Vigiles (OSB) du mercredi 17 juillet 2019 -

Hebdomada XV per annum XVème semaine dans l'année
Feria IV Mercredi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
De libro secúndo Samuélis Du second livre de Samuel
Nuntiátum est regi David: "Benedíxit Dóminus Obédedom et ómnia eius propter arcam Dei." Abiit ergo David et addúxit arcam Dei de domo Obédedom in civitátem David cum gáudio. Cumque progréssi essent qui portábant arcam Dómini, sex passus, immolávit bovem et vítulum saginátum, et David saltábat totis víribus ante Dóminum. Porro David erat accínctus ephod líneo. Et David et omnis domus Israel ducébant arcam Dómini in iúbilo et in clangóre búcinæ. Cumque intrásset arca Dómini in civitátem David, Michol fília Saul prospíciens per fenéstram vidit regem David subsiliéntem atque saltántem coram Dómino et despéxit eum in corde suo. On rapporta au roi David que le Seigneur avait béni la famille d'Obed-Édom et tout ce qui lui appartenait à cause de l'arche de Dieu. Alors David partit et fit monter l'arche de Dieu de la maison d'Obed-Édom à la Cité de David en grande liesse. Quand les porteurs de l'arche du Seigneur eurent fait six pas, il sacrifia un bœuf et un veau gras. David dansait en tournoyant de toutes ses forces devant le Seigneur, il avait ceint un pagne de lin. David et toute la maison d'Israël faisaient monter l'arche du Seigneur en poussant des acclamations et en sonnant du cor. Or, comme l'arche du Seigneur entrait dans la Cité de David, la fille de Saül, Mikal, regardait par la fenêtre, et elle vit le roi David qui sautait et tournoyait devant le Seigneur, et, dans son cœur, elle le méprisa.
Introduxérunt arcam Dómini et posuérunt eam in loco suo in médio tabernáculi quod teténderat ei David; et óbtulit David coram Dómino holocáusta et pacífica. Cumque complésset ófferens holocáustum et pacífica, benedíxit pópulo in nómine Dómini exercítuum. Et partítus est multitúdini univérsæ Israel tam viro quam mulíeri síngulis collýridam panis unam et láganum palmárum unum et pálatham unam. Et ábiit omnis pópulus unusquísque in domum suam. On introduisit l'arche du Seigneur et on la déposa à sa place, sous la tente que David avait fait dresser pour elle, et David offrit des holocaustes en présence du Seigneur, ainsi que des sacrifices de communion. Lorsque David eut achevé d'offrir des holocaustes et des sacrifices de communion, il bénit le peuple au nom du Seigneur de l'univers. Puis il fit une distribution à tout le peuple, à la foule entière des Israélites, hommes et femmes, pour chacun une couronne de pain, une masse de dattes et un gâteau de raisins secs, puis tout le monde s'en alla chacun chez soi.
Reversúsque est et David, ut benedíceret dómui suæ, et egréssa Michol fília Saul in occúrsum David ait: "Quam gloriósus fuit hódie rex Israel discoopériens se ante ancíllas servórum suórum, quasi si nudétur unus de scurris!" Dixítque David ad Michol: "Ante Dóminum salto. Benedíctus Dóminus, qui elégit me pótius quam patrem tuum et quam omnem domus eius, ut constitúeret me ducem super pópulum Dómini, super Israel! Ludam in conspéctu Dómini et vílior fiam plus quam factus sum et ero deiéctus in óculis meis, sed apud ancíllas, de quibus locúta es, gloriósior apparébo." Igitur Michol fíliæ Saul non est natus fílius usque ad diem mortis suæ. Comme David s'en retournait pour bénir sa maisonnée, Mikal, fille de Saül, sortit à sa rencontre et dit: " Comme il s'est fait honneur aujourd'hui, le roi d'Israël, qui s'est découvert aujourd'hui au regard des servantes de ses serviteurs comme se découvrirait un homme de rien! " Mais David répondit à Mikal: " C'est devant le Seigneur que je danse! Par la vie du Seigneur, qui m'a préféré à ton père et à toute sa maison pour m'instituer chef d'Israël, le peuple du Seigneur, je danserai devant le Seigneur et je m'abaisserai encore davantage. Je serai vil à tes yeux, mais auprès des servantes dont tu parles, auprès d'elles je serai en honneur. " Et Mikal, fille de Saül, n'eut pas d'enfant jusqu'au jour de sa mort.
