Vigiles (OSB) du mardi 13 août 2019 - de la férie

Hebdomada XIX per annum XIXème semaine dans l'année
Feria III Mardi
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
De libro secúndo Regum Du second livre des Rois
Rex Sýriæ pugnábat contra Israel; consiliúmque íniit cum servis suis dicens: "In loco illo et illo ponámus insídias." Misit ítaque vir Dei ad regem Israel dicens: "Cave ne tránseas in loco illo, quia ibi Syri in insídiis sunt." Misit rex Israel ad locum quem díxerat ei vir Dei et de quo præmonúerat eum, et observávit se ibi non semel neque bis. Conturbatúmque est cor regis Sýriæ pro hac re et, convocátis servis suis, ait: "Quare non indicátis mihi quis próditor mei sit apud regem Israel?" Dixítque unus servórum eius: "Nequáquam, dómine mi rex. Sed Eliséus prophéta, qui est in Israel, índicat regi Israel ómnia verba quæcúmque locútus fúeris in conclávi tuo." Dixit eis: "Ite et vidéte ubi sit, ut mittam et cápiam eum." Annuntiaverúntque ei dicéntes: "Ecce in Dóthain." Misit ergo illuc equos et currus et robur exércitus; qui cum veníssent nocte, circumdedérunt civitátem. Le roi d'Aram était en guerre avec Israël. Il tint conseil avec ses officiers et dit: " Vous ferez une descente contre telle place. " Élisée envoya dire au roi d'Israël: " Sois sur tes gardes pour cette place, car les Araméens y descendent ", et le roi d'Israël envoya des hommes à la place qu'Élisée lui avait dite. Il l'avertissait et le roi se tenait sur ses gardes, et cela pas rien qu'une ou deux fois. Le cœur du roi d'Aram fut troublé par cette affaire, il convoqua ses officiers et leur demanda: " Ne m'apprendrez-vous pas qui nous trahit auprès du roi d'Israël? " L'un de ses officiers répondit: " Non, Monseigneur le roi; c'est Élisée, le prophète d'Israël, qui révèle au roi d'Israël les paroles que tu prononces dans ta chambre à coucher. " Il dit: " Allez, voyez où il est, et j'enverrai le saisir. " On lui fit ce rapport: " Voici qu'il est à Dotân. " Alors le roi envoya là-bas des chevaux, des chars et une forte troupe, qui arrivèrent de nuit et cernèrent la ville.
Consúrgens dilúculo miníster Eliséi viri Dei egréssus est vidítque exércitum in circúitu civitátis et equos et currus nuntiavítque ei dicens: "Heu, dómine mi, quid faciémus?" At ille respóndit: "Noli timére; plures enim nobíscum sunt quam cum illis." Oravítque Eliséus dicens: "Dómine, áperi óculos huius, ut vídeat." Et apéruit Dóminus óculos púeri, et vidit, et ecce mons plenus equórum et cúrruum igneórum in circúitu Eliséi. Élisée se leva de bon matin et sortit. Et voilà qu'une troupe entourait la ville avec des chevaux et des chars! Son serviteur lui dit: " Ah! Monseigneur, comment allons-nous faire? " Mais il répondit: " N'aie pas peur, car il y en a plus avec nous qu'avec eux. " Et Élisée fit cette prière: " Seigneur, daigne ouvrir ses yeux pour qu'il voie! " Le Seigneur ouvrit les yeux du serviteur et il vit: voilà que la montagne était couverte de chevaux et de chars de feu autour d'Élisée!
Hostes vero descendérunt ad eum. Porro Eliséus orávit Dóminum dicens: "Pércute, óbsecro, gentem hanc cæcitáte!" Percussítque eos Dóminus, ne víderent iuxta verbum Eliséi. Dixit autem ad eos Eliséus: "Non est hæc via nec ista est cívitas; sequímini me, et osténdam vobis virum quem quritis." Duxit ergo eos in Samaríam. Cumque ingréssi fúerint in Samaría, dixit Eliséus: "Dómine, áperi óculos istórum, ut vídeant." Aperuítque Dóminus óculos eórum, et vidérunt esse se in médio Samaríæ. Comme les Araméens descendaient vers lui, Élisée pria ainsi le Seigneur: " Daigne frapper ces gens de berlue ", et il les frappa de berlue, selon la parole d'Élisée. Alors Élisée leur dit: " Ce n'est pas le chemin, et ce n'est pas la ville. Suivez-moi, je vous conduirai vers l'homme que vous cherchez. " Mais il les conduisit à Samarie. A leur entrée dans Samarie, Élisée dit: " Seigneur ouvre les yeux de ces gens et qu'ils voient. " Le Seigneur ouvrit leurs yeux et ils virent: voilà qu'ils étaient au milieu de Samarie!
