Vigiles (OSB) du dimanche 7 juillet 2019 - XIVème dimanche dans l'année

Hebdomada XIV per annum XIVème semaine dans l'année
Dominica Dimanche
Dominica XIV per annum XIVème dimanche dans l'année
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In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
De libro primo Samuélis Du premier livre de Samuel
Lectio I Lecture I
Egréssus est vir propugnátor de castris Philisthinórum nómine Góliath de Geth altitúdinis sex cubitórum et palmi. Stansque clamábat advérsum ágmina Israel et dicébat eis: "Quare venítis paráti ad prœlium? Numquid ego non sum Philisthæus, et vos servi Saul? Elígite ex vobis virum, et descéndat ad singuláre certámen! Si quíverit pugnáre mecum et percússerit me, érimus vobis servi; si autem ego prævalúero et percússero eum, vos servi éritis et serviétis nobis." Et aiébat Phlisthæus: "Ego exprobrávi agmínibus Israel hódie: Date mihi virum, et íneat mecum singuláre certámen!" Un champion sortit des rangs philistins. Il s'appelait Goliath, de Gat, et sa taille était de six coudées et un empan. Il se campa devant les lignes israélites et leur cria: " Pourquoi êtes-vous sortis pour vous ranger en bataille? Ne suis-je pas, moi, le Philistin, et vous, n'êtes-vous pas les serviteurs de Saül? Choisissez-vous un homme et qu'il descende vers moi. S'il l'emporte en luttant avec moi et s'il m'abat, alors nous serons vos serviteurs; si je l'emporte sur lui et si je l'abats, alors vous deviendrez nos serviteurs, vous nous serez asservis. " Le Philistin dit aussi: " Moi, j'ai lancé aujourd'hui un défi aux lignes d'Israël. Donnez-moi un homme, et que nous nous mesurions en combat singulier! "
R/. Deus ómnium exaudítor est; ipse misit ángelum suum et tulit me de óvibus patris mei, * Et unxit me unctióne misericórdiæ suæ. V/. Dóminus qui erípuit me de ore leónis, et de manu béstiæ liberávit me. * Et unxit. R/. Dieu entend les prières de tous les hommes; il a envoyé son ange pour m'arracher à la garde du troupeau de mon père; * Il m'a conféré l'onction, l'onction de sa tendresse. V/. Le Seigneur qui m'a tiré des crocs du lion m'a aussi délivré des griffes d'une bête féroce! * Il m'a conféré.
Lectio II Lecture II
Cum David fuísset addúctus ad Saul, locútus est ei: "Non cóncidat cor cuiúsquam in eo; ego servus tuus vadam et pugnábo advérsus Philisthæum istum." Tulit báculum suum in manu sua; et elégit sibi quinque levíssimos lápides de torrénte et misit eos in peram pastorálem, qua ut sácculo lápidum utebátur, et fundam manu tulit et procéssit advérsum Phlisthæum. Lorsque David fut présenté à Saül, David lui dit: " Que personne ne perde courage à cause de lui. Ton serviteur ira se battre contre ce Philistin. " David prit son bâton en main, il se choisit dans le torrent cinq pierres bien lisses et les mit dans son sac de berger, sa giberne, puis, la fronde à la main, il marcha vers le Philistin.
R/. Dóminus qui erípuit me de ore leónis, et de manu béstiæ liberávit me, * Ipse me erípiet de mánibus inimicórum meórum. V/. Misit Deus misericórdiam suam et veritátem suam; ánimam meam erípuit de médio catulórum leónum. * Ipse. R/. Le Seigneur qui m'a tiré des crocs du lion et m'a délivré des griffes d'une bête féroce, * Lui-même va m'arracher aux prises de mes adversaires! V/. Dieu envoie son amour et sa vérité; il arrache ma vie aux lions qui m'encerclent. * Lui-même.
