Vigiles (OSB) du jeudi 4 juillet 2019 - de la férie

Hebdomada XIII per annum XIIIème semaine dans l'année
Feria V Jeudi
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In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
De libro primo Samuélis Du premier livre de Samuel
In diébus illis: Dixit Sámuel ad univérsum Israel: "Ecce audívi vocem vestram iuxta ómnia quæ locúti estis ad me, et constítui super vos regem; et nunc rex gráditur ante vos. Ego autem sénui et incánui; porro fílii mei vobíscum sunt. Itaque conversátus coram vobis ab adulescéntia mea usque ad hanc diem. Ecce præsto sum. Loquímini contra me coram Dómino et coram christo eius, utrum bovem cuiúsquam túlerim an ásinum, si quémpiam calumniátus sum, si oppréssi áliquem, si de manu cuiúsquam munus accépi, ut óculos meos cláuderem in eius causa: restítuam vobis." Et dixérunt: "Non es calumniátus nos neque oppressísti neque tulísti de manu alicúius quíppiam." Dixítque ad eos: "Testis Dóminus advérsum vos, et testis christus eius in die hac, quia non invenéritis in manu mea quíppiam." Et dixérunt: "Testis." Samuel dit à tout Israël: " J'ai satisfait à tout ce que vous m'avez demandé et j'ai fait régner un roi sur vous. Désormais, c'est le roi qui marchera devant vous. Pour moi, je suis devenu vieux, j'ai blanchi et mes fils sont parmi vous. J'ai marché devant vous depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour. Me voici! Témoignez contre moi devant le Seigneur et devant son oint: de qui ai-je pris le bœuf et de qui ai-je pris l'âne? Qui ai-je frustré et qui ai-je opprimé? De qui ai-je reçu une compensation pour que je ferme les yeux? Je vous restituerai. " Ils répondirent: " Tu ne nous as ni frustrés ni opprimés, tu n'as rien reçu de personne. " Il leur dit: " Le Seigneur est témoin contre vous, et son oint est témoin aujourd'hui, que vous n'avez rien trouvé entre mes mains. " Et ils répondirent: " Il est témoin. "
Ait Sámuel ad pópulum: "Nunc ergo præsto est rex vester quem elegístis et petístis; ecce dedit vobis Dóminus regem. Si timuéritis Dóminum et serviéritis ei et audiéritis vocem eius et non contempséritis sermónem Dómini, éritis et vos et rex qui ímperat vobis, sequéntes Dóminum Deum vestrum. Si autem non audiéritis vocem Dómini, sed contempséritis sermónem Dómini, erit manus Dómini super vos et super regem vestrum, ut dispérdat vos." Samuel dit au peuple: " Voici maintenant le roi que vous avez choisi, le Seigneur a établi sur vous un roi. Si vous craignez le Seigneur et le servez, si vous lui obéissez et ne vous révoltez pas contre ses ordres, si vous-mêmes et le roi qui règne sur vous, vous suivez le Seigneur votre Dieu, c'est bien! Mais si vous n'obéissez pas au Seigneur, si vous vous révoltez contre ses ordres, alors la main du Seigneur pèsera sur vous et sur votre roi. "
Dixítque univérsus pópulus ad Sámuel: "Ora pro servis tuis ad Dóminum Deum tuum, ut non moriámur: addídimus enim univérsis peccátis nostris malum, ut peterémus nobis regem." Dixit autem Sámuel ad pópulum: "Nolíte timére. Vos fecístis univérsum malum hoc; verúmtamen nolíte recédere a tergo Dómini et servíte Dómino in omni corde vestro; et nolíte declináre post vana quæ non prodérunt vobis neque éruent vos, quia vana sunt; profécto non derelínquet Dóminus pópulum suum propter nomen suum magnum, quia dignátus est Dóminus fácere vos sibi pópulum. Absit autem a me hoc peccátum in Dóminum, ut cessem oráre pro vobis et docére vos viam bonam et rectam. Igitur timéte Dóminum et servíte ei in veritáte et ex toto corde vestro; vidístis enim magnífica quæ in vobis gésserit. Quod si perseveravéritis in malítia, et vos et rex vester páriter períbitis." Tous dirent à Samuel: " Prie le Seigneur ton Dieu en faveur de tes serviteurs, afin que nous ne mourions pas; nous avons mis le comble à tous nos péchés en demandant pour nous un roi. " Mais Samuel dit au peuple: " Ne craignez pas. Oui, vous avez commis tout ce mal. Seulement, ne vous écartez pas du Seigneur et servez-le de tout votre cœur. Ne vous écartez pas à la suite des idoles de néant qui ne servent de rien, qui ne sont d'aucun secours, car elles ne sont que néant. En effet, le Seigneur ne réprouvera pas son peuple, pour l'honneur de son grand nom, car le Seigneur a daigné faire de vous son peuple. Pour ma part, que je me garde de pécher contre le Seigneur en cessant de prier pour vous et de vous enseigner le bon et droit chemin. Craignez seulement le Seigneur et servez-le sincèrement de tout votre cœur, car voyez le grand prodige qu'il a accompli parmi vous. Mais si vous commettez le mal, vous périrez, vous et votre roi. "
R/. Audi, Israel, præcépta Dómini, et ea in corde tuo quasi in libro scribe; * Et dabo tibi terram fluéntem lac et mel. V/. Israel, si me audíeris, non erit in te deus recens, neque adorábis deum aliénum. * Et dabo. V/. Glória Patri. * Et dabo. R/. Écoute, Israël, écoute les préceptes du Seigneur! Inscris-les dans ton cœur comme sur un livre; * Et je te donnerai une terre, un pays ruisselant de lait et de miel. V/. Vas-tu m'écouter, Israël? Tu n'auras pas chez toi d'autres dieux, tu ne serviras aucun dieu étranger. * Et je te donnerai. V/. Gloire au Père. * Et je te donnerai.
