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Vigiles (OSB) du jeudi 18 avril 2019 - Jeudi de la semaine sainte

Sacrum Triduum Paschale Triduum pascal sacré
Feria V Jeudi
Feria V hebdomadae sanctae Jeudi de la semaine sainte
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In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De libro Lamentatiónum Du livre des Lamentations
Lectio I Lecture I
[ALeph.] Ego vir videns paupertátem meam in virga indignatiónis eius; me minávit et addúxit in ténebras et non in lucem: tantum in me vertit et convértit manum suam tota die. [Aleph.] Je suis l'homme qui a connu la misère, sous la verge de sa fureur. C'est moi qu'il a conduit et fait marcher dans la ténèbre et sans lumière. Contre moi seul, il tourne et retourne sa main tout le jour.
[Bèt.] Consúmpsit pellem meam et carnem meam, contrívit ossa mea, ædificávit in gyro meo et circúmdedit me felle et labóre; in tenebrósis collocávit me quasi mórtuos sempitérnos. [Bèt.] Il a consumé ma chair et ma peau, rompu mes os. Il a élevé contre moi des constructions, cerné ma tête de tourment. Il m'a fait habiter dans les ténèbres, comme ceux qui sont morts à jamais.
[Gimel.] Circumædificávit advérsum me, ut non egrédiar, aggravávit cómpedem meum; sed et cum clamávero et rogávero, exclúsit oratiónem meam; conclúsit vias meas lapídibus quadris, sémitas meas subvértit. [Gimel.] Il m'a emmuré, et je ne puis sortir; il a rendu lourdes mes chaînes. Quand même je crie et j'appelle, il arrête ma prière. Il a barré mes chemins avec des pierres de taille, obstrué mes sentiers.
[Dalèt.] Ursus insídians factus est mihi, leo in abscónditis; sémitas meas subvértit et confrégit me, pósuit me desolátam; teténdit arcum suum et pósuit me quasi signum ad sagíttam. [Dalèt.] Il est pour moi un ours aux aguets, un lion à l'affût. Faisant dévier mes chemins, il m'a déchiré, il a fait de moi une horreur. Il a bandé son arc et m'a visé comme une cible pour ses flèches.
R/. Amícus meus ósculi me trádidit signo: quem osculátus fúero, ipse est, tenéte eum. Hoc malum fecit signum, qui per ósculum adimplévit homicídium. * Infélix prætermísit prétium sánguinis, et in fine láqueo se suspéndit. V/. Mélius illi erat si natus non fuísset. * Infélix. R/. Mon ami m'a livré au signe d'un baiser: Celui que j'embrasserai, c'est lui, arrêtez-le. Il a fait ce signe coupable d'accomplir l'homicide par un baiser! * Le malheureux n'a pas profité du prix du sang, et, pour finir, il s'est pendu. V/. Il vaudrait mieux pour lui qu'il ne soit pas né! * Le malheureux.
Lectio II Lecture II
[Hé.] Misit in rénibus meis fílias pháretræ suæ; factus sum in derísum omni pópulo meo, cánticum eórum tota die; replévit me amaritudínibus, inebriávit me absínthio. [Hé.] Il a planté en mes reins les flèches de son carquois. Je suis devenu la risée de tout mon peuple, leur chanson tout le jour. Il m'a saturé d'amertume, il m'a enivré d'absinthe.
[Vav.] Et fregit in glárea dentes meos, depréssit me cínere; et repúlsa est a pace ánima mea, oblítus sum bonórum, et dixi: " Périit splendor meus et spes mea a Dómino. " [Vav. ] Il a brisé mes dents avec du gravier, il m'a nourri de cendre. Mon âme est exclue de la paix, j'ai oublié le bonheur! J'ai dit: "Mon existence est finie, mon espérance qui venait du Seigneur."
