ex vobis timet Dóminum, áudiens vocem servi sui? Qui ambulávit in ténebris, et non est lumen ei, speret in nómine Dómini et innitátur super Deum suum. Ecce vos omnes qui accénditis ignem, accíncti sagíttis, ambuláte in lúmine ignis vestri et in sagíttis quas succendístis. De manu mea factum est hoc vobis; in dolóribus recumbétis. Quiconque parmi vous craint le Seigneur et écoute la voix de son serviteur, quiconque a marché dans les ténèbres sans voir aucune lueur, qu'il se confie dans le nom du Seigneur, qu'il s'appuie sur son Dieu. Mais vous tous qui allumez un feu, qui vous armez de flèches incendiaires, allez aux flammes de votre feu, aux flèches que vous enflammez. C'est ma main qui vous a fait cela: Vous vous coucherez dans les tourments.
R/. Atténde, Dómine, ad me, et audi voces adversariórum meórum. * Numquid rédditur pro bono malum, quia fodérunt fóveam ánimæ meæ? V/. Homo pacis meæ in quo sperábam ampliávit advérsum me supplantatiónem. * Numquid rédditur. R/. Seigneur, prête-moi l'oreille; écoute ce que disent mes adversaires. * Est-ce ainsi que l'on rend le mal pour le bien? Ils creusent une fosse pour attenter à ma vie. V/. Même l'ami qui avait ma confiance m'a frappé du talon. * Est-ce ainsi.
Lectio IV Lecture IV
Audíte me, qui sequímini iustítiam, qui quæritis Dóminum; atténdite ad petram unde excísi estis, et ad cavérnam laci de qua præcísi estis. Atténdite ad Abraham patrem vestrum et ad Saram quæ péperit vos; quia unum vocávi eum et benedíxi ei et multiplicávi eum. Consolátur enim Dóminus Sion, consolátur omnes ruínas eius; et ponit desértum eius quasi Eden et solitúdinem eius quasi hortum Dómini. Gáudium et lætítia inveniétur in ea, gratiárum áctio et vox laudis. Écoutez-moi, vous qui êtes en quête de justice, vous qui cherchez le Seigneur. Regardez le rocher d'où l'on vous a taillés et la fosse d'où l'on vous a tirés. Regardez Abraham votre père et Sara qui vous a enfantés. Il était seul quand je l'ai appelé, mais je l'ai béni et multiplié. Oui, le Seigneur a pitié de Sion, il a pitié de toutes ses ruines; il va faire de son désert un Éden et de sa steppe un jardin du Seigneur; on y trouvera la joie et l'allégresse, l'action de grâces et le son de la musique.
R/. Conclúsit vias meas inimícus, insidiátor factus est mihi sicut leo in abscóndito, replévit et inebriávit me amaritúdine. Deduxérunt in lacum mortis vitam meam et posuérunt lápidem contra me. * Vide, Dómine, iniquitátem illórum et iúdica causam ánimæ meæ, defénsor vitæ meæ. V/. Omnes inimíci mei advérsum me cogitábant mala mihi; verbum iníquum mandavérunt advérsum me. * Vide. V/. Glória Patri. * Vide. R/. L'ennemi obstrue mes sentiers, il se cache à l'affût comme un lion dans son fourré; il me sature d'amertume, m'abreuve d'absinthe. Ils mènent ma vie à la fosse, ils abattent une pierre sur moi. * Tu vois, Seigneur, comme on me fait tort: défends ma cause, toi, mon Rédempteur. V/. Unis contre moi, mes ennemis murmurent; ils m'adressent des paroles maléfiques. * Tu vois. V/. Gloire au Père. * Tu vois.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Homilíis sancti Bedæ Venerábilis presbýteri (Hom. II, 3: CCL 122, 200-201) Homélie de saint Bède le Vénérable
Lectio I Lecture I
Mediátor Dei et hóminum homo Christus Iesus qui pro humáni géneris salúte passúrus, de cælo descénderat ad terras, appropinquánte hora passiónis, appropinquáre voluit loco passiónis ut étiam per hoc clarésceret quia non invítus sed sponte paterétur. In ásino veníre, et a turbis rex appellári ac laudári vóluit ut étiam per hoc erudítus quisque cognósceret ipsum esse Christum quem sic illo prophetía ventúrum olim promíssa signáverat. Médiateur de Dieu et des hommes, l'homme Jésus-Christ qui, devant souffrir pour le salut du genre humain, était descendu des cieux sur la terre, voulut, quand approcha l'heure de sa passion, s'approcher du lieu de sa passion, afin de rendre évident par là que ce n'était pas malgré lui, mais librement, qu'il souffrirait. Il voulut venir sur un âne, être appelé roi et acclamé par la foule, justement pour que chacun, instruit par là, reconnût qu'il était bien le Christ, qu'une ancienne annonce prophétique avait désigné en celui qui viendrait ainsi en ce lieu.
