Vigiles (OSB) du lundi 12 août 2019 - de la férie

Hebdomada XIX per annum XIXème semaine dans l'année
Feria II Lundi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
De libro secúndo Regum Du second livre des Rois
Naaman princeps milítiæ regis Sýriæ erat vir magnus apud dóminum suum et honorátus; per illum enim dedit Dóminus salútem Sýriæ. Erat autem vir fortis leprósus. Porro de Sýria egréssa fúerat turma et captívam dúxerat de terra Israel puéllam párvulam quæ erat in obséquio uxóris Náaman. Quæ ait ad dóminam suam: "Utinam esset dóminus meus ad prophétam qui est in Samaría! Profécto curáret eum a lepra quam habet." Ingréssus est ítaque Náaman ad dóminum suum et nuntiávit ei dicens: "Sic et sic locúta est puélla de terra Israel." Dixítque ei rex Sýriæ: "Vade, et mittam lítteras ad regem Israel." Qui cum proféctus esset et tulísset secum decem talénta argénti et sex mília siclórum auri et decem mutatória vestimentórum, détulit lítteras ad regem Israel in hæc verba: "Cum accéperis epístulam hanc, scito quod míserim ad te Náaman servum meum, ut cures eum a lepra sua." Cumque legísset rex Israel lítteras, scidit vestiménta sua et ait: "Numquid Deus sum, ut occídere possim et vivificáre, quia iste misit ad me, ut curem hóminem a lepra sua? Animadvértite et vidéte quod occasiónes quærat advérsum me." Naamân, chef de l'armée du roi d'Aram, était un homme en grande considération et faveur auprès de son maître, car c'était par lui que le Seigneur avait accordé la victoire aux Araméens, mais cet homme était lépreux. Or les Araméens, sortis en razzia, avaient enlevé du territoire d'Israël une petite fille qui était entrée au service de la femme de Naamân. Elle dit à sa maîtresse: " Ah! si seulement mon maître s'adressait au prophète de Samarie! Il le délivrerait de sa lèpre. " Naamân alla informer son seigneur: " Voilà, dit-il, de quelle et quelle manière a parlé la jeune fille qui vient du pays d'Israël. " Le roi d'Aram répondit: " Pars donc, je vais envoyer une lettre au roi d'Israël. " Naamân partit, prenant avec lui dix talents d'argent, six mille sicles d'or et dix habits de fête. Il présenta au roi d'Israël la lettre, ainsi conçue: " En même temps que te parvient cette lettre, je t'envoie mon serviteur Naamân, pour que tu le délivres de sa lèpre. " A la lecture de la lettre, le roi d'Israël déchira ses vêtements et dit: " Suis-je un dieu qui puisse donner la mort et la vie, pour que celui-là me mande de délivrer quelqu'un de sa lèpre? Pour sûr, rendez-vous bien compte qu'il me cherche querelle! "
Quod cum audísset Eliséus vir Dei, scidísse vidélicet regem Israel vestiménta sua, misit ad eum dicens: "Quare scidísti vestiménta tua? Véniat ad me et sciat esse prophétam in Israel." Venit ergo Náaman cum equis et cúrribus et stetit ad óstium domus Eliséi. Misítque ad eum Eliséus núntium dicens: "Vade et laváre sépties in Iordáne; et recípiet sanitátem caro tua, atque mundáberis." Irátus Náaman recedébat dicens: "Putábam quod egrederétur ad me et stans invocáret nomen Dómini Dei sui et tángeret manu sua locum lepræ et curáret me. Numquid non melióres sunt Abana et Pharphar, flúvii Damásci, ómnibus aquis Israel, ut laver in eis et munder?" Cum ergo vertísset se et abíret indígnans, accessérunt ad eum servi