Lectio III Lecture III
Dixit Philisthæus ad David: "Veni ad me, et dabo carnes tuas volatílibus cæli et béstiis terræ." Dixit autem David ad Phlisthæum: "Tu venis ad me cum gládio et hasta et acínace; ego autem vénio ad te in nómine Dómini exercítuum, Dei ágminum Israel, quibus exprobrásti. Hódie dabit te Dóminus in manu mea, et percútiam te et áuferam caput tuum a te; et dabo cadáver tuum et cadávera castrórum Philísthim hódie volatílibus cæli et béstiis terræ, ut sciat omnis terra quia est Deus in Israel, et nóverit univérsa ecclésia hæc quia non in gládio nec in hasta salvat Dóminus: ipsíus enim est bellum, et tradet vos in manus nostras." Le Philistin dit à David: " Viens vers moi, que je donne ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs! " Mais David répondit au Philistin: " Tu marches contre moi avec épée, lance et cimeterre, mais moi, je marche contre toi au nom du Seigneur de l'univers, le Dieu des troupes d'Israël que tu as défiées. Aujourd'hui, le Seigneur te livrera en ma main, je t'abattrai, je te couperai la tête, je donnerai aujourd'hui même ton cadavre et les cadavres de l'armée philistine aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages. Toute la terre saura qu'il y a un Dieu en Israël, et toute cette assemblée saura que ce n'est pas par l'épée ni par la lance que le Seigneur donne la victoire, car le Seigneur est maître du combat et il vous livre entre nos mains. "
R/. Præváluit David in Philisthæo in funda et lápide, in nómine Dómini, * Agminum Dei Israel. V/. Ut sciat omnis terra quia est Deus in Israel, quia non in gládio nec in hasta salvet Dóminus.* Agminum. R/. David l'a emporté sur le Philistin avec une fronde et une pierre, au nom du Seigneur, * Le Dieu des bataillons d'Israël! V/. Que toute la terre le sache: Il y a un Dieu en Israël, et ce n'est point par le glaive ou par la lance que sauve le Seigneur, * Le Dieu.
Lectio IV Lecture IV
Cum ergo surrexísset Phlisthæus et veníret et appropinquáret contra David, festinávit David et cucúrrit ad pugnam advérsum Philisthæum. Et misit manum suam in peram tulítque unum lápidem et funda iecit; et percússit Phlisthæum in fronte, et infíxus est lapis in fronte eius, et cécidit in fáciem suam super terram. Prævaluítque David advérsum Philisthæum in funda et in lápide; percussúmque Phlisthæum interfécit. Cumque gládium non habéret in manu David, cucúrrit et stetit super Philisthæum; et tulit gládium eius et edúxit eum de vagína sua et interfécit eum præcidítque caput eius. Dès que le Philistin s'avança et marcha au-devant de David, celui-ci sortit des lignes et courut à la rencontre du Philistin. Il mit la main dans son sac et en prit une pierre qu'il tira avec la fronde. Il atteignit le Philistin au front; la pierre s'enfonça dans son front et il tomba la face contre terre. Ainsi David triompha du Philistin avec la fronde et la pierre: il abattit le Philistin et le fit mourir; il n'y avait pas d'épée entre les mains de David. David courut et se tint debout sur le Philistin; saisissant l'épée de celui-ci, il la tira du fourreau, il acheva le Philistin et, avec elle, il lui trancha la tête.
R/. Percússit Saul mille et David decem mília, quia manus Dómini erat cum illo; * Percússit Phlisthæum et ábstulit oppróbrium ex Israel. V/. Nonne iste est David, de quo canébant in choro dicéntes: Saul percússit mille et David decem mília? * Percússit. V/. Glória Patri. * Percússit. R/. Saül a frappé à mort ses mille, et David ses dix mille, car la main du Seigneur était avec lui; * Il a frappé le Philistin et ôté l'opprobre qui pesait sur Israël. V/. N'est-ce pas là David, celui dont on chantait dans les danses: Saül a tué ses mille, et David ses dix mille? * Il a frappé. V/. Gloire au Père. * Il a frappé.