[Zaïn.] Recordáre paupertátis et peregrinatiónis meæ, absínthii et fellis; memória memor est et tabéscit in me ánima mea: hæc récolam in corde meo, ídeo sperábo. [Zaïn.] Souviens-toi de ma misère et de mon angoisse: c'est absinthe et fiel! Elle s'en souvient, elle s'en souvient, mon âme, et elle s'effondre en moi. Voici ce qu'à mon cœur je rappellerai pour reprendre espoir.
R/. Unus ex discípulis meis tradet me hódie. Væ illi per quem tradar ego! * Mélius illi erat, si natus non fuísset. V/. Qui intíngit mecum manum in parópside, hic me traditúrus est in manus peccatórum. * Mélius. R/. L'un des disciples va me livrer aujourd'hui: malheureux l'homme par qui je suis livré. * Il vaudrait mieux pour lui qu'il ne soit pas né! V/. Celui qui met la main au plat en même temps que moi, celui-là me livrera aux mains des pécheurs. * Il vaudrait mieux.
Lectio III Lecture III
[Hèt.] Misericordiæ Dómini, quia non sumus consúmpti, quia non defecérunt miseratiónes eius; novæ sunt omni mane, magna est fides tua. " Pars mea Dóminus, dixit ánima mea; proptérea exspectábo eum. " [Hèt.] Les faveurs du Seigneur ne sont pas finies, ni ses compassions épuisées; elles se renouvellent chaque matin, grande est sa fidélité! " Ma part, c'est le Seigneur! dit mon âme, c'est pourquoi j'espère en lui. "
[Tèt.] Bonus est Dóminus sperántibus in eum, ánimæ quærénti illum; bonum est præstolári cum siléntio salutáre Dómini; bonum est viro, cum portáverit iugum ab adolescéntia sua. [Tèt.] Le Seigneur est bon pour qui se fie à lui, pour l'âme qui le cherche. Il est bon d'attendre en silence le salut du Seigneur. Il est bon pour l'homme de porter le joug dès sa jeunesse,
[Yod.] Sedébit solitárius et tacébit, cum istud impónitur ei; ponet in púlvere os suum, si forte sit spes; dabit percutiénti se maxíllam, saturábitur oppróbriis. [Yod.] que solitaire et silencieux il s'asseye quand le Seigneur l'impose sur lui, qu'il mette sa bouche dans la poussière: peut-être y a-t-il de l'espoir! qu'il tende la joue à qui le frappe, qu'il se rassasie d'opprobres!
[Kaph.] Quia non repéllet in sempitérnum Dóminus; quia si afflíxit, et miserébitur secúndum multitúdinem misericordiárum suárum: non enim humíliat ex corde suo et afflígit fílios hóminum. [Kaph.] Car le Seigneur ne rejette pas les humains pour toujours: s'il a affligé, il prend pitié selon sa grande bonté. Car ce n'est pas de bon cœur qu'il humilie et afflige les fils d'homme!
R/. Velum templi scissum est, et omnis terra trémuit; latro de cruce clamábat dicens: * Meménto mei, Dómine, dum véneris in regnum tuum. V/. Amen dico tibi, hódie mecum eris in paradíso. * Meménto mei. V/. Glória Patri. * Meménto mei. R/. Le voile du temple se déchira, toute la terre trembla; le larron suspendu à la croix s'écriait: * Souviens-toi de moi, Seigneur, lorsque tu viendras inaugurer ton règne! V/. Amen, je te le déclare, aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le paradis. * Souviens-toi. V/. Gloire au Père. * Souviens-toi.
