Vigiles (OSB) du mardi 20 août 2019 - St Bernard, abbé et docteur de l'Église

Hebdomada XX per annum XXème semaine dans l'année
Feria III Mardi
S. Bernardi, abbatis et Ecclesiae doctoris St Bernard, abbé et docteur de l'Église
Memoria Mémoire
In primo nocturno, anno I Premier nocturne, année I
Lectio Lecture
De Epístula beáti Pauli apóstoli ad Ephésios De la lettre de saint Paul aux Éphésiens
Fratres: Vos, cum essétis mórtui delíctis et peccátis vestris, in quibus aliquándo ambulástis secúndum sæculum mundi huius, secúndum príncipem potestátis áeris, spíritus, qui nunc operátur in fílios diffidéntiæ; in quibus et nos omnes aliquándo conversáti sumus in concupiscéntiis carnis nostræ, faciéntes voluntátes carnis et cogitatiónum, et erámus natúra fílii iræ sicut et céteri. Vous qui étiez morts par suite des fautes et des péchés dans lesquels vous avez vécu jadis, selon le cours de ce monde, selon le Prince de l'empire de l'air, cet Esprit qui poursuit son œuvre en ceux qui résistent... Nous tous d'ailleurs, nous fûmes jadis de ceux-là, vivant selon nos convoitises charnelles, servant les caprices de la chair et des pensées coupables, si bien que nous étions par nature voués à la colère tout comme les autres.
Deus, qui dives est in misericórdia, propter nímiam caritátem suam, qua diléxit nos, et cum essémus mórtui peccátis, convivificávit nos Christo - grátia estis salváti - et conresuscitávit et consedére fecit in cæléstibus in Christo Iesu, ut osténderet in sæculis superveniéntibus abundántes divítias grátiæ suæ in bonitáte super nos in Christo Iesu. Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ - c'est par grâce que vous êtes sauvés! - avec lui Il nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus. Il a voulu par là démontrer dans les siècles à venir l'extraordinaire richesse de sa grâce, par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus.
Grátia enim estis salváti per fidem; et hoc non ex vobis, Dei donum est: non ex opéribus, ut ne quis gloriétur. Ipsíus enim sumus factúra, creáti in Christo Iesu in opera bona, quæ præparávit Deus, ut in illis ambulémus. Car c'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu; il ne vient pas des œuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier. Nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ Jésus en vue des bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance pour que nous les pratiquions.
R/. Tibi soli peccávi et malum coram te feci; miserére mei, * Ut iustificéris, Dómine, in sermónibus tuis. V/. Amplius lava me, Dómine, ab iniustítia mea, et a delícto meo munda me. * Ut iustificéris. V/. Glória Patri. * Ut iustificéris. R/. Contre toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. * Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice. V/. Lave-moi tout entier de ma faute, Seigneur, purifie-moi de mon offense. * Ainsi. V/. Gloire au Père. * Ainsi.
In secundo nocturno, anno I Deuxième nocturne, année I
Lectio Lecture
Ex Sermónibus sancti Bernárdi abbátis super Cántica canticórum (Sermo 84, 5-6: EC 2, 305) Sermon de saint Bernard sur le Cantique des cantiques
Quæsívi, ait sponsa, quem díligit ánima mea. Nempe huc te próvocat anticipántis benígnitas illíus qui te et prior quæsívit et prior diléxit. Mínime prorsus, nisi prius quæsíta, quæreres, sicut nec dilígeres, nisi dilécta prius. Non in una tantum benedictióne, sed in duábus prævénta es, dilectióne et quæsitióne. Diléctio causa quæsitiónis, quæsítio fructus dilectiónis est, est et certitúdo. Dilécta es, ne ad supplícium pótius quæsítam suspíceris; quæsíta es, ne frustra diléctam conqueráris. Utraque tam amíca compérta suávitas et ausum dedit, et verecúndiam dépulit, et réditum persuásit, et movit afféctum. Hinc zelus, hinc ardor iste quæréndi quem díligit ánima tua, quia profécto nec non quæsíta quærere póteras, nec non quærere quæsíta nunc potes. J'ai cherché, celui que mon cœur aime, dit l'épouse. Assurément ici tu es stimulée par la tendresse prévenante de celui qui non seulement le premier t'a cherchée, mais le premier t'a aimée. Tu ne le chercherais sûrement pas du tout, si tu n'étais d'abord cherchée, de même que tu n'aimerais pas si tu n'étais d'abord aimée. Ce n'est pas d'une seule bénédiction que tu as été devancée, mais de deux: l'amour et la recherche. C'est l'amour qui entraîne la recherche, et la recherche est fruit de l'amour, ainsi que la confiance assurée. Tu es aimée, en sorte que tu ne puisses imaginer être recherchée dans la perspective d'une peine à subir. Tu es cherchée, en sorte que tu ne te plaignes pas d'être aimée en vain. Chacune de ces deux bénédictions manifeste tant d'amicale douceur qu'elle communique l'audace, chasse la timidité, convainc d'aimer en retour, et touche le cœur. D'où cette flamme, d'où cette ferveur à rechercher celui que ton cœur aime, car tu n'aurais pu le chercher plus avant si tu n'avais été toi-même cherchée; mais maintenant que tu es cherchée, tu ne peux pas ne pas le chercher.