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In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Sermónibus sancti Cæsárii Arelaténsis epíscopi (Sermo 121, 5-7: CCL 103, 41, 507-508) Sermon de saint Césaire d'Arles
Lectio I Lecture I
Stabant fílii Israel contra adversários quadragínta dies. Quadragínta dies, propter quáttuor témpora et quáttuor partes orbis terræ, vitam præséntem signíficant, in qua contra Góliath vel exércitum eius, id est contra diábolum et ángelos eius, christianórum pópulus pugnáre non désinit. Nec tamen víncere posset, nisi verus David Christus cum báculo, id est, cum crucis mystério descendísset. Depuis quarante jours, les fils d'Israël se tenaient rangés face à l'ennemi. Ces quarante jours symbolisent la vie présente. N'y a-t-il pas quatre saisons et quatre points cardinaux? Ainsi est donc signifiée cette vie de combat sans relâche que le peuple chrétien mène contre Goliath et son armée, c'est-à-dire contre le diable et ses anges. Point de victoire possible, si le Christ, le vrai David, n'était descendu vers nous avec le bâton, je veux dire avec le mystère de sa croix.
R/. Ego te tuli de domo patris tui, dicit Dóminus, et posui te páscere gregem pópuli mei; et fui tecum in ómnibus ubicúmque ambulásti, * Firmans regnum tuum in ætérnum. V/. Usque in ætérnum præparábo semen tuum, et ædificábo in generatiónem et generatiónem sedem tuam. * Firmans. R/. C'est moi qui t'ai pris de la maison de ton père, dit le Seigneur, pour faire de toi le pasteur du troupeau de mon peuple. Dans toutes tes démarches, j'ai été avec toi, * J'ai affermi pour les siècles ta royauté. V/. J'établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges. * J'ai affermi.
Lectio II Lecture II
Ante advéntum enim Christi, fratres caríssimi, solútus erat diábolus; véniens Christus fecit de eo, quod in evangélio dictum est: Nemo potest intráre in domum fortis et vasa eius dirípere, nisi prius alligáverit fortem. Venit ergo Christus et alligávit diábolum. Sed dicit áliquis: "Si alligátus est, quare adhuc tantum prævalet?" Verum est, fratres caríssimi, quia multum prævalet; sed tépidis et neglegéntibus et Deum in veritáte non timéntibus dominátur. Car, frères bien-aimés, avant la venue du Christ, le diable était en liberté. Le Christ réalise, dès son avènement, la parole de l'Évangile: Nul ne peut pénétrer dans la maison d'un homme fort et emporter ses affaires, s'il n'a d'abord ligoté cet homme fort. Donc, il vient, le Christ, et il ligote le diable. " Mais, dira quelqu'un, si le diable est ligoté, comment prend-il encore si souvent le dessus? " Oui, c'est vrai, frères très chers, bien souvent il l'emporte, mais sur les tièdes et les négligents, sur ceux qui ne craignent pas Dieu en vérité; sur ceux-là, il exerce domination.
R/. Planxit autem David planctu magno super Saul et Iónathan fílium eius, et dixit: * Quómodo cecidérunt fortes in bello, et interiérunt arma béllica? V/. Montes Gélboe, nec ros nec plúvia super vos descéndat. * Quómodo. R/. Alors David entonna une ample élégie sur Saül et sur son fils Jonathan; il disait: * Comment sont-ils tombés au combat, les héros, et leurs armes de guerre, comment sont-elles anéanties? V/. Ô monts de Gelboé, que ne descendent sur vous ni pluie ni rosée! * Comment.
