Vigiles (OSB) du mardi 9 juillet 2019 - de la férie

Hebdomada XIV per annum XIVème semaine dans l'année
Feria III Mardi
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In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
De libro primo Samuélis Du premier livre de Samuel
In diébus illis: Motum est rursum bellum, et egréssus David pugnávit advérsum Philísthim percussítque eos plaga magna; et fugérunt a fácie eius. Et factus est spíritus Dómini malus in Saul; sedébat autem in domo sua et tenébat lánceam, porro David psallébat in manu sua. Nisúsque est Saul confígere láncea David in paríete; et declinávit David a fácie Saul, láncea autem, casso vúlnere, perláta est in paríetem. Et David fugit et salvátus est nocte illa. Comme la guerre avait repris, David se mit en campagne et combattit les Philistins; il leur infligea une grande défaite et ils s'enfuirent devant lui. Or un mauvais esprit du Seigneur prit possession de Saül: comme il était assis dans sa maison, sa lance à la main, et que David jouait de la cithare, Saül essaya de clouer David au mur avec sa lance, mais celui-ci esquiva le coup de Saül, qui planta sa lance dans le mur. David prit la fuite et se sauva cette même nuit.
Fugit autem David de Náioth quæ est in Rama, veniénsque locútus est coram Iónathan: "Quid feci? Quæ est iníquitas mea et quod peccátum meum in patrem tuum, quia quærit ánimam meam?" Qui dixit ei: "Absit, non moriéris; neque enim fáciet pater meus quidquam grande vel parvum, nisi prius indicáverit mihi: hoc ergo celávit me pater meus tantúmmodo? Nequáquam erit istud "Et rursum respóndit David et ait: "Scit profécto pater tuus quia invéni grátiam in óculis tuis et dixit: "Nésciat hoc Iónathan, ne forte tristétur." Quinímmo vivit Dóminus et vivit ánima tua, quia uno tantum gradu ego morsque divídimur". S'étant enfui des cellules qui sont à Rama, David vint dire en face à Jonathan: " Qu'ai-je donc fait, quelle a été ma faute, quel a été mon crime envers ton père pour qu'il en veuille à ma vie? " Il lui répondit: " Loin de toi cette pensée! Tu ne mourras pas. Mon père n'entreprend aucune chose, importante ou non, sans m'en faire la confidence. Pourquoi mon père m'aurait-il caché cette affaire? C'est impossible! " David fit ce serment: " Ton père sait très bien que j'ai ta faveur et il s'est dit: " Que Jonathan ne sache rien, de peur qu'il n'en soit peiné ". Mais, aussi vrai que vit le Seigneur et que tu vis toi-même, il n'y a qu'un pas entre moi et la mort. "
Et ait Iónathan ad David: "Veni, egrediámur foras in agrum." Cumque exíssent ambo in agrum, ait Iónathan ad David: "Vivit Dóminus, Deus Israel, investigábo senténtiam patris mei hoc fere témpore cras et peréndie; et si áliquid boni fúerit super David, et non statim míserim ad te et notum tibi fécerim, hæc fáciat Dóminus in Iónathan et hæc áugeat! Si autem perseveráverit patris mei malítia advérsum te, hoc quoque notum fáciam tibi et dimíttam te, ut vadas in pace." Jonathan dit à David: " Viens, sortons dans la campagne ", et ils sortirent tous deux dans la campagne. Jonathan dit à David: " Par le Seigneur, Dieu d'Israël! je sonderai mon père demain à la même heure: s'il en va bien pour David et si je n'envoie pas t'en faire confidence, que le Seigneur fasse à Jonathan ce mal et qu'il ajoute encore cet autre! S'il paraît bon à mon père d'amener le malheur sur toi, je t'en ferai confidence et je te laisserai aller; tu partiras sain et sauf. "
Ait Iónathan ad David: "Sit Dóminus tecum, sicut fuit cum patre meo. Et, si víxero, fácies mihi misericórdiam Dómini; si vero mórtuus fúero, non áuferas misericórdiam tuam a domo mea usque in sempitérnum, quando eradicáverit Dóminus inimícos David unumquémque de terra." Pépigit ergo fœdus Iónathan cum domo David dicens: "Requírat Dóminus de manu inimicórum David!" Et áddidit Iónathan ut fáceret David iuráre per dilectiónem suam erga illum; sicut ánimam enim suam, ita diligébat eum. Jonathan dit à David: " Que le Seigneur soit avec toi comme il fut avec mon père! Si je suis encore vivant, puisses-tu me témoigner une bonté du Seigneur; si je meurs, ne retire jamais ta bonté à ma maison. Quand le Seigneur supprimera de la face de la terre les ennemis de David, que le nom de Jonathan ne sois pas supprimé avec la maison de Saül, sinon le Seigneur en demandera compte à David. " Jonathan prêta de nouveau serment à David, parce qu'il l'aimait de toute son âme.
