Vigiles (OSB) du lundi 15 juillet 2019 - St Bonaventure, évêque et docteur de l'Église

In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
De libro secúndo Samuélis Du second livre de Samuel
Consúluit David Dóminum dicens: "Num ascéndam in unam de civitátibus Iudæ?" Et ait Dóminus ad eum: "Ascénde." Dixítque David: "Quo ascéndam?" Et respóndit ei: "In Hebron." Ascéndit ergo David et duæ uxóres eius, Achínoam Iezrahelítes et Abígail uxor Nabal de Carmel; sed et viros, qui erant cum eo, duxit David síngulos cum domo sua, et mansérunt in óppidis Hebron. Venerúntque viri Iudæ et unxérunt ibi David, ut regnáret super domum Iudæ. David consulta le Seigneur en ces termes: " Monterai-je dans l'une des villes de Juda? ", et le Seigneur lui répondit: " Monte! " David demanda: " Où monterai-je?" , et la réponse fut: " À Hébron. " David y monta et aussi ses deux femmes, Ahinoam de Yizréel et Abigayil, la femme de Nabal de Karmel. Quant aux hommes qui étaient avec lui, David les fit monter chacun avec sa famille et ils s'établirent dans les villes d'Hébron. Les hommes de Juda vinrent et là, ils oignirent David comme roi sur la maison de Juda.
Nuntiátum est David quod viri Iabes Gálaad sepelíssent Saul. Misit ergo David núntios ad viros Iabes Gálaad dixítque ad eos: "Benedícti vos Dómino, qui fecístis misericórdiam hanc cum dómino vestro Saul et sepelístis eum. Et nunc fáciat quidem vobis Dóminus misericórdiam et veritátem; sed et ego reddam vobis simíliter bonum, eo quod fecéritis istud. Nunc autem conforténtur manus vestræ et estóte fortes; licet enim mórtuus sit dóminus vester Saul, tamen me unxit domus Iudæ in regem sibi." On apprit à David que les habitants de Yabesh de Galaad avaient donné la sépulture à Saül. Alors David envoya des messagers aux gens de Yabesh et leur fit dire: " Soyez bénis du Seigneur pour avoir accompli cette œuvre de miséricorde envers Saül votre seigneur et pour l'avoir enseveli. Que le Seigneur vous témoigne miséricorde et bonté, moi aussi je vous ferai du bien parce que vous avez agi ainsi. Et maintenant prenez courage et soyez braves, car Saül votre seigneur est mort. Quant à moi, la maison de Juda m'a oint pour être son roi. "
Abner autem fílius Ner princeps exércitus Saul tulit Isbaal fílium Saul et duxit eum in Mahánaim regémque constítuit super Gálaad et super Aser et super Iézrahel et super Ephraim et super Béniamin et super Israel univérsum. Quadragínta annórum erat Isbaal fílius Saul, cum regnáre cœpísset super Israel, et duóbus annis regnávit; sola autem domus Iudæ sequebátur David. Et fuit númerus diérum, quos commorátus est David ímperans in Hebron super domum Iudæ, septem annórum et sex ménsium. Facta est ergo longa concertátio inter domum Saul et inter domum David: David semper invaléscens, domus autem Saul decréscens cotídie. Abner, fils de Ner, le chef d'armée de Saül, avait emmené Ishbaal, fils de Saül, et l'avait fait passer à Mahanayim. Il l'avait établi roi sur Galaad, sur les Ashérites, sur Yizréel, Éphraïm, Benjamin, et sur tout Israël. Ishbaal, fils de Saül, avait quarante ans lorsqu'il devint roi d'Israël et il régna deux ans. Seule la maison de Juda se rallia à David. Le temps que David régna à Hébron sur la maison de Juda fut de sept ans et six mois. La guerre se prolongea entre la maison de Saül et celle de David, mais David allait se fortifiant, tandis que s'affaiblissait la maison de Saül.
R/. Deus ómnium exaudítor est; ipse misit ángelum suum et tulit me de óvibus patris mei, * Et unxit me unctióne misericórdiæ suæ. V/. Dóminus qui erípuit me de ore leónis, et de manu béstiæ liberávit me. * Et unxit. V/. Glória Patri. * Et unxit. R/. Dieu entend les prières de tous les hommes; il a envoyé son ange pour m'arracher à la garde du troupeau de mon père; * Il m'a conféré l'onction, l'onction de sa tendresse. V/. Le Seigneur qui m'a tiré des crocs du lion m'a aussi délivré des griffes d'une bête féroce! * Il m'a conféré. V/. Gloire au Père. * Il m'a conféré.