sui et locúti sunt ei: "Si rem grandem dixísset tibi prophéta, certe fáceres; quanto magis quia nunc dixit tibi: "Laváre et mundáberis!"" Mais quand Élisée apprit que le roi d'Israël avait déchiré ses vêtements, il fit dire au roi: " Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements? Qu'il vienne donc vers moi, et il saura qu'il y a un prophète en Israël. " Naamân arriva avec son attelage et son char et s'arrêta à la porte de la maison d'Élisée, et Élisée envoya un messager lui dire: " Va te baigner sept fois dans le Jourdain, ta chair redeviendra nette. " Naamân, irrité, s'en alla en disant: " Je m'étais dit: Sûrement il sortira et se présentera lui-même, puis il invoquera le nom du Seigneur son Dieu, il agitera la main sur l'endroit malade et délivrera la partie lépreuse. Est-ce que les fleuves de Damas, l'Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d'Israël? Ne pourrais-je pas m'y baigner pour être purifié? " Il tourna bride et partit en colère. Mais ses serviteurs s'approchèrent et s'adressèrent à lui en ces termes: " Mon père! Si le prophète t'avait prescrit quelque chose de difficile, ne l'aurais-tu pas fait? Combien plus, lorsqu'il te dit: "Baigne-toi et tu seras purifié." "
Descéndit Náaman et intínxit se in Iordáne sépties iuxta sermónem viri Dei, et restitúta est caro eius sicut caro púeri párvuli, et mundátus est. Reversúsque ad virum Dei cum univérso comitátu suo venit et stetit coram eo et ait: "Vere scio quod non sit Deus in univérsa terra, nisi tantum in Israel! Obsecro ítaque ut accípias benedictiónem a servo tuo." At ille respóndit: "Vivit Dóminus ante quem sto, non accípiam." Cumque vim fáceret, pénitus non acquiévit. Naamân descendit dans le Jourdain et s'y plongea sept fois, selon la parole d'Élisée: sa chair redevint nette comme la chair d'un petit enfant. Il revint chez Élisée avec toute son escorte, il entra, se présenta devant lui et dit: " Oui, je sais désormais qu'il n'y a pas de Dieu par toute la terre sauf en Israël! Maintenant, accepte, je te prie, un présent de ton serviteur. " Mais Élisée répondit: " Aussi vrai qu'est vivant le Seigneur que je sers, je n'accepterai rien. " Naamân le pressa d'accepter, mais il refusa.
Dixítque Náaman: "Ut vis. Sed, óbsecro, concedátur mihi servo tuo tantum terræ quantum onus duórum burdónum; non enim fáciet ultra servus tuus holocáustum aut víctimam diis aliénis, nisi Dómino. Hoc autem solum ignóscat Dóminus servo tuo, quando ingréditur dóminus meus templum Remmon, ut adóret ibi, et illo inniténte super manum meam, si adorávero in templo Remmon, adoránte eo in eódem loco, ut ignóscat mihi Dóminus servo tuo pro hac re." Qui dixit ei: "Vade in pace." Abiit ergo ab eo viam módicam. Alors Naamân dit: " Puisque c'est non, permets qu'on donne à ton serviteur de quoi charger de terre deux mulets, car ton serviteur n'offrira plus ni holocauste ni sacrifice à d'autres dieux qu'au Seigneur. Seulement, que le Seigneur pardonne ceci à ton serviteur: quand mon maître va au temple de Rimmôn pour y adorer, il s'appuie sur mon bras et je me prosterne dans le temple de Rimmôn en même temps qu'il le fait; veuille le Seigneur pardonner cette action à son serviteur! " Élisée lui répondit: " Va en paix ", et Naamân s'éloigna un bout de chemin.