R/. Audívimus eam in Ephrata, invénimus eam in campis silvæ; introíbimus in tabernáculum eius, * Adorábimus in loco ubi stetérunt pedes eius. V/. Glória Patri. * Adorábimus. R/. Voici qu'on nous l'annonce à Éphrata, nous l'avons trouvée dans les clairières des bois; entrons dans la demeure de Dieu, * Prosternons-nous aux pieds de son trône. V/. Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos, toi, et l'arche de ta majesté! * Prosternons-nous. V/. Gloire au Père. * Prosternons-nous.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex Sermónibus sancti Augustíni epíscopi (Sermo 47: CCL 41, 582-584) Sermon de saint Augustin
Glória nostra hæc est: testimónium consciéntiæ nostræ. Sunt hómines temerárii iúdices, detractóres, susurrónes, murmuratóres, quæréntes suspicári quod non vident, quæréntes étiam iactáre quod nec suspicántur: contra tales quid rémanet, nisi testimónium consciéntiæ nostræ? Neque enim, fratres, étiam in illis quibus placére vólumus, glóriam nostram quærimus, aut glóriam nostram quærere debémus, sed illórum salútem, ut si bene ambulámus, nos sequéndo non errent. Imitatóres nostri sint, si nos Christi; si autem nos non Christi, imitatóres sint Christi. Ipse enim pascit gregem suum et, cum ómnibus bene pascéntibus ipse solus est, quia omnes in illo sunt. Notre gloire, c'est le témoignage de notre conscience. Il y a des hommes qui jugent témérairement, qui critiquent, qui grognent, qui récriminent, qui s'évertuent à jeter le soupçon sur ce qu'ils ne voient pas, et aussi à ébranler ce qui n'inspire aucun soupçon: contre ces gens-là, que nous reste-t-il, sinon le témoignage de notre conscience? Mes frères, même quand nous voulons plaire, nous ne cherchons pas notre gloire et nous ne devons pas la chercher; nous devons chercher le salut de ceux qui ne s'égareront pas en nous suivant, si nous marchons droit. Ils doivent nous imiter, si nous imitons le Christ; et si nous n'imitons pas le Christ, ils doivent pourtant l'imiter, lui. Car c'est lui qui conduit son troupeau, et il est le seul avec tous ceux qui le conduisent bien, parce que tous sont en lui.
Non ergo utilitátem nostram quærimus, quando placére homínibus vólumus, sed gaudére homínibus vólumus, sed gaudémus eis placére quod bonum est, propter ipsórum utilitátem, non propter nostram dignitátem. Contra quos díxerit Apóstolus: Si homínibus placére vellem, Christi servus non essem, maniféstum est. Et propter quos díxerit: Placéte ómnibus per ómnia, sicut et ego ómnibus pláceo per ómnia, maniféstum est. Utrúmque dilúcidum, utrúmque tranquíllum, utrúmque purum, utrúmque non perturbátum. Tu tantum pasce et bibe, noli conculcáre et turbáre. Ce n'est pas notre avantage que nous cherchons, quand nous voulons plaire aux hommes; ce que nous voulons, c'est trouver notre joie dans les hommes, c'est-à-dire que nous nous réjouissons de les voir aimer ce qui est bien, et cela pour leur avantage, non pour notre prestige. C'est contre ceux qui le recherchent que l'Apôtre a dit: Si je cherchais à plaire aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ. Et c'est évidemment pour eux qu'il a dit: Cherchez à plaire à tous en toutes choses, comme moi-même je plais à tous en toutes choses. Ces paroles sont toutes deux parfaitement claires, toutes deux tranquilles, toutes deux pures, toutes deux sans trouble. Quant à toi, contente-toi de brouter et de boire: ne piétine pas le pâturage, ne trouble pas la source.