In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
Lectio Lecture
De libro Iob Du livre de Job
Factum est, cum quadam die veníssent fílii Dei, ut starent coram Dómino, venit quoque Satan inter eos, ut staret in conspéctu eius. Dixit Dóminus ad Satan: "Unde venis?" Qui respóndens ait: "Circuívi terram et perambulávi eam." Et dixit Dóminus ad Satan: "Numquid considerásti servum meum Iob, quod non sit ei símilis in terra, vir simplex et rectus ac timens Deum et recédens a malo et adhuc rétinens innocéntiam? Tu autem commovísti me advérsus eum, ut afflígerem eum frustra." Cui respóndens Satan ait: "Pellem pro pelle et cuncta, quæ habet, homo dabit pro ánima sua. Alióquin mitte manum tuam et tange os eius et carnem; et tunc vidébis si in fáciem benedícet tibi." Dixit ergo Dóminus ad Satan: "Ecce, in manu tua est; verúmtamen ánimam illíus serva." Un autre jour où les Fils de Dieu venaient se présenter devant le Seigneur, le Satan aussi s'avançait parmi eux. Le Seigneur dit alors au Satan: " D'où viens-tu? " - " De rôder sur la terre, répondit-il, et d'y flâner. " Et le Seigneur reprit: " As-tu remarqué mon serviteur Job? Il n'a point son pareil sur la terre: un homme intègre et droit, qui craint Dieu et se garde du mal! Il persévère dans son intégrité et c'est en vain que tu m'as excité contre lui pour le perdre. " Et le Satan de répliquer: " Peau après peau! Tout ce que l'homme possède, il l'abandonne pour sauver sa vie! Mais étends la main, touche à ses os et à sa chair; je te jure qu'il te maudira en face!" - " Soit! dit le Seigneur au Satan, dispose de lui, mais respecte pourtant sa vie. "
Egréssus Satan a fácie Dómini, percússit Iob úlcere péssimo a planta pedis usque ad vérticem eius. Qui testa sániem radébat, sedens in sterquilínio. Dixit autem illi uxor sua: "Adhuc tu pérmanes in simplicitáte tua? Bénedic Deo et mórere." Qui ait ad illam: "Quasi una de stultis muliéribus locúta es! Si bona suscépimus de manu Dei, mala quare non suscipiámus?" In ómnibus his non peccávit Iob lábiis suis. Le Satan sortit de l'audience du Seigneur. Il affligea Job d'un ulcère malin, depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête. Job prit un tesson pour se gratter et il s'installa parmi les cendres. Alors sa femme lui dit: " Pourquoi persévérer dans ton intégrité? Maudis donc Dieu et meurs! " Job lui répondit: " Tu parles comme une folle. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur! " En toute cette infortune, Job ne pécha point en paroles.
Igitur, audiéntes tres amíci Iob omne malum quod accidísset ei, venérunt sínguli de loco suo, Elíphaz Themanítes et Baldad Suhítes et Sophar Naamathítes. Condíxerant enim, ut páriter veniéntes visitárent eum et consolaréntur. Cumque elevássent procul óculos suos, non cognovérunt eum et exclamántes ploravérunt; scissísque véstibus, sparsérunt púlverem super caput suum in cælum. Et sedérunt cum eo in terra septem diébus et septem nóctibus, et nemo loquebátur ei verbum; vidébant enim dolórem esse veheméntem. La nouvelle de tous les maux qui avaient frappé Job parvint à ses trois amis. Ils partirent chacun de son pays, Éliphaz de Témân, Bildad de Shuah, Çophar de Naamat. Ensemble, ils décidèrent d'aller le plaindre et le consoler. De loin, fixant les yeux sur lui, ils ne le reconnurent pas. Alors ils éclatèrent en sanglots. Chacun déchira son vêtement et jeta de la poussière sur sa tête. Puis, s'asseyant à terre près de lui, ils restèrent ainsi durant sept jours et sept nuits. Aucun ne lui adressa la parole, au spectacle d'une si grande douleur.