R/. Salvum me fac, Deus, quóniam intravérunt aquæ usque ad ánimam meam. Ne avértas fáciem tuam a me; * Quóniam tríbulor exáudi me, Deus meus. V/. Inténde ánimæ meæ et líbera eam; propter inimícos meos éripe me. * Quóniam tríbulor. R/. Sauve-moi, Seigneur, les eaux montent jusqu'à ma gorge! Ne détourne pas de moi ta face: * Je suffoque, vite, réponds-moi! V/. Sois proche de moi, rachète-moi, sauve-moi de l'emprise des ennemis! * Je suffoque.
Lectio II Lecture II
Ante quinque dies Paschæ veníre vóluit sicut ex Ioánnis evangélio didícimus ut étiam per hoc osténderet se esse agnum immaculátum qui peccáta tólleret mundi. Agnus quippe paschális, cuius immolatióne pópulus Israel est ab Ægýptia servitúte liberátus ante quinque dies Paschæ, id est décima luna, assúmi et quarta décima luna ad vésperum iussus est immolári, signíficans eum qui nos suo sánguine redemptúrus ante quinque dies Paschæ, hoc est hodiérna die, magno præcedéntium sequentiúmque populórum gáudio ac laudatióne dedúctus venit in templum Dei, et erat cotídie docens in eo. Cinq jours avant la Pâque, il voulut venir comme nous l'avons appris de l'évangile de Jean, afin de montrer justement par là qu'il était l'agneau sans tache, qui enlèverait les péchés du monde. En effet, l'immolation de l'agneau pascal libéra le peuple d'Israël de la servitude égyptienne. Il fut prescrit de le choisir cinq jours avant le Pâque, c'est-à-dire le dixième jour du mois, et le quatorzième jour au soir, de l'immoler: il était le signe de celui qui devait nous racheter par son sang et qui, cinq jours avant la Pâque, c'est-à-dire aujourd'hui, escorté de l'immense joie et de la louange d'une foule qui le précédait et le suivait, vint au temple de Dieu; et chaque jour il était là, il enseignait.
R/. Noli esse mihi, Dómine, aliénus. Parce mihi in die mala: confundántur omnes qui me persequúntur, * Et non confúndar ego. V/. Confundántur omnes inimíci mei qui quærunt ánimam meam ut áuferant eam. * Et non confúndar. R/. Ne sois pas pour moi, Seigneur, comme un dieu étranger. Épargne-moi au jour du malheur: Qu'ils soient couverts de honte, mes persécuteurs, * Et non pas moi! V/. Qu'ils reculent, couverts de honte, ceux qui cherchent à m'ôter la vie, * Et non pas.
Lectio III Lecture III
Ergo Dóminus instar agni paschális, ante quinque dies quam pati incíperet, locum passiónis ádiit ut se insinuáret esse illum de quo prædíxit Isaías: Sicut ovis ad occisiónem dúcitur et quasi agnus coram tondénte se obmutéscit et non apériet os suum. Et paulo supérius: Ipse autem vulnerátus est propter iniquitátes nostras, et livóre eius sanáti sumus. Sed invidórum corda príncipum in cunctis quæ próvide gessit, eum pérsequi quam in eum crédere maluérunt et multum míseri vitæ auctórem morti pótius dare quam per eum ipsi vivificári studébant. Le Seigneur donc, comme l'agneau pascal, cinq jours avant de commencer à souffrir gagna le lieu de sa passion, afin de faire connaître que c'était bien à son sujet qu'Isaïe prédit: Comme la brebis, il est conduit à l'abattoir et comme l'agneau devant celui qui le tond, il perd la voix et n'ouvrira pas la bouche. Et un peu plus haut: Quant à lui, il a été blessé à cause de nos iniquités, et par ses meurtrissures, nous avons été guéris. Mais l'esprit des chefs était hostile à tout ce qu'en sa prescience il accomplissait: ils préférèrent le poursuivre plutôt que de croire en lui, et, les malheureux, ils cherchaient à livrer à la mort l'auteur de la vie, plutôt que d'en recevoir eux-mêmes la vie.
