Vigiles (OSB) du lundi 13 janvier 2020 - de la férie

In primo nocturno, anno II Premier nocturne, année II
De libro Génesis Du livre de la Genèse
Lectio I Lecture I
In die quo fecit Dóminus Deus terram et cælum – omne virgúltum agri, ántequam orirétur in terra, omnísque herba regiónis, priúsquam germináret; non enim plúerat Dóminus Deus super terram, et homo non erat, qui operarétur humum, sed fons ascendébat e terra írrigans univérsam superfíciem terræ - tunc formávit Dóminus Deus hóminem púlverem de humo et inspirávit in nares eius spiráculum vitæ, et factus est homo in ánimam vivéntem. Et plantávit Dóminus Deus paradísum in Eden ad oriéntem, in quo pósuit hóminem quem formáverat. Produxítque Dóminus Deus de humo omne lignum pulchrum visu et ad vescéndum suáve, lignum étiam vitæ in médio paradísi lignúmque sciéntiæ boni et mali. Et flúvius egrediebátur ex Eden ad irrigándum paradísum, qui inde divíditur in quáttuor cápita. Au temps où le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, il n'y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n'avait encore poussé, car le Seigneur Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n'y avait pas d'homme pour cultiver le sol. Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol. Alors le Seigneur Dieu modela l'homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l'homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toute espèce d'arbres séduisants à voir et bons à manger, et l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras.
R/. In princípio Deus creávit cælum et terram; et spíritus Dómini ferebátur super aquas. * Et vidit Deus cuncta quæ fécerat, et erant valde bona. V/. Igitur perfécti sunt cæli et terra, et omnis ornátus eórum. * Et vidit. R/. Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre; et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. * Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait: c'était très bon. V/. Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement. * Et Dieu vit.
Lectio II Lecture II
Tulit ergo Dóminus Deus hóminem et pósuit eum in paradíso Eden, ut operarétur et custodíret illum; præcipítque Dóminus Deus hómini dicens: " Ex omni ligno paradísi cómede; de ligno autem sciéntiæ boni et mali ne cómedas; in quocúmque enim die coméderis ex eo, morte moriéris. " Le Seigneur Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Éden pour le cultiver et le garder. Et le Seigneur Dieu fit à l'homme ce commandement: " Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort. "
R/. In princípio fecit Deus cælum et terram, et creávit in ea hóminem * Ad imáginem et similitúdinem suam. V/. Formávit ígitur Dóminus hóminem de limo terræ, et inspirávit in fáciem eius spiráculum vitæ; * Ad imáginem. R/. Au commencement, Dieu fit le ciel et la terre; sur la terre, il créa l'homme * À son image et ressemblance. V/. Alors, le Seigneur Dieu modela l'homme avec la glaise tirée du sol; il souffla sur son visage le souffle de vie; * À son image.
Lectio III Lecture III
Dixit quoque Dóminus Deus: " Non est bonum esse hóminem solum; fáciam ei adiutórium símile sui. " Formátis ígitur Dóminus Deus de humo cunctis animántibus agri et univérsis volatílibus cæli, addúxit ea ad Adam, ut vidéret quid vocáret ea; omne enim quod vocávit Adam ánimæ vivéntis, ipsum est nomen eius. Appellavítque Adam nomínibus suis cuncta pécora et univérsa volatília cæli et omnes béstias agri; Adæ vero non inveniebátur adiútor símilis eius. Immísit ergo Dóminus Deus sopórem in Adam. Cumque obdormísset, tulit unam de costis eius et replévit carnem pro ea; et ædificávit Dóminus Deus costam quam túlerat de Adam, in mulíerem et addúxit eam ad Adam. Dixítque Adam: " Hæc nunc os ex óssibus meis et caro de carne mea! Hæc vocábitur Virágo, quóniam de viro sumpta est hæc. " Quam ob rem relínquet vir patrem suum et matrem et adhærébit uxóri suæ; et erunt in carnem unam. Erant autem utérque nudi, Adam scílicet et uxor eius, et non erubescébant. Le Seigneur Dieu dit: " Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie. " Le Seigneur Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l'homme pour voir comment celui-ci les appellerait: chacun devait porter le nom que l'homme lui aurait donné. L'homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas l'aide qui lui fût assortie. Alors le Seigneur Dieu fit tomber une torpeur sur l'homme, qui s'endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu'il avait tirée de l'homme, le Seigneur Dieu façonna une femme et l'amena à l'homme. Alors celui-ci s'écria: " Pour le coup, c'est l'os de mes os et la chair de ma chair! Celle-ci sera appelée " femme", car elle fut tirée de l'homme, celle-ci! " C'est pourquoi l'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair. Or tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, et ils n'avaient pas honte l'un devant l'autre.
R/. Igitur perfécti sunt cæli et terra, et omnis ornátus eórum; complevítque Deus die séptimo opus suum quod fécerat, * Et requiévit ab omni ópere quod patrárat. V/. Vidítque Deus cuncta quæ fécerat, et erant valde bona. * Et requiévit. V/. Glória Patri. * Et requiévit. R/. Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement. Le septième jour, Dieu avait achevé l'œuvre qu'il avait faite; * Il se reposa de toute l'œuvre qu'il avait accomplie. V/. Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait: c'était très bon. * Il. V/. Gloire au Père. * Il.