Curémus ergo, fratres, non tantum bene vívere, sed étiam coram homínibus bene conversári, nec tantum curáre habére bonam consciéntiam, sed quantum potest nostra infírmitas, quantum vigilántia fragilitátis humánæ, curémus nihil étiam fácere quod véniat in malam suspiciónem infírmo fratri, ne forte puras herbas mandéndo et puras aquas bibéndo, conculcémus páscua Dei, et oves infírmæ conculcátum mandúcent et turbátum bibant. Veillons donc, mes frères, non seulement à bien vivre, mais aussi à bien nous comporter devant les hommes; veillons non seulement à avoir bonne conscience, mais, autant que c'est possible à notre faiblesse, autant que nous pouvons surveiller notre fragilité, veillons encore à ne rien faire qui inspire un mauvais soupçon à notre frère le plus faible. En broutant une herbe pure et en buvant une eau pure, ne risquons pas de piétiner le pâturage de Dieu, si bien que les brebis les plus faibles auraient à brouter un pâturage piétiné et à boire une eau troublée.
R/. Decantábat pópulus in Israel, allelúia, et univérsa multitúdo Iacob canébat legítime; * Et David cum cantóribus cítharam percutiébat in domo Dómini et laudes Deo canébat, allelúia, allelúia. V/. Sanctificáti sunt ergo sacerdótes et levítæ, et univérsus Israel deducébat arcam fœderis Dómini in iúbilo. * Et David. V/. Glória Patri. * Et David. R/. En Israël, tout le peuple exécutait des cantiques, alléluia, et toute la foule des enfants de Jacob chantait selon le rituel; * David, avec les chantres, faisait résonner la cithare dans la demeure de Dieu en chantant les louanges du Très-Haut, alléluia, alléluia! V/. Or, les prêtres et les lévites s'étaient sanctifiés, et tout Israël en liesse accompagnait l'arche d'alliance du Seigneur. * David. V/. Gloire au Père. * David.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Lectio Lecture
Ex Confessiónum libris sancti Augustíni epíscopi (Lib. 10, 1-2.7: CCL 27, 155-158) Confessions de saint Augustin
Cognóscam te, cógnitor meus, cognóscam sicut et cógnitus sum. Virtus ánimæ meæ, intra in eam et coápta tibi, ut hábeas et possídeas sine mácula et ruga. Hæc est mea spes, ídeo loquor; et in ea spe gáudeo, quando sanum gáudeo. Cétera vero vitæ huius tanto minus flenda, quanto magis fletur in eis. Ecce enim veritátem dilexísti, quóniam qui facit eam, venit ad lucem. Volo eam fácere in corde meo coram te in confessióne, in stilo autem meo coram multis téstibus. Et tibi quidem, Dómine, cuius óculis nuda est abýssus humánæ consciéntiæ, quid occúltum esset in me, etiámsi nollem confitéri tibi? Te enim mihi abscónderem, non me tibi. Puissé-je te connaître, toi qui me connais, te connaître comme je suis connu! Vertu de mon âme, entre en elle et aménage-la pour toi, afin de la tenir et de la posséder sans tache ni ride! C'est là mon espérance; voilà pourquoi je parle, et dans cette espérance je mets ma joie quand je me réjouis d'une saine joie. Mais tous les autres biens de cette vie, plus on pleure sur eux, moins on doit les pleurer. Voici, en effet, que tu as aimé la vérité, puisque celui qui fait la vérité vient à la lumière. Je veux faire la vérité dans mon cœur, devant toi, par la confession, mais aussi dans mon livre, devant de nombreux témoins. Pour toi sans doute, Seigneur, aux yeux de qui est à nu l'abîme de la conscience humaine, qu'y aurait-il en moi qui te serait caché, même si je refusais de te le confesser? Car c'est toi qu'à moi-même je cacherais, non pas moi-même à toi.