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In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Hymnis sancti Ephræm diáconi (Hymnus de Crucifixione, 3, 4-12: CSCO 249/109, 40-42; versio Lamy) D'une hymne de saint Éphrem
Lectio I Lecture I
Beátus es, o loce, quia duo discípuli missi sunt ut te ad cœnam suam designárent. Posthábitæ fuérunt ædes a Salomóne ædificátæ Herodísque palátia; gratam sibi puritátem vidit in te et in médio tui invénit sanctitátem; fídei tuæ largítus est præstantíssima suæ benedictiónis dona in mercédem tui ministérii. Beátus es, o iuste loce, quia in te Dóminus noster fregit corpus suum. Parvus locus spectáculum datum est univérso mundo illúmque replévit; per Móysen e monte glorióso datum est fœdus exíguum, fœdus vero magnum ex habitáculo exíguo egréssum est et implévit terram. Ô lieu, bienheureux es-tu: deux disciples furent envoyés te désigner pour y manger leur Pâque. Voici relégués au second rang le temple édifié par Salomon et le palais d'Hérode; en toi le Seigneur vit une pureté qui lui agrée; au milieu de toi, il trouva la sainteté. À ta loyale fidélité, il accorda de sa bénédiction les dons les plus excellents en récompense du service que tu lui rendis. Ô lieu saint, bienheureux es-tu: en toi, le Seigneur rompit son Corps. Un lieu minuscule a été offert en spectacle au monde entier et l'a rempli. Par Moïse, d'un mont glorieux, une alliance restreinte fut donnée, mais d'un habitacle exigu est sortie une vaste Alliance qui a rempli la terre.
R/. Ecce turba, et qui vocabátur Iudas venit et, dum appropinquáret ad Iesum ut eum oscularétur, Iesus dixit ad eum: Iuda, ósculo tradis Fílium hóminis * Ad crucifigéndum? V/. Fílius quidem hóminis vadit, sicut scriptum est de illo; væ autem hómini illi per quem tradétur * Ad crucifigéndum. R/. Une troupe survint, avec l'homme nommé Judas; et, tandis que ce dernier s'approchait de Jésus pour l'embrasser, Jésus lui dit: Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme * Pour être crucifié? V/. Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré * Pour être crucifié.
Lectio II Lecture II
Omnia quæ Móyses gessit, útpote figúræ, infírma erant. Opórtuit porro figúras créscere, ne despiceréntur donec eárum adimplétio contíngeret. At in contrárium opórtuit magnitúdinem nostri Salvatóris immínui, quia natúra Dei gloriósa a creatúris cerni nequit nisi sub infirmitátis velo. In te rursus appáruit Abrahæ quando currit ad pecus et áttulit vítulum ángelis. Séraphim trepidárunt vidéntes Fílium, síndone renes accínctum, pedes discipulórum in pelvi lavántem. Nec os valet dícere nec lingua narráre quomódo propaláta est immundítia furis qui trádidit eum. O beáte loce! Tua angústia univérso mundo oppóni potest; quod in te continétur, quantúmvis parvum sit, totum mundum replet. Beátum habitáculum tuum, in quo manu benedícta fractus est panis! In te ácinus e Maria ortus in cálice salútis compréssus est. Tout ce qu'accomplit Moïse était, en tant que figure, de faible poids. Il fallut que, de proche en proche, pour n'être point dédaignées, grandissent les figures, jusqu'à ce qu'advint leur plein achèvement. Et il fallut qu'au contraire se réduisît la grandeur de notre Sauveur, car de Dieu la glorieuse nature ne peut être perçue des créatures, si ce n'est sous le voile de l'infirmité. En toi, une seconde fois, il apparut à Abraham courant au troupeau et rapportant un veau pour les anges. Les Séraphins frémissent lorsqu'ils voient le Fils, s'étant ceint les reins d'un linge et lavant dans un bassin les pieds de ses disciples. Ni la bouche ne peut dire ni la langue raconter comment fut divulguée l'ignominie du voleur qui le livra. Ô lieu bienheureux! Ton étroitesse peut faire face au monde tout entier; ce qui en toi est contenu, aussi petit qu'il soit, emplit le monde. Bienheureux ton habitacle, en lequel par une main bénie, a été rompu le pain! En toi, dans le calice du salut, a été pressée la grappe issue de Marie.