In secundo nocturno, anno II Deuxième nocturne, année II
Ex Libris sancti Augustíni epíscopi De Civitáte Dei (Lib. 11, 4: CCL 48, 323-324) Livre de saint Augustin De la Cité de Dieu
Lectio I Lecture I
Visibílium ómnium máximus est mundus; invisibílium ómnium máximus est Deus. Sed mundum esse conspícimus, Deum esse crédimus. Quod autem Deus mundum fécerit, nulli tútius crédimus, quam ipsi Deo. Ubi eum audívimus? Nusquam ínterim nos mélius quam in Scriptúris sanctis, ubi dixit prophéta eius: In princípio fecit Deus cælum et terram. De tous les êtres visibles, le plus grand, c'est le monde; de tous les invisibles, c'est Dieu. Mais que le monde existe, nous le voyons; que Dieu existe, nous le croyons. Or, que Dieu ait fait le monde, nous n'avons pas de plus sûr garant pour le croire que Dieu lui-même. Où l'avons-nous entendu? Nulle part mieux, certes, que dans les saintes Écritures où son prophète a dit: Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
R/. In sudóre vultus tui vescéris pane tuo, dixit Dóminus ad Adam; * Cum operátus fúeris terram, non dabit fructus suos, sed spinas et tríbulos germinábit tibi. V/. Pro eo quod obœdísti voci uxóris tuæ plus quam me, maledícta terra in ópere tuo. * Cum. R/. Le Seigneur dit à l'homme: C'est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain; * Lorsque tu devras cultiver le sol, il ne produira pas ses fruits, mais te donnera des épines et des chardons. V/. Parce que tu as obéi aux suggestions de ta femme, plutôt qu'à moi, le sol est maudit à cause de toi. * Lorsque.
Lectio II Lecture II
Numquídnam ibi fuit iste prophéta, quando fecit Deus cælum et terram? Non; sed ibi fuit Sapiéntia Dei, per quam facta sunt ómnia quæ in ánimas sanctas étiam se transfert, amícos Dei et prophétas constítuit, eísque ópera sua sine strépitu intus enárrat. Loquúntur eis quoque ángeli Dei qui semper vident fáciem Patris, voluntatémque eius quibus opórtet annúntiant. Ex his unus erat iste prophéta qui dixit et scripsit: In princípio fecit Deus cælum et terram. Qui tam idóneus testis est per quem Deo credéndum sit, ut eódem Spíritu Dei, quo hæc sibi reveláta cognóvit, étiam ipsam fidem nostram futúram tanto ante prædíxerit. Ce prophète était-il donc là quand Dieu fit le ciel et la terre? Non, mais la Sagesse de Dieu par laquelle tout a été fait était présente, elle qui, de plus, se communique aux âmes saintes, en fait les amis et les prophètes de Dieu, et sans bruit leur raconte intérieurement ses œuvres. Les anges de Dieu leur parlent aussi, eux qui voient toujours la face du Père et annoncent sa volonté à qui ils le doivent. Il était l'un d'entre eux, ce prophète qui a dit et écrit: Au commencement, Dieu fit le ciel et la terre. Et ce témoin est si qualifié pour faire croire en Dieu que, par ce même Esprit de Dieu qui lui a révélé ces vérités, il est allé jusqu'à prédire, si longtemps à l'avance, notre foi à venir.
R/. Plantáverat autem Dóminus Deus paradísum voluptátis, a princípio, * In quo pósuit hóminem quem formáverat. V/. Plantáverat autem Dóminus Deus lignum pulchrum visu et ad vescéndum suáve, lignum étiam vitæ in médio paradísi, * In quo. R/. Le Seigneur Dieu avait planté, dès le commencement, un jardin de délices * Où il plaça l'homme qu'il avait modelé. V/. Le Seigneur Dieu avait planté un arbre à l'aspect attirant et au fruit savoureux, l'arbre même de la vie au milieu du jardin * Où il plaça.
Lectio III Lecture III
Sed quid plácuit ætérno Deo tunc fácere cælum et terram, quæ ántea non fecísset? Qui hoc dicunt, si mundum ætérnum sine ullo inítio, et ídeo nec a Deo factum vidéri volunt, nimis avérsi sunt a veritáte, et letáli morbo impietátis insániunt. Excéptis enim prophéticis vócibus, mundus ipse ordinatíssima sua mutabilitáte et mobilitáte et visibílium ómnium pulchérrima spécie quodámmodo tácitus et factum se esse, et nónnisi a Deo ineffabíliter atque invisibíliter magno et ineffabíliter atque invisibíliter pulchro fíeri se potuísse proclámat. Mais pourquoi a-t-il plu au Dieu éternel de faire alors le ciel et la terre, qu'auparavant il n'avait pas faits? Si ceux qui parlent ainsi veulent prétendre que le monde est éternel, sans aucun commencement, et n'a donc pas été fait par Dieu, ils tournent complètement le dos à la vérité et sont en proie à la folie mortelle de l'impiété. Car, outre les voix prophétiques, le monde lui-même, par ses changements et ses révolutions si bien ordonnées comme par la splendeur de toutes les choses visibles, proclame silencieusement, pour ainsi dire, et qu'il a été fait, et qu'il n'a pu l'être que par un Dieu ineffablement et invisiblement grand, ineffablement et invisiblement beau.
R/. Tulit ergo Dóminus hóminem et pósuit eum in paradísum voluptátis, * Ut operarétur et custodíret illum. V/. Formávit ígitur Dóminus hóminem de limo terræ, et pósuit eum in paradísum, * Ut operarétur. V/. Glória Patri. * Ut operarétur. R/. Le Seigneur prit l'homme et le conduisit dans le jardin de délices, * Pour qu'il le cultive et le garde. V/. Alors, le Seigneur Dieu modela l'homme avec la glaise tirée du sol, et le conduisit dans le jardin, * Pour. V/. Gloire au Père. * Pour.