R/. Si bona suscépimus de manu Dómini, mala autem quare non sustineámus? * Dóminus dedit, Dóminus ábstulit; sicut Dómino plácuit, ita factum est; sit nomen Dómini benedíctum. V/. In ómnibus his non peccávit Iob lábiis suis, neque stultum quid contra Deum locútus est. * Dóminus dedit. V/. Glória Patri. * Dóminus dedit. R/. Nous acceptons le bonheur de la main de Dieu; et le malheur, ne devons-nous pas le supporter aussi? * Le Seigneur a donné, le Seigneur a pris; ce qui est arrivé correspond au bon plaisir du Seigneur; béni soit le nom du Seigneur! V/. En tout cela, Job ne pécha point en paroles, et ne prononça rien d'insensé contre Dieu. * Le Seigneur a donné. V/. Gloire au Père. * Le Seigneur a donné.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex Opúsculo sancti Bonaventúræ De itinerário mentis ad Deum (Cap. 4: Opera omnia Lugduni 1668 t. XII, p. 131) Opuscule Itinéraire de l'âme à Dieu de saint Bonaventure
Mirum vidétur, cum Deus sit ita propínquus méntibus nostris, quod tam paucórum est in se ipsis primum princípium speculári. Sed rátio est in promptu, quia mens humána, sollicitudínibus distrácta, non intrat ad se per memóriam; phantasmátibus obnubiláta, non redit ad se per intellegéntiam; concupiscéntiis illécta, ad se ipsam nequáquam revértitur per desidérium suavitátis intérnæ et lætítiæ spiritális. Ideo totáliter in his sensibílibus iacens, non potest ad se tamquam ad Dei imáginem reintráre. Il semble étonnant, alors que Dieu est si proche de nos âmes qu'il y ait si peu de personnes à contempler en elles-mêmes le Premier Principe. La raison en est facile à trouver: c'est que l'âme humaine, distraite par les sollicitudes de la vie, ne rentre pas en elle-même par sa mémoire; obnubilée par des fictions, ne revient pas en elle-même par son intelligence; séduite par les plaisirs faciles, ne se recueille d'aucune manière en elle-même par l'attrait de la douceur intérieure et de la joie spirituelle. Ainsi, totalement accaparée par les réalités sensibles, elle devient impuissante à revenir vers cette image de Dieu qu'elle est elle-même.
Et quóniam, ubi quis cecíderit, necésse habet íbidem recúmbere, nisi appónat quis et adíciat ut resúrgat; non pótuit ánima nostra perfécte ab his sensibílibus relevári ad contúitum sui et ætérnæ Veritátis in se ipsa, nisi Véritas, assúmpta forma humána in Christo, fíeret sibi scala réparans priórem scalam, quæ fracta fúerat in Adam. Et parce qu'il est inévitable, pour celui qui est tombé, de demeurer à terre là où il est tombé, si quelqu'un ne l'assiste en lui offrant son aide pour le relever, notre âme, tombée au milieu des choses sensibles, n'a pu se relever parfaitement, pour contempler ce qu'elle est et admirer l'éternelle Vérité demeurant en elle, qu'au jour où cette Vérité, ayant revêtu dans le Christ notre nature humaine, est devenue par elle-même une échelle, rénovant cette échelle ancienne qui avait été brisée en Adam.
Ideo, quantumcúmque sit illuminátus quis lúmine natúræ et sciéntiæ acquisítæ, non potest intráre in se, ut in se ipso delectétur in Dómino, nisi mediánte Christo, qui dicit: Ego sum óstium. Per me si quis introíerit, salvábitur et ingrediétur et egrediétur et páscua invéniet. Ad hoc autem óstium non appropinquámus, nisi in ipsum credámus, sperémus et amémus. Necésse est ígitur, si reintráre vólumus ad fruitiónem Veritátis tamquam ad paradísum, quod ingrediámur per fidem, spem et caritátem mediatóris Dei et hóminum Iesu Christi, qui est tamquam lignum vitæ in médio paradísi. Voilà pourquoi personne, si éclairé qu'il soit des lumières de la nature et de la science acquise, ne peut rentrer en soi-même pour s'y réjouir dans le Seigneur, sans la médiation du Christ, lui qui a dit: Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. Mais nous ne pouvons nous approcher de cette porte, qui est le Christ, à moins de croire en lui, de l'espérer et de l'aimer. Et donc, si nous voulons revenir à la fruition de la Vérité, pour ainsi dire au jardin du paradis, il nous faut y entrer par la foi, l'espérance et la charité du médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, qui est comme l'arbre de vie planté au milieu du paradis.
R/. Pósui adiutórium super poténtem, et exaltávi eléctum de plebe mea; * Manus enim mea auxiliábitur ei. V/. Invéni David servum meum, óleo sancto meo unxi eum. * Manus enim. V/. Glória Patri. * Manus enim. R/. J'ai donné mon appui à un homme fort, j'ai promu en dignité un homme d'élite, issu de mon peuple; * Et ma main le soutiendra. V/. J'ai trouvé David, mon serviteur, je l'ai sacré avec mon huile sainte. * Et ma main. V/. Gloire au Père. * Et ma main.