R/. Ingrediénte Dómino in sanctam civitátem, Hebræórum púeri resurrectiónem vitæ pronuntiántes, * Cum ramis palmárum, Hosánna clamábant in excélsis. V/. Ex ore infántium et lactántium perfecísti laudem. * Cum ramis. R/. À l'entrée du Seigneur dans la ville sainte, les enfants des Hébreux annonçaient la résurrection de la vie. * Avec des rameaux et des palmes, ils acclamaient en chantant: Hosanna au plus haut des cieux! V/. Ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits. * Avec des rameaux.
Lectio IV Lecture IV
Verum nos perfidórum cæcitáte declináta, eórum magis exémpla qui fidéliter Dóminum laudavére sequámur et iter eius mýsticum mýstica ut decet interpretatióne scrutémur. Asina et pullus quibus sedens Hierosólymam venit, utriúsque pópuli Judæi vidélicet et gentílis simplícia corda desígnant, quibus ipse præsidens quæque a nóxia libertáte suo frenans império ad visiónem supérnæ pacis addúcit. Hierosólyma étenim vísio pacis interpretátur. Quant à nous, écartant l'aveuglement de gens sans foi, suivons plutôt l'exemple de ceux qui avec foi ont acclamé le Seigneur. Son chemin est mystère: explorons-le, comme il convient, dans le sens du mystère. L'ânesse et l'ânon qu'il monte en venant à Jérusalem désignent parmi les deux peuples, c'est-à-dire évidemment parmi les Juifs et les gentils, ceux qui ont le cœur droit: il les guide en personne et, les retenant par la bride de sa souveraineté loin d'une liberté néfaste, il les conduit à la vision de la paix d'en haut. Jérusalem, en effet, a le sens de " vision de paix. "
R/. Dóminus mecum est tamquam bellátor fortis; proptérea persecúti sunt me, et intellégere non potuérunt. * Dómine, probans renes et corda, tibi revelávi causam meam. V/. Et vim faciébant qui quærébant ánimam meam, et qui inquirébant mala mihi locúti sunt vanitátes. * Dómine. V/. Glória Patri. * Dómine. R/. Le Seigneur est avec moi comme un guerrier redoutable: mes persécuteurs s'écrouleront, impuissants. * Seigneur de l'univers, toi qui scrutes les reins et les cœurs, c'est à toi que j'ai confié ma cause. V/. Ceux qui veulent ma perte me talonnent, ces gens qui cherchent mon malheur prononcent des paroles maléfiques. * Seigneur. V/. Gloire au Père. * Seigneur.
In tertio nocturno, anno C Troisième nocturne, année C
Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc
In illo témpore: Præcedébat Iesus ascéndens Hierosólymam. Et factum est cum appropinquásset ad Béthfage et Bethániam, ad montem qui vocátur Olivéti, misit duos discípulos dicens: " Ite in castéllum quod contra est, in quod introeúntes inveniétis pullum ásinæ alligátum, cui nemo umquam hóminum sedit. " Et réliqua. Jésus marchait en avant pour monter à Jérusalem. À l'approche de Bethphagé et de Béthanie, sur les pentes du mont des Oliviers, il envoya deux disciples: " Allez au village qui est en face. À l'entrée, vous trouverez un petit âne attaché: personne ne l'a encore monté. " Et la suite.
Ex Homilíis sancti Ioánnis Chrysóstomi epíscopi (Sermo Mai 33, 1.2.3: PLS 2, 1132-1135) Homélie de saint Jean Chrysostome
Lectio I Lecture I
In primórdio ex vírginis terræ limo factus est homo; sed, postquam prævaricatióne própria serpéntis véneno per mulíerem decéptus, pérdidit vitam, per Vírginem Maríam et regnum recépit et vitam. Contémpsit Adam præcéptum, accípiens ex árbore pomum; sed divína pietáte quidquid Adam pérdidit, Christus invénit; et primo latrónem qui conféssus est, ligno crucis redémit. À l'origine, l'homme fut créé du limon de la terre vierge, mais, après qu'il eut perdu la vie par un péché personnel, trompé qu'il fut, à travers la femme, par le serpent venimeux, alors c'est grâce à la Vierge Marie qu'il recouvra et le royaume et la vie. Adam, acceptant le fruit de l'arbre, méprisa l'ordre du Seigneur; mais par la bonté divine, ce qu'Adam perdit, le Christ le retrouva: et tout d'abord ce larron qui le confessa, c'est sur le bois de la croix qu'il le racheta.