Dixítque rex Israel ad Eliséum, cum vidísset eos: "Numquid percútiam eos, pater mi?" At ille ait: "Non pércuties; neque enim quos cepísti gládio et arcu tuo, percútis. Pone panem et aquam coram eis, ut cómedant et bibant et vadant ad dóminum suum." Appositáque est eis cibórum magna præparátio, et comedérunt et bibérunt, et dimísit eos; abierúntque ad dóminum suum et ultra non venérunt turmæ Sýriæ in terram Israel. Le roi d'Israël, en les voyant, dit à Élisée: " Faut-il les tuer, mon père? " Mais il répondit: " Ne les tue pas. Ceux même que ton épée et ton arc ont fait captifs, les mets-tu à mort? Offre-leur du pain et de l'eau pour qu'ils mangent et qu'ils boivent, et qu'ils aillent chez leur maître. " Le roi leur servit un grand festin; après qu'ils eurent mangé et bu, il les congédia et ils partirent chez leur maître. Les bandes araméennes ne revinrent plus sur le territoire d'Israël.
R/. Congregáti sunt inimíci nostri et gloriántur in virtúte sua; cóntere fortitúdinem illórum, Dómine, et dispérge illos, * Quia non est álius qui pugnet pro nobis, nisi tu Deus noster. V/. Dispérge illos in virtúte tua et déstrue eos, protéctor noster, Dómine. * Quia. V/. Glória Patri. * Quia. R/. Nos ennemis se regroupent et se rengorgent de leur puissance; brise leur force et disperse-les, Seigneur! * Nul autre ne combat pour nous, sinon toi, notre Dieu. V/. Que ta puissance les terrasse et les disperse, Seigneur, notre bouclier! * Nul autre. V/. Gloire au Père. * Nul autre.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex Sermónibus sancti Cæsárii Arelaténsis epíscopi (Sermo 126: PLS 4, 377-378) Sermon de saint Césaire d'Arles
Frequénter caritáti vestræ suggéssi, ut in lectiónibus istis, quæ nobis in ecclésia legúntur, non hoc solum debeámus atténdere quod nobis audívimus secúndum lítteram recitári, sed magis considerémus quod spiritáliter opórtet intéllegi. Et quia de beáto Eliséo recitáta est léctio, Deo propítio non ignórat sánctitas vestra, beátum ipsum Eliséum typum habuísse Dómini Salvatóris. Quæ res ex ipsis mirabílibus, quæ fecísse légitur, multis evidéntibus testimóniis approbátur; sicut et in lectióne, quæ modo recitáta est, audívit cáritas vestra. Dixérunt enim fílii prophetárum ad beátum Eliséum: Dómine, locus bonus est, sed aquæ stériles sunt atque amáræ. Quibus beátus Eliséus respóndens dixit: Afférte mihi vas novum et míttite in eo sal. Cumque exhibuíssent, misit vas illud in fonte et dixit: Hæc dicit Dóminus: Sanávi aquas has, et non erit in eis sterílitas vel amaritúdo. Et factum est ita. J'ai souvent rappelé à votre charité que dans ces lectures qui nous sont faites à l'église, nous ne devons pas seulement prêter attention au sens littéral de ce que nous entendons proclamer, mais plutôt considérer ce qu'au sens spirituel il nous faut comprendre. Et puisque la lecture proclamée parlait du bienheureux Élisée, votre sainteté n'ignore pas, Dieu aidant, que le bienheureux Élisée lui-même a été une figure du Seigneur et Sauveur. Cette vérité, recueillie des miracles qu'il a faits, est démontrée par des preuves nombreuses et manifestes; ainsi qu'a pu l'entendre votre charité dans la lecture qui vient d'être proclamée. Les frères prophètes dirent en effet au bienheureux Élisée: Maître, le lieu est agréable, mais les eaux sont mauvaises, amères, et entraînent la stérilité. Le bienheureux Élisée leur répondit: Apportez-moi un récipient neuf et dedans, mettez du sel. Quand ils le lui eurent présenté, il lâcha ce récipient dans la source et dit: Parole du Seigneur: J'assainis ces eaux, et elles n'apporteront plus ni stérilité ni amertume. Et il en fut ainsi.
