Vigiles (OSB) du mardi 25 juin 2019 -

Hebdomada XII per annum XIIème semaine dans l'année
Feria III Mardi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
Incipit liber primus Samuélis Du premier livre de Samuel
Fuit vir unus de Ramatháim Suphíta de monte Ephraim, et nomen eius Elcana fílius Iéroham fílii Eliu fílii Thohu fílii Suph, Ephrathus. Et hábuit duas uxóres: nomen uni Anna et nomen secúndæ Phenénna. Fuerúntque Phenénnæ fílii, Annæ autem non erant líberi. Et ascendébat vir ille de civitáte sua síngulis annis, ut adoráret et sacrificáret Dómino exercítuum in Silo. Erant autem ibi duo fílii Heli, Ophni et Phínees, sacerdótes Dómini. Il y avait un homme de Ramatayim, un Çuphite de la montagne d'Éphraïm, qui s'appelait Elqana, fils de Yeroham, fils d'Élihu, fils de Tohu, fils de Çuph, un Éphraïmite. Il avait deux femmes: l'une s'appelait Anne, l'autre Peninna; mais alors que Peninna avait des enfants, Anne n'en avait point. Chaque année, cet homme montait de sa ville pour adorer et pour sacrifier au Seigneur de l'univers à Silo (là se trouvaient les deux fils d'Éli, Hophni et Pinhas, comme prêtres du Seigneur).
Venit ergo dies, et immolávit Elcana dabátque Phenénnæ uxóri suæ et cunctis fíliis eius et filiábus partes; Annæ autem dabat unam partem eléctam, quia Annam diligébat; Dóminus autem conclúserat vulvam eius. Affligébat quoque eam æmula eius et veheménter angébat, ut conturbáret eam, quod conclusísset Dóminus vulvam eius. Sicque faciébat per síngulos annos, cum, redeúnte témpore, ascénderent templum Dómini, et sic provocábat eam. Porro illa flebat et non capiébat cibum. Surréxit autem Anna, postquam coméderant et bíberant in Silo, et Heli sacerdóte sedénte super sellam ante postes templi Dómini. Un jour Elqana offrit un sacrifice. - Il avait coutume de donner des portions à sa femme Peninna et à tous ses fils et filles, et il n'en donnait qu'une à Anne bien qu'il préférât Anne, mais le Seigneur l'avait rendue stérile. Sa rivale lui faisait aussi des affronts pour la mettre en colère, parce que le Seigneur avait rendu son sein stérile. C'est ce qui arrivait annuellement, chaque fois qu'ils montaient au temple du Seigneur: elle lui faisait des affronts. - Or donc, Anne pleura et resta sans manger. Anne se leva après qu'ils eurent mangé dans la chambre et elle se tint devant le Seigneur - le prêtre Éli était assis sur son siège, contre le montant de la porte, au sanctuaire du Seigneur.
Cum esset Anna amáro ánimo, orávit Dóminum flens lárgiter et votum vovit dicens: "Dómine exercítuum, si respíciens víderis afflictiónem fámulæ tuæ et recordátus mei fúeris nec oblítus ancíllæ tuæ dederísque servæ tuæ sexum virílem, dabo eum Dómino omnes dies vitæ eius, et novácula non ascéndet super caput eius." Dans l'amertume de son âme, Anne pria le Seigneur et elle pleura beaucoup. Elle fit ce vœu: " Ô Seigneur de l'univers! Si tu voulais considérer la misère de ta servante, te souvenir de moi, ne pas oublier ta servante et lui donner un petit d'homme, alors je le donnerai au Seigneur pour toute sa vie et le rasoir ne passera pas sur sa tête. "
Factum est ergo, cum illa multiplicáret preces coram Dómino, ut Heli observáret os eius. Tunc Heli ait ei: "Vade in pace, et Deus Israel det tibi petitiónem quam rogásti eum." Et illa dixit: "Utinam invéniat ancílla tua grátiam in óculis tuis." Et ábiit múlier in viam suam et comédit; vultúsque illíus non fuérunt ámplius sicut prius. Et surrexérunt mane et adoravérunt coram Dómino. Reversíque sunt et venérunt in domum suam in Rama. Comme elle prolongeait sa prière devant le Seigneur, Éli observait sa bouche. Alors Éli lui dit: " Va en paix et que le Dieu d'Israël t'accorde ce que tu lui as demandé. " Elle dit: " Puisse ta servante trouver grâce à tes yeux ", et la femme alla son chemin; elle mangea et son visage ne fut plus le même. Ils se levèrent de bon matin et, après s'être prosternés devant le Seigneur, ils s'en retournèrent et arrivèrent chez eux, à Rama.
