Vigiles (OSB) du samedi 1 juin 2019 - St Justin, martyr

Hebdomada VI Paschae VIème semaine de Pâques
Sabbato Samedi
S. Iustini, martyris St Justin, martyr
Memoria Mémoire
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex Diálogo sancti Iustíni mártyris cum Tryphóne (Prol., 7-8 : ed. de Otto, Ienæ, 1877, 31-33) Dialogue de saint Justin avec Tryphon
Quonam iam quis, inquam seni, utátur magístro aut unde adiuvétur, si ne apud istos quidem verum est? " " Exstitérunt ante multum tempus viri quidam ómnibus istis qui philosóphi existimántur antiquióres, beáti et iusti et Deo cari, qui divíno Spíritu afflánte locúti et futúra vaticináti sunt, quæ quidem nunc fiunt : prophétas autem eos vocant. Hi soli verum et vidérunt et homínibus nuntiárunt, nec metuéntes nec revériti quemquam, non glóriæ cupiditáte victi, sed ea tantum dicéntes quæ audíverant et víderant Spíritu Sancto repléti. Scripta autem eórum étiam nunc exstant, quæ si quis legat, fidem illis habens, plúrimum inde ferre póterit emoluménti et de princípiis et de fine et de iis quæ debet scire philósophus. «À quels maîtres recourir, dis-je au vieillard, où trouver aide, si même les philosophes, ces grands hommes, n'ont pas la vérité?» Il répondit: «Des hommes ont existé, il y a longtemps, qui furent ces grands hommes plus anciens que ces prétendus philosophes, des hommes heureux, justes et chers à Dieu, qui parlaient par l'Esprit Saint, et rendaient sur l'avenir des oracles maintenant accomplis: on les appelle les prophètes. Seuls ils ont vu et annoncé aux hommes la vérité, sans égard ni crainte de personne; ils n'obéissaient pas au désir de la gloire, mais ils ne disaient que ce qu'ils avaient entendu et vu, remplis de l'Esprit Saint. Leurs écrits subsistent encore: ceux qui les lisent peuvent, s'ils ont la foi en eux, en tirer grand profit, tant sur les principes que sur la fin, sur tout ce que doit connaître le philosophe.
Non enim tunc demonstratióne in disseréndo utebántur, ut qui supra omnem demonstratiónem fúerint gravíssimi testes veritátis : quæ vero evenérunt et evéniunt verbis eórum cogunt assentíri. Quamquam étiam ob mirácula quæ edidérunt digni fuérunt quibus crederétur, síquidem et creatórem universórum Deum Patrémque celebrábant et missum ab eo Christum Fílium eius annuntiábant : quod quidem fraudulénto et impúro spíritu repléti pseudoprophétæ nec fecérunt nec fáciunt, sed quædam prodígia ad percelléndos hómines édere audent ac spíritus erróris et dæmónia célebrant. Precáre vero ante ómnia tibi lucis aperíri portas; non enim hæc quisquam perspícere et intellégere potest, nisi cui Deus intellégere déderit et Christus eius. " Ce n'est pas sous forme de démonstration qu'ils ont parlé: au-dessus de toute démonstration, ils étaient les témoins fidèles de la vérité; les événements passés et présents forcent de croire à leur parole. Les prodiges qu'ils ont accomplis les rendaient dignes de foi, car ils ont glorifié l'auteur de l'univers, Dieu et Père, et ont annoncé le Christ qui vient de lui, son Fils. Cela, les faux prophètes, remplis de l'esprit d'erreur et d'impureté, ne l'ont pas fait, et ils ne le font pas maintenant; au contraire, ils ont l'audace de faire des prodiges pour frapper les hommes de stupeur, et ils glorifient les esprits d'erreur et les démons. Et toi, avant tout, prie pour que les portes de la lumière te soient ouvertes, car personne ne peut voir ni comprendre si Dieu et son Christ ne lui donnent de comprendre.»
Hæc multáque ínsuper ália cum ille dixísset ábiit, præcípiens ut ea meditándo pérsequar; neque eum ámplius vidi. Mihi vero statim ignis in ánimo accénsus est, meque amor invásit prophetárum et virórum illórum qui sunt Christi amíci; ítaque revólvens mecum illíus sermónes hanc solam cómperi esse philosóphiam tutam atque útilem. Ad hunc ígitur modum et hac de causa ego sum philósophus. Vellem autem ut et omnes ratiónem meæ símilem ánimo ineúntes a Salvatóris doctrína non aberrárent : habet enim in se terríbilem quamdam maiestátem, et ad eos permovéndos idónea est qui de recta via deflexérunt, et suavíssima est iis réquies qui eam diligénter exércent. Si qua ergo tui ipsíus cura tángeris salutísque cúpidus es et in Deo fidúciam cóllocas, licet tibi ubi Christum Dei agnóveris et initiátus fúeris, esse beátum. Il me dit toutes ces choses et beaucoup d'autres encore, et il s'en alla en me recommandant de les méditer. Je ne l'ai pas revu. Mais un feu subitement s'alluma dans mon âme; je fus pris d'amour pour les prophètes et pour ces hommes amis du Christ. Je repassai en moi-même toutes ces paroles, je reconnus que c'était la seule philosophie sûre et profitable. Voilà comment et pourquoi je suis philosophe. Je voudrais que chacun ait les mêmes sentiments que moi et ne s'écarte pas de la doctrine du Sauveur. Elle possède, en effet, une majesté redoutable qui la rend propre à effrayer ceux qui se détournent du droit chemin; elle procure en revanche le plus doux repos à ceux qui s'y attachent. Si tu as quelque souci de toi-même, si tu tiens à être sauvé et si tu as confiance en Dieu, tu peux connaître le Christ de Dieu, devenir parfait et être heureux.
R/. Coróna áurea super caput eius, * Expréssa signo sanctitátis, glória honóris et opus fortitúdinis. V/. Quóniam prævenísti eum in benedictiónibus dulcédinis, posuísti in cápite eius corónam de lápide pretióso. * Expréssa. V/. Glória Patri.* Expréssa. R/. Il porte une couronne d'or, * Elle est marquée du signe de la consécration, suprême honneur, magnifique ouvrage! V/. Tu le préviens de la douceur de tes bénédictions, tu mets sur sa tête une couronne sertie de pierres précieuses, * Elle est marquée. V/. Gloire au Père.* Elle est marquée.