R/. Vínea mea elécta, ego te plantávi; * Quómodo convérsa es in amaritúdinem ut me crucifígeres et Barábbam dimítteres? V/. Ego quidem plantávi te, vínea mea, omne semen verum. * Quómodo . R/. Ô ma vigne, cep de choix que j'avais planté moi-même, * Comment es-tu devenue un plant d'amertume, au point de me crucifier et de relâcher Barabbas? V/. C'est moi qui t'avais plantée, ma vigne, comme une bonne souche d'authentique provenance. * Comment.
Lectio III Lecture III
O beáte loce! Non vidit quis nec vidébit quod vidísti: Dóminum nempe altáre verum, sacerdótem, panem ac cálicem salútis efféctum. Ipse per se súfficit ómnibus et nemo ei suffícere potest, ipse altáre est et agnus, víctima et sacrificátor, sacérdos et esca. O beátum locum! in quo agnus páschatis occúrrit agno veritátis; sýmbolum quippe lassitúdinis in sinum quiétum ingréssum est et in illo inclúsum. Beátum habitáculum in quo peráctum est pascha, quod sibi símile numquam hábuit. Agnus temporális suam potestátem éxuit eámque trádidit agno Dei. O beáte loce! qualis tua mensa fuit nulla umquam paráta est nec apud reges, nec in tabernáculo, nec in sancto sanctórum. In te panis primitiárum fractus est; tu fuísti prima Christi ecclésia, primúmque altáre; prima ómnium oblatiónum in te visa fuit. In te étiam, o loce, declaráta est certíssima illa distínctio quæ fiet in iudício; nocte quippe separávit se fílius tenebrárum et calígine ipsi cóngrua se invólvit. Ira abréptus ater hædórum princeps surréxit et exívit nec revérsus est. In iudício separabúntur hædi, eius sóboles, ab agnis lucis. Ô lieu bienheureux! Nul n'a vu ni ne verra ce que tu as vu: le Seigneur, qui est certes l'autel véritable, et le prêtre, devenu Pain et Calice du salut. Lui-même et par soi suffit à tous et nul ne peut lui suffire, lui-même est l'autel et l'agneau, la victime et le sacrificateur, le prêtre et l'offrande qui nourrit. Ô lieu bienheureux! en lequel l'agneau pascal rencontre l'Agneau véritable. Symbole d'épuisement, il est entré dans ce hâvre de paix et s'y est enfermé. Habitacle bienheureux en lequel s'est déroulée une Pâque qui jamais n'a eu sa pareille. L'agneau du temps a dépouillé sa puissance et l'a livrée à l'Agneau de Dieu. Ô lieu bienheureux! De table telle que la tienne, jamais il n'en fut préparée ni chez les rois, ni dans le Tabernacle, ni dans le Saint des Saints. En toi a été rompu le pain des prémices; toi-même fus la première église du Christ et le premier autel. On vit en toi la première de toutes les offrandes. En toi aussi, ô lieu, fut mis en lumière ce très sûr discernement qui se fera au Jugement. Oui, de nuit se sépara le fils des ténèbres, et dans le voile sombre à lui bien accordé, s'enveloppa. Emporté par la colère, il s'est dressé, le sinistre prince des boucs, il est sorti et n'est point revenu. Au Jugement, ils seront séparés, les boucs, ses rejetons, des agneaux de lumière.
R/. Una hora non potuístis vigiláre mecum, qui exhortabímini mori pro me? * Vel Iudam non vidétis, quómodo non dormit, sed festínat trádere me Iudæis? V/. Dormíte iam et requiéscite, ecce appropínquat qui me traditúrus est in manus peccatórum. * Vel Iudam. V/. Glória Patri. * Vel Iudam. R/. Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi? Vous qui vous encouragiez à mourir pour moi? * Et Judas: ne voyez-vous pas qu'il ne dort pas, lui, mais se hâte d'aller me livrer aux autorités juives? V/. Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer: le voici tout proche celui qui me livre aux mains des pécheurs. * Et Judas. V/. Gloire au Père. * Et Judas.