R/. Dóleo super te, frater mi, Iónatha, amábilis valde super amórem mulíerum, fórtior leónibus, velócior áquilis; * Ságitta Iónathæ numquam ábiit retrórsum. V/. Saul et Iónathas, amábiles et decóri in vita sua, in morte quoque non sunt divísi. * Ságitta. V/. Glória Patri. * Ságitta. R/. J'ai de la peine pour toi, Jonathan, mon frère; notre amitié, si profonde, m'était plus chère que l'amour des femmes. Tu étais plus fort que le lion, plus rapide que l'aigle; * La flèche de Jonathan n'a jamais reculé! V/. Saül et Jonathan, beaux, aimables durant leur vie; dans leur mort, non plus, ne furent pas séparés. * La flèche. V/. Gloire au Père. * La flèche.
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In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Ex Spéculo caritátis beáti Ælrédi abbátis (Lib. 3, 29: PL 195, 602-603) Le miroir de la charité du bienheureux Ælred de Rievaulx
Optimus adoléscens Iónathas, non in patris iniúriam consílium, quo David neci destináverat, eidem sacro fœdere copulátus pródidit; sed rationálem afféctum naturáli legítimo iure præpósuit. Nec mirum, si amíci grátia in eius sacratíssimo péctore patris obliteráverit afféctum; ob quam própriam, ut putabátur, iniúriam immutábili virtúte contémpsit. Dénique David fugiénti a fácie Saul eum in secretióribus locis vir invíctæ charitátis occúrreret, patris ei consília proditúrus, inter ampléxus et óscula cum se mútuis lácrymis perfudíssent, ac pio fletu pium protestaréntur afféctum, renováto rursus fœdere íntulit Iónathas. Tu quidem eris rex, ego autem ero secúndus post te. Ce n'était pas pour faire du tort à son père que le jeune et excellent Jonathan révéla à David - auquel il était lié par un pacte sacré - le dessein qu'avait son père de le faire mourir, mais il fit passer à bon droit l'attrait raisonnable avant l'attrait naturel. Si la bienveillance pour un ami a éclipsé dans son cœur très saint l'affection pour son père, il n'est pas étonnant non plus qu'il ait, avec un courage indéfectible, méprisé le tort que cela allait, pensait-il, lui causer à lui-même. Quand, par la suite, cet homme d'une charité invincible courut au devant de David qui fuyait Saül et lui révéla en un lieu secret les desseins de celui-ci, quand, parmi les embrassades et les baisers, ils pleurèrent ensemble et par de pieuses larmes, se rendirent le témoignage d'une affection dévouée, après avoir renouvelé leur pacte, Jonathan lança ces mots: C'est toi qui seras roi, et moi je serai le second après toi.
