Vigiles (OSB) du mercredi 5 juin 2019 - St Boniface, évêque et martyr.

In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex Epístulis sancti Bonifátii epíscopi et mártyris (Ep. 78 : MGH Epistulæ, 3, 352.354) Lettre de saint Boniface
Ecclésia, quæ velut navis magna per mare mundi huius enávigat, quæ divérsis tentatiónum flúctibus in hac vita túnditur, non est relinquénda, sed regénda. Cuius rei in exémplo prióres patres habémus Cleméntem et Cornélium et céteros complúres in urbe Roma, Cypriánum in Carthágine, Athanásium in Alexándria, qui sub pagánis imperatóribus navem Christi, immo caríssimam sponsam eius Ecclésiam, scílicet docéndo, defendéndo, laborándo et patiéndo usque ad sánguinis effusiónem gubernábant. L'Église, qui navigue comme un grand vaisseau sur la mer de ce monde, qui en cette vie est battue par les flots d'épreuves de toute sorte, l'Église ne doit pas être abandonnée, mais gouvernée. Nous en avons l'exemple chez les premiers Pères: Clément, Corneille et beaucoup d'autres à Rome, Cyprien à Carthage, Athanase à Alexandrie, qui, sous les empereurs païens, gouvernaient le navire du Christ, ou plutôt son épouse très chère, l'Église, en enseignant, en défendant la vérité, en peinant et en souffrant jusqu'à répandre leur sang.
Horum et his simílium consideratióne pertérritus sum et timor et tremor venérunt super me et pene contexérunt me peccatórum meórum ténebræ, et semel suscéptum gubernáculum Ecclésiæ libuísset et placuísset mihi omníno dimíttere, si valérem vel exémpla Patrum vel Scriptúras sacras consentáneas inveníre. Idcírco, quia hæc ita se habent et véritas fatigári potest, vinci autem et falli non potest, fatigáta mens nostra confúgiat ad Dóminum. Stemus in iustítia et præparémus ánimas nostras ad tentatiónem, ut sustineámus sustentatiónem Dei et dicámus ei : Dómine, refúgium factus es nobis a generatióne et progénie. Confidámus in eum qui nobis onus impósuit. Quod per nos portáre non póssumus, portémus per illum qui est omnípotens, qui dicit : Iugum enim meum suáve est, et onus meum leve. En considérant ces hommes et ceux qui leur ressemblent, je suis plein d'effroi, crainte et tremblement me pénètrent et je suis comme enveloppé par les ténèbres de mes péchés. Je voudrais bien abandonner entièrement le gouvernail de l'Église qui m'a été confié, si je pouvais trouver une approbation dans les exemples des Pères ou dans la Sainte Écriture. Aussi, puisqu'il en est ainsi et que la vérité peut se fatiguer, mais non se laisser vaincre et tromper, que notre âme fatiguée se réfugie auprès du Seigneur. Restons fermes dans la justice et préparons nos âmes à l'épreuve, pour attendre que le Seigneur nous soutienne, et disons-lui: D'âge en âge, Seigneur, tu es resté notre refuge. Mettons en lui notre confiance, car c'est lui qui nous a imposé ce fardeau. Ce que nous ne pouvons porter par nous-mêmes, portons-le par lui qui est tout-puissant et qui dit: Mon joug est facile à porter et mon fardeau léger.
Stemus in prœlio in die Dómini, quia dies tribulatiónis et angústiæ venérunt super nos. Moriámur, si Deus volúerit, pro sanctis légibus patrum nostrórum, ut hereditátem cum illis ætérnam cónsequi mereámur. Non simus canes muti, non simus táciti speculatóres, non simus mercenárii lupum fugiéntes, sed pastóres sollíciti, vigilántes super gregem Christi, prædicántes maióri et minóri, díviti et páuperi, omne consílium Dei, ómnibus grádibus vel ætátibus, in quantum Deus donáverit posse, opportúne, importúne, eo modo quo sanctus Gregórius in libro Pastoráli conscrípsit. Restons fermes dans le combat au jour du Seigneur, car des jours d'angoisse et d'oppression sont venus pour nous. Si Dieu le veut, mourons pour les saintes lois de nos pères, afin d'obtenir avec eux l'héritage éternel. Ne soyons pas des chiens muets, ne soyons pas des guetteurs silencieux, ne soyons pas des mercenaires qui fuient devant le loup, mais des pasteurs attentifs, veillant sur le troupeau du Christ, prêchant aux grands et aux petits, aux pauvres et aux riches, le dessein de Dieu, aux hommes de toute condition et de tout âge, autant que Dieu nous en donnera le pouvoir, à temps et à contre-temps, ainsi que saint Grégoire nous l'a prescrit dans son livre sur la charge pastorale.
R/. Pósuit corónam cápiti meo et circúmdedit me vestiménto salútis, * Ad expugnándas gentes et omnes inimícos. V/. Iúdica, Dómine, nocéntes me, expúgna impugnántes me ; apprehénde arma et scutum, et exsúrge in adiutórium mihi, * Ad expugnándas. V/. Glória Patri.* Ad expugnándas. R/. Si tu as placé la couronne sur ma tête, et m'as entouré des vêtements du salut, c'est pour * Que j'aille combattre les nations et tous les ennemis. V/. Accuse, Seigneur, ceux qui m'accusent, attaque ceux qui m'attaquent. Prends une armure, un bouclier; lève-toi pour me défendre, * Que j'aille. V/. Gloire au Père.* Que j'aille.