R/. Dixérunt ímpii apud se, non recte cogitántes: Circumveniámus iustum, quóniam contrárius est opéribus nostris. Promíttit se sciéntiam Dei habére, Fílium Dei se nóminat et gloriátur Patrem se habére Deum. * Videámus si sermónes illíus veri sint; et si est verus Fílius Dei, líberet illum de mánibus nostris; morte turpíssima condemnémus eum. V/. Viri ímpii dixérunt: Opprimámus virum iustum iniúste, et de spóliis eius sortem mittámus. * Videámus. R/. Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu'ils raisonnent ainsi en eux-mêmes: Attirons le juste dans un piège, car il s'oppose à notre conduite, il prétend posséder la connaissance de Dieu, il s'intitule Fils de Dieu, il se vante d'avoir Dieu pour Père. * Voyons si ses paroles sont vraies; et, s'il est vraiment Fils de Dieu, Dieu le délivrera de nos mains; condamnons-le à une mort infâme. V/. Les impies déclarent: Opprimons injustement le juste, et tirons au sort entre nous ses vêtements. * Voyons.
Lectio II Lecture II
Latro de ligno vindémiat immortalitátem, latrocinátur cæléste impérium, vim facit regno cælórum, virtúte própria per fidem vincens; ipso Dómino dicénte: Regnum cælórum vim pátitur, et qui vim fáciunt, dirípiunt; hoc est, accípiunt illud. Adam eiéctus est de paradíso, et latro míttitur in paradísum; exívit fur, et introívit fur. Quid est hoc, fratres? Utique exívit qui furátus erat, accípiens pomum ex árbore; et introívit latro qui furátus est de cruce salútem. Sur le bois le larron récolta l'immortalité, il s'empara comme un voleur de l'empire céleste; il fit violence au royaume des cieux, triomphant par la foi avec un vrai courage. Le Seigneur lui-même ne dit-il pas: Le royaume des cieux souffre violence, et ceux qui lui font violence s'en emparent, ce qui veut dire: le reçoivent? Adam a été chassé du paradis et le larron est introduit en paradis; un voleur est banni et un voleur est entré. Qu'est-ce à dire, frères? Oui, vraiment, il est banni celui qui a dérobé un fruit de l'arbre, puisqu'il l'a accepté; et il est entré le larron qui, du haut de la croix, a volé son salut.
R/. Viri ímpii dixérunt: Opprimámus virum iustum iniúste et deglutiámus eum tamquam inférnus vivum. Auferámus memóriam illíus de terra, et de spóliis eius sortem mittámus inter nos. Ipsi enim homicídæ thesaurizavérunt sibi mala, insipiéntes et malígni odérunt sapiéntiam, * Et rei facti sunt in cogitatiónibus suis. V/. Dixérunt ímpii apud se, non recte cogitántes: Circumveniámus iustum, quóniam contrárius est opéribus nostris. * Et rei. R/. Les impies déclarent: Opprimons injustement le juste; comme le shéol, engloutissons-le tout vivant. Effaçons de la terre sa mémoire, et tirons au sort entre nous ses vêtements. C'est contre eux-mêmes que ces meurtriers accumulent les actions mauvaises: folie et méchanceté leur font haïr la sagesse. * Ils sont coupables de faux raisonnements. V/. Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu'ils raisonnent ainsi en eux-mêmes: Attirons le juste dans un piège, car il s'oppose à notre conduite. * Ils sont.