R/. Deus qui sedes super thronum et iúdicas æquitátem, esto refúgium páuperum in tribulatióne; * Quia tu solus labórem et dolórem consíderas. V/. Tibi enim derelíctus est pauper, pupíllo tu eris adiútor; * Quia. V/. Glória Patri. * Quia. R/. Tu sièges, ô Seigneur, toi qui juges avec justice: montre-toi la forteresse des malheureux dans leur angoisse; * Car tu regardes, toi, la peine et la souffrance! V/. Sur toi repose le faible, c'est toi qui viens en aide à l'orphelin; * Car. V/. Gloire au Père. * Car.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex Expositióne sancti Gregórii Magni papæ in libros Regum (Lib. 1, 2-3: SC 351, 166-170) Commentaire de s. Grégoire le Grand sur les livres des Rois
Quæréndum est cur dicátur: Vir unus. Nam, si únitas hæc referátur ad númerum, supérfluum vidétur: unusquísque enim unus et non duo est. Quid est ergo quod eléctus prophéta contra usum scriptórum scribéndi tale cœpit exórdium? Sed quia non solum scriptor erat sed étiam prophéta, nóverat de quo histórica díceret, et qui per históriam dicebátur, nóverat quem signáret. Quod ergo de história præter usum narrat históriæ, hoc ad usum cathólicæ fídei in intelléctu lóquitur allegóriæ. Unde et iam nova consuetúdine simul tota confitétur Ecclésia: Deus et homo unus est Christus. Demandons-nous pourquoi il est parlé d'un homme unique. S'il s'agit d'unité numérique, le terme paraît inutile: chacun de nous, évidemment, est un, et non deux. D'où vient donc que le prophète, cet élu, commence ainsi son écrit, contrairement à l'usage des écrivains? Mais il n'était pas seulement écrivain. Il était aussi prophète. À ce double titre, il connaissait à la fois le personnage qu'il décrivait historiquement, et celui dont il esquissait la figure à travers cette histoire. Ainsi le trait d'histoire qu'il rapporte, contraire à l'usage de l'histoire, est chargé d'une signification allégorique, à l'intention de la foi catholique. C'est ce que confesse à présent l'Église entière, dans un langage nouveau qui est déjà passé en habitude: L'unique Christ est Dieu et homme.
Dicit ergo: Fuit vir unus, quia de Deo hómine loquebátur, ut deitátem et humanitátem eius asséreret et non áliam suscipiéntis Verbi et suscépti hóminis persónam sed Dei et hóminis unam eamdémque esse apértius demonstráret. Quæ tamen únitas ad excelléntiam dignitátis eius reférri conveniénter potest. Nam etsi redemptórem álium sancta Ecclésia non hábuit, ex virtútis ostensióne viros nonnúllos hábuit. Dum ergo unus dícitur, incomparábilis demonstrátur. Nam æquálem non hábuit, qui, dum humáno géneri excellénti vita et verbo consúluit, singulári múnere dare pótuit dona redemptiónis. Voilà pourquoi il dit: Il y avait un homme unique. Parlant du Dieu-homme, il a voulu affirmer sa divinité et son humanité, en marquant sans ambiguïté qu'il n'y a pas deux personnes, l'une du Verbe qui assume et l'autre de l'homme assumé, mais une seule et même personne, à la fois Dieu et homme. Cependant on peut aussi rapporter cette unicité à sa suréminente dignité. Certes, l'Église n'a pas eu d'autre rédempteur, mais elle a eu quelques hommes qui ont vraiment déployé de la vertu. L'appeler unique, c'est donc le déclarer incomparable. Et de fait, il n'a pas eu son pareil, celui qui, venant en aide au genre humain par sa vie et sa parole éminentes, a su lui procurer, avec une largesse inouïe, les dons de la rédemption.
Hanc excelléntiæ suæ dignitátem per semetípsum Iudæis impróperans ait: Si ópera non fecíssem in eis, quae nemo álius fecit, peccátum non habérent. Excelléntiam quoque pulchritúdinis eius psalmísta consíderans dixit: Speciósus forma præ fíliis hóminum, diffúsa est grátia in lábiis tuis. Singuláre bonum redemptiónis Isaías in eo testíficans ait: Vere languóres nostros ipse tulit et iniquitátes nostras ipse portávit. Singulárem quoque dignitátem eius ætérnus génitor osténdens a magnífica glória clamávit dicens: Hic est Fílius meus diléctus, in quo mihi bene complácui. Cette dignité suréminente, il la proclame lui-même en adressant ce reproche aux Juifs: Si je n'avais fait parmi eux des œuvres que nul autre n'a faites, ils n'auraient pas de péché. De même, la vue de son incomparable beauté fait dire au psalmiste: Tu es plus beau à voir qu'aucun des enfants des hommes; la grâce est répandue sur tes lèvres. Il est sans pareil, le bienfait de sa rédemption, dont témoigne Isaïe: Vraiment, il a subi nos maladies, porté nos crimes. Sans pareille aussi, sa dignité, que son Père éternel, enveloppé de grandeur et de gloire, proclame en prononçant ces mots: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, l'objet de toutes mes complaisances.
R/. Auribus pércipe, Dómine, lácrimas meas; ne síleas a me, remítte mihi, * Quóniam íncola ego sum apud te et peregrínus. V/. Dixi: Custódiam vias meas, ut non delínquam in lingua mea. * Quóniam. V/. Glória Patri. * Quóniam. R/. Seigneur, ne reste pas sourd à mes pleurs; ne garde pas le silence à mon égard, laisse-moi un peu de répit, * Car je ne suis qu'un hôte chez toi, un simple pèlerin. V/. J'ai dit: Je garderai mon chemin sans laisser ma langue s'égarer. * Car. V/. Gloire au Père. * Car.