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In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex Collatiónibus Ioánnis Cassiáni abbátis (Coll. 2, 11: SC 42, 123-124) Conférence de Cassien
Si momórderit serpens, dicit Ecclesiástes, non in síbilo, non est abundántia incantatóri; táciti serpéntis morsum perniciósum esse desígnans, id est: si per confessiónem suggéstio seu cogitátio diabólica incantatóri cuiquam, spiritáli scílicet viro, qui carmínibus Scripturárum medéri prótinus vúlneri et extráhere de corde consuévit nóxia venéna serpéntis, patefácta non fúerit, succúrrere periclitánti perituróve non póterit. Si le serpent mord sans siffler, l'enchanteur ne sert de rien. L'Écclésiaste marque par là le danger d'une morsure silencieuse: c'est-à-dire que, si l'on ne manifeste les suggestions diaboliques à quelque enchanteur, j'entends à un homme spirituel accoutumé de trouver dans les paroles magiques et toutes-puissantes de l'Écriture un prompt remède à ces morsures du serpent et le moyen d'expulser du cœur son fatal venin, il ne pourra nous secourir dans ce péril ni nous défendre contre la mort.
Hoc ígitur modo ad sciéntiam discretiónis veræ perveníre facíllime potérimus, ut seniórum vestígia subsequéntes neque ágere quidquam novi neque discérnere nostro iudício præsumámus, sed quemádmodum nos vel illórum tradítio vel vitæ próbitas informárit, in ómnibus gradiámur. Qua institutióne firmátus non modo ad perféctam discretiónis ratiónem quisque pervéniet, verum étiam a cunctis insídiis inimíci tutíssimus permanébit. Nullo namque álio vítio tam præcípitem diábolus mónachum pértrahit ac perdúcit ad mortem, quam cum eum negléctis consíliis seniórum suo iudício persuáserit definitioníque confídere. Le moyen d'atteindre facilement à la science de la vraie discrétion est donc de marcher sur les traces des anciens. N'ayons la présomption ni d'innover, ni de nous en rapporter, pour quoi que ce soit, à notre sens propre; mais allons toujours le chemin que leurs enseignements et leur sainte vie nous auront appris. Cette forte formation n'aura pas seulement l'avantage de nous mener à la parfaite discrétion; elle nous mettra encore à l'abri de toutes les embûches de l'ennemi. En revanche, il n'est pas de vice par où le démon ait plus de facilité à précipiter le moine et le conduise plus vite à sa perte que le dédain de leurs conseils et la confiance en son propre jugement ou en ses vues personnelles.
Etenim cum omnes artes ac disciplínæ humáno ingénio repértæ et quæ nihil ámplius quam vitæ huius temporáriæ cómmodis prosunt, licet manu palpári queant et óculis pervidéri, recte tamen a quoquam sine instituéntis doctrína néqueant comprehéndi, quam inéptum est crédere hanc solam non égere doctóre, quæ et invisíbilis et occúlta est et quæ non nisi corde puríssimo pervidétur, cuius error non temporále damnum nec quod fácile reparétur, sed ánimæ perditiónem parit mortémque perpétuam. Habet enim non advérsus visíbiles sed invisíbiles atque immítes hostes diúrnum nocturnúmque conflíctum nec contra unum seu duos, sed contra innumerábiles catérvas spiritále certámen, cuius casus tanto perniciósior cunctis, quanto et inféstior inimícus et congréssus occúltior. Quelle folie! Toutes les carrières, toutes les professions inventées par le génie de l'homme, dont tout l'avantage est de pourvoir aux commodités de l'existence, et qui restent dans le domaine du visible et du palpable, réclament absolument un maître, pour être bien connues; et cette discipline invisible et cachée, uniquement perceptible au cœur parfaitement pur, où l'erreur n'engendre pas un dommage temporel ni qui se puisse aisément réparer, mais la perte de l'âme et la mort éternelle, cette discipline, dis-je, sera la seule où l'on pourra se passer de guide! Que l'on y songe, ce ne sont pas des ennemis visibles que l'on rencontre là, mais invisibles, et des ennemis sans pitié. C'est un combat du jour et de la nuit, un combat spirituel, et non pas certes contre un seul ennemi ou deux, mais contre des légions innombrables, un combat enfin dont la chance est d'autant plus redoutable que l'adversaire est plus acharné, et plus secrète l'attaque.
R/. Afflícti pro peccátis nostris, cotídie cum lácrimis exspectámus finem nostrum; dolor cordis nostri ascéndat ad te, Dómine, * Ut éruas nos a malis quæ innovántur in nobis. V/. Dómine Deus Israel, exáudi preces nostras; áuribus pércipe dolórem cordis nostri, * Ut éruas. V/. Glória Patri. * Ut éruas. R/. Plongés dans l'affliction à cause de nos péchés, chaque jour, avec larmes, nous attendons notre jugement; que le gémissement de notre cœur monte jusqu'à toi, Seigneur, * Et délivre-nous du mal qui se renouvelle sans cesse en nous! V/. Seigneur, Dieu d'Israël, exauce nos prières; prête l'oreille au cri de souffrance de notre cœur, * Et délivre-nous. V/. Gloire au Père. * Et délivre-nous.