Sed noli oblivísci unde huc véneris. Et ut in me pótius transfigúrem quæ dicúntur, id enim tútius: "Tune es, o ánima mea, quæ relícto viro tuo prióre, cum quo tibi bene fúerat, primam fidem írritam fecísti, iens post amatóres tuos? Et nunc quoad líbuit fornicáta cum illis forte et contémpta ab illis, audes ímpudens et frontósa velle revérti ad illum, quem supérba contempsísti? Quid? Digna látebris quæris lucem, et curris ad sponsum, dígnior plagis quam ósculis? Mirum si non pro sponso iúdicem offéndas." Mais n'oublie pas, toutefois, d'où tu es venue. Et pour que j'applique surtout à moi-même ce qui vient d'être dit, cela est plus prudent: " N'est-ce pas toi, mon âme, qui, ayant abandonné ton premier époux avec lequel tu vivais heureuse, as violé ta foi première pour te mettre à poursuivre tes amants? Et maintenant que tu as été jusqu'à goûter à leur compagnie, et que peut-être ils t'ont dédaignée, tu as l'impudence et l'effronterie de vouloir revenir à celui que, dans ton orgueil, tu avais méprisé! Qu'en est-il? Ta place est dans l'ombre, et tu cherches la lumière, et tu accours vers ton époux, alors que tu es plus digne d'être battue qu'embrassée! Il serait étonnant qu'au lieu d'un époux tu ne trouves pas un juge. "
Felix, qui ad hæc ánimam suam respondéntem audíerit: "Non tímeo, quia amo, quod non amáta omníno non fácerem. Itaque étiam amor. "Nihil diléctæ timéndum. Páveant quæ non amant. Quidni assídue inimicítias suspicéntur? Ego vero amans, amári me dubitáre non possum, non plus quam amáre. Nec possum veréri vultum, cuius sensi afféctum. In quo? In eo quod talem non modo quæsívit, sed et affécit, fecítque certam perínde de quæsitu. Quidni respóndeam in quæsitu, cui in afféctu respóndeo? Numquid irascétur quæsitus, qui étiam contémptus dissimulávit? Quin immo non repéllet requiréntem, qui et contemnéntem réquirit. Benígnus est spíritus Verbi, et benígna núntiat mihi, íntimans et suádens de Verbi zelo desiderióque, quod útique sibi non potest esse abscónditum. Scrutátur alta Dei, cónscius eárum, quas cógitat, cogitatiónes pacis, et non afflictiónis. Quidni ánimer ad quæréndum expérta cleméntiam, persuása de pace?" Heureux celui qui, à cette admonition, entendrait son âme lui répondre: " Je ne redoute rien, puisque j'aime, et que, si je n'étais aimée, je ne pourrais pas aimer non plus. Je suis donc encore aimée. Celle qui est aimée n'a rien à redouter Qu'elles craignent, celles qui n'aiment pas. À quels perpétuels ressentiments ne doivent-elles pas s'attendre? Pour moi qui aime, je ne puis douter d'être aimée, pas plus que d'aimer moi-même. Et je ne puis redouter le visage de celui dont j'éprouve la tendresse. Pour quelle raison? Pour la raison que non seulement il m'a cherchée telle que j'étais, mais encore qu'il m'a fait sentir son affection, et m'a rendue certaine pareillement de l'amour de sa recherche. Comment ne pas m'accorder à lui dans sa requête quand je m'accorde à lui dans sa tendresse? Va-t-il s'irriter, une fois recherché, alors que, méprisé, il a passé outre? Bien au contraire, il ne repoussera pas celle qui le cherche, après l'avoir lui-même cherchée lorsqu'elle le méprisait. Il est bienveillant, l'esprit du Verbe, et ce sont des bienveillances qu'il m'annonce, en mettant au plus intime de mon cœur l'assurance de cet amour brûlant et de ce désir du Verbe, qui de toute façon pour lui ne sauraient rester cachés. Il pénètre les profondeurs de Dieu, il sait que les pensées de son cœur sont des pensées de paix et non d'affliction. Pourquoi ne serais-je pas animée d'un élan à le chercher, moi qui ai l'expérience de sa miséricorde et suis convaincue de ses intentions pacifiques? "
R/. Cibávit illum Dóminus pane vitæ et intelléctus, et aqua sapiéntiæ salutáris potávit illum, * Et exaltávit eum apud próximos suos. V/. In médio ecclésiæ apéruit os eius, et implévit eum Dóminus spíritu sapiéntiæ et intelléctus. * Et exaltávit. V/. Glória Patri. * Et exaltávit. R/. Le Seigneur lui fait manger le pain de la vie et de l'intelligence, il lui fait boire l'eau salutaire de la sagesse; * Il l'exalte au-dessus de ses semblables. V/. Le Seigneur lui ouvre la bouche au milieu de l'assemblée, il le remplit d'un esprit de sagesse et d'intelligence. * Il l'exalte. V/. Gloire au Père. * Il l'exalte.