Lectio III Lecture III
Alligátus est enim tamquam innéxus canis caténis, et néminem potest mordere, nisi eum qui se illi mortífera securitáte coniúnxerit. Iam vidéte, fratres, quam stultus est homo ille, quem canis in caténa pósitus mordet. Tu te ad illum per voluntátes et cupiditátes sæculi noli coniúngere, et ille ad te non præsúmet accédere. Latráre potest, sollicitáre potest; mordére omníno non potest, nisi voléntem. Non enim cogéndo, sed suadéndo nocet; nec extórquet a nobis consénsum, sed petit. Le diable est ligoté en effet, tout comme un chien qui est à la chaîne, et il ne peut mordre personne sinon cet imprudent qui s'en approche avec une fatale assurance. Mais voyez donc, frères, il est fou, cet homme, qui se laisse mordre par un chien enchaîné! Toi, du moins, ne fais pas alliance avec lui par tes volontés perverses et ta cupidité mondaine. Lui, il n'osera même pas alors t'approcher! Aboyer, certes, il le peut; provoquer, il le peut; mais mordre, non il ne peut mordre personne, sinon celui-là seul qui le veut. Il cherche à nuire, non par la contrainte mais par la persuasion, il n'extorque pas notre consentement, il le sollicite.
R/. Montes Gélboe, nec ros nec plúvia véniant super vos, * Ubi cecidérunt fortes Israel. V/. Omnes montes in circúitu eius vísitet Dóminus, a Gélboe tránseat, * Ubi. R/. Ô monts de Gelboé, que ne viennent sur vous ni pluie ni rosée, * Là où sont tombés les héros d'Israël! V/. Que le Seigneur visite les montagnes tout alentour, mais qu'il s'écarte de Gelboé, * Là.
Lectio IV Lecture IV
Venit ergo David, et invénit Iudæórum pópulum contra diábolum prœliántem; et cum nullus esset, qui præsúmeret ad singuláre certámen accédere, ille, qui figúram Christi gerébat, procéssit ad prœlium, tulit báculum in manu sua, et éxiit contra Góliath. Et in illo quidem tunc figurátum est, quod in Dómino Iesu Christo complétum est. Venit enim verus David, Christus, qui contra spiritálem Góliath, id est contra diábolum, pugnatúrus, crucem suam ipse portávit. Vidéte, fratres, ubi David Góliath percússerit: in fronte útique, ubi crucis signáculum non habébat. Sicut enim báculus crucis typum hábuit, ita étiam et lapis ille, de quo percússus est, Christum Dóminum figurávit. Mas voici que vient David. Il trouve le peuple juif engagé dans sa lutte contre le diable et comme personne ne se présente qui ose mener l'offensive en un combat singulier, c'est celui qui est l'image du Christ, qui sort des rangs et s'avance vers le combat. Il prend son bâton à la main et marche contre Goliath. On voit alors figuré en lui ce qui, plus tard, s'accomplit dans le Seigneur Jésus-Christ. Il est venu, en effet, le vrai David, le Christ, pour combattre le Goliath spirituel, c'est-à-dire le diable, il a lui-même porté sa croix. Et voyez, frères, où David a-t-il frappé Goliath? Au front: là où il ne portait pas le signe de la croix. Le bâton était la figure de la croix et de même, cette pierre qui frappa Goliath était une figure du Christ, le Seigneur.
R/. Dóleo super te, frater mi, Iónatha, amábilis valde super amórem mulíerum, fórtior leónibus, velócior áquilis; * Ságitta Iónathæ numquam ábiit retrórsum. V/. Saul et Iónathas, amábiles et decóri in vita sua, in morte quoque non sunt divísi. * Ságitta. V/. Glória Patri. * Ságitta. R/. J'ai de la peine pour toi, Jonathan, mon frère; notre amitié, si profonde, m'était plus chère que l'amour des femmes. Tu étais plus fort que le lion, plus rapide que l'aigle; * La flèche de Jonathan n'a jamais reculé! V/. Saül et Jonathan, beaux, aimables durant leur vie; dans leur mort, non plus, ne furent pas séparés. * La flèche. V/. Gloire au Père. * La flèche.