R/. In Deo sperávit cor meum, et adiútus sum, et reflóruit caro mea, * Et ex voluntáte mea confitébor illi. V/. Ad te, Dómine, clamávi; Deus meus, ne síleas, ne discédas a me. * Et. V/. Glória Patri. * Et. R/. Au Seigneur Dieu, mon cœur fait confiance: il m'a guéri, ma chair a refleuri, * De toute mon âme, je lui rends grâce! V/. C'est toi, Seigneur, que j'appelle; mon Dieu, ne garde pas le silence, ne t'éloigne pas de moi! * De toute mon âme. V/. Gloire au Père. * De toute mon âme.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex Tractátu sancti Ambrósii epíscopi De mystériis (Nn. 19-21: SC 25 bis, 113) Traité de saint Ambroise sur les mystères
Tibi ante prædíctum est ut non hoc solum créderes quod vidébas, ne forte et tu díceres: "Hoc est illud magnum mystérium quod óculus non vidit nec auris audívit nec in cor hóminis ascéndit? Aquas vídeo quas vidébam cotídie, istæ me habent mundáre in quas sæpe descéndi et numquam mundátus sum?" Hinc cognósce quod aqua non mundat sine Spíritu. On t'a déjà dit de ne pas croire seulement ce que tu voyais, de peur que tu ne dises toi aussi: " C'est là le grand mystère que l'œil n'a pas vu ni l'oreille entendu et qui n'est pas monté au cœur de l'homme? Je vois de l'eau que je voyais tous les jours: peuvent-elles me purifier, ces eaux dans lesquelles je suis souvent descendu sans être jamais purifié? " Apprends par là que l'eau ne purifie pas sans l'Esprit.
Ideóque legísti quod tres testes in baptísmate unum sunt: aqua, sanguis et Spíritus, quia si unum horum détrahas, non stat baptísmatis sacraméntum. Quid est enim aqua sine cruce Christi nisi eleméntum commúne sine ullo sacraménti proféctu? Nec íterum sine aqua regeneratiónis mystérium est: Nisi enim quis renátus fúerit ex aqua et Spíritu, non potest introíre in regnum Dei. Credit autem étiam catechúmenus in crucem Dómini Iesu qua et ipse signátur, sed nisi baptizátus fúerit in nómine Patris et Fílii et Spíritus Sancti, remissiónem non potest accípere peccatórum nec spiritális grátiæ munus hauríre. C'est pour cela aussi que tu as lu que trois témoins au baptême ne font qu'un: l'eau, le sang et l'Esprit. Car si tu en retires un, il n'y a plus de sacrement du baptême. Qu'est, en effet, l'eau sans la croix du Christ, sinon un élément ordinaire sans aucune utilité pour le sacrement? Et de même, sans eau il n'y a pas de mystère de la régénération. A moins en effet d'être né de nouveau de l'eau et de l'Esprit, on ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Le catéchumène croit, lui aussi, en la croix du Seigneur Jésus dont il est marqué; mais s'il n'a pas été baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, il ne peut recevoir la rémission de ses péchés, ni puiser le don de la grâce spirituelle.
Ergo ille Syrus sépties mersit in lege, tu autem baptizátus es in nómine Trinitátis. Conféssus es Patrem - recordáre quid féceris - conféssus es Fílium, conféssus es Spíritum. Tene órdinem rerum. In hac fide, mundo mórtuus es, Deo resurrexísti, et quasi in illo mundi consepúltus eleménto, peccáto mórtuus ad vitam es resuscitátus ætérnam. Crede ergo quia non sunt vácuæ aquæ. Donc ce Syrien se plongea sept fois dans la Loi; toi, tu as été baptisé au nom de la Trinité. Tu as confessé le Père, - souviens-toi de ce que tu as fait - tu as confessé le Fils, tu as confessé l'Esprit. Retiens la suite des faits. Dans cette foi tu es mort au monde et ressuscité pour Dieu et, en quelque sorte, enseveli en même temps dans cet élément du monde, mort au péché, tu es ressuscité pour la vie éternelle. Crois donc que ce n'est pas de l'eau sans force ou dénuée de vertu.
R/. Státuit Dóminus supra petram pedes meos, et diréxit gressus meos Deus meus, * Et immísit in os meum cánticum novum. V/. Exspéctans exspectávi Dóminum, et respéxit me; et exaudívit deprecatiónem meam. * Et immísit. V/. Glória Patri. * Et immísit. R/. Le Seigneur m'a fait reprendre pied sur le roc, mon Dieu a raffermi mes pas; * Dans ma bouche il a mis un chant nouveau. V/. D'un grand espoir j'espérais le Seigneur: il s'est penché vers moi pour entendre mon cri. * Dans ma bouche. V/. Gloire au Père. * Dans ma bouche.