Lectio III Lecture III
Perpendamus ergo, examinémus iustum Dei iudícium, et dicámus cum prophéta: Iustus es Dómine et rectum iudícium tuum. Propter unam fídei vocem latro salvátur, et in paradísum introdúci merétur. O profúnda Dei iudícia! O altitúdo divitiárum! O admirábilis rerum matéries! Adam ante quam de ínferis liberarétur, paradísum latro iam possidére merétur. Unum peccátum Adam de paradíso eiécit, una iustítia latrónem paradísum possidére permísit. Latro crédidit Christo pendénti in cruce; cognóvit Deum et accépit paradísum propter unum sermónem. Solus iste latro vidit Fílium Dei salvatórem, non super sedem regálem, non in templo radiántem, non de cælo loquéntem, non per ángelos disponéntem, sed cognóvit eum inter latrónes in cruce pendéntem. Pesons donc attentivement, apprécions le juste jugement de Dieu et disons avec le prophète: Tu es juste, Seigneur, et ton jugement est droit. Pour une seule parole de foi, le larron est sauvé et mérite d'être introduit dans le paradis. Ô profondeur des jugements de Dieu! Ô grandeur de ses richesses! Ô admirable disposition des circonstances! Avant qu'Adam fût libéré des enfers, le larron mérita de posséder déjà le paradis. Un seul péché a jeté Adam hors du paradis, un seul acte de justice a permis au larron d'entrer en possession du paradis. Le larron eut foi au Christ alors qu'il pendait à la croix: il a cru qu'il était Dieu et il a reçu le paradis pour une seule parole. Seul ce larron a reconnu le Fils de Dieu Sauveur, non pas sur un trône royal, ni dans la gloire du Temple, ni parlant du haut des cieux, ni gouvernant par l'intermédiaire des anges, mais il l'a reconnu alors qu'il pendait sur la croix entre des larrons.
R/. Oppróbrium factus sum nimis inimícis meis; vidérunt me et movérunt cápita sua. * Adiuva me, Dómine, Deus meus. V/. Pérsequar inimícos meos et comprehéndam illos, et non convértar donec defíciant. * Adiuva me. R/. Mes ennemis me tournent en dérision; ceux qui me voient hochent la tête. * Aide-moi, Seigneur, mon Dieu. V/. Je poursuis mes ennemis, je les rejoins; je ne reviens qu'après leur défaite. * Aide-moi.
Lectio IV Lecture IV
Vidit eum in iniúria, et adorávit in glória. Vidit condemnátum quem distráxerat Iudas, et ipse eum regem agnóvit. Et póstulat medicínam: Dómine, inquit, memor esto mei cum véneris in regnum tuum. Numquid iam latro iste legem audíerat? Numquid prophétas légerat? Homicídia exercébat et latrocínii gládium acuébat. Sed occasióne invénta, sub moménti hora confessiónis de inférnis evádere et ad réquiem perveníre toto corde quærébat. Ergo et nos, fratres, custodiámus fidem crucis in nobis et accipiémus prmium immortalitátis. Il l'a vu sous des injures et il l'a adoré dans sa gloire. Celui qu'avait vendu Judas, il l'a vu condamné; quant à lui, il a confessé sa royauté. Alors il sollicita son salut: Seigneur, dit-il, souviens-toi de moi lorsque tu seras arrivé en ton royaume. Ce larron avait-il déjà entendu la Loi? Avait-il lu les prophètes? Non! il pratiquait des homicides et affilait son glaive de brigand. Mais quand l'occasion se présenta, à l'instant décisif de sa confession, il chercha de tout son cœur à échapper aux enfers et à parvenir au repos. Ainsi donc, frères, gardons nous aussi en nos cœurs la foi en la Croix et nous recevrons la récompense de l'immortalité.
R/. Insurrexérunt in me viri iníqui absque misericórdia; quæsiérunt me interfícere et non pepercérunt in fáciem meam spúere. Et lánceis vulneravérunt me; et concússa sunt ómnia ossa mea. * Ego autem æstimábam me tamquam mórtuum super terram. V/. Et dedérunt in escam meam fel, et in siti mea potavérunt me acéto. * Ego. V/. Glória Patri. * Ego. R/. Des impies, des hommes sans affection, se lèvent contre moi; ils cherchent à m'ôter la vie, et n'hésitent pas à me cracher au visage; leurs coups de lance me blessent, je tremble de tous mes os. * Vivant, je me vois déjà mort. V/. À mon pain, ils ont mêlé du poison; quand j'avais soif, ils m'ont donné du vinaigre. * Vivant. V/. Gloire au Père. * Vivant.