Quid ergo ista signíficent, fratres caríssimi, videámus. Eliséus, sicut frequénter suggéssi, typum gessit Dómini Salvatóris. Fons ille amárus Adam significásse vidétur, de quo humánum genus exóritur. Quod genus humánum ante advéntum veri Eliséi, id est Dómini Salvatóris, per peccátum primi hóminis in sterilitáte vel amaritúdine permanébat. Vas illud novum, in quo sal fúerat missum, licet et apostolórum typum gésserit, tamen non incóngrue in eo mystérium incarnatiónis domínicæ accípimus. Et quia sal pro sapiéntia pónitur, sicut scriptum est: Omnis sermo vester sit sale condítus, et quia Christus non solum Dei virtus sed et Dei sapiéntia est, caro Christi velut vas novum divínæ sapiéntiæ sale complétum est, quando Verbum caro factum est. Voyons donc, frères bien-aimés, ce que cela signifie. Élisée, comme je l'ai souvent rappelé, est une figure du Seigneur et Sauveur. Cette source amère semble avoir signifié Adam, lui de qui le genre humain découle. Ce genre humain, avant la venue du véritable Élisée, c'est-à-dire du Seigneur et Sauveur, demeurait, à cause du péché du premier homme, dans la stérilité et même dans l'amertume. Ce récipient neuf, à l'intérieur duquel on avait mis le sel, bien qu'il soit aussi une figure des apôtres, nous pouvons cependant très bien l'interpréter comme une image du mystère de l'incarnation du Seigneur. Et puisque le sel est symbole de sagesse, selon qu'il est écrit: Que chacune de vos paroles soit assaisonnée de sel, et puisque le Christ n'est pas seulement puissance de Dieu, mais aussi sagesse de Dieu, la chair du Christ, comme un récipient neuf, a été remplie du sel de la sagesse divine, lorsque le Verbe s'est fait chair.
Missum est ergo ab Eliséo vas novum cum sale in aquas amáras, et in dulcédinem vel fecunditátem sunt commutátæ; et a Deo Patre missum est vas novum, id est Verbum incarnátum, quod humánum genus velut aquas fluéntes et amáras ad dulcédinem revocáret, et de iniquitáte morum et bonórum óperum sterilitáte redúceret ad caritátis puritátem, vel ad iustítiæ fecunditátem reformáret. Ce récipient neuf avec son sel, il est donc, par Élisée, lâché, envoyé dans le courant des eaux amères, et les voici devenues douceur et fécondité. Ainsi par Dieu le Père est lâché, envoyé le récipient neuf, c'est-à-dire le Verbe incarné, qui allait rappeler le genre humain, telles des eaux courantes et amères, à la douceur, et le ramener d'une mauvaise conduite et de sa stérilité en bonnes œuvres à la pureté de la charité, mieux encore, le restaurer dans la fécondité de la sainteté.
R/. Recordáre, Dómine, testaménti tui, et dic ángelo percutiénti: Cesset iam manus tua, * Ut non desolétur terra, et ne perdas omnem ánimam vivam. V/. Quiéscat, Dómine, ira tua a pópulo tuo et a civitáte sancta tua, * Ut non. V/. Glória Patri. * Ut non. R/. Souviens-toi, Seigneur, de ton alliance, dis à l'ange qui frappe le peuple: Assez! Maintenant, retiens ta main! * Afin que la terre ne soit pas dévastée, que ne périsse pas toute créature vivante! V/. Seigneur, que s'apaise ta colère à l'égard de ton peuple et de ta ville sainte, * Afin que. V/. Gloire au Père. * Afin que.