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In tertio nocturno, anno C Troisième nocturne, année C
Léctio sancti Evangélii secúndum Lucam Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc
In illo témpore: Designávit Dóminus álios septuagínta duos et misit illos binos ante fáciem suam in omnem civitátem et locum, quo erat ipse ventúrus. Et réliqua. Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller. Et la suite.
Ex Homilíis sancti Gregórii Magni papæ in Evangélia (Hom. 17: PL 76, 1140-1141) Homélie de saint Grégoire le Grand sur l'Évangile
Lectio I Lecture I
Nolíte portáre sácculum, neque peram, neque calceaménta, et néminem per viam salutavéritis. Prædicatóri étenim tanta debet in Deo esse fidúcia, ut præséntis vitæ sumptus quamvis non provídeat, tamen sibi hos non déesse certíssime sciat, ne dum mens eius occupátur ad temporália, minus áliis provídeat ætérna. Cui étiam per viam néminem salutáre concéditur, ut sub quanta festinatióne iter prædicatiónis pérgere débeat ostendátur. Quæ si quis verba étiam per allegóriam velit intéllegi, in sácculo pecúnia clausa est; pecúnia vero clausa est sapiéntia occúlta. Qui ígitur sapiéntiæ verbum habet, sed hoc erogáre próximo néglegit, quasi pecúniam in sácculo ligátam tenet. Ne portez ni bourse, ni sac, ni souliers; et ne saluez personne en chemin. Le prédicateur de l'Évangile doit avoir une si parfaite confiance en Dieu, qu'il ne doute nullement que, sans avoir tant de prévoyance pour les choses nécessaires à la vie présente, elles ne lui manqueront jamais: de peur que son esprit étant occupé aux soins temporels, il soit moins en état de procurer aux autres les biens éternels. Et le Seigneur ne lui permet de saluer personne en chemin, afin de nous apprendre avec quel empressement il doit marcher dans la voie de la prédication. Et si l'on veut aussi chercher un sens allégorique à ces paroles, c'est dans la bourse qu'est renfermé l'argent, or l'argent ainsi enfermé, c'est la sagesse que l'on retient cachée; de sorte que celui qui a le don de parler avec facilité de la sagesse et ne la communique pas aux autres, est comme s'il tenait son argent enfermé dans une bourse.
R/. Qui meditábitur in lege Dómini die ac nocte, * Dabit fructum suum in témpore suo. V/. Et erit tamquam lignum quod plantátum est secus decúrsus aquárum. * Dabit. R/. L'homme qui, jour et nuit, murmure la loi du Seigneur * Donne du fruit en son temps. V/. Comme un arbre planté près d'un ruisseau * Donne.
Lectio II Lecture II
Quid vero per peram, nisi ónera sæculi; et quid hoc loco per calceaménta, nisi mortuórum óperum exémpla signántur? Qui ergo offícium prædicatiónis súscipit, dignum non est ut onus sæculárium negotiórum portet, ne dum hoc eius colla déprimit, ad prædicánda cæléstia non assúrgat. Nec debet stultórum óperum exémpla conspícere, ne sua ópera quasi ex mórtuis péllibus credat muníre. On peut entendre par le sac dont il est parlé ensuite, le pesant fardeau des affaires temporelles; et par les souliers, les exemples des mauvaises actions des pécheurs qui sont déjà morts. C'est donc chose indigne, pour celui qui s'est chargé de la fonction de prédicateur, de porter encore le fardeau des affaires de ce monde; puisqu'il est à craindre qu'étant accablé sous ce joug pesant, il ne puisse plus s'élever jusqu'à la prédication des choses du ciel. Il ne doit pas non plus regarder les exemples des folies des autres, comme s'il pensait couvrir ses œuvres sous des peaux de bêtes mortes.