O virum summis láudibus efferéndum! Virum expértem invídiæ, cupiditátis vácuum, qui amícum regno prætulit; qui quod videbátur suum esse, vóluit aliénum. Ego, inquit, ero secúndus post te. O summæ humilitátis pectus! Vir régii séminis, cui ex successióne sperabátur hæréditas; cui spem áuxerant cúlminis potiúndi genus, virtus, mílitum grátia, pópuli favor, ipsíus étiam mirábilis fama triúmphi, quo uno tantum fulcítus cómite armátos cúneos ágminis hostílis invásit, ac suæ genti insperátam victóriam reportávit, infra servum semet deíciens: Ego, inquit, ero secúndus post te. Hic, inquam, in cuius láudibus adhuc cánitur: Sagítta Iónathæ nunquam ábiit retrórsum, et gládius eius non est revérsus inánis; quasi se ipsum nésciens ut sciret amícum: Tu, inquit, eris rex, et ego ero secúndus post te. Quel homme digne des plus grands éloges! Voilà un homme qui ignore la jalousie, qui est libre de toute convoitise: il fit passer un ami avant un royaume, et il voulut qu'aille à un autre ce qui était considéré comme lui appartenant. Et moi, dit-il, je serai le second après toi. Ô cœur d'une profonde humilité! Un homme de sang royal qui, par droit de succession, pouvait espérer l'héritage, dont l'espoir d'accéder au faîte du pouvoir était renforcé par sa noble naissance, son courage, l'estime de l'armée, la faveur du peuple, et même la renommée de l'exploit qu'il accomplit en attaquant, avec un seul écuyer, les troupes ennemies rangées pour le combat, et en remportant pour sa nation une victoire inespérée, un tel homme, s'abaissant lui-même plus bas qu'un serviteur, lui dit: Moi, je serai le second après toi. Lui, dis-je, dont on fait encore l'éloge en chantant: La flèche de Jonathan n'est jamais retournée en arrière, et son épée n'est jamais revenue en vain, comme s'il s'ignorait lui-même pour ne connaître que son ami, il lui dit: C'est toi qui sera roi, et moi je serai le second après toi.
Quis, rogo, hæc étiam de uteríno suo fratre sine immáni saltem cogitáret invídia? Quis amíci causa totam spem in desperatiónem dedúceret? Fílii patriárchæ Iacob, patérnæ grátiæ, qua unus cæteris dúlcius fovebátur, immoderátius invidéntes, servitútem fratri, patri summam invexére tristítiam. Primus ille pontíficum cum soróre prophetíssa prævéntus, ni fallor, invídia, fratri mansuetíssimo détrahens, vix ipso oránte Móyse divínam ultiónem evásit. Sapientíssimus Sálomon fratrem mulum regni, accépta quálibet occasióne, delévit; Iónathas solus infra amícum, patrem, pátriam regnúmque despíciens: Tu, inquit, eris rex, et ego ero secúndus post te. Qui, je le demande, pourrait avoir de telles pensées, même à l'égard de son frère par le sang, et ne pas en éprouver, pour le moins, une profonde jalousie? Qui renoncerait à un si grand espoir à cause d'un ami? Les fils du patriarche Jacob, démesurément jaloux de la bienveillance que leur père témoignait plus tendrement à l'un d'entre eux, condamnèrent leur frère à l'esclavage et leur père à une immense tristesse. Le premier des grands prêtres, poussé - si je ne m'abuse - par sa sœur prophétesse à dénigrer par jalousie son très doux frère, n'échappa de justesse à la colère divine que grâce à la prière de Moïse lui-même. Le très sage Salomon profita d'une occasion pour supprimer son frère qui était son rival quant à la royauté. Seul Jonathan eut moins d'estime pour un père, une patrie, un royaume, que pour un ami: C'est toi, dit-il, qui sera roi, et moi je serai le second après toi.
R/. Montes Gélboe, nec ros nec plúvia véniant super vos, * Ubi cecidérunt fortes Israel. V/. Omnes montes in circúitu eius vísitet Dóminus, a Gélboe tránseat, * Ubi. V/. Glória Patri. * Ubi. R/. Ô monts de Gelboé, que ne viennent sur vous ni pluie ni rosée, * Là où sont tombés les héros d'Israël! V/. Que le Seigneur visite les montagnes tout alentour, mais qu'il s'écarte de Gelboé, * Là. V/. Gloire au Père. * Là.