Nunc autem quod gémitus meus testis est displicére me mihi, tu refúlges et places, et amáris et desideráris; ut erubéscam de me, et abíciam me atque éligam te, et nec tibi nec mihi pláceam nisi de te. Tibi ergo, Dómine, maniféstus sum, quicúmque sim; et quo fructu tibi confítear, dixi. Neque id ago verbis carnis et vócibus, sed verbis ánimæ et clamóre cogitatiónis, quem novit auris tua. Cum enim malus sum, nihil est áliud confitéri tibi quam displicére mihi; cum vero pius, nihil est aliud confitéri tibi quam hoc non tribúere mihi: Quóniam tu, Dómine, benedícis iustum, sed prius eum iustíficas ímpium. Mais à présent mon gémissement est témoin que je me déplais à moi-même; alors toi, tu resplendis et tu plais, tu es aimé et désiré, si bien que je rougis de moi et me rejette et te choisis et que, ni à toi ni à moi, je ne plais sinon par toi. Pour toi donc, Seigneur, je suis clair, quel que je sois, et le fruit de la confession que je te fais, je l'ai dit. Je ne la fais pas avec les mots de la chair et ses cris, mais avec les mots de l'âme et la clameur de la pensée, que connaît ton oreille. Lorsqu'en effet je suis mauvais, ce n'est rien d'autre de le confesser à toi que me déplaire à moi-même; et lorsque je suis bon, ce n'est rien d'autre de le confesser à toi que ne pas l'attribuer à moi-même, puisque c'est toi, Seigneur, qui bénis le juste, mais qui d'abord d'impie le rends juste.
Conféssio ítaque mea, Deus meus, in conspéctu tuo tibi tácite fit, et non tácite. Tacet enim strépitu, clamat afféctu. Tu, Dómine, diiúdicas me, quia etsi nemo scit hóminum quæ sunt hóminis, nisi spíritus hóminis qui in ipso est, tamen est áliquid hóminis quod nec ipse scit spíritus hóminis qui in ipso est; tu autem, Dómine, scis eius ómnia, qui fecísti eum. Ego vero, quamvis præ tuo conspéctu me despíciam et stimem me terram et cínerem, tamen áliquid de te scio, quod de me néscio. C'est pourquoi ma confession, mon Dieu, en ta présence se fait à toi dans le silence et pas dans le silence: car elle est silence de bruit, elle crie de sentiment. En vérité, c'est toi, Seigneur, qui me juges: même si, en effet, nul ne sait parmi les hommes les choses qui sont de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui, il est pourtant quelque chose de l'homme que ne sait pas lui-même l'esprit de l'homme qui est en lui; mais toi, Seigneur, tu sais tout de lui, toi qui l'as fait. Et moi, bien qu'en ta présence je me méprise et m'estime terre et cendre, je sais pourtant quelque chose sur toi que je ne sais pas sur moi.
R/. Quare detraxístis sermónibus veritátis? Ad increpándum verba compónitis, et subvértere nitímini amícum vestrum; * Verúmtamen quæ cogitástis, expléte. V/. Milítia est vita hóminis super terram, et sicut dies mercenárii dies eius. * Verúmtamen. V/. Glória Patri. * Verúmtamen. R/. Pourquoi rabaisser des paroles de vérité? C'est seulement pour blâmer que vous faites des phrases, vous voulez donc abattre votre ami? * Eh bien! Ce dont vous avez formé le dessein, achevez-le! V/. La vie de l'homme, sur la terre, n'est qu'une corvée; et ses jours, des journées de mercenaire! * Eh bien. V/. Gloire au Père. * Eh bien.