R/. Servíte Dómino in timóre et exsultáte ei cum tremóre. * Apprehéndite disciplínam, nequándo irascátur Dóminus, et pereátis de via iusta. V/. Cum exárserit in brevi ira eius, beáti omnes qui confídunt in eo. * Apprehéndite. R/. Servez le Seigneur avec déférence, rendez-lui votre hommage en tremblant. * Prenez sur vous son joug, de peur qu'il ne s'irrite, et vous seriez perdus, hors du droit chemin. V/. Soudain sa colère éclatera: heureux qui trouve en lui son refuge! * Prenez sur vous.
Lectio III Lecture III
Sunt étenim multi qui pravitátem suam ex aliénis pravitátibus tuéntur. Quia enim álios tália fecísse consíderant, se hæc fácere licénter putant. Hi quid áliud fáciunt, nisi pedes suos ex mortuórum animálium muníre péllibus conántur? Omnis vero qui salútat in via, ex occasióne salútat itíneris, non ex stúdio optándæ eiúsdem salútis. Qui ígitur non amóre ætérnæ pátriæ, sed præmiórum ámbitu salútem audiéntibus prædicat, quasi in itínere salútat, quia ex occasióne, et non ex intentióne, salútem audiéntibus exóptat. C'est ainsi que font plusieurs personnes qui veulent défendre leurs dérèglements par l'exemple de ceux d'autrui: parce qu'ils voient les autres agir d'une telle manière, ils s'imaginent qu'il leur est permis d'en faire autant; ce qui précisément n'est autre chose que de se servir de peaux de bêtes mortes pour couvrir ses pieds. Quant à ceux qui saluent les autres en passant, ils ne le font que par rencontre, et non par un désir sincère de leur salut. De sorte que prêcher le ciel aux peuples qui nous écoutent, en vue d'une récompense temporelle et non par un véritable amour de la patrie éternelle, c'est comme saluer quelqu'un en passant son chemin; parce qu'on ne le fait que par occasion, et non par un désir ardent du salut de ceux qui nous écoutent.
R/. Dómine, ne in ira tua árguas me, neque in furóre tuo corrípias me. * Miserére mihi, Dómine, quóniam infírmus sum. V/. Timor et tremor venérunt super me, et contexérunt me ténebræ, et dixi: * Miserére. R/. Seigneur, corrige-moi sans colère, et reprends-moi sans fureur. * Pitié, Seigneur, je dépéris! V/. Crainte et tremblement me pénètrent, les ténèbres m'environnent. J'appelle: * Pitié.
Lectio IV Lecture IV
Pax quæ ab ore prædicatóris offértur, aut requiéscit in domo, si in ea fílius pacis fúerit, aut ad eúmdem prædicatórem revértitur; quia aut erit quisque prædestinátus ad vitam, et cæléste verbum séquitur quod audit; aut si nullus audíre volúerit, ipse prædicátor sine fructu non erit, quia ad eum pax revértitur, quóniam ei a Dómino pro labóre sui óperis merces recompensátur. La paix qu'offre le prédicateur de la vérité, ou bien demeure dans la maison, s'il y rencontre un enfant de paix, ou bien retourne à celui qui l'a donnée: parce que s'il y a quelqu'un d'appelé à la vie, il suivra la parole de la vérité qu'on lui annonce; et s'il n'y a personne qui veuille écouter, le prédicateur tirera toujours le fruit de sa prédication, en ce que la paix lui reviendra, c'est-à-dire que Dieu le récompensera de son travail.
R/. Deus qui sedes super thronum et iúdicas æquitátem, esto refúgium páuperum in tribulatióne; * Quia tu solus labórem et dolórem consíderas. V/. Tibi enim derelíctus est pauper, pupíllo tu eris adiútor; * Quia. V/. Glória Patri. * Quia. R/. Tu sièges, ô Seigneur, toi qui juges avec justice: montre-toi la forteresse des malheureux dans leur angoisse; * Car tu regardes, toi, la peine et la souffrance! V/. Sur toi repose le faible, c'est toi qui viens en aide à l'orphelin; * Car. V